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  • « CDU : Sehen Sie das auch ? »

    Cette revue de presse décrit une crise politique majeure en Allemagne suite aux élections régionales du 22 septembre 2026, marquées par l'effondrement historique de la CDU. Le chancelier Friedrich Merz se retrouve totalement isolé après des défaites cuisantes face à l'extrême droite de l'AfD et à la gauche radicale de Die Linke. Les sources analysent cet échec à travers un manque d'empathie, des promesses non tenues sur la dette et une déconnexion avec les préoccupations locales. Cette instabilité fragilise non seulement le leadership national mais affaiblit également la position de l'Allemagne au sein de l'Union européenne. Malgré les critiques internes et l'émergence de successeurs potentiels comme Hendrik Wüst, le parti semble incapable de s'accorder sur une transition immédiate. En fin de compte, la presse allemande souligne une polarisation croissante de la société allemande qui rappelle les difficultés du paysage politique français.
    Sehen Sie das auch ? — la question a enfin trouvé sa réponse
    Le 7 septembre, la Süddeutsche Zeitung écrivait que la République fédérale n’était plus « immune » contre l’AfD. Le 22 septembre, on peut mesurer précisément l’ampleur de cette non-immunité : un Land entier privé de représentation CDU pour la première fois depuis 1949, une capitale fédérale virant à gauche sous une candidate qui invoque ouvertement Zohran Mamdani, et un chancelier réduit à promettre, seul sur une estrade, « Rückgrat, Standhaftigkeit und Geduld » — une antienne qu’il répète pour la sixième fois de la journée sans qu’elle convainque plus personne. La Berliner Morgenpost avait raison trop tôt : elle avait déjà nommé le perdant avant même que la note ne soit présentée dans son intégralité.

    Ce qui a changé entre les deux scrutins, ce n’est donc pas le diagnostic — la presse allemande l’avait posé dès le 6 septembre — mais le silence qui l’entourait. Le réseau de la « République de l’ombre », qui se murmurait « Sehen Sie das auch ? » en coulisses en attendant sagement le verdict du 20, a eu sa réponse : oui, tout le monde voit la même chose. Mais voir ne suffit pas à agir — et c’est peut-être la leçon la plus frappante de cette séquence : ni Söder, ni Prien, ni les ministres-présidents réunis jusqu’à minuit dans la représentation de Rhénanie-Palatinat n’ont, à ce stade, transformé le constat en mouvement. « Es springt eben niemand », résume un participant aux discussions du week-end — personne ne saute le pas. C’est peut-être là, plus que dans les scores eux-mêmes, que se joue la suite : entre l’avertissement de Berthold Kohler sur le risque d’un basculement encore plus « brun » que « bleu », et l’incapacité manifeste de la CDU à produire ne serait-ce qu’un successeur, l’Allemagne semble suspendue entre deux vertiges — celui de l’AfD qui avance, et celui d’un centre qui ne trouve plus la force de se recomposer.

    Reste une dernière question, que ce papier laisse volontairement ouverte pour la suite « Fluctuat et mergitur » : si l’Allemagne se découvre à ce point vulnérable à ses extrêmes, la France, dont le système électoral concentre bien davantage le pouvoir entre les mains d’un seul homme ou d’une seule femme, est-elle vraiment mieux protégée ?

    14 min
  • Thirteen Years of Consistency: Hedy, Yemen, and Arabia:

    This article by Joël-François Dumont pays tribute to the analytical work of Hedy Belhassine, whose writings on Yemen and Saudi Arabia have demonstrated exceptional foresight since 2013. The author emphasizes that Belhassine’s predictions—particularly regarding the fragility of Saudi military power, which she described as a “paper tiger”—have been confirmed by current events in 2026. The text highlights the region’s reliance on personal alliances, such as the one with Donald Trump, rather than on stable treaties. Through a retrospective look at her articles, the author presents Yemen as a barometer of major global upheavals. This portrait of a committed observer blends political criticism, incisive humor, and a deep understanding of the realities of the Arab world.

    The Art of Making People Laugh Without Ever Lying

    Coluche would have loved Hedy Belhassine’s Yemen. Thierry Le Luron, no doubt, would have dreamed of impersonating his princes. For there is, in Hedy, a very French art of the killer line — one that says everything while appearing to say nothing — an art once thought reserved for cabaret stages, which he has methodically applied, for thirteen years, to one of the bloodiest files in the world.

    Who else would have dared to sum up thirty-five months of bombing as “the stick and the carrot, to tame the donkeys”? Who would have thought to offer, in a single sentence, a $200,000 Bentley to every Saudi pilot “traumatized by having incinerated his Yemeni brothers” — without ever specifying which of the two, the trauma or the gift, is the more obscene? Who, finally, would have dared write that the army of the world’s fourth-largest military budget is, without its auxiliaries, nothing but “a paper tiger” — a phrase so accurate it took thirteen years to stop being true, and still hasn’t?

    Hedy’s humor is never gratuitous. It is the vehicle, not the goal — a way of delivering an unpleasant truth without ever seeming to hammer it home. It is humor that triggers laughter first, and then, a second later, an uneasy silence: the one you feel upon realizing you just laughed at something that should make no one laugh. That, perhaps, is the real talent — and it is a rare one.

    21 min
  • Dreizehn Jahre Beständigkeit: Hedy, der Jemen und Arabien

    Dieser Artikel von Joël-François Dumont würdigt die analytische Arbeit von Hedy Belhassine, deren Schriften über den Jemen und Saudi-Arabien seit 2013 von außergewöhnlicher Weitsicht zeugen. Der Autor betont, dass sich Belhassines Vorhersagen, insbesondere hinsichtlich der Anfälligkeit der saudischen Militärmacht, die sie als „Papiertiger“ bezeichnet, durch die aktuellen Ereignisse des Jahres 2026 bestätigen. Der Text beleuchtet die Abhängigkeit der Region von persönlichen Bündnissen, wie dem mit Donald Trump, anstatt von stabilen Verträgen. Anhand eines Rückblicks auf ihre Artikel stellt die Quelle den Jemen als Seismograf für große weltweite Umwälzungen dar. Dieses Porträt einer engagierten Beobachterin verbindet politische Kritik, bissigen Humor und eine tiefe Kenntnis der Realitäten der arabischen Welt.
    Die Kunst, zum Lachen zu bringen, ohne je zu lügen.

    Coluche hätte Hedy Belhassines Jemen geliebt. Thierry Le Luron hätte wohl davon geträumt, seine Prinzen zu imitieren. Denn in Hedy steckt eine sehr französische Kunst der tödlichen Pointe — jene, die alles sagt, während sie so tut, als sage sie nichts —, eine Kunst, die man einst nur den Kabarettbühnen zutraute und die er seit dreizehn Jahren methodisch auf eines der blutigsten Dossiers der Welt anwendet.

    Wer sonst hätte gewagt, fünfunddreißig Monate Bombardierung mit „Zuckerbrot und Peitsche, um die Esel zu zähmen“ zusammenzufassen? Wer wäre auf die Idee gekommen, in einem einzigen Satz jedem saudischen Piloten, der „traumatisiert davon war, seine jemenitischen Brüder verbrannt zu haben“, einen Bentley für 200.000 Euro zu schenken — ohne je zu klären, was von beidem obszöner ist, das Trauma oder das Geschenk? Wer schließlich hätte gewagt zu schreiben, dass die Armee des viertgrößten Militärhaushalts der Welt ohne ihre Hilfstruppen nichts als „ein Papiertiger“ sei — eine Formel, so treffend, dass sie dreizehn Jahre brauchte, um aufzuhören wahr zu sein, und es bis heute nicht ist?

    Hedys Humor ist nie beliebig. Er ist Mittel, nicht Zweck — eine Art, eine unangenehme Wahrheit zu vermitteln, ohne sie je einzuhämmern. Es ist ein Humor, der zuerst das Lachen auslöst, und eine Sekunde später ein beklommenes Schweigen: jenes, das man empfindet, wenn man merkt, gerade über etwas gelacht zu haben, worüber eigentlich niemand lachen sollte. Das ist vielleicht das wahre Talent — und es ist selten.

    17 min
  • Treize ans de constance : Hedy, le Yémen et l’Arabie

    European Security rend hommage au travail d'analyse d'Hedy Belhassine, dont les écrits sur le Yémen et l'Arabie saoudite font preuve d'une clairvoyance exceptionnelle depuis 2013. L'auteur souligne que les prédictions de Belhassine, notamment sur la fragilité de la puissance militaire saoudienne qualifiée de « tigre de papier », se voient confirmées par l'actualité de 2026. Le texte met en lumière la dépendance de la région envers des alliances personnelles, comme celle avec Donald Trump, plutôt que sur des traités stables. À travers une rétrospective de ses articles, la source présente le Yémen comme un sismographe des grands bouleversements mondiaux. Ce portrait d'un observateur engagé mêle critique politique, humour incisif et une profonde connaissance des réalités du monde arabe.

    L’art de faire rire sans jamais mentir

    Coluche aurait aimé le Yémen de Hedy Belhassine. Thierry Le Luron, sans doute, aurait rêvé d’imiter ses princes. Car il y a chez Hedy un art très français de la formule assassine, celui qui dit tout en ayant l’air de ne rien dire — un art qu’on croyait réservé aux cafés-théâtres, et qu’il applique méthodiquement, depuis treize ans, à l’un des dossiers les plus sanglants du monde.

    Qui d’autre aurait osé résumer trente-cinq mois de bombardements par « bâton et carotte pour domestiquer les ânes » ? Qui aurait pensé à offrir, en une phrase, une Bentley à 200 000 euros à chaque pilote saoudien « traumatisé d’avoir carbonisé ses frères yéménites » — sans jamais préciser lequel des deux, du traumatisme ou du cadeau, est le plus obscène ? Qui, enfin, aurait osé écrire que l’armée du quatrième budget militaire mondial n’est, sans ses supplétifs, qu’« un tigre de papier » — formule si juste qu’elle a mis treize ans à cesser d’être vraie, et qui ne l’est toujours pas ?

    L’humour de Hedy n’est jamais gratuit. Il est le vecteur, pas la fin — une manière de faire passer une vérité désagréable sans jamais avoir l’air de la marteler. C’est un humour qui déclenche le rire d’abord, puis, une seconde plus tard, un silence gêné : celui qu’on ressent en réalisant qu’on vient de rire d’une chose qui ne devrait faire rire personne. C’est peut-être ça, le vrai talent — et il est rare.

    16 min
  • Thank You, Donald: The Chaos That Reshuffled the World’s Cards

    A look ahead. François de Vries describes a upheaval in the world order caused by the United States’ diplomatic and military disengagement under the presidency of Donald Trump. Faced with dwindling U.S. ammunition stocks and growing instability in the Middle East, Washington’s historic allies—such as Finland, Canada, and Saudi Arabia—are forced to develop their own strategic autonomy. This geopolitical vacuum primarily benefits Russia and China, while triggering a major energy crisis that weighs on purchasing power in Europe. The author thus highlights the paradox of American isolationism, which, by neglecting its partners, pushes them to forge new, independent defense alliances. This analysis sheds light on the end of the U.S. security guarantee and the painful emergence of a fragmented post-American world.

    The Burghers of Calais, 21st Century Edition

    There is an image, born in the fourteenth century and sculpted by Rodin five hundred years later, of six notables walking toward their fate with rope around their necks, resigned, to spare their city. Europe in 2026 has not reached that point — but the reflex it displays, collectively, sometimes resembles that dignified submission more than an assumed revolt. Each of the facts documented above — Finland, Canada, Ukraine, Saudi Arabia — shows that it is possible to act without waiting for Washington’s authorization. And yet, no European head of state has yet publicly spoken the sentence that so many facts now demand: enough is enough.

    The question is no longer whether Donald Trump bears responsibility for part of the current chaos — the facts gathered here speak for themselves. It is how much longer the nations concerned will choose diplomatic caution over candor.

    History teaches that the vacuum left by the silence of moderates is never vacant for long: it fills, sooner or later, with those who feel no such scruple — and in Europe as elsewhere, the parties waiting for precisely that moment are those who have never been afraid to say out loud what others only think.

    21 min
  • Danke, Donald: Das Chaos, das die Karten der Welt neu gemischt hat

    Ein kleiner Ausblick. François de Vries beschreibt eine Umwälzung der Weltordnung, die durch den diplomatischen und militärischen Rückzug der Vereinigten Staaten unter der Präsidentschaft von Donald Trump ausgelöst wurde. Angesichts der erschöpften amerikanischen Munitionsvorräte und einer zunehmenden Instabilität im Nahen Osten sind die historischen Verbündeten Washingtons wie Finnland, Kanada und Saudi-Arabien gezwungen, ihre eigene strategische Autonomie auszubauen. Dieses geopolitische Vakuum kommt vor allem Russland und China zugute und führt gleichzeitig zu einer schweren Energiekrise, die die Kaufkraft in Europa belastet. Der Autor hebt damit das Paradoxon eines amerikanischen Isolationismus hervor, der seine Partner im Stich lässt und sie dazu zwingt, neue, unabhängige Verteidigungsbündnisse zu schmieden. Diese Analyse beleuchtet das Ende der amerikanischen Sicherheitsgarantie und die schmerzhafte Entstehung einer fragmentierten, postamerikanischen Welt.
    Die Bürger von Calais, Ausgabe des 21. Jahrhunderts
    Es gibt ein Bild, im 14. Jahrhundert entstanden und fünfhundert Jahre später von Rodin in Stein gemeißelt: sechs Honoratioren, die mit dem Strick um den Hals ihrem Schicksal entgegengehen, ergeben, um ihre Stadt zu retten. Das Europa des Jahres 2026 ist noch nicht so weit — doch der Reflex, den es kollektiv zeigt, gleicht mitunter eher dieser würdevoll inszenierten Unterwerfung als einer entschiedenen Auflehnung. Jede der oben dokumentierten Tatsachen — Finnland, Kanada, die Ukraine, Saudi-Arabien — zeigt, dass es möglich ist, zu handeln, ohne auf die Erlaubnis aus Washington zu warten. Und dennoch hat noch kein europäisches Staatsoberhaupt öffentlich den Satz ausgesprochen, den so viele Tatsachen inzwischen einfordern: Jetzt reicht es.

    Die Frage ist längst nicht mehr, ob Donald Trump eine Mitverantwortung für einen Teil des gegenwärtigen Chaos trägt — die hier zusammengetragenen Fakten sprechen für sich. Sie lautet vielmehr, wie lange die betroffenen Nationen noch diplomatische Vorsicht der Offenheit vorziehen werden.

    Die Geschichte lehrt, dass das Vakuum, das das Schweigen der Gemäßigten hinterlässt, nie lange leer bleibt: Es füllt sich, früher oder später, mit jenen, die diese Skrupel nicht kennen — und in Europa wie anderswo sind es genau jene Parteien, die nur auf diesen Moment warten, die sich nie gescheut haben, laut auszusprechen, was andere nur leise denken.

    29 min
  • Merci Donald : Le chaos qui a rebattu les cartes du Monde

    François de Vries décrit un basculement majeur de l'ordre mondial provoqué par la politique étrangère disruptive de Donald Trump. Face à l'épuisement des stocks militaires américains et à l'ambiguïté de Washington envers ses adversaires, les alliés traditionnels amorcent un mouvement de dissidence stratégique. L'Europe, menée par la France et rejointe par la Finlande, cherche désormais sa propre autonomie nucléaire, tandis que le Canada renforce ses liens avec l'Union européenne pour s'éloigner de l'influence de son voisin. Ce désengagement américain profite directement à la Russie et à la Chine, tout en provoquant une instabilité économique mondiale marquée par une grave crise énergétique. En définitive, François de Vries souligne comment l'effacement volontaire des États-Unis force les autres puissances à construire un monde post-américain pour assurer leur propre survie.

    Les Bourgeois de Calais du XXIᵉ siècle

    Il existe une image, née au XIVᵉ siècle et sculptée par Rodin cinq cents ans plus tard, de six notables marchant vers leur destin la corde au cou, résignés, pour épargner leur ville. L’Europe de 2026 n’en est pas encore là — mais le réflexe qu’elle affiche, collectivement, ressemble parfois davantage à cette soumission dignement mise en scène qu’à une révolte assumée. Chacun des faits documentés ci-dessus — Finlande, Canada, Ukraine, Arabie saoudite — montre qu’il est possible d’agir sans attendre l’autorisation de Washington. Et pourtant, aucun chef d’État européen n’a encore prononcé publiquement la phrase que tant de faits appellent : trop, c’est trop.

    La question n’est plus de savoir si Donald Trump est responsable d’une part du chaos actuel — les faits, ici rassemblés, parlent d’eux-mêmes. Elle est de savoir combien de temps encore les nations concernées choisiront la prudence diplomatique plutôt que la franchise.

    L’histoire enseigne que le vide laissé par le silence des modérés n’est jamais longtemps vacant : il se remplit, tôt ou tard, par ceux qui n’ont pas ce scrupule — et en Europe comme ailleurs, les partis qui n’attendent qu’une chose sont précisément ceux qui n’ont jamais eu peur de dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas.

    18 min
  • Abqaiq, Miami, Bab-el-Mandeb: The American Guarantee Put to the Test

    Third Time’s Not the Charm
    These three episodes resonate differently in the Gulf than they would elsewhere, and that difference lies in a conception of alliance that is not Washington’s own.
    In Arab political tradition, and particularly in that of the Gulf monarchies, the spoken word — al-kalima — binds as much as a written treaty; loyalty to an ally who has requested assistance is not one diplomatic option among others, but a moral obligation whose breach is remembered for a long time. That same culture makes hospitality (diyafa) a cardinal value: welcoming, protecting, and responding to one who seeks help are acts that define honor as much as interest.

    Measured against that standard, the Abqaiq-Miami-Bab-el-Mandeb sequence does not read merely as three strategic failures. It reads as three breaches of a word Riyadh believed it had received — in 2019, with a promised response that never came; in 2026, twice in a row, with a refusal of assistance requested by an ally who had, for its part, honored its own commitments for decades. For a culture in which loyalty is proven at the exact moment it is asked for, not in the comfort of rhetoric, that silence weighs heavier than a mere tactical disagreement.

    21 min
  • Abqaiq, Miami, Bab-el-Mandeb: Die amerikanische Garantie auf dem Prüfstand

    Aller guten Dinge sind nicht drei
    Diese drei Episoden hallen im Golf anders nach, als sie es anderswo täten, und dieser Unterschied liegt in einem Verständnis von Bündnis, das nicht dem Washingtons entspricht.
    In der arabischen politischen Tradition, und insbesondere in jener der Golfmonarchien, verpflichtet das gegebene Wort — al-kalima — ebenso sehr wie ein schriftlicher Vertrag; Loyalität gegenüber einem Verbündeten, der um Beistand gebeten hat, ist keine diplomatische Option unter mehreren, sondern eine moralische Pflicht, deren Verletzung lange in Erinnerung bleibt. Dieselbe Kultur macht auch die Gast-freundschaft (diyafa) zu einem zentralen Wert: jemanden, der um Hilfe bittet, aufzunehmen, zu schützen und ihm zu antworten, sind Handlungen, die die Ehre ebenso sehr bestimmen wie das Eigeninteresse.

    An diesem Maßstab gemessen liest sich die Abfolge Abqaiq-Miami-Bab-el-Mandeb nicht nur als drei strategische Fehlschläge. Sie liest sich als drei Verletzungen eines Wortes, das Riad zu haben glaubte: 2019, mit dem Versprechen einer Vergeltung, die nie kam; 2026, gleich zweimal hintereinander, mit der Verweigerung von Beistand, um den ein Verbündeter gebeten hatte, der seinerseits jahrzehntelang seinen eigenen Verpflichtungen nachgekommen war. Für eine Kultur, in der sich Loyalität im genauen Moment der Bitte beweist und nicht im Komfort der Rhetorik, wiegt dieses Schweigen schwerer als eine bloße taktische Meinungsverschiedenheit.

    20 min
  • فك الشيفرة: الكلمة والولاء

    في هذا المقال، يحلل جويل-فرانسوا دومون تضائل الضمانات الأمنية الأمريكية تجاه البلدان الخليجية من خلال ثلاث محطات رئيسية تمتد من عام 2019 إلى عام 2026. ويشدد الكاتب على الشعور المتزايد ‘بالخيانة’ الاميركية في الرياض إزاء تقاعس واشنطن عسكريًا والإهانات العلنية التي وجّهها دونالد ترامب. وفي الوقت الذي تعطي فيه الولايات المتحدة الأولوية لمصالحها الاستراتيجية الخاصة، تعمل قوى مثل الصين وروسيا بنشاط على تعزيز قدرات خصومها الإقليميين. وردًا على ذلك، تتدخل دول مثل فرنسا والمملكة المتحدة، وحتى أوكرانيا، لسد هذا الفراغ الأمني. ويدفع هذا التحول الجيوسياسي دول الخليج إلى إعادة النظر في استمرار اعتمادها المالي والعسكري على حليف بات يُنظر إليه على أنه غير موثوق ولا يمكن التنبؤ بتصرفاته.
    في التقليد السياسي العربي، وخصوصًا في بلدان الخليج، تُلزم الكلمة المعطاة بقدر ما تُلزم أي معاهدة مكتوبة؛ فالوفاء لحليف طلب المساندة ليس خيارًا دبلوماسيًا من بين خيارات أخرى، بل واجب أخلاقي يبقى التقصير فيه ماثلًا في الذاكرة طويلًا. وهذه هي الثقافة ذاتها التي تجعل من الضيافة قيمة محورية: فاستقبال من يطلب العون وحمايته والاستجابة له أفعال تحدد مفهوم الشرف بقدر ما تحدد المصلحة.
    وبهذا المقياس، لا تُقرأ سلسلة أبقيق – ميامي – باب المندب على أنها ثلاثة إخفاقات استراتيجية فحسب، بل أيضًا على أنها ثلاثة إخلالات بوعد كانت الرياض تعتقد أنها حصلت عليه: في عام 2019، بوعد بردّ لم يأتِ أبدًا؛ وفي عام 2026، مرتين متتاليتين، برفض تقديم المساعدة التي طلبها حليف أوفى هو نفسه بالتزاماته على مدى عقود. وبالنسبة إلى ثقافة يُثبت فيها الوفاء عند لحظة طلب العون، ليس بالكلام وحده أو بالخطابات الرنانة، فإن هذا الصمت يزن أثقل من مجرد خلاف تكتيكي.

    25 min

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