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By Littérature Sans Frontières – Fréquence TerreScienceNature
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  • L’Esprit de Solitude de Jacqueline Kelen (La Renaissance du Livre)

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

    « L’Esprit de Solitude » de Jacqueline Kelen (La Renaissance du Livre) est un essai édité il y a une douzaine d’années, certes, mais qui, comme les grands crus, méritait de reposer dans la bibliothèque puis être tiré du rayonnage pour être goûté à sa juste valeur : celle d’un livre de Sagesse.

    L’auteure explique d’emblée qu’il ne faut surtout pas confondre la solitude avec l’isolement et la difficulté de vivre. Que du contraire !

    La solitude décrite par Jacqueline Kelen est un cheminement dans l’existence qui écarte les notions d’être délaissé, de manquer de chance, d’absence d’amour, pour faire place à de multiples floraisons : devenir soi, quelque peu libre et sans avoir recours de manière permanente à l’autre ou au regard de l’autre. C’est tant une rencontre avec soi-même, qu’un éveil.

    Une très jolie et explicite comparaison vaut mieux que de longues explications concernant ce livre remarquable : la solitude, c’est comme un amandier qui, même seul et en temps de guerre, persiste à fleurir.

    Lire ou relire cet ouvrage, c’est accepter que la solitude puisse acquérir ou développer des qualités et des vertus telles que le courage, la patience, l’endurance, la bienveillance et l’humilité.

    « La solitude est bien une école de respect de l’autre et de maîtrise de soi », soutient Jacqueline Kelen.

     

    2 min
  • Simon et les chênes de Marianne Fredriksson (J’ai lu)

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

    « Simon dormait sur la banquette de la cuisine. De là sans doute ses futures sympathies socialistes », écrit Marianne Fredriksson dans son roman « Simon et les chênes ». C’est l’histoire d’un suédois, qui, très jeune, entendait dire : « Les gens se traitent comme des bêtes parce qu’on les traite comme des bêtes ».

    Dès l’enfance, il côtoya Isak, fils de juifs fortunés, qui avait trouvé refuge dans cette famille d’ouvriers car l’ombre des nazis planait aussi sur le Nord. « C’est vrai que beaucoup d’êtres humains désirent le bien mais basculent dans le mal… », clame l’auteure.

    Une certaine amitié se tissa entre les deux jeunes garçons, mais Simon, « un enfant qui appartient à la terre, qui porte l’histoire de la terre dans ses cellules, et la sagesse de la nature dans son sang », eut parfois quelques difficultés dans l’existence et, alors, il ne se confiait et ne trouvait du réconfort qu’auprès des chênes.

    Il rencontra deux filles. Iza, jeune rescapée d’un camp de la mort, revenue traumatisée de l’enfer, mais devenue d’une violence extrême. Il y a aussi Klara, qui avoua n’être pas digne de lui et qui savait qu’elle allait l’abîmer…

    Une connaissance de Simon intervint dans cette existence tumultueuse du jeune homme : « Tu ne trouves pas ça bizarre que tout ce qui te vient de l’extérieur tende à te faire croire que tu n’es qu’une chiure de mouche dans l’Univers ? Tandis que ce qui vient de l’intérieur de toi te répète obstinément que tu es tout et que tu as tout. »

    La réponse est venue, petit à petit, en deux épisodes : « C’est le savoir, qui est plus fiable que la science. » et « Les gens qui ne s’aiment pas, le font payer cher aux autres ! »

     

    3 min
  • Pietra viva de Léonor De Récondo (Points)

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

    Avril 1505. Michelangelo dont le « David » et la « Piéta » l’ont rendu célèbre, reçut une commande du pape : sculpter son tombeau.

    L’artiste, passablement ébranlé par la mort du jeune moine Andrea, dont il admirait le corps, mit le cap sur Carrare afin de sélectionner personnellement la cinquantaine de blocs de marbre nécessaires pour accomplir son œuvre grandiose.

    Tel est le début du roman « Pietra viva » de Léonor De Récondo (Points), à la fois écrivaine et violoniste. Une artiste qui, à travers une quarantaine de courts chapitres, fait vivre le génie de Michelangelo. D’aucuns le disaient arrogant, orgueilleux et colérique, à vrai dire il était tourmenté.

    Sa nourrice, pressentant un grand destin, lui avait recommandé : « Il faut oublier les autres et plonger en toi-même. » Alors, quand la tête la première, il plongea dans son magma intérieur, il s’aperçut que sa chair était faite de pierre vive. De pietra viva.Et, comme le mari de sa nourrice était tailleur de pierre dans une carrière, Michelangelo y passa de très nombreuses heures, prélude à des chefs-d’œuvre  que, ni le temps ni l’espace ne pourront faire oublier.

    Et puis, il y avait la beauté miraculeuse de la Nature qui lui signifia que tout était possible, qu’en créant il deviendrait maître de lui-même et de sa force. Ce fut un petit enfant de carrier qui lui indiqua le chemin de cette délivrance…

    2 min
  • Petit traité de l’abandon (2) d’Alexandre Jollien (Points)

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

     Dans son essai « Petit traité de l’abandon » (Points), Alexandre Jollien, évoque le lourd handicap physique qui fait son quotidien et il préconise, avec beaucoup de sagesse, un « abandon à la vie sans baisser les bras ».

    Pour lui, la détermination, c’est la persévérance. « Je continue coûte que coûte à avancer, je progresse, tel que je suis. Ce qui compte, c’est faire ce pas, juste celui-ci. Demain, on verra. Hier, c’est du passé. Un petit pas, aussi petit soit-il, dirige vers le mieux (…) Ce qui nous sauve, c’est de savoir que l’on ne peut pas guérir de ses blessures mais que l’on peut vivre avec, que l’on peut cohabiter avec elles sans qu’il y ait nécessairement de l’amertume. »

    Il précise :

    « Oser la non-lutte, c’est peut-être le summum du courage. D’où, l’abandon, la patience, le laisser-être… »

    Il y a, aussi, ce constat exceptionnel :

    « On peut mettre une ordure devant un miroir, il reste propre. Le miroir reflète la réalité sans la déformer. Sans rien ajouter, ni enlever. Quand un autre nous critique, c’est un gain plus qu’une perte. »

    Et, enfin, cette conclusion :

    « On peut faire n’importe quoi, mais on ne peut pas empêcher d’être aimé. On récolte ce que l’on sème. »

     

    2 min
  • Alyah d’Éliette Abécassis (Albin Michel)

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

     

    Esther Vidal, jeune mère de deux enfants, divorcée, explique :

    « Quand j’étais enfant, j’allais à l’école publique. Puis j’ai fait des études de lettres et je suis devenue professeur de français, dans un collège, en banlieue. Je suis fière d’appartenir à ceux qui forgent l’esprit de mon pays, qui l’enseignent, le perpétuent, le transmettent. J’avais foi dans l’idéal français. »

    Esther Vidal est le personnage principal du nouveau roman d’Éliette Abécassis, « Alyah », paru chez Albin Michel.

    J’avais apprécié plusieurs ouvrages de cette auteure : « La Répudiée », « Mon père », « Un heureux événement ». Des histoires (à connotation autobiographique) bouleversantes, émouvantes, parfois dures et révoltantes, choquantes ou tendres et légères, écrites dans un style très agréable.

    Avec « Alyah », ce sont la révolte, l’angoisse, l’incompréhension, la peur au quotidien, qui interpellent au plus haut point. Un roman, certes, mais il prend aux tripes quand il plonge le lecteur dans une actualité tragique qui a déjà fait la « une » des médias du monde entier à travers certains événements dramatiques. Une situation qui, semble-t-il, est loin d’être réglée.

    Avec ce récit, on est au cœur d’une crise de civilisation qui glace d’effroi tout démocrate. L’Histoire repasserait-elle ses plats les plus horribles ou bien la sagesse finira-t-elle quand même par l’emporter ?

    « Je suis habitée par un sentiment étrange qui pénètre en moi d’une façon insidieuse, jour après jour, heure après heure : la survie », clame la jeune mère de famille.

    Esther Vidal va-t-elle tout plaquer : emploi, amis, connaissances, quartier à Paris, son pays, comme l’a fait l’une de ses amies ?

     

    3 min
  • Petit traité de l’abandon (1) d’Alexandre Jollien (Points)

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

    Dès le début de son essai « Petit traité de l’abandon » (Points), Alexandre Jollien met les choses au point : « Une des grandes blessures de ma vie, c’est d’être réduit, fixé à cette image qui me colle à la peau. Car, dès que l’on me voit, vient le mot « handicapé ». Ce parcours, cette contingence, cette infirmité m’ont donc fait vivre dix-sept ans dans une institution pour personnes handicapées. Malgré la douleur abyssale d’être éloigné de mes parents, le constat et l’émerveillement me gagnaient : je voyais chez des êtres entièrement paralysés une joie pleine et entière. C’est désormais le but de ma vie : conquérir la joie inconditionnelle. Une phrase de Spinoza illustre la quête de mon existence : « Bien faire et se tenir en joie. »

    Que préconise Alexandre Jollien ?

    « Les philosophes grecs se percevaient comme des « progressants », des individus qui faisaient un pas après l’autre vers la sagesse. Or, selon moi, cette sagesse est déjà là, au fond du fond. »

    Alors, durant 115 pages, l’auteur nous expose ces concepts qui le dirigent vers l’abandon à la vie sans baisser les bras : la gratitude, l’humilité, le rire, la simplicité, le zen… »

    Un état né de ses joies et de ses blessures, un modèle pour nous tous et, avec lui, on constate que ce qui pèse dans notre vie, ce ne sont pas obligatoirement et uniquement des épreuves lourdes, mais, aussi, des petits « trucs » du quotidien qu’il semble plus aisé d’éviter.

     

    3 min
  • L’Étendard et la Rose de Gilles Laporte (Presses de la Cité)

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

    Après avoir apprécié « Des fleurs à l’encre violette » et « La Clé aux âmes » (Presses de la Cité) de Gilles Laporte, j’attendais avec impatience la suite de ces deux romans de terroir, ce terme étant choisi à dessein pour la grandeur qu’il exprime.

    La lecture de « L’Étendard et la Rose » m’a ravi, ému et touché de plein fouet à maints égards, dont celui de partager la même passion pour Henri Vincenot, l’écrivain bourguignon qui reste l’un de mes maîtres, quand bien même je ne suis pas romancier : « Si la qualité de votre plume venait à vous gonfler la tête, un jour, vous n’oublierez pas qu’on n’est jamais écrivain. Par le travail quotidien, toute sa vie, on tente seulement de le devenir. »

    Ce roman m’a aussi bouleversé, tant l’histoire racontée touche aux tripes quand on découvre, par petites touches savamment dosées, l’existence d’un orphelin, ses engagements, ses désillusions et, surtout, les leçons de vie qui en découlent.

    En voici quelques-unes :

    . « Toutes les femmes méritent tout le respect du monde que les hommes mériteront peut-être, un jour, quand ils auront cessé de les salir. »

    . « La vraie fraternité, c’est dans l’épreuve qu’on la découvre, pas dans les sermons des curés, encore moins dans les discours des députés. »

    . « L’esprit de tolérance n’impose pas de tolérer l’intolérable ! »

    . « Les larmes de femmes sont des perles trop précieuses pour être offertes aux hommes. »

    . « Que la Terre est belle sans les conneries des hommes ! »

    Et, ce constat tellement empreint de réalisme : « Mai 68 était le dernier moment de contestation possible de cet ordre imposé par les camelots internationaux (…) Ceux de la bouffe industrielle, du Coca-Cola, des bricoles hors de prix qu’ils auront su rendre indispensables… »

    Gilles Laporte, c’est du « bonheur littéraire » qui, une fois le livre lu, donne envie de lui réclamer aussitôt un ouvrage de la même veine. J’espère sincèrement qu’il s’est déjà mis à cette tâche. Un souhait qui, je n’en doute pas, est partagé par de très nombreux lecteurs.

    3 min
  • Guérir de David Servan-Schreiber (Robert Laffont)

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

    Trop tôt disparu des suites d’un cancer, le médecin et psychiatre David Servan- Schreiber nous a laissé quelques ouvrages sur des thèmes d’une importance majeure : la nouvelle médecine des émotions, la médecine complémentaire, les neurosciences…, dont « Guérir »  (Éditions Robert Laffont). Dans ce livre, il est question de guérir du stress, de l’anxiété et de la dépression sans médicaments ni psychanalyse.

    « Une médecine sans psychanalyse ni Prozac, mais un ensemble de méthodes qui font surtout appel au corps plutôt qu’au langage, où il est question de cerveau émotionnel qui contrôle et régit le fonctionnement du cœur, la tension artérielle, le système digestif, le système immunitaire… » précisait l’auteur.

    Des méthodes s’adressant donc directement au cerveau émotionnel, une sorte de cerveau dans le cerveau. Ces méthodes sont la désensibilisation et le retraitement par des mouvements oculaires, la cohérence du rythme cardiaque, la synchronisation des rythmes chronobiologiques, l’acupuncture, la nutrition, la communication affective, l’activité physique, tel le jogging et sa célèbre sécrétion d’endorphine induite par l’exercice…

    Le regretté docteur David Servan-Schreiber.

    Tout ceci relèverait-il d’une approche farfelue, voire dangereuse pour les malades ? Plusieurs spécialistes travaillant dans des cliniques et hôpitaux universitaires, des cardiologues, des rythmologues, des ORL…, les recommandent à présent à certains patients, ce qui est probablement une reconnaissance posthume à David Servan-Schreiber et de quoi porter le débat de manière plus sereine et scientifique.

     

    3 min
  • Laïcité : une valeur menacée ? (« Marianne » en collaboration avec « France Culture »)

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

    Dans son trimestriel de textes choisis, « Marianne », en partenariat avec « France Culture », consacre une centaine de pages à un thème d’une actualité particulièrement pointue : « La laïcité est-elle une valeur menacée ? »

    Dans ce périodique, on trouve des textes ou déclarations de personnalités comme Élisabeth Badinter, Georges Clemenceau, Nicolas de Condorcet, Régis Debray, Jules Ferry, Léon Gambetta, Victor Hugo, Jean Jaurès…, ce qui donne l’occasion d’une profonde réflexion sur un sujet qui, parfois, attise les passions au lieu de rassembler. D’emblée, on lit : « La laïcité ne s’oppose pas aux religions mais organise par la règle commune leur participation à la construction d’un monde commun. »

    Dans ce contexte, j’ai relevé quelques propos qui, de la sorte, permettent, selon moi, un débat serein et empreint d’une tolérance bienvenue à notre époque. Ainsi, Victor Hugo déclara : « Je suis de ceux qui veulent la liberté et non la compression, la croissance continue et non l’amoindrissement, la puissance et non la servitude, la grandeur et non le néant. »

    Quant à Jean Jaurès, il clama qu’il n’y avait « pas de démocratie sans laïcité ».

    Un appel est lancé à la fin du trimestriel : « La laïcité reste par nature un formidable levier d’intégration puisqu’elle permet de rassembler tous les citoyens – et au-delà tous ceux qui vivent sur le territoire national -, quelles que soient leurs origines religieuses ou ethniques, qu’ils soient croyants ou non, sans la moindre distinction. Tous les citoyens et tous les responsables, quelle que soit leur sensibilité politique, sont concernés. »

     

    3 min
  • Hélène de Troie (2) de Margaret George (Livre de Poche)

     

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

     Avec les « Flammes de l’éternité », le second tome du remarquable roman historique « Hélène de Troie » de Margaret George, c’est le destin d’une reine à l’incomparable beauté mais vouée à l’hostilité de tout un peuple, qu’il est question.

    Et, dès les premières pages de ce deuxième ouvrage qui en compte plus de cinq cents, le lecteur est mis au parfum, si j’ose dire :

    « Nous savons qu’au fil des siècles les faits s’effacent et seuls demeurent quelques souvenirs. Peut-être la belle Hélène restera-t-elle dans la mémoire des hommes, la cause d’une guerre entre les Grecs et les Troyens. À moins d’empêcher ce conflit d’éclater… » dit-on à ladite Hélène, qui venait de quitter son mari Ménélas, leur enfant, le peuple grec, pour suivre Pâris à Troie.

    La Guerre de Troie aura-t-elle lieu ?, est une question récurrente qui prend une intensité dramatique au fil de cette exceptionnelle fresque romanesque et historique racontée avec talent par cette historienne reconnue pour la méticulosité de ses recherches.

     

    2 min

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