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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
D’Anna : « Maman, merveilleuse petite maman, pourquoi ne pourrais-tu pas faire preuve d’un peu de compassion et mourir ? »
La maman ? Johanna, une vieille dame placée dans un hôpital, un mouroir, qui ne réagissait plus mais semblait saisir beaucoup de choses malgré tout. Certes, elle était dans le « néant blanc », mais elle rêvait. Parfois, tout haut. En vérité, des souvenirs affluaient. Ceux de sa jeunesse, de son adolescence, de son père…
Anna cajola Johanna, lui donna la becquée : une cuillerée pour papa, une cuillerée pour maman… Au milieu de la comptine, elle eut honte de cette humiliation infligée à sa génitrice. « Tu te souviens, maman ? » Alors, Anna raconta les falaises de son enfance, la prairie côtière, les petites maisons, les bleuets, les fraises sauvages… et Johanna changea d’expression, plongea son regard dans celui de sa fille, un regard droit et chargé de sens.
Et puis, il y avait la grand-mère, Hanna, une légende grandiose et douteuse, une force incroyable.
Anna, Johanna, Hanna : un trio formant des racines familiales merveilleusement dépeintes par Marianne Fredriksson dans une saga romanesque, « Hanna et ses filles ». Un ouvrage qui prend aux tripes et ne lâche pas le lecteur d’un pouce. Un livre datant de deux décennies, mais tellement intemporel.
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Voici la troisième chronique consacrée à l’imposant livre de Matthieu Ricard, « Plaidoyer pour l’altruisme ». Ce scientifique en génétique cellulaire devenu moine bouddhiste, s’est penché sur le concept de l’écologie. Dans cet ouvrage d’un millier de pages, l’auteur soulève différents points d’une extrême gravité. On apprend ou, pour certains, il s’agit d’une confirmation alarmante, que des entreprises françaises comme GDF Suez et Sanofi ont financé la campagne électorale 2012 de candidats américains qui avaient la particularité d’être des négateurs actifs du réchauffement climatique.
On y lit, encore, que le coût de la recherche pharmaceutique est largement inférieur à celui des dépenses publicitaires et que des visiteurs médicaux influencent indûment des médecins. Ceci montre et démontre que le terme « altruisme » a encore beaucoup de progression à faire à tous les niveaux des consciences et le nom « Monsanto » vient directement à l’esprit dans ce cas d’espèce. Ainsi, Matthieu Ricard n’hésite pas à écrire : « Monsanto est l’archétype caricatural de l’égoïsme institutionnalisé avec ses malversations criminelles ».
Matthieu Ricard fait aussi mention d’études qui démontrent que les enfants d’Europe et d’Amérique du Nord de milieux urbains jouent dix fois moins ensemble dans les lieux publics qu’il y a quelques décennies et que leur contact avec la nature se limite souvent avec une image de fond d’écran d’ordinateur. L’auteur explique qu’en Finlande, pays réputé pour l’excellence de son enseignement, la philosophie est claire : « L’essentiel dans l’acquisition du savoir, ce n’est pas l’information prédigérée venue de l’extérieur, mais l’interaction entre l’enfant et l’environnement. »
Il rappelle, aussi, un principe qui, déjà en 1843, était fort commenté dans la presse de l’époque, plus particulièrement dans la « Revue républicaine » : « Tout homme aspire à la liberté, à l’égalité, mais il ne peut l’atteindre sans l’assistance d’autres hommes, sans fraternité. »
À « Fréquence Terre » on est aussi convaincu de ce principe et, à travers ses nombreuses rubriques, tout est mis en œuvre depuis plus d’une décennie pour le diffuser !
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Plus de 1 000 pages en caractères serrés pour « Plaidoyer pour l’altruisme » de Matthieu Ricard (Pocket), l’un des spécialistes mondiaux sur le sujet, méritait bien une deuxième chronique.
Alors qu’on peut croire que, seul, l’Islam véhicule des propos « violents » à travers le Coran, tels les sourates 9 et 47 qui évoquent des mises à mort d’infidèles ou incroyants, Matthieu Ricard signale que la vengeance est exaltée dans la Bible, plus spécifiquement dans le « Deutéronome », cinquième livre de l’Ancien Testament. Ainsi, on y lit dans la bouche de l’Éternel : « Je me vengerai de mes adversaires et je punirai ceux qui me haïssent ; mon épée dévorera leur chair, et j’enivrerai mes flèches de sang, du sang des blessés et des captifs, de la tête des chefs de l’ennemi… »
Comment réagir face à ce constat ? L’auteur est catégorique : « Il est important de souligner que l’on peut éprouver une profonde aversion à l’égard de l’injustice, de la cruauté, de l’oppression, du fanatisme, des actes nuisibles, et faire tout son possible pour les contrecarrer, sans pour autant succomber à la haine. »
Et, de citer Gandhi pour appuyer ses propos : « Si l’on pratique l’« œil pour œil, dent pour dent », le monde entier sera bientôt aveugle et édenté. » L’intolérance religieuse reste un facteur majeur de violence dans le monde, assène l’auteur.
Il cite le Dalaï-Lama à ce sujet : « La conviction profonde que l’on a en poursuivant son propre chemin doit se doubler d’un absolu respect de celui des autres. » Que n’est-il davantage propagé et entendu en ces temps plus que troublés ?
La semaine prochaine, une troisième chronique, plus spécifiquement « écologique », sera consacrée à cet important ouvrage.
« En observant la société occidentale, force m’était de convenir que les « sages » n’étaient plus les modèles, mais qu’on leur avait substitué les gens célèbres, riches ou puissants. »
« L’amour bienveillant et la compassion sont les deux facettes de l’altruisme. »
« La Connaissance est libératrice. »
« Le nouveau-né ne survivrait pas plus de quelques heures sans la tendresse de sa mère ; un vieillard invalide mourrait rapidement sans les soins de ceux qui l’entourent. Nous avons besoin de recevoir de l’amour pour pouvoir et pour savoir en donner. »
Mais, hélas, il y a ce constat assez alarmant : les jeunes sont passés de l’ère de la conversation à celle de la connexion, beaucoup préférant même « parler » à des machines…
« Pourquoi vais-je m’inquiéter des générations futures ? Qu’ont-elles fait pour moi ? » : cette célèbre boutade (?) de Groucho Marx (1890-1977) concerne certainement de nombreux décideurs politiques, banquiers, industriels… En d’autres mots, Matthieu Ricard répète qu’« il est trop tard pour être pessimiste » et, de la sorte souligne qu’il est urgent d’appliquer l’altruisme pour sauver la planète.
La semaine prochaine, une deuxième chronique sera consacrée à cet imposant ouvrage tant il contient des informations et réflexions susceptibles d’intéresser chacun d’entre nous…
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Au début de l’ouvrage « Histoire d’une femme libre » de Françoise Giroud (Folio), on lit : « On ne retient pas la vie qui s’en va (…) Je suis une femme libre. J’ai été, donc je sais être une femme heureuse. Qu’y a-t-il de plus rare au monde ? »
À la fin, après le récit des quatre premières décennies d’une vie extraordinaire, dont sa tentative de suicide à l’été 1960, on découvre cette confidence profonde : « Être seule ? C’est ne plus avoir, auprès de soi, quelqu’un de qui se faire entendre sans parler. »
Cet ouvrage autobiographique est celui d’une « bagarre avec les mots », celui du courage développé par celle qui était à la recherche d’elle-même en plein milieu de son existence.
Un document exceptionnel pour une femme d’exception. Et dire qu’une certaine « élite » intellectuelle trouvait ce livre impubliable… Alors, je ne peux que partager ces propos que je cautionne avec force et vigueur : « J’ai peut-être mal pensé, mais je n’ai rien eu à concéder. »
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
« Désormais, la plus haute, la plus belle performance que devra réaliser l’humanité sera de répondre à ses besoins vitaux avec les moyens les plus simples et les plus sains. »
Dans ces propos, il est question d’activité créatrice d’autonomie, d’acte politique, d’acte de légitime résistance à la dépendance et à l’asservissement de la personne humaine ; des propos émis par Pierre Rabhi dans son essai « Vers la sobriété heureuse » (Actes Sud), un écrivain qui est, également, agriculteur, expert en agroécologie, pionnier du bio. Cet inlassable militant qui se penche sur son passé et déclare : « Quand j’avais 20 ans – il en a 77 -, la modernité m’est apparue comme une immense imposture. »
Au fil de décennies de militantisme, il constate encore : « La joie de vivre est une valeur suprême à laquelle nous aspirons tous, mais que des milliards de dollars ne peuvent offrir. »
Ici, selon ma perception, ce dernier constat peut parfaitement s’appliquer à l’imposture qui a pour nom « Monsanto » !
Ainsi, « c’est sous l’inspiration d’une rationalité sans âme que s’est construit le monde actuel », selon l’auteur. Alors, propose-t-il un antidote à cette situation ?
Oui, bien sûr ! Ce serait un monde où s’épanouirait les qualités d’attention à l’autre, un monde de cœur et de fraternité, entre autres.
Et, c’est par le changement positif des individus que le monde changera positivement : « Il n’y a pas d’autre voie ! » clame Pierre Rabhi.
Il faut donc en finir avec le concept de notre terre qui ne doit plus obligatoirement produire de la nourriture pour sa propre consommation, mais surtout cracher de l’argent !
Ce n‘est pas à « Fréquence Terre » que Pierre Rabhi sera contredit. Que du contraire !
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
« La parole perdue » est un essai de Sophie Perenne à « Maison de Vie » ; un ouvrage qui se veut aider le lecteur à la retrouver, en somme. Vaste programme en soi qui, au fil des pages, recèle bien des enseignements et interprétations profanes, religieuses, initiatiques… a fortiori lorsqu’on sait que la langue, qui est une forme de pacte social, se caractérise par le langage au moyen des paroles, de l’écriture, de gestes, de la langue des sourds, des signes établis par les Indiens des plaines, de l’argot, des SMS…
Parfois, ce langage peut mentir, dissimuler, trahir, tricher, manipuler, rabaisser, comme il peut être un bel élan fraternel vers le monde et les êtres. Et puis, il y a les images pleines de sens caché(s), dont celle, récurrente, de « L’Alchimie » visible sur le pilier central de la cathédrale Notre-Dame de Paris (voir photo) avec deux livres : un est ouvert, il représente l’exotérisme, philosophies ou religions publiques, l’autre est fermé, et signifie l’ésotérisme, philosophie qui s’adresse aux initiés.
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
« Le génie de la Bastille » de Jean Diwo (Folio) est le troisième et dernier tome des « Dames du Faubourg », une superbe saga qui, au total, fait 1 600 pages et s’étire sur quatre siècles d’Histoire. Elle relate, depuis l’époque du roi Louis XI jusqu’à la Belle-Époque et l’Art nouveau, la communauté du bois installée dans le quartier parisien du Faubourg Saint-Antoine.
Ce Paris qui, pour l’auteur, « transforme un fait banal fait en une péripétie considérable. »
Amour de la belle ouvrage et compagnonnage font partie de l’ADN de ces menuisiers, ébénistes, charpentiers et sculpteurs exceptionnels dont certains, au fil de ce troisième tome côtoient de près ou de loin le monde des artistes.
Il est donc question des Théophile Gautier, Balzac, Berlioz, Mérimée, Alexandre Dumas, Baudelaire, Offenbach, Chateaubriand, Zola, Proust, Jean Cocteau, d’Art nouveau, d’expositions universelles, mais aussi de révolutions sanglantes dans les rues de la capitale.
Le moment de lancer quelques propos qui ne plaisaient forcément pas aux autorités : « Le charme des honneurs est inversement proportionnel à leur mérite. Croyez-vous qu’un ministre a gagné les médailles dont il se pare ? »
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Avec 118 pages enlevées au pas de course, l’auteur Marek Halter offre un récit palpitant avec le roman « Bethsabée ».
Le roi David envoya son armée faire la guerre loin de Jérusalem et l’un de ses généraux choisit Urie comme officier de confiance.
heureux et fier, Urie avait prévenu sa femme Bethsabée qu’il serait absent très longtemps. Elle se sentit délaissée par son guerrier.
Cette femme à la grâce sensuelle étourdissante n’admit pas que son homme puisse préférer servir le roi plutôt qu’être auprès d’elle. Alors, c’est ce dernier qui se retrouva dans sa couche tout en bafouant allégrement les commandements de Moïse !
La puissance, le pouvoir et le faste royal étaient d’incomparables aphrodisiaques, constate l’auteur, également connu comme militant des Droits de l’Homme, de la Mémoire et pour la Paix.
Mais, en ce temps-là, une femme adultère devait être lapidée, selon la loi de Dieu admise par David lui-même.
« Une injustice ! » osa clamer Bethsabée à son amant.
Le peuple de Jérusalem ne fut pas dupe du stratagème élaboré par David pour écarter Urie et il le lui fit comprendre…
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Le magazine « Ma ville, notre planète » présente les « Prix Pinocchio » récompensant (?!) les entreprises et organisations multinationales les plus menteuses et celles qui usent et abusent de pratiques en totale contradiction avec le concept de développement durable… qu’elles osent revendiquer et pratiquer !
Cette initiative est due aux « Amis de la Terre France » (photo Prix 2014) et comporte trois catégories :
1. La catégorie « Plus vert que vert » pour les campagnes de communication abusives et trompeuses.
2. La catégorie « Une pour tous, tout pour moi ! » s’adresse aux entreprises menant une politique agressive en terme d’appropriation, de surexploitation ou de destruction des ressources naturelles.
3. La troisième catégorie s’intitule « Mains sales, poches pleines » et recense les entreprises menant l’opacité au niveau financier, par exemple.
Il paraît, selon le magazine, que la banque BNP-Paribas a tenu compte de cette initiative citoyenne.
N’empêche, le chemin serait encore long pour que les choses avancent de manière significative dans de multiples multinationales…
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