Des formes utiles - L'art et ses récits

Des formes utiles - L'art et ses récits

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Des formes utiles - L'art et ses récits episodes

  • #48 – Raccords

    Je pourrais quitter un mec pour un film mais jamais je ne quitterais un film pour un mec. Joelle, la scripte dans La Nuit américaine*

    * film de François Truffaut, 1973

    Au cinéma, Jacqueline Gamard a assuré les raccords, la continuité harmonieuse et la justesse d’un film, sa cohérence globale ; sa participation de la création du département scripte à la Fémis, le don de ses archives à la Cinémathèque, ont été une autre forme de raccord, entre avant et après, ce qu'on appelle la transmission.

    Après le cinéma, sa « continuité » se fait au fil de ses histoires, de ses archives, des objets collectionnés, des voyages, d’amitié. Le récit continue. Moteur ! Primo il cinema, poi la vita ! *

    *citation détournée du film Prima la vita de Francesca Comencini, 2025, son père, Luigi Comencini disait : Prima la vita, poi il cinema ! (D'abord la vie, puis le cinéma !)

    Pour aller plus loin
    • Peter Handke, Chanson sur l’enfance (Lied vom Kindsein) poème écrit pour le film Der Himmel über Berlin (Les ailes du désir) de Wim Wenders, 1987, la traduction en français du poème a été prise sur le site https://www.lesauterhin.eu/peter-handke-chanson-de-lenfance-dans-les-ailes-du-desir/
    A l’oreille
    • Lonely stranger, Eric Clapton, Unplugged
    • Cheek to cheek (extrait), Fred Astaire/Ginger Rogers, du film Top Hat, 1935
    • Into your arms, Nick Cave & The Bad seeds
    • Lied vom Kindsein, poème de Peter Handke par Bruno Ganz en ouverture du film Der Himmel über Berlin (Les ailes du désir) de Wim Wenders, 1987
    • Dido’s lament, Jeff Buckley, Henri Purcell
    1 hr
  • #47 – Scripte

    La scripte, c’est la personne la plus cultivée du plateau, c’est la personne qui doit pouvoir répondre à : est-ce que cette commode du XVIIIème va avec ce décor ? Zoe Zurstrassen

    Je sais, il y a la vie privée, mais la vie privée, elle est boiteuse pour tout le monde. Les films sont plus harmonieux que la vie, Alphonse. Il n'y a pas d’embouteillages dans les films, il n'y a pas de temps morts. Les films avancent comme des trains, tu comprends ? Comme des trains dans la nuit. Les gens comme toi, comme moi, tu le sais bien, on est fait pour être heureux dans le travail de cinéma. Ferrand (le réalisateur) dans La Nuit américaine *

    *film de François Truffaut, 1973

    Elle est « la colonne vertébrale du film» disait Alain Resnais.

    Du travail avec James Ivory et Wim Wenders, avec Nikita Mihalkov, à la création (avec Sylvette Baudrot, Zoe Zurstrassen et Lucette Andreï) du département scripte de la Fémis, le parcours de la scripte Jacqueline Gamard est un carnet de rencontres, de voyages, de souvenirs précieux qui raccorde son histoire à une des histoires du cinéma.

    Pour aller plus loin avec Jacqueline Gamard

    L’Oeuvre au noir, André Delvaux, 1988

    Jusqu’au bout du monde, Wim Wenders, 1991

    Jefferson à Paris, James Ivory, 1995

    Le Barbier de Sibérie, Nikita Mikalkhov, 1998

    The City of your final destination, James Ivory, 2009

    La Rafle, Rose Bosch, 2010

    L’Ordre et la morale, Mathieu Kassowitz, 2011

    Les Beaux jours d’Aranjuez, Wim Wenders, 2016

    Pour aller plus loin avec les autres

    https://www.femis.fr/cursus-scripte

    • Sylvette Baudrot, La script-girl, Fémis, 2003
    • Zoe Zurstrassen, La scripte d’aujourd’hui, Dujarric, 1989
    • Lucette Andreï
    • Colette Crochot
    • Anaïs Feuillete, Le métier de scripte https://www.lesscriptesassocies.org/IMG/pdf/me_moire_le_me_tier_de_scripte.pdf
    A l’oreille
    • Grand choral, La nuit américaine de François Truffaut 1973, musique de Georges Delerue, Orchestre de Radio France, direction Bruno Fontaine
    • Générique parlé du Mépris, Jean-Luc Godard, 1963, musique de Georges Delerue
    • Générique de l’émission Cinéma, Cinémas, musique de Franz Waxman du film Une place au soleil de George Stevens, 1951
    • Days, The Kinks, musique du film Les Beaux jours d’Aranjuez, Wim Wenders, 1991
    • Dido’s lament, Jeff Buckley, Henri Purcell
    1 hr
  • #46 – ADN

    Que signifie communiquer ? demanda le petit prince

    C’est une chose trop oubliée, ça signifie créer des liens… répondit le renard.

    Antoine de Saint Exupéry

    Attaché profondément à sa culture, il porte son attention sur ce qui la définit et sauvegarde et sa réflection s'attarde sur ce qui fait lien. Ses derniers travaux picturaux, révèlent les rituels, les jeux, transposent ses interrogations sur la religion vodun, sur le rôle de la transe, montrent les interactions entre les humains, entre humains et animaux et avec la nature, (p)relèvent et par cela préservent, ce qui fait communauté.

    Nathanaël Vodouhè est artiste.

    Si un jour il ne peignait plus, s’il ne sculptait plus, s’il n’utilisait aucun des médiums habituels du domaine artistique, s’il cultivait un potager ou qu’il bâtissait une ferme, ce sera toujours de l’art, « la poièsis qui nommait avant Homère, toute transformation de la matière, comme le travail des abeilles ou la fabrication d’un vase pour garder le vin, une transformation de la matière par l’esprit. »*

    Le travail de Nathanaël Vodouhè a pu être vu dans plusieurs galeries et espaces culturels en Afrique et en Europe. Il est représenté en France par la galerie Vallois à Paris et par Alexis Gallery au Lagos au Nigéria.

    *Clara Breteau, Les vies autonomes, une enquête poétique, Actes Sud, coll. Voix de la terre, 2020

    Pour aller plus loin avec Nathanaël Vodouhè

    Fondation Montresso Marakech, Maroc

    AKAA, Paris

    Pour aller plus loin avec les autres :`
    • Khalil Gibran, Le Prophète, Babel, Actes Sud, 2004
    • Edouard Glissant, la citation sur la créolisation est extraite d’un entretien donné au journal Le Monde en 2005
    • Pascale Marthine Tayou, artiste né à Yaoundé au Cameroun, vit et travaille à Gand en Belgique
    A l’oreille
    • There’s a lull in my life, Mina Agossi
    • Walk around a street in Cotonou & extrait du thème de Mon oncle (film de Jacques Tati), musique Vladimir Kosma
    • Just like a woman, Jeff Buckley
    • Dido’s lament, Jeff Buckley, Henri Purcell
    1 hr
  • #45 – Apparitions/Disparitions

    Ce que les yeux ne peuvent voir, n’est pas tout aussi réel ? Nathanaël Vodouhè

    Esprit contemplatif, Nathanaël Vodouhè a développé une philosophie proche de l’humain, de la nature, des mystères. Ses yeux se tournent vers l’intérieur, puisent dans les enseignements ancestraux de son terroir pour les confronter au monde moderne et tentent de le déchiffrer..
    Sa pratique de l’art est sa meilleure manière d’être au monde. Ce n’est pas une habileté de peindre ou de sculpter qu’on voit, mais une manière de voir.
    En partant de ses observations sur la consommation, sur l’envie de posséder des objets qui nous possèdent, d’additionner des habitudes et routines au point d’en faire des addictions, il s’intéresse à ce qui fait que l’homme se constitue une identité à partir des choses qu’il convoite et traduit ses réflexions dans des installations d’objets qui en se consommant nous consomment. « Il interroge ainsi le rapport aux addictions, les jeux de pouvoir entre les êtres et la société hyper-consommatrice. »

    Nathanaël Vodouhè a été exposé en France à Paris par la Galerie Vallois et lors des plusieurs expositions collectives dont nous citons : Révélations Bénin à la Conciergerie et au Carrousel du Louvre, à La Rochelle, à Nice, à IleWordwide Galery au Pays Bas, à la Fondation Montresso à Marrakech et et au Musée Mohamed VI de Rabat au Maroc, à Alexis Gallery à Lagos au Nigéria, à la galerie Amani en Côte d’Ivoire, à l’Institut Français, à l’ambassade de l’Union européenne à Cotonou…

    Pour aller plus loin avec Nathanaël Vodouhè

    Exposition Cérémoniel, Maison rouge à Cotonou jusqu’au 8 mars 2026

    Pour aller plus loin avec les autres
    • Vitshois Mwilambwe Bondo, performer, fondateur et directeur artistique de Kin ArtStudio et de Congo Biennale à Kinshasa, RDC
    • Ateliers SAHM, centre d’art contemporain, Brazzaville, Congo Brazzaville
    • Edouard Glissant, Poétique, tome 5 : La cohée du Lamentin, 2005
    • Ali Babar Kenjah, Edouard Glissant, des outils pour repenser l’identité, une soirée de l’Université populaire de la Villeneuve et son cycle «Que reste-t-il du passé colonial» (2017-2018) ; publié sur irenees.net
    • Le poème Il meurt lentement(A muerte devagar) aurait étéattribué par erreur à Pablo Neruda, il serait écrit par la poète brésilienne Martha Medeiros
    • Addiction et régulations épigénétiques, extrait de l'article publié sur Med Sci Paris, dans le vol, 31, numéro 4, en avril 2015, Addictions. par Jean Zwiller, Laboratoire de neurosciences cognitives et adaptatives, UMR 7364, CNRS, université de Strasbourg, faculté de psychologie ; www.medecinesciences.org
    A l'oreille
    • Benin To, Orchestre Les Sympathiques de Porto Novo, 1978
    • Luba, Héritier Mayimbi M. par Armand Diangienda W, Orchestre de Kinshasa
    • Akiza, Dagbo & International Africa Jazz
    • Dido’s lament, Jeff Buckley, Henri Purcell
    1 hr
  • #44 – Prolog

    quelques peintres se sont retrouvés dans un jardin où les pommiers étaient prêts à fleurir et ont tenté ensemble une expérience inhabituelle : oublier ce qu'ils avaient appris à l'école, essayer de redevenir, d'être au début de leur art, en dessinant, presque en s'oubliant eux-mêmes, des branches avec des bourgeons en fleurs ou des fleurs blanches de pommier éclaboussées de pourpre et de rosée matinale. Cette fraîcheur du regard, de la contemplation, une tentative presque mystique, a été une expérience importante pour eux. Paul Gherasim

    Le galeriste Alain Oudin et l’artiste Marie Chamant décident en 2015 de créer un Fond de dotation destiné à pérenniser la diffusion de l’œuvre de certains artistes et mouvements qui ont façonné la spécificité de leur galerie et aussi d’assurer la gestion de fonds d’ateliers.

    Le Fonds de dotation Enseigne des Oudin propose un espace d’exposition, de recherche et de stockage. Il centralise l’essentiel des pièces et livres spécialisés acquis au cours des 40 ans d’activité de la galerie, établissant des passerelles entre peinture, dessin, sculpture, photographie, film, vidéo et écriture.

    L’Enseigne des Oudin propose cinq expositions par an, un programme de performances, des séminaires de recherche, une résidence d’écriture et de création et accueille étudiants, chercheurs et amateurs d’art au sein de son centre de documentation.
    Elle expose en ce moment et jusqu’au 28 février le plus longévif groupe roumain Prolog, initié par le peintre Paul Gherasim en 1985 en opposition à l’art officiel de l’époque, le réalisme socialiste.

    L’exposition montre des œuvres de : Paul Gherasim, Cristian Paraschiv, Constantin Flondor, Horea Pastina, Mihai Sârbulescu, Horea Bernea, Matei Lazarescu, Valentin Scarlatescu, Ion Grigorescu, et les amis, Marie Chamant, Ruxandra Grigorescu, Dan Mohanu.

    Pour aller plus loin avec Enseigne des Oudin et Prolog

    Pour aller plus loin avec les autres
    • Alina Saftulescu, Studiu de caz, Prolog, (Etude de cas, Prolog), Universitatea de Vest, Timișoara
    • Andrei Plesu, Jurnalul de la Tescani, București, Editura Humanitas, 2011
    • Gabriel Liiceanu, Le journal de Paltinis : récit d'une formation spirituelle et philosophique, Editions La Découverte, 1999
    • Constantin Noica, Jurnal filozofic, Humanitas, 2012
    • Dumitru Staniloae, Cartea filocaliilor, Humanitas, 2018
    • Coriolan Babeți, Catalogue Prolog 2004
    • Lucian Blaga, Poemele luminii, Les poèmes de la lumière, éditions bilingue roumain-français Jacques André éditions, 2016
    • Radio România International, Grupul Prolog, article de Eugen Cojocariu et Ion Puiu, 11 mai 2025
    A l’oreille
    • Bergeries, rondeau, Masako Ohta, François Couperin
    • Cristina, Maria Raducanu Quartet
    • Hristos se naște (Le Christ est né), Matei Vatopedinul (1774-1849), choeur byzantin — Corul Byzantinion, interpréte, Adrian Sârbu, « isonari » : Sebastian Socol, Ionuț Copăcel, Paul Lungu, Sebastian Maruseac, Biserica Sfântul Sava, Iași (Jassy), Roumanie
    • Dido’s lament, Jeff Buckley, Henri Purcell
    1 hr 15 min
  • #43 – Le monde et son usage

    Le sentiment de la concrétude du monde : le monde, non plus comme un parcours sans cesse à refaire, non pas comme une course sans fin, un défi sans cesse à renouveler, non pas comme le seul prétexte d'une accumulation désespérante, ni comme illusion d'une conquête, mais comme retrouvaille d'un sens, perception d'une écriture terrestre, d'une géographie dont nous avons oublié que nous sommes les auteurs. George Perec

    Ebloui par des images du monde, aimanté par les correspondances entre histoire, art et sciences, Raphaël Dallaporta révèle dans son travail des phénomènes (in)visibles d’un univers dont il capte les vibrations.
    Qu’il explore les rêves et les illusions de l’humanité ou tente de réactiver ce qui semblait perdu, s’il invite parfois à rien faire et qu’il trouble nos perceptions, son regard, sur un os de la préhistoire, sur les sapins de janvier ou un objet mathématique, est un regard attentif, poétique, qui cherche à dénicher dans l’ombre la part de lumière.

    📚 Pour aller plus loin

    avec Raphaël Dallaporta

    Galerie Jean-Kenta Gauthier

    avec d'autres

    • Georges Perec, Espèces d’espaces, Seuil, 1974
    • Martine Audet, A toute heure, Editions Noroît, 2025
    • Yannis Ritsos, Le mur dans le miroir, Gallimard, 1973
    • Giorgio Agamben, Le feu et le récit, Payot & Rivages, 2018
    • Wislawa Szimborska, extrait Discours Prix Nobel, 1996
    • Constatin Cavafis, Poèmes, Gallimard, 1999
    🎧 À l’oreille
    • Clair de lune, Debussy, Maria Joao Pires
    • A la bonne étoile, M avec Vincent Segal
    • Marguerite Duras, INA, extrait sonore interview tournage film Détruire dit-elle, 2“02, 1969
    • The Hours, Philipp Glass, music from the Motion Picture Soundtrack
    • Dido-s lament, Henri Purcell, Jeff Buckley
    🎚️ À la technique Isabelle Carrère
    1 hr 30 min
  • #42 – Pièces à convictions

    Nous sentons que même si toutes les possibles questions scientifiques ont trouvé leur réponse, nos problèmes de vie n’ont pas même été effleurés. Assurément il ne subsiste plus alors de question ; et cela même constitue la réponse. Ludwig Wittgenstein

    Nous ne pouvons pas changer la réalité, dit un mystique byzantin qui m’est cher, – changeons donc l’œil qui voit la réalité. C’est ce que je faisais quand j’étais enfant, c’est ce que je fais encore dans les instants les plus créateurs de ma vie. Nikos Kazantsakis

    Raphaël Dallaporta cherche des correspondances, entre art et sciences, entre progrès et questions sociétales, questionne l’image et ses représentations. Et lorsqu’il pose son regard sur la façade d’une maison cossue ou sur le cœur d’un drame, qu’il ose montrer la beauté formelle d’une arme antipersonnel ou qu’il met en équation le temps, c’est pour dévoiler ce qui est tu, ce qui est caché ou invisible.
    Artiste photographe, dans son travail qui relie des traces anciennes à leur devenir, une de ses questions centrales pourrait être le titre d’une de ses dernières expositions, Que reste-t-il ? Et aussi, que fait-on de tout cela ?

    Raphaël Dallaporta est un artiste français, lauréat du prix Niépce en 2019. Il est exposé pour la première fois en 2004 aux Rencontres d’Arles et devient lauréat ICP Infinity Award en 2010. En 2014, il est pensionnaire de l’Académie de France à Rome — Villa Médicis. Il obtient en 2015 l’autorisation du ministère de la Culture d’accéder dans la Grotte Chauvet. Chacun de ses projets a été finalisé par une publication monographique aux éditions Xavier Barral ou GwinZegal. Ses œuvres sont notamment présentes dans les collections du Centre National d’Art Plastique, du musée national d’art moderne Centre Pompidou, de la Maison Européenne de la Photographie, du Musée de l’Élysée à Lausanne et de la New York Public Library.

    📚 Pour aller plus loin

    avec Raphaël Dallaporta

    Galerie Jean-Kenta Gauthier

    • 2016 Chauvet – Pont-d’Arc, L’inappropriable, R. Dallaporta, Editions Xavier Barral
    • 2013 Ruins, Dallaporta R. Editions GwinZegal. 2011 Fragile, Dallaporta R. Editions GwinZegal. 2010 Antipersonnel, Dallaporta R. Editions Xavier Barral, Musée de l’Elysée, Lausanne
    • 2009 Domestic slavery [Esclavage domestique], Dallaporta R. Millot O. Fotodok
    • 2006 Esclavage domestique, Dallaporta R. Millot O. Filigranes Editions
    • 2004 Front Toward Enemy, Dallaporta R. Filigranes Editions

    avec d'autres

    • Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus, Gallimard, 1961
    • Nikos Kazantsakis, Rapport au Greco, Editions Cambourakis, 2016
    • Giorgio Agamben, Qu’est-ce que le contemporain, Payot/Rivages, 2008
    • Maurice Blanchot, L’espace littéraire, Gallimard Idées, 1955
    • Roland Barthes, La chambre claire, Cahiers du cinéma, Gallimard, 1980
    • George Perec et Robert Bober, Récits d'Ellis Island, 1979
    • Susan Sonntag, Sur la photographie, Bourgois, 1977
    • CCEM
    🎧 À l’oreille
    • A poet walks, Robert Forster
    • Etude n 5, Philipp Glass, Vikingur Olafsson
    • Le déserteur, Boris Vian
    • Fragile, Sting & Stevie Wonder
    • For a silent space, Mémoire, Marihiko Hara
    • Dido-s lament, Henri Purcell, Jeff Buckley
    🎚️ À la technique Isabelle Carrère
    1 hr 30 min
  • #41- Антон Павлович Чехов

    Les mots, c'est finalement tout ce que nous avons, alors il vaut mieux que ce soit ceux qu'il faut et que la ponctuation soit là où il faut pour qu'ils puissent dire le mieux possible ce qu'on veut leur faire dire. Raymond Carver

    Anton Pavlovitch Tchekhov meurt le 2 juillet 1904 à Badenweiler dans la Forêt Noire en Allemagne. Quelques minutes auparavant il avait demandé une coupe de champagne. Il avait 44 ans. Ses œuvres complètes en russe comptent 30 volumes.
    Nouvelles, récits, pièces de théâtre, 7 000 pages, 8 000 personnages… les 7 000 lettres qui nous sont parvenues ne représentent qu’une partie de sa correspondance.

    Tchekhovest un réaliste au sens philosophique du mot : il croit à la réalité des essences, des Idées, mais une réalité qui ne serait pas méta-physique, il croit à l'existence actuelle, concrète du beau, du bien, du vrai. Les hommes vivent en-dessous d'eux-mêmes, le monde existe sous une forme insuffisante ou dégradée.
    La technique tchekhovienne, qui vient des récits, est, au théâtre, celle d'un système d'échos, de silences et de réponses différées ou fortuites qui correspond tout à fait à celle que l'on met en œuvre dans la musique.
    La vie, selon Tchekhov, est comme un concert, comme une symphonie. Ce qu'il faudrait, c'est savoir écouter; faire œuvre d'art, c'est faire entendre aux hommes l'air exact de leur vie, qu'ils écoutent de travers parce qu'ils pensent toujours à autre chose. Wladimir Troubetzkoy

    Cet entretien dédié à Anton Tchekhov aura la forme d'un dialogue porté avec le comédien russe de la MKHaT, Aleksei Bajanov.

    Aleksei Bajanov a quitté son pays la Russie au début de l'invasion de l'Ukraine. Il est en exil à Paris.

    📚 Pour aller plus loin avec Tchekhov :
    • Vivre de mes rêves, Lettres d’une vie, Robert Laffont, 2016
    • L’île de Sakhaline, Editions cent pages, 1995
    • Théâtre complet, Poche, tome 1 et 2. 1973 et 1974
    • Récits d’un inconnu et autre nouvelles, Poche, 2008
    📚 Pour aller plus loin avec les autres :
    • Le Violon de Tchekov, Vladimir Troubetskoy, Persée, Littératures, article, 1991
    • Tchekov, Virgil Tănase, éditions Folio, 2008
    • Au loin la liberté, Jacques Rancière, la fabrique éditions, 2024
    • Peter Stein
    • Constantin Stanislavski

    🎧 A l’oreille :

    • Maurice Jarre, Valse de Platonov
    • Elena Kamburova, Hivernage
    • Fiodor Chaliapine, Le soleil se lève et se couche, chanson de prisonniers
    • Naissam Jalal & Rhythms of resistance, Buleria Sarkhat Al Ard
    • Theodore Bickel, Margaritkelech
    • Jeff Buckley, Dido’s lament, d’après Henri Purcell
    🎧 Les extraits en russe lus par Alexei Bajanov :

    Extrait de l’acte I d’Oncle Vania, Oeuvres, Théâtre, Gallimard, 1967, traduction du russe par Elsa Triolet

    Astrov : Tu peux chauffer tes poêles avec de la tourbe et construire les hangars en pierre. Bien, j'admets que l'on coupe les bois par nécessité, mais pourquoi les détruire ? Les forêts russes gémissent sous la hache, des milliards d'arbres périssent, les gites des bêtes, les nids des oiseaux se vident, les rivières s'ensablent et se dessèchent, des paysages ravissants disparaissent pour tou-jours, et tout cela parce que l'homme est paresseux et qu'il n'a pas assez de sens commun pour se baisser et ramasser le combustible. ( A Eléna Andréevna.) N'ai-je pas raison, madame? Il faut être un barbare pour follement brûler dans un poêle toute cette beauté, pour détruire ce que nous ne pouvons pas créer. L'homme est doué d'une raison et d'une force créatrice pour multiplier ce qui lui a été donné, mais jusqu'ici, il n'a pas encore créé, il n'a que détruit. Il y a de moins en moins de forêts, les rivières se dessèchent, le gibier a disparu, le climat est plus rude et la terre s'appauvrit et enlaidit de jour en jour. (À Vomitzki.) Je te vois qui me regardes avec ironie, et tout ce que je dis te semble manquer de sérieux et… et, peut-être est-ce vraiment de la manie, mais quand je passe à côté de la forêt que j'ai sauvée, ou quand j'entends le bruissement de ma jeune forêt que j'ai plantée de mes mains, je deviens conscient du fait que le climat aussi est un peu entre mes mains et que si, dans mille ans, l'homme doit être heureux, cela sera un peu de ma faute à moi aussi. Quand je plante un juin bouleau et que je le vois ensuite se couvrir de feuilles vertes e se balancer dans le vent, mon cour se remplit de fierté…

    Extrait de l’acte I de La Mouette, Actes Sud, 1996, traduction du russe par André Markowicz et Françoise Morvan

    Tréplev : Elle aime le théâtre, elle se figure qu'elle est au service de l'hu.manité, de l'art en ce qu'il a de plus sacré, et, pour moi, le théâtre contemporain, c'est de la routine, du préjugé. Quand le rideau se lève et que, sous des lumières de soir, dans une chambre à trois murs, ces grands talents, ces prêtres de l'art sacré nous montrent comment on mange, on boit, on aime, on marche, on porte son complet-veston ; quand, de ces tableaux et de ces phrases vulgaires, ils s'évertuent à tirer une morale – une petite morale, quotidienne, à la portée de tous, adaptée à l'usage domestique; quand, sous mille variations, ils me servent la même chose, la même chose, la même chose – alors, moi, je me sauve, je me sauve, comme Maupassant se sauvait devant la tour Eiffel qui lui écrasait le cerveau de sa vulgarité. {…} Il faut des formes nouvelles. Des formes nouvelles, voilà ce qu'il faut, et, s'il n'y en a pas, alors, tant qu'à faire, plutôt rien.

    🎚️ À la technique Isabelle Carrère
    1 hr 30 min
  • #40 – Avec les mots

    De nous il faut que quelque choses reste. Léona Delcourt (Nadja à André Breton)

    Poètes et écrivaines québécoises, Danielle Fournier et Diane Régimbald poursuivent leur dialogue initié autour de la question Pourquoi écrire ?
    Leur cheminement vers l’écriture, leur désir et la nécessité de se dire, de dire, de construire un langage intime, révèle la tentation et la tentative permanente d’aller vers l’autre, de comprendre ce que nous sommes, ce qui fait monde, les manières de l’habiter, de l’intérieur.
    Des lectures des poèmes de Diane Régimbald, des fragments du texte que Danielle Fournier est en train d’écrire, Ténèbres… comme incursion dans une mémoire infuse, qui nous appartient, et au delà, dans une mémoire en train de se faire.

    Les écrits de Danielle, témoins d’une fragilité, d’une intensité qui la dénude, questionnent la féminité, la violence du non-dit, le langage, comme territoires à arpenter, à démystifier, à inventer. Les poèmes de Diane engagent ses pas au plus prés de ses questionnements.
    Le poème « fait chavirer l’essence des mots vers des portées inattendues », ses thématiques, le corps, l’identité, l’errance, les liens, les ruptures, la révèlent dans son élan d’être présente au monde, celui de créer des liens et d’aller vers l’autre comme unique possibilité d’exister..

    En résidence d’écriture aux Récollets à Paris, Diane Régimbald a été présente à la 42e édition du Marché de la poésie à Paris en juin 2025 pour des lectures et la signature des livres de poésie : Nos attachements, écrit avec Denise Desautels et Louise Dupré, sur des encres de Marie Delbard, et Elle voudrait l'ailleurs encore, avec des œuvres de Sophie Lanctôt. Danielle Fournier était elle aussi présente pour des séances de signature du livre Je n’aime pas violet, écrit avec Louise Marois, avec des œuvres de Louise Marois.

    📚 Pour aller plus loin

    avec Danielle Fournier

    • Je n’aime pas violet, avec Louise Marois, Editions du Noroît, avec des oeuvres de Louise Marois, 2024
    • Ce pourrait être l’été, avec Mireille Fargier-Caruso, Editions Méridianes, 2023
    • Iris, avec Luce Guilbaud, Editions de l’Héxagone, 2012

    avec Diane Régimbald

    • Nos attachements, avec Denise Desautels et Louise Dupré, sur des encres de Marie Delbard, l’Atelier des Noyers, 2025
    • Au plus clair de la lumière, Editions du Noroît, 2021
    • Sur le rêve noir, Editions du Noroît, 2016
    • Pas, Editions du Noroît, 2009

    avec d'autres

    • Virginia Woolf
    • Giordano Bruno
    • Littérature vivantes, 7 capsules vidéos des lectures polyphoniques d’un poème du Sur le rêve noir, produites par Rhizome, avec Simon Dumas en 2021
    🎧 À l’oreille
    • Première leçon de ténèbres,François Couperin
    • Alessandro Marcello, Oboe Concerto in D minor
    • Dido’s Lament (d’après Henry Purcell) – Jeff Buckley
    🎚️ À la technique Isabelle Carrère
    1 hr
  • #39 – Avant les mots

    Il y a des choses qu'on ne peut pas dire, c'est vrai. Mais ce qui ne peut pas être dit doit être écrit. Maria Zambrano

    Pourquoi écrire ? Pendant trois ans Danielle Fournier a correspondu avec les écrivains et poètes Michelle Diaz-Florian et François Minod sur cette question de jeunesse. Leurs lettres ont fait l’objet d’un livre, Je vous ai lu quelque part paru aux éditions Unicités.
    Cet entretien pour parler de leurs correspondances, de leurs singularités aussi, voir comment cet échange a fait résonner la question.
    Nous avons pensé à Diane Régimbald pour la prolonger à partir de ce lieu incertain, de tâtonnements, de l’intime, son laboratoire, ce territoire d’ombres et de lumière où les mots « entrent et creusent ce qui est de la langue », là où apparaît le poème.
    Deux écrivaines et poètes québécoises, pour questionner l’avant-geste de l’écriture, le questionner à travers parfois l’écriture même.

    Danielle Fournier a fait paraître une vingtaine de titres, poésie et récits.
    Pour son recueil Pas perdus en Hongrie elle a eu le prix Alain-Grandbois en 2003 et en 2010, le Prix de poésie du Gouverneur général du Canada pour son recueil Effleurés de lumière. Professeur de littérature dans différents établissements universitaires au Québec, elle a été pendant des nombreuses années directrice littéraire de la maison d’édition l’Hexagone et de la revue Les Ecrits à Montréal.

    Diane Régimbald est poète, auteure d’une douzaine de recueils de poèmes.
    Pour L’insensée rayonne elle a été finaliste en 2013 du prix de la poésie du Gouverneur général du Canada et en 2024, pour Elle voudrait l’ailleurs encore, elle a reçu le Prix Québecor au Festival International de la poésie de Trois Rivières. Son livre Échographies, avec des oeuvres d’Odile Massart, a été finaliste en 2024 du prix Mallarmé. Diane est coordonnatrice du Comité Femmes du Centre québécois du P.E.N. International depuis 2017 et y œuvre afin de faire entendre la pluralité des voix d’écrivaines qui témoignent des violences et des inégalités.

    📚 Pour aller plus loin

    avec Danielle Fournier

    • Je vous ai lu quelque part, avec Mireille Diaz-Florian et François Minod, Éditions Unicités, 2025
    • celle qui ne donne pas son nom, Éditions Lémeac, 2024
    • Icis je n’ai pas oublié le ciel, Lieux-dits, 2023
    • celle qui ne craint pas la joie, Éditions Lémeac, 2021
    • celle qui marchait sur la pointe des pieds, Éditions Lémeac, 2019
    • Effleurés de lumière, Édition de l’Hexagone, 2010
    • Poèmes perdus en Hongrie, VLB, 2002

    avec Diane Régimbald

    • L’insensée rayonne, Éditions du Noroît, 2012
    • De mère encore, Éditions du Petit Flou, 2018
    • Échographies, avec des œuvres d’Odile Manssart, L’Atelier des Noyers, 2023
    • Elle voudrait l’ailleurs encore, avec des œuvres de Sophie Lanctôt, Éditions du Noroît, 2024

    avec d'autres

    • Réné Char, Chants de la Balandrane, Gallimard, 1977
    • Maria Zambrano, De l’Aurore, traduit de l’espagnol par Marie Laffranque, Editions de l’éclat, 1989
    • Pluri’elles, Marie Delcourt, Books on demand, 2017
    🎧 À l’oreille
    • Lectures des lettres et des extraits de lettres de Danielle Fournier, Mireille-Diaz Florian et François Minod, de Je vous ai lu quelque part, par Ilinca Badoi, comédienne
    • Prélude in E minor, Frédéric Chopin, Khatia Buniatishvili
    • Prélude no 15 in D flat major, Frédéric Chopin, Martha Argerich
    • Dido’s Lament (d’après Henry Purcell) – Jeff Buckley
    🎚️ À la technique Isabelle Carrère
    1 hr

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