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By Littérature Sans Frontières – Fréquence TerreScienceNature
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  • Deux heures à tuer au bord de la piscine de Victor Lannoux (Cherche Midi)

     

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

    Pas ou très peu intéressé par le cinéma, le théâtre et les séries télévisées, je n’ai aucun souvenir marquant des prestations artistiques de Victor Lannoux. En revanche, une interview à la radio me le fit connaître de manière très touchante par la présentation de son livre « Deux heures à tuer au bord de la piscine ».

    Et, je ne suis pas déçu de cette rencontre littéraire avec un homme qui jongle avec les mots, les phrases, le déroulement de son passé privé, de sa vie d’acteur et de son combat contre l’amnésie, résultat d’une erreur médicale majeure. Lui qui, dans sa jeunesse, n’avait « jamais été grand-chose », qui décrocha son certificat d’études avec la mention « coup de bol », joua Molière, Corneille, Zola, tourna sous Allégret, Granier-Deferre, Oury, Mocky, et traversa les années avec succès grâce à « Louis la Brocante ».

    Et puis, son écriture est magnifique et poignante. En voici quelques passages :

    « Plus on vieillit, plus les cases se libèrent dans la tête et laissent de l’espace aux souvenirs pour venir s’y planquer. »

    « La vie, c’est la conscience qu’on en a. Et ceux qui n’ont pas cette faculté passent à côté d’eux-mêmes. Ceux-là ne font que suivre le troupeau, sans reflet dans aucun miroir. »

     « Je me demande comment j’ai pu tourner « Dupont Lajoie ». J’y interprète un personnage épouvantable, un ancien para, raciste et ratonneur, qui va entraîner toute une bande de beaufs derrière lui pour aller jusqu’à lyncher un pauvre Arabe innocent. »

    « Moi, le sous-cultivé, le primaire, le presque analphabète, j’écrivais ! »

    Et, j’ajoute, pour le plus grand plaisir des lecteurs.

     

    3 min
  • La vie rêvée d’Ernesto G. de Jean-Michel Guenassia (Livre de Poche)

     

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

    « Il y a deux façons d’écrire l’Histoire : dans l’action, au moment où elle s’accomplit, ou à tête reposée, quand les passions sont apaisées. Le point de vue est alors si différent qu’on se demande comment ces faits ont pu avoir lieu, on a du mal à en comprendre les acteurs, leurs motivations », écrit Jean-Michel Guenassia dans « La vie rêvée d’Ernesto G. » (Livre de Poche).

    Pourquoi Joseph Kaplan, juif de Pologne, provoquait-il les autorités et fréquentait-il la « pire populace » dans sa jeunesse ? Pourquoi ne pleura-t-il pas la mort de sa mère et abandonna son père qui, pourtant, le choyait ? Pourquoi, devenu médecin, quitta-t-il Prague pour l’Institut Pasteur à Paris, puis gagna Alger pour un poste de biologiste, alors que les sbires d’Hitler commençaient leurs ravages ? Que fit-il de toutes ses rencontres féminines et pourquoi accepta-t-il de travailler trois ans dans un bled, avant de remettre le cap vers Prague à la Libération ?

    Pourquoi milita-t-il au parti communiste, devint député puis se retira à nouveau dans un coin perdu à l’heure des purges, complots, trahisons, de l’URSS et du KGB tout puissants dans ce que ce brillant médecin et humaniste appelait « la plus belle ville du monde » ? Les réponses relèvent d’un récit attachant, poignant, brillant.

    Et puis, voici l’autre façon d’écrire l’Histoire : les soins apportés à un certain Ernesto G., mieux connu sous le pseudonyme de « Che », et une fin de récit vraiment étonnante !

     

     

     

     

     

     

    3 min
  • Brassens : le dictionnaire piquant de Michel et Bruno Bilquin (La Boîte à Pandore)

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

    Depuis mon adolescence, j’apprécie la truculence de certaines chansons de Georges Brassens et je ne résiste pas à réécouter l’enregistrement de la célèbre table ronde du trio Brassens-Ferré-Brel, du 6 janvier 1969.

    Et puis, pour peaufiner ce programme, voici l’ouvrage « Brassens, le dictionnaire piquant » de Michel et Bruno Bilquin (La Boîte à Pandore). Une manière originale de rendre hommage au formidable interprète des « Copains d’abord », des « Amoureux des bancs publics », d’« Auprès de mon arbre », de la « Chanson pour l’Auvergnat » et de tant d’autres perles poétiques.

    Effectivement, les auteurs ont choisi trente thèmes, de l’Amour au Zéphyr en passant par Dieu, le gendarme, Jeanne, Léon, la mort, le paradis, le temps, le vin…, pour « lire entre les lignes du texte et du cœur ».

    Et cela donne aux côtés de la gauloiserie, de la paillardise et du lyrisme du chanteur quelques commentaires choisis, parfois surprenants, souvent révélateurs d’une belle sensibilité.

    Un exemple ou l’autre parmi des dizaines : « Brassens semble opposer l’amour éternel, platonique, plutôt de l’ordre de l’inaccessible, à l’amour charnel, plus éphémère, mais plus à la portée des humbles mortels. »

    Et, au sujet du paradis : « Partager avec une prometteuse inconnue un parapluie sous l’averse, mener une belle au septième ciel (même si l’ascenseur s’arrête parfois en route), conquérir une fille ce sont là de petits – ou grands – bonheurs immédiats. »

    Georges Brassens avait-il peur de la mort ? Les auteurs ne le pensent pas : « Il s’en gaussait, il la banalisait, il la rendait même parfois sympathique… »

    À défaut de certitude sur la question, il y a cependant une évidence, selon moi : son œuvre est immortelle !

     

    3 min
  • Le lit d’acajou de Jean Diwo (Folio)

    Trois siècles que le Faubourg Saint-Antoine, quartier parisien, vivait en bonne harmonie avec la communauté du bois : ébénistes, menuisiers, sculpteurs… Une situation unique en Europe.

    La Révolution la frappa douloureusement, la vieille abbaye disparaissant même progressivement. Mais, à défaut d’abbesses, ce sont d’autres « Dames du Faubourg » remarquables que décrit Jean Diwo dans ce deuxième tome intitulé « Le lit d’acajou », dont Antoinette, protectrice d’Ethis, un jeune héros de la Bastille. Protectrice jusqu’au dramatique « Bal de l’Empereur » donné en l’honneur de Napoléon Bonaparte.

    Voici décrite cette période à travers quelques citations que j’ai relevées au fil des centaines de pages de cet ouvrage remarquable :

    « Les révolutions les plus justes sont faites de symboles autant que de sacrifices.  »

    « Il est plus facile d’honorer la vertu que de la pratiquer.  »

    « Ce n’est pas parce qu’on tue à la guerre qu’on peut devenir assassin une fois la paix revenue. »

    « Dans la vie, il n’y a jamais rien de définitif, sauf la mort.  »

    « À force de poursuivre tous les esprits indépendants, Napoléon a fait taire les talents. La dictature n’a jamais favorisé les Lettres. Libraires et imprimeurs sont soumis à une inquisition permanente et la presse à la censure… »

    Bref, rien de nouveau sous le soleil, dit-on.

     

    3 min
  • Mai 68, un pavé dans leur histoire de Julie Pagis (Les Presses et Sciences-Po)

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

    Les événements de Mai 68, j’avais 22 ans à l’époque, m’ont marqué avec une prise de conscience disons, écologique, antimilitariste, antinucléaire, ma collaboration à « Fréquence Terre » en découle probablement.

    Dans l’ouvrage « Mai 68, un pavé dans leur histoire » de Julie Pagis (Éditions Les Presses – Sciences-Po), sociologue et fille de soixante-huitards, il s’agit d’aborder une question essentielle : quel a été l’impact de leur militantisme sur leurs enfants ? Questions subsidiaires : quelle fut la trajectoire desdits soixante-huitards et notre société porte-t-elle des marques de cet engagement ?

    Particularité majeure de cet ouvrage : les soixante-huitards interrogés sont tous des anonymes, loin des figures médiatisées traditionnelles, des porte-parole autoproclamés des événements et des parisianismes.

    Dans ce livre, il est, entre autres, démontré que Mai 68 n’est pas uniquement une rébellion des jeunes contre leurs parents, voire une crise au sein du milieu universitaire.

    Il y a, par exemple, la transmission familiale de dispositions au militantisme, des aspirations personnelles, le refus de soumissions, l’anticolonialisme, le tiers-mondisme, le stigmatisme des enfants d’ouvriers par rapport aux bourgeois et nantis, les différences traumatisantes de classes sociales… Les récits de parcours de vie sont éclairants à ce propos. Ainsi, qu’est-ce qu’un ouvrier d’origine populaire occupant l’usine où il travaillait pouvait bien échanger avec une jeune étudiante d’origine bourgeoise qui revendiquait l’émancipation familiale ?

    Participaient-ils aux événements pour changer en profondeur la structure politique et sociale, pour faire évoluer les mœurs ou pour transformer le système éducatif ? Y a-t-il eu décloisonnement social entre les mondes ouvriers, étudiants et paysans ?

    Des explications fusent : « Mai 68 était une évidence », « Refaire le monde pour mes enfants et mes enfants pour le monde », « Commencer à vivre… », « Changer l’ignorance humaine »…

    Et qu’en est-il des expériences post-soixante-huitardes ? Réponse d’une ancienne militante : « À défaut de changer la vie, les soixante-huitards réussirent au moins à modifier la leur. »

    Cependant, certains soixante-huitards interrogés par l’auteure marquent leur désaccord sur son travail (fort intellectuel, c’est vrai) : « Nous ne pouvons pas être mis en fiches, dans des cases et des cages, et décryptés par les statistiques… »

    Quoi qu’il en soit, Mai 68 fut un fameux moment d’Histoire et n’a pas fini d’interpeller.

     

    4 min
  • Le Petit Livre des grandes dates de l’Histoire de Marie-Hélène Chaplain (Chêne)

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

    Avant de débuter de manière traditionnelle ma chronique, je tiens à rendre hommage à ceux qui se sont battus pour la Démocratie (et à tous ceux qui poursuivent cet objectif majeur) : « Je suis Charlie » !

    Alors que d’aucuns banalisent ce concept, l’Histoire de France (la petite et la grande) prend toute son importance quand Marie-Hélène Chaplain, auteure aux Éditions du Chêne, nous la conte de manière succincte mais parfaitement en adéquation avec les plus récentes connaissances attestées par les historiens.

    De plus, son texte est illustré de chromos qui font la marque de fabrique de cette attrayante collection de « Petits Livres ».

    Pour le présent ouvrage, qui se développe de manière chronologique, on débute aux alignements de mégalithes de Carnac datant de 6 000 ans jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale, cette boucherie devait être la dernière, en passant par des dizaines d’autres pans de cette Histoire extraordinaire : Clovis, Charlemagne, Bernard de Clairvaux, les Templiers, Jeanne d’Arc, Charles le Téméraire, Henri IV, Versailles, Molière, Robespierre, Napoléon, Clemenceau et tant d’autres, célèbres ou personnages sortis de l’anonymat.

    (Photo de couverture du livre remplacée en fonction des événements)

     

    2 min
  • Hélène de Troie (1) de Margaret George (Livre de Poche)

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

    Interdite de sortir de l’enceinte du palais de Sparte, Hélène rêvait de plus en plus de grands espaces, de chevauchées, de rencontres avec les gens… Pourquoi était-elle ainsi confinée par son père, le roi ? Pourquoi sa mère l’empêchait de se regarder dans un miroir et l’obligeait à porter le voile ?

    « Je n’en veux pas ! criait la jeune fille. Qu’est-ce que j’ai fait ? On me dit belle, mais pourquoi me soustraire aux regards, alors ? »

    Parce que, quand elle était enfant, une vieille femme, une sibylle, hurla qu’elle causerait la ruine de l’Asie et de l’Europe, qu’une guerre terrible aurait lieu par sa faute et que de nombreux Grecs perdraient la vie ? Voici, donc, le début du premier tome de ce récit fantastique de Margaret George consacré à « Hélène de Troie » (Livre de Poche), cette « Prisonnière de Sparte ».

    Quelque 570 pages d’un roman historique qui, au fil des chapitres, se dirige vers une tragédie inévitable. La sibylle avait-elle prédit avec justesse le destin de cette enfant d’un dieu tout puissant ? Zeus lui-même, selon la mythologie et les rumeurs populaires.

    2 min
  • Les Dames du Faubourg (3) de Jean Diwo (Folio)

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

    Dans deux précédentes rubriques, j’ai mis en lumière cet ouvrage exceptionnel de Jean Diwo « Les Dames du Faubourg » (Folio), du moins son premier tome, celui qui raconte ce coin de Paris de Louis XI au 13 juillet 1789, en passant par François Ier, Rabelais, la terrifiante Saint-Barthélemy, Montaigne, Henri IV, Richelieu, la Fronde, Colbert…

    Dans les quelque 700 pages, j’ai relevé quelques phrases qui me paraissent dignes d’être méditées :

    Celle d’un Compagnon menuisier : « Quand on ne peut rien faire d’autre, il faut coopérer avec l’inévitable. »

    Une abbesse déclara : « Mieux vaut être oublié des grands qui ne sont que des petits. »

    Un Maître artisan : « Il faut savoir vieillir en jeunesse. »

    Celle d’Anne, épouse d’un Maître-ébéniste, et qui fut peinte par le Tintoret : « Le potage de la vie n’est pas grand-chose si on ne peut y mêler les épices du savoir. »

    De Marguerite, patronne d’un atelier du Faubourg Saint-Antoine : « L’ironie est souvent la force des faibles. »

    D’un ancien collaborateur de Necker, le ministre aux idées libérales qui faisaient peur à la cour, mais qui n’avait jamais parlé de sa vie à un ouvrier : « Si seulement ceux qui gouvernent avaient la curiosité d’aller voir le peuple là où il vit, là où il travaille, que de sottises seraient évitées ! »

    Et, pour terminer, un dicton populaire : « Lorsque les riches commencent à avoir faim, les pauvres sont déjà morts. »

     

    3 min
  • Allegra de Paul Couturiau (Genèse Édition)

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

    Paul Couturiau est un auteur confirmé : son premier roman « Boulevard des Ombres » remporta le Grand Prix de littérature policière, son premier roman historique « Le Paravent de Soie Rouge » fut couronné par le Prix des Maisons de la Presse et sa biographie « Séverine, l’insurgée » fut sélectionnée pour le Prix Femina essai.

    Dans la présente rubrique, j’ai déjà souligné la qualité d’écriture et de conteur de cet auteur avec « L’abbaye aux loups », « Les silences de Margaret » et « L’Ange de la Renardière ».

    Avec « Allegra », son nouvel ouvrage paru chez Genèse Édition, il s’agit de l’histoire d’un professeur de littérature « immergé dans ses livres » et qui ne voit pas son couple couler.

    Va-t-il pouvoir résoudre cette situation grâce à la lecture des pages d’un manuscrit ancien ?

    « C’est dans la solitude que des forces se concentrent sur l’âme et lui enseignent la voie paisible et déterminée de la Vertu et de la Sagesse », y est-il écrit. Mais, selon Paul Couturiau, « il n’est jamais trop tard pour vivre ses rêves »…

     

     

    2 min
  • Que du positif !

    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

    À plusieurs reprises, il a été question en cette chronique de la rubrique « Actualités positives » proposée par le magazine « Agenda Plus » dont la devise est « Bien avec soi, mieux avec le monde ».

    Dès lors, pourquoi bouder son plaisir et ne pas répercuter quelques-unes des nouvelles infos qui, dans ce monde chamboulé, sont réconfortantes ?

    Ainsi, on apprend que le Mexique est le troisième exportateur de miel au monde et que les apiculteurs mexicains ont remporté leur procès contre l’ogre Monsanto après deux années de procédure ; la multinationale voulait imposer la plantation d’OGM au Yucatan, là où 25 000 apiculteurs travaillent de manière bio.

    Ensuite, voici la « Garden Tower », soit une petite tour en plastique recyclable de 7,6 m² et qui accueille jusque cinquante plantes grâce au compost qu’elle génère elle-même. Ce potager urbain produit donc une nourriture saine et une petite colonie de vers se charge de fertiliser en continu cette tour unique.

    Enfin, troisième info positive grâce à la compagnie allemande « Quant » qui vient de créer un moteur fonctionnant à l’eau salée.

    La voiture qui roule avec ce moteur a une autonomie de 400 à 600 km et peut passer de 0 à 100 km/h en moins de trois secondes.

     

    3 min

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