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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
De nombreuses années après l’arrivée de Jean Cottion qui fit du faubourg Saint-Antoine le royaume des travailleurs du bois, l’un de ses lointains descendants, Jean-Baptiste, devenu à son tour le représentant des ouvriers libres, substitua pour la première fois à Paris le noyer au chêne pour la fabrication de meubles. La lignée exceptionnelle de ces menuisiers, ébénistes, sculpteurs… se poursuivait donc de manière remarquable, comme le conte Jean Diwo dans « Les Dames du Faubourg » paru chez Folio en trois tomes.
La renommée de ce « royaume du bois » était grande et la vie s’y écoulait paisiblement. Parfois, un problème surgissait aux pieds de la célèbre abbaye Saint-Antoine-des-Champs. Ainsi, la fille de Jean-Baptiste et de Louise, Perrine, tomba amoureuse – et c’était réciproque – de Jeannot, fils d’un menuisier allemand habitant le quartier depuis trois décennies. Cette famille protestante et celle, chrétienne, de la jeune fille convinrent qu’il ne fallait pas que l’amour de leurs enfants entraîne des divisions dans la communauté des menuisiers : « Conservons notre sagesse, notre esprit fraternel et tolérant. »
La nouvelle abbesse, une « Dame du Faubourg », donc, conseilla : « Pour éviter que la haine et la violence ne gagnent notre collectivité et pour préserver notre territoire de libre travail, procédons en toute discrétion à un double mariage. Ces deux enfants nous donnent une bonne leçon de tolérance. »
Bref, un accommodement avec le Ciel afin de permettre à la vie de se poursuivre en toute quiétude au Faubourg Saint-Antoine…
À bientôt pour la suite de cette passionnante histoire dont le Paris actuel garde encore quelques traces audit faubourg.
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
J’avais apprécié « Les violons du Roi », « Le Printemps des Cathédrales » et « 249, Faubourg Saint-Antoine » de Jean Diwo ; alors, avec « Les Dames du Faubourg » (paru chez Folio), je suis à nouveau comblé.
En somme, l’auteur raconte la fabuleuse histoire de cette artère parisienne où il est né. Une histoire qui commence sous Louis XI, quand ce faubourg devint la patrie du meuble, le royaume du bois. Les gens du bois y étaient considérés comme les aristocrates des professions manuelles.
Jean Cottion, canne de Compagnon à la main et malle aux quatre nœuds sur l’épaule, y débarqua et travailla dans le giron de l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs dirigée par la puissante abbesse Jeanne, autrement appelée « Dame du Faubourg ».
Jean devint le premier ouvrier libre de Saint-Antoine et sa renommée dépassa l’enceinte de la cité. Il fondit famille, fut considéré comme un sage : « Au Faubourg, dit-il, on ne connaît qu’un encens, c’est l’odeur du bois. »
Chef de file des menuisiers, huchiers, sculpteurs…, il combattait avec adresse l’intolérance.
Ainsi, débute une longue histoire à l’ombre de l’abbaye, dont il sera question à plusieurs reprises dans la présente rubrique. En effet, trois ouvrages (entre 500 et 700 pages chacun) composent ce chef-d’œuvre qui sillonne les siècles et il ne sera pas vain de prolonger mon émerveillement !
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
À plusieurs reprises, j’ai décompté la « production » du même chroniqueur littéraire d’un quotidien d’envergure nationale, voire internationale : é-pous-tou-flant ! Moi qui « carbure » à raison d’un livre par semaine, rédaction de la rubrique en plus, comment fait-il pour lire plus de 700 pages par JOUR de livres récents afin d’alimenter 5 à 10 de ses chroniques ?
« Je lis du matin au soir et la nuit ! » me répondit-il de manière sarcastique.
Même constat pour un chroniqueur d’une radio généraliste de l’Hexagone : un livre par jour toute la semaine avec, donc, cinq enregistrements desdites « critiques », qui ont, forcément, été écrites auparavant.
Quelle crédibilité donner aux « choix conseillés » de ces personnes, si ce n’est penser à un copinage éhonté ou à quelques « gâteries » ?
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Il y a une vingtaine d’années, pour les besoins d’émissions, j’avais expérimenté une séance de table tournante et j’avais été rendre visite à Allan Karadec, fondateur du spiritisme, qui repose pour l’éternité au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Là, près de sa tombe en forme de dolmen, devenue un lieu de pèlerinage et de rites dits ésotériques, j’y avais lu la mise en garde suivante : « La distance qui sépare le spiritisme de la magie et de la sorcellerie est plus grande que celle qui existe entre l’astronomie et l’astrologie… »
Je viens d’être replongé dans ce monde étrange par Frédérique Volot, auteure de « 59, passage Sainte-Anne » publié aux Presses de la Cité. Après la « Vierge-Folle » qui m’avait agréablement surpris, j’ai donc à nouveau emboîté le pas du détective Achille Bonnefond, considéré comme le meilleur spécialiste des affaires criminelles de Paris et miraculeusement sorti du coma dans lequel il avait été plongé à cause d’une balle qui lui était passée à un cheveu du cœur.
Pour être franc, en tant que chroniqueur judiciaire, je suis généralement sceptique face aux trames des polars et séries policières, très souvent éloignées de la réalité, comme ne cessent de le répéter les magistrats et avocats de cours d’assises.
Néanmoins, avec une rare franchise, Frédérique Volot prévient d’emblée le lecteur de manière crédible : elle s’inspira de documents et de témoignages, de propos et d’écrits historiques, principalement d’Allan Karadec lui-même, pour « imaginer » certains passages de son roman.
L’intérêt de celui-ci réside aussi dans quelques propos qui peuvent susciter une méditation ou une réflexion :
« Lire, c’est s’instruire. Et s’instruire, c’est comprendre. »
« Quand on se dit l’ami(e) d’une personne, on sait voir au-delà de ses paroles. »
« Impossible n’existe pas dans la nature, la science fait le possible de l’impossible. »
Assurément, les « esprits » ne manquent pas dans cette affaire du Second Empire !
« Fréquence Terre » accueille depuis de nombreuses années ma chronique « Littérature sans Frontières ».
« Fréquence Terre », c’est 5 000 visiteurs par jour, le leader dans les domaines Nature, Environnement, Développement durable…, un partenariat privilégié avec de nombreuses radios FM et webradios. C’est aussi de la musique du monde et des chroniques d’informations plus générales, telle que « Littérature sans Frontières ».
En mai 2013, les statistiques officielles indiquaient qu’au bout de 130 numéros de « Littérature sans Frontières », outre les auditeurs, pas moins de 100 000 lectures avaient été effectuées des textes de la dite chronique hebdomadaire.
Statistiques toutes fraîches sur la dernière année (de novembre 2013 à ce jour) : quelque 12 000 clics avec, en tête, 785 pour « Pensées pour moi-même » de Nelson Mandela (Points), et des préférences nettement marquées (une moyenne de 400 visites) pour des romans de « Terroir » de Sylvie Anne, Jean Anglade…, historiques (Michèle Halberstadt, Philipp Vandeneber…) ou « étrange », tel le dernier Pierre Pelot.
Si « Littérature sans Frontières » est diffusée chaque dimanche matin sur « Fréquence Terre », elle l’est aussi par 9 radios FM situées dans le Gard, à Bastia, en Bretagne, dans les Bouches du Rhône, à l’Île de la Réunion… et 35 webradios de Loire-Atlantique, de Guadeloupe, de Gascogne, de Suisse, de Tunisie, à Paris, Nancy, Metz, Perpignan, Marseille, Dieppe, Menton, Limoges…
Encore un grand merci pour votre fidélité, tout en vous signalant le prolongement de cette chronique sur mon blog « Littérature sans Frontières » où il est aussi question d’actualité littéraire et médiatique : http://litteraturesansfrontieres.skynetblogs.be/
Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.
Le Prix Goncourt sera décerné ce 5 novembre 2014. « L’Obs », nouvelle formule du « Nouvel Observateur », a, dans un récent numéro, consacré un long reportage à ce prix littéraire. Dans le ton qui caractérise ce magazine, quelques questions judicieuses ont été posées : « Comment les jurés sélectionnent-ils quelques romans parmi des centaines ? Et d’ailleurs les lisent-ils ? » Certains ne lisent que les 30 ou 40 premières pages, d’autres une ou deux pages, certains se posent des critères : « Quel livre aurai-je offert à ma maman ? »
Le jury est présidé par Bernard Pivot, journaliste, et est composé de dix membres : écrivains, anciens lauréats, journalistes… « Dans les coulisses du Goncourt : jeux d’influence » titre « L’Obs ». Ainsi, on apprend qu’aucun juré ne serait plus salarié par un éditeur, ce qui n’empêcherait pas des jeux d’influence subtils, alors que d’aucuns disent que le verdict est clean.
En attendant, Pierre Lemaître, lauréat en 2013, a vendu 600 000 exemplaires de son Goncourt.
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Puisqu’il s’agit d’un hors-série ce type de publication est donc relativement intemporel et avec « La France des Lieux Maudits » publié par « Sciences et Avenir », le lecteur sera comblé.
L’éditorial m’avait déjà étonné : « Non, l’actuel château de Montségur n’a jamais abrité de cathares… » tout en confortant mon sentiment depuis des décennies : « Hérétiques, sorcières, loups-garous, accusés de tous les maux, furent surtout coupables d’être différents. » Ensuite, l’avis autorisé d’une médiéviste réputée, Myriam White-Le Goff, confirma l’un de mes autres combats littéraires : « L’Église a transformé les divinités de la nature en entités maléfiques. »
Alors, sur les 80 pages abondamment illustrées du magazine, défilent la fée Mélusine, Jacquou le Croquant, des alchimistes, les Templiers, le Masque de fer… et des lieux où souffle encore le mystère, tels le château d’If, le Mont-Saint-Michel, la Bastille, le pont Valentré à Cahors, Lusignan… En d’autres mots, une lecture aussi agréable que surprenante.
Musique : Michaël Mathy « Birth, Life and Death »
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
« Céleste » de Martine Le Coz paru en « Livre de Poche », est un roman historique poignant qui touche le lecteur au plus profond de ses sentiments en l’emmenant à Paris en 1832, là où se propage le terrifiant choléra.
Partout, la mort règne et sème l’épouvante parmi une population qui, souvent, croit qu’il s’agit d’un châtiment divin qui s’abat sur la capitale.
Pour soigner et réconforter, voici le docteur Lodran, fils d’un planteur et d’une esclave haïtienne. Son dévouement s’apparente à un sacerdoce et son approche éminemment humaniste lui fait analyser de près la douleur incommensurable des gens ou il perçoit leur nature intérieure. Ainsi, il se décrit mentalement le visage d’une vieille dame : « La lutte est sévère entre les ténèbres et la lumière. Une lutte acharnée. »
Dans tout ce contexte dramatique, le bon docteur Lodran peut-il trouver l’amour ? La jeune céleste, 16 ans, semble tant l’aimer profondément…
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
L’éditeur MdV est considéré comme un important spécialiste de l’ouvrage dit initiatique et, avec « Le grade de Compagnon » (tome 2 après celui consacré à l’Apprenti) de Percy John Harvey, ingénieur dans le domaine aéronautique et spatial, il est essentiellement question de symbolique.
Ce livre abondamment illustré comme l’annonce son titre, veut « rassembler ce qui est épars » sur le sujet et constituer un outil pédagogique digne du célèbre travail des tailleurs de pierres dont certains chefs-d’œuvre traversent les siècles, telle Notre-Dame de Paris.
Plus de trois cents pages, agrémentées de multiples reproductions de gravures, certaines datant des XVe, XVIe et XVIIe siècles, font de cet ouvrage un « véritable novateur dans sa présentation. »
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Des politiques (ou apparentés) s’adonnent avec délectation au genre littéraire qui peut faire le buzz : le « Vécu », parfois teinté de propos – croustillants, choquants, vengeurs, révélateurs ou non – sur leur vie privée. Ce n’est pas Valérie Trierweiler, ex-Première dame de France, et auteure de « Merci pour ce moment » paru aux Éditions Arène, voire, mais nettement moins « people », avec Cécile Duflot (« De l’intérieur, voyage au pays de la désillusion » chez Fayard), qui me contrediront.
Généralement, cette littérature s’apparente à des one-shots. Elle ne laisse guère de trace majeure dans l’Histoire et, je pense que c’est bien ainsi. Tout le monde n’est pas André Malraux !
En consultant le « Dictionnaire des citations du monde entier » (« Usuels du Robert »), je lis cette phrase d’Eduardo Mallea, auteur argentin, ami de Stefan Zweig, Borges et Hemingway, qui résume, selon ma perception, ces ouvrages politico-confidentiels qui se veulent davantage des règlements de comptes : « Une littérature appelée à durer est généralement prophétique, plus rarement apologétique ; moins, encore, de propagande. »
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