Floraisons

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Floraisons episodes

  • Lure en résistance (avec Sylvie)

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    Nous avons rencontré Sylvie, en lutte contre les industriels de l’énergie qui saccagent actuellement la montagne de Lure.

    Que peut-on apprendre en matière de stratégie ? Et quelles victoires restent envisageables ?

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    1 hr 7 min
  • Introduction à la critique du phénomène trans (avec Nicolas Casaux)

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    Discussion avec Nicolas Casaux, co-auteur de Né(e)s dans la mauvaise société — Notes pour une critique féministe et socialiste du phénomène trans.

    « Transidentité », « transgenre », « cisgenre », « xénogenre », « genre fluide », « non binaire », « identité de genre », « affirmation de genre », « transition de genre », « personnes à vulve », etc. Un nouvel ensemble d’idées concernant le sexe, le genre, la nature et la composition de l’humanité, cherche — et parvient — actuellement à s’imposer socialement. Son intronisation, avalisée et célébrée par la plupart des médias de masse, par les institutions médicales, par un certain nombre de gouvernements parmi les plus puissants du monde (Canada, Allemagne, Australie, etc.) et par les principales organisations supra-étatiques (Union Européenne, ONU), est présentée comme un formidable « progrès » humain.

    La réalité est tout autre, et nous discutons ici de divers aspects du phénomène trans, de ses origines historiques à ses manifestations contemporaines les plus étranges, en passant par les méthodes et les arguments qu’emploient les prosélytes de la « transidentité ». Son expansion s’inscrit parfaitement dans les logiques marchandes et industrielles, d’où son approbation par les principales institutions du capitalisme global, et porte particulièrement préjudice aux femmes et aux enfants.

     

    ERRATUM

    06:50 « être cisgenre, c’est une personne qui serait en accord avec son genre  » et non « être cisgenre c’est une personne qui n’est PAS d’accord …»

    RÉFÉRENCES

     

    Sur le genre :

    • « Une brève histoire du “genre” » (par Nicolas Casaux) : https://www.partage-le.com/2024/02/13/une-breve-histoire-du-genre-par-nicolas-casaux/
    • « La structure profonde du genre » (par Jane Clare Jones) : https://www.partage-le.com/2024/01/29/la-structure-profonde-du-genre-par-jane-clare-jones/
    • L’« incongruence de genre » sur le site de la Classification internationale des maladies de l’OMS : https://icd.who.int/browse/2025-01/mms/fr#90875286
    • Sur l’essentialisme :

      • « C’est quoi l’essentialisme ? », Marie Donzel pour le magazine EVE (21 octobre 2015) : https://eveprogramme.com/ressources/articles/cest-quoi-lessentialisme/
      • Sur Caster Semenya :

        • « Caster Semenya : questions & réponses relatives au DSD 5-ARD » : https://audreyaard.substack.com/p/caster-semenya-questions-and-reponses
        • Sur les conséquences de l’hormonothérapie

          • Les effets indésirables du traitement hormonal chez les personnes transgenres : analyse des cas rapportés dans la base de données nationale de pharmacovigilance | Annales d’Endocrinologie Volume 82, Issue 5, October 2021, Page 275 | Dr M. Yelehe a, Pr M. Klein b, Dr L. El Aridi c, Dr A. Maurier d, Pr P. Gillet e, Dr E. Feigerlova https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0003426621002201
          • En 2024, le Cass Review analyse les services du NHS (Royaume-Uni) liés à l’identité de genre pour les enfants et les jeunes. Il révèle qu’il existe « des preuves insuffisantes/incohérentes concernant les effets de la suppression de la puberté sur le bien-être psychologique ou psychosocial, le développement cognitif, les risques cardiométaboliques ou la fertilité » | Dr Hilary Cass, Présidente de l’examen indépendant des services liés à l’identité de genre destinés aux enfants et aux jeunes. https://webarchive.nationalarchives.gov.uk/ukgwa/20250310143933/https://cass.independent-review.uk/home/publications/final-report/
          • Sur l’autogynéphilie :

            • « Qu’est-ce que l’autogynéphilie ? Un entretien avec le Dr Ray Blanchard » : https://www.partage-le.com/2023/02/17/quest-ce-que-lautogynephilie-un-entretien-avec-le-dr-ray-blanchard/
            • Sur différentes personnalités « trans » :

              • Voir le « transbinoscope » où sont archivés les liens vers des textes que Nicolas a écrits sur diverses personnalités trans (Bruno devenu Béatrice Denaes, James devenu Jennifer Pritzker, etc.) : https://danslemaelstrom.substack.com/p/le-transbinoscope
              •  

                Livres

                • Né(e)s dans la mauvaise société – Notes pour une critique féministe et socialiste du phénomène trans (Audrey A. et Nicolas Casaux, Le Partage, 2023)
                • Ni genre ni maître – Cinquante ans d’opposition féministe au mouvement trans (Nicolas Casaux, éditions La Trêve, 2025)
                • Les leurres postmodernes contre la réalité sociale des femmes (Vanina, éditions Acratie, 2023)
                • Sexy But Psycho: How the Patriarchy Uses Women’s Trauma Against Them, Dr Jessica Taylor, Constable, 2022
                • La subsistance : une perspective écoféministe, Veronika Bennholdt, Maria Mies, La Lenteur, 2022
                • L’Empire transsexuel – Janice G. Raymond, Le Partage, 2022.
                • Penile Imperialism, Sheila Jeffreys, Spinifex, 2022.
                • Le sexe, le genre et Judith Butler, Jane Clare Jones, éditions La Trêve, 2025.
                • Définir sexe et genre – Au-delà de l’idéologie, Robert Jensen, éditions La Trêve, 2025.
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                  1 hr 53 min
                • Radicalité et indépendantisme breton

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                  Floraisons est parti à la rencontre de Kaoura, autrice et militante engagée pour l’autodétermination et la réunification de la Bretagne au sein de Douar ha Frankiz.

                  Dans son premier livre Pour une écologie profonde, Kaoura s’inspire aussi bien d’Anjela Duval que d’Aurélien Berlan pour articuler problématiques bretonne et écologiste radicale. Il y est question de liberté d’habiter sa terre, agroindustrialisation de la Bretagne par l’Etat français, gentrification des campagnes, « ploucs », mais aussi féminisme radical et maternité.

                  Bonne écoute !

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                  1 hr 6 min
                • Le Mythe végétarien

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                  Continuer ou arrêter de manger de la viande ?

                  Ce questionnement est un passage obligé de la prise de conscience écologiste. Les bonnes raisons pour arrêter ne manquent pas : torture des animaux, destruction de la nature, aliénation des humain.es, dangers pour la santé…

                  Lierre Keith a été végétalienne pendant 20 ans. Un choix militant pour refuser et lutter contre ce système révoltant. Pourtant, comme elle l’explique dans son livre le Mythe Végétarien, elle a finalement abandonné ce régime et cette forme de militantisme. Elle n’a pourtant pas abandonné la lutte pour un monde plus juste pour la Nature toute entière.

                  Floraisons vous présente dans ce nouveau podcast les questions difficiles que Lierre Keith pose sur la pertinence de l’engagement végétarien et végane avec une lecture du premier chapitre du livre qui vous donnera, on l’espère, envie de le lire.

                  Bonne écoute !

                   

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                  23 min
                • Ce journaliste a trop écouté les experts de l’energie

                   

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2024-8-3/55451cc3-0787-54f5-8cf5-f9b1cfb1288b.mp3
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                  <span style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" data-mce-type="bookmark" class="mce_SELRES_start"></span>

                  Réaction au podcast « Chaleur humaine », Le Monde / Nabil Wakim.

                  Découvrez nos stratégies de résistance.

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                  34 min
                • La révolte luddite

                   

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-10-11/78f884ff-a762-b2cc-690d-d081d3d476d1.mp3
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                  Lecture de l’introduction et de la préface de La révolte luddite de Kirkpatrick Sale, traduit et préfacé par Célia Izoard, réédité aux éditions L’Échappée en 2023.

                  L’histoire des luttes, et en particulier des résistances au progrès industriel, est indispensable pour assurer une solide culture de résistance.

                  1811. Alors que la révolution industrielle s’apprête à rendre l’Angleterre méconnaissable, bris de machines, incendies et émeutes se multiplient dans les manufactures. Des redresseurs de torts viennent de déclarer la guerre aux « machines préjudiciables à la communauté ». Puisque les artisans doivent faire le deuil de leur savoir-faire et migrer vers les villes, les luddites se dressent contre la dépossession machinique.

                   

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                  37 min
                • Amal, Banshee, Frann (Rebelles du genre)

                  Nous diffusons une série de 4 épisodes provenant du podcast Rebelles du genre. Ces 4 épisodes donnent la parole à Frann et Amal de Deep Green Resistance et Banshee de Floraisons. Elles racontent leur parcours féministe et reviennent sur l’annulation de notre conférence « Écoféminisme & Résistance » à la Maison de l’Écologie de Lyon en novembre 2022.

                  Retrouvez tous les épisodes de Rebelles du genre sur Spotify et YouTube.

                  Signez la Déclaration des droits des femmes basés sur le sexe.

                   

                  1. Amal

                   

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-5-14/14d23595-88e9-28a6-f6b3-8bdb7da11d85.mp3
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                  2. Banshee

                   

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-5-15/6d0d0a29-8e35-4892-0c94-a9f339042692.mp3
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                  3. Frann

                   

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-5-15/4ed6d421-b1b0-cb46-3c59-58f69e6efd74.mp3
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                  4. Riposte écoféministe

                   

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-6-3/d8ee0e38-23fc-16e9-5d3a-0639a619e24e.mp3
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                  49 min
                • Patriarcat et capitalisme selon Maria Mies

                  Patriarcat et capitalisme selon Maria Mies est série de podcasts en 13 épisodes, présentée par Gwladys, qui explore en détail le livre Patriarchy and Accumulation on a world scale écrit par Maria Mies et publié pour la première fois en 1986. Ce livre est le premier à présenter de manière claire et articulée comment le patriarcat puis le capitalisme sont ancrés dans l’exploitation de la nature, des femmes et des colonies.

                  Tout au long de la série, le podcast est enrichi de lectures et de ressources contemporaines qui illustrent la pertinence durable de la pensée de Maria Mies. En tant que femmes, féministes et écoféministes, c’est un ouvrage-clé pour comprendre le monde dans lequel nous vivons. Une première étape essentielle pour envisager un avenir au-delà de la violence du patriarcat et du capitalisme.

                  Le livre Patriarchy and Accumulation on a world scale sera traduit aux Éditions Entremonde, sortie prévue début 2024.

                   

                  * Un nouvel épisode chaque dimanche soir *

                   

                   

                  Épisode 1. Introduction.

                  « Quel type de libération permet aux femmes d’être aussi stupides que les hommes ? »

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-2-19/60d9d4e5-0dbf-3e64-6bc3-5356f7d727f8.mp3
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                  Pour introduire cette série, le premier épisode répond à trois questions : Pourquoi ce livre jamais traduit en français est si important pour les féministes aujourd’hui et pourquoi mérite-t-il d’être découvert ou redécouvert ? Qui est Maria Mies ? Et quelle est sa démarche lorsqu’elle choisit d’écrire ce livre ?

                  Références
                  • Geneviève Pruvost, Quotidien politique – Féminisme, écologie, subsistance (2021, La Découverte)
                  • Carolyn Merchant, La mort de la nature (1980, Wildproject)
                  • Maria Mies et Vandana Shiva, Ecoféminisme (1993, L’Harmattan)

                   

                   

                  Épisode 2.

                  « Les féministes sont celles qui brisent la conspiration du silence »

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-2-26/10fbaba3-48e4-a843-6269-34349ebb7caa.mp3
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                  Avant toute chose, Maria Mies souhaite poser le cadre et demande : Qu’est-ce que le féminisme ? Elle évoque le Mouvement de libération des femmes années 1960 auquel elle a pris part et regarde comment ce il a été accueilli dans les pays du Sud global. Elle rappelle comment le féminisme est d’abord une pratique de la lutte contre les violences masculines (féminisme grassroot) – et comment le féminisme institutionnel s’est créé en parallèle, parfois en contradiction avec le mouvement historique. Elle revient aussi sur les principales controverses théoriques et stratégiques des différents courants féministes confrontées aux problèmes du capitalisme et du travail des femmes.

                  Références
                  • Susan Faludi, Backlash (1991, Édition des femmes)
                  • François Ruffin & Gilles Perret, Debout les femmes (2020, Jour2fête)

                   

                   

                  Épisode 3.

                  « La paix dans le patriarcat est une guerre contre les femmes »

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-3-2/ba5a4970-3c35-d3a4-980f-c359baf0fa31.mp3
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                  Ce troisième épisode revient sur les premières oppositions entre féministes libérales et féministes de gauche. Maria Mies analyse l’émergence du féminisme culturel qui pose les bases des théories queers.

                  L’occasion de rappeler que le mouvement féministe est ancré dans la libération de la parole des femmes sur leurs corps et la violence infligée par les hommes (Body Politics). En interrogeant les positions de Marx et Rosa Luxembourg, Maria Mies montre comment le féminisme s’inscrit dans la lutte pour l’émancipation et la libération des femmes de l’État, de l’Église, du capitalisme et des hommes. Et au cœur de cette structure d’exploitation des femmes : le travail des femmes.

                  Références
                  • Dr Jessica Taylor, Sexy but Psycho (2022, Constable)

                   

                   

                  Épisode 4.

                  « L’activité des femmes pour porter et élever des enfants doit être comprise comme un travail »

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-3-9/48592b37-d5ef-3453-4931-681cc41c387c.mp3
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                  Est-ce que les femmes et les hommes ont la même nature humaine ? C’est à partir de cette interrogation provocante mais fondamentale que Maria Mies étudie les origines de la division sexuelle du travail et réfute la division nature/culture imposée par les hommes.

                  Dans cet épisode, vous découvrirez comment cette division a entraîné des relations de domination et d’exploitation, asymétriques et hiérarchiques entre les hommes et les femmes, les hommes et la nature, l’Homme Blanc et les colonies au nom de la croissance, du progrès et de la civilisation.

                  Références
                  • Marylène Pathou-Mathis, L’homme préhistorique est aussi une femme (2020, Allary Editions)

                   

                   

                  Épisode 5.

                  « L’homme-chasseur est essentiellement un parasite, pas un producteur »

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-3-17/ef74086e-4904-33e0-6423-0f8a359f4f5f.mp3
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                  L’interprétation par des chercheuses féministes de l’archéologie du Paléolithique et du Néolitique met à mal le mythe du chasseur qui nourrit et protège sa famille, thèse plébiscitée par les chercheurs misogynes du XIXe et XXe siècle.

                  À partir de cette revisite de la préhistoire puis de l’histoire, Maria Mies étudie comment la domestication des animaux pour l’élevage a accompagné l’exploitation des femmes et de la nature par les hommes. Ce processus va aboutir à la domestication des femmes, ou plus précisément à la « femme au foyerisation » des femmes, concept-clé de la pensée de Maria Mies.

                  Références
                  • Marylène Pathou-Mathis, L’homme préhistorique est aussi une femme (2020, Allary Editions)
                  • Françoise Héritier, Masculin/Féminin, Tome 1 et 2 (1996, Odile Jacob)
                  • Fiche de lecture sur Masculin/Féminin

                   

                   

                  Épisode 6.

                  « La violence est le mot-clé et la méthode-clé pour établir la domination de l’Homme Nouveau sur les femmes et la nature »

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-3-23/c55f6f83-f14b-3f07-9565-2a7f0b0a8b3d.mp3
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                  « Colonisation et Femme au foyerisation » est le nom du 3e chapitre et le sujet des épisodes 6 et 7. Dans ces deux épisodes, Maria Mies articule les processus historiques qui ont permis l’émergence du capitalisme au sein du patriarcat : la mise en exploitation de la nature, la subordination des Européennes, la conquête et la colonisation de nouveaux territoires et peuples.

                  L’épisode 6 revient plus particulièrement sur les motivations économiques, scientifiques et idéologiques de la chasse aux sorcières et sa finalité : l’exploitation des femmes par la femme-au-foyerisation.

                  Références
                  • Geneviève Pruvost, Quotidien politique – Féminisme, écologie, subsistance (2021, La Découverte)
                  • Carolyne Merchant, La mort de la nature (1980, Wildproject)
                  Aller plus loin :
                  Podcast : Les procès de sorcières, La fabrique de l’histoire, Michel Porret (8 mai 2013, France Culture)
                  Silvia Federici, Caliban et la Sorcière – Femmes, corps et accumulation primitive (2004, Éditions Entremonde)

                   

                   

                  Épisode 7.

                  « La famille et la femme-au-foyer sont la colonie du Petit Homme Blanc »

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-3-30/e0ab2fbc-64f5-4f46-d53d-87d7f4b902c7.mp3
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                  Deuxième volet du chapitre « Colonisation et femme au foyerisation », l’épisode 7 articule esclavage, colonisation et domestication des femmes.

                  Maria Mies éclaire ce processus historique grâce à son analyse féministe et fait ainsi apparaître le concept-clé de femme-au-foyerisation.

                  Références
                  • Geneviève Pruvost, Quotidien politique – Féminisme, écologie, subsistance (2021, La Découverte)
                  • Marylène Pathou-Mathis, L’homme préhistorique est aussi une femme (2020, Allary Editions)

                  Aller plus loin :
                  Michèle Dominici, L’histoire oubliée des femmes au foyer (2021, Arte France)

                   

                   

                  Épisode 8.

                  « Les femmes pauvres du Tiers Monde produisent non pas ce dont elles ont besoin, mais ce que les autres peuvent acheter »

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-4-2/6e845bef-b65a-9c18-0607-a2d2e7061f6f.mp3
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                  Dans ce nouveau chapitre intitulé « Femme au foyerisation Internationale», Maria Mies cherche à comprendre la place des femmes dans ce qu’elle appelle la Nouvelle division internationale du travail.

                  Pour illustrer de ce nouveau paradigme qui divise les femmes entre consommatrices désirables et consommatrices indésirables (et nous dessert toutes), on fait un détour par Le Ventre des Femmes de Françoise Vergès et l’histoire des stérilisations forcées sur l’Île de la Réunion dans les années 1960 et 1970.

                  Références
                  • Françoise Vergès, Le Ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme (2017, Albin Michel)
                  • Ian Urbina, « La Libye, garde-chiourme de l’Europe face aux migrants » (Janvier 2022)
                  • World Bank, « Demographic and Health Surveys, Female headed households » (% of households with a female head)
                  • Les femmes de l’économie non structurée (ONU Femmes, 2016)
                  • Michel Lachkar, « En Asie, 150 millions de filles manquent à l’appel » (FranceInfo, 20/05/2017)
                  • Elliot J. Glotfelty & Glenn M. Miles, (S)expectations Abroad: Male Traveler Interactions With Southeast Asian Economies (2018, Dignity)
                  • « Thaïlande: le monde de la prostitution, une victime collatérale » (Le Temps, AFP, 5 avril 2020)
                  • « Prostitution en Thaïlande » (Article Wikipédia)
                  • « Thailand Tries to Get Rid of Sex Tourism » (Saigoneer, 20 juillet 2016)
                  • Clotilde de Gastines et Hugo Lemonier, « Prostitution des mineures : les foyers d’enfants placés dans le viseur des réseaux » (Mediapart, 17 novembre 2022)
                  • Luc Leroux, « Le chef en France d’une organisation criminelle nigériane condamné à dix ans de prison » (Le Monde, 27 octobre 2022)

                   

                   

                  Épisode 9.

                  « Les hommes sont plus nombreux à dépendre du travail des femmes que les femmes à dépendre du travail des hommes »

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-4-2/6ff768f3-e5c3-6599-6232-c15aa1fd57e4.mp3
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                  Ce neuvième épisode est consacré au chapitre intitulé « La violence à l’égard des femmes et l’accumulation primitive continue du capital ». Maria Mies y examine la situation des femmes en Inde, pays qu’elle connaît intimement pour y avoir passé une grande partie de sa vie et de sa carrière.

                  À travers l’étude des violences qui subissent les femmes dans ce pays, elle démontre que la violence et la coercition sont nécessairement présentes dans toutes les relations de travail des femmes.

                  Références
                  • « Dowry death », Article Wikipédia en anglais

                  Aller plus loin :
                  Noémie Renard, En finir avec la culture du viol (2018, Les Petits Matins)

                   

                   

                  Épisode 10.

                  « La famille nucléaire est l’institution par excellence par laquelle le travail des femmes est exploité »

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-4-2/c4ab3891-4a44-d937-4f0b-9fb1a2f272d8.mp3
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                  Maria Mies cherche ici à déterminer si la mise en place des programmes politiques communistes dans les pays dits « libérés » du capitalisme a permis la libération des femmes.

                  C’est sa réponse aux critiques émises par les militants qui proposent le communisme comme réponse aux problèmes des relations entre exploitation, oppression des femmes et capitalisme.

                   

                   

                  Épisode 11.

                  « Être une femme de la classe moyenne ou une femme au foyer n’est pas un privilège, mais un désastre »

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-4-2/3b29e3e9-5afe-76b4-c01c-b82071013b90.mp3
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                  Alors que s’ouvre le dernier chapitre « Perspective féministe pour une nouvelle société » , Maria Mies tient en premier lieu à clarifier sa position vis à vis du potentiel du mouvement féministe international.

                  C’est l’occasion pour nous d’aborder en profondeur un sujet qui divise tout aussi profondément : le féminisme et la notion d’identité de genre. Un sujet qui va nous amener à faire un crochet par un autre livre de Maria Mies, La subsistance une perspective écoféministe, coécrit avec Veronika Bennhold-Thomsen. Publié 11 ans après Patriarchy and accumulation on a world scale, les autrices y questionnent entre autres les enjeux du féminisme post-moderne et ses liens avec le néolibéralisme.

                  Références
                  • Maria Mies & Veronika Bennholdt-Thomsen, La subsistance : une perspective écoféministe (1998, La Lenteur)
                  • Dr Jessica Taylor, Sexy but Psycho (2022, Constable)
                  • « Jennifer Bilek, Martine Rothblatt : un des pères fondateurs du transgenrisme et fervent transhumaniste » (25 janvier 2021, Le Partage)
                  • Collectif anti-genre, « Transgenrisme, effacement politique du sexe et capitalisme » (Le Partage, 3 mai 2021)
                  Aller plus loin :
                  • Sheila Jeffreys, Unpacking Queer Politics (2003, Polity)
                  • Janice G. Raymond, L’Empire transsexuel (1981, Le Seuil. 2022, Le Partage)
                  • Somer Brodribb, Nothing Matters: A Feminist Critique of Postmodernism (1992, Spinifex Press)
                  • Kara Dansky, « Transgenrisme, abolition du sexe et industrie de l’identité genre » (25 février 2022, Le Partage)

                   

                  Épisode 12.

                  « Notre corps sera toujours la base de notre plaisir et de notre bonheur »

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-4-2/8b258d8b-5abf-a028-4409-3f1c15c5b3b4.mp3
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                  Dans l’épisode 12, Maria Mies s’attaque au grand projet de ce dernier chapitre : ébaucher une perspective féministe d’une nouvelle société. Il faudra d’abord dépasser ce qu’elle appelle les « divisions colonisatrices » tel que nature/culture, esprit/matière etc et réclamer l’autonomie sur nos corps et nos vies. Mais c’est surtout le concept de travail qui doit être radicalement modifié pour aller vers un modèle écologique et féministe qui mettent la satisfaction des besoins humains et non l’alimentation des addictions destructrices, au centre de la vie.

                  Références
                  • Geneviève Pruvost, Quotidien politique – Féminisme, écologie, subsistance (2021, La Découverte)
                  • Blandine Lenoir, Annie Colère (30 novembre 2022, Aurora Films)

                   

                  Épisode 13.

                  « Il ne s’agit même plus de vouloir changer le monde ou pas : s’il ne change pas, nous crèverons. Toutes. Et tous. »

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-4-2/85a9889e-ac65-8c17-f997-d71566a3c6d5.mp3
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                  Dans ce dernier épisode, Maria Mies fait un dernier point sur les solidarités possibles et impossibles entre féministes du Nord et du Sud global. Elle propose des pistes d’actions concrètes, auxquelles on oppose un regard critique nourri par l’histoire militante des 30 dernières années.

                  L’occasion pour nous de suggérer nos propres pistes d’émancipations, en s’intéressant notamment au fonctionnement des sociétés matriarcales.

                  Références

                  • FiLiA Women’s Rights Conference. Prochaine édition les 13 et 15 octobre 2023 à Glasgow

                  • « Inde : les petites mains de la noix de cajou » (10/08/2019, France 2)
                  • Podcast – Conférence Ecoféministe : Femme, nature, liberté – Evénement Deep Green Resistance & Floraisons (19 novembre 2022)
                  Aller plus loin :
                  • Heide Goettner-Abendroth, Les sociétés matriarcales, Recherches sur les cultures autochtones à travers le monde (2019, Édition des Femmes)
                  • Deep Green Resistance, « La guerre écologique décisive »
                  • Derrick Jensen, Lierre Keith et Aric McBay, Deep Green Resistance : Un mouvement pour sauver la planète, Tome 1 et 2 (2019, Éditions Libre)
                  • Audre Lorde, Sister Outsider (1984, Mamamelis)

                   

                  Musiques et illustration : Lorenzo Papace

                   

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                  32 min
                • Adresse à tous ceux qui ne veulent pas gérer les nuisances mais les supprimer

                   

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-1-9/2564c7c3-aedf-b9e9-d1a1-0a0746c275d8.mp3
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                  Lecture du texte « Adresse à tous ceux qui ne veulent pas gérer les nuisances mais les supprimer », initialement publié en juin 1990 par l’Encyclopédie des nuisances, réédité par les Éditions Le monde à l’envers en 2020.

                   

                  Critique du catastrophisme et appel à rejeter la gestion technocratique et citoyenne des nuisances. On n’en finira pas avec les nuisances sans se débarrasser de la société qui les produit, la société industrielle. Bien que les exemples du texte soient un peu datés, ses arguments n’ont pas pris une ride : à l’ère du « mouvement climat », la neutralisation de l’écologie par les technologistes va bon train.

                   

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                  27 min
                • Ventres à louer

                   

                  https://d3ctxlq1ktw2nl.cloudfront.net/staging/2023-0-31/5efb41c5-f577-e212-e9fa-8acbd141e674.mp3
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                  Notes de lecture de Ventres à louer, une critique féministe de la GPA, un ouvrage coordonné par Ana-Luana Stoicea-Deram et Marie-Josèphe Devillers, publié aux Éditions L’Échappée en 2022.

                  Quand les enfants sont à vendre, les femmes sont du bétail.

                  Ventres à louer est un livre rassemblant des textes féministes critiques de la GPA, récents ou anciens, traduits de langues différentes afin de les rendre plus accessibles. Il offre un bon panorama sur le sujet, accompagné d’une généreuse bibliographie, en avançant quatre arguments principaux :

                  1. la GPA nuit aux femmes ;
                  2. la GPA nuit aux enfants ;
                  3. la GPA nuit à la dignité humaine ;
                  4. la GPA accroit le pouvoir des puissants (hommes, riches, technocrates) et favorise l’eugénisme.
                  5. En avant-propos, les coordinatrices exposent que « la GPA est une cristallisation des violences faites aux femmes et les tentatives honteuses pour la réglementer au niveau international, sans débat démocratique, sans information des opinions publiques, sans prise en considération des droits humains des femmes et des enfants, ne sont que la manifestation la plus emblématique de la domination patriarcale qui cherche par tous les moyens à s’assurer le contrôle des capacités reproductives des femmes, au bénéfice des hommes et pour le profit du marché qu’ils génèrent. »

                    Puis elles annoncent leur objectif : « Face aux forces du marché de la GPA, cet ouvrage constitue un acte de résistance et affirme que les droits des femmes, n’étant jamais définitivement acquis, doivent toujours être défendus avec acharnement. »

                    Notre podcast est divisé en 6 parties :

                    1. dans la première partie on verra la GPA en tant qu’industrie et technologie ;
                    2. ensuite on analysera ses nuisances pour les enfants ;
                    3. puis toutes les nuisances, nombreuses et terribles, qu’elle génère pour les femmes ;
                    4. ensuite on examinera quelques arguments pro-GPA ;
                    5. puis nous verrons les stratégies proposées par l’ouvrage pour en finir ;
                    6. et enfin quelques critiques.
                    7.  

                       

                      I. Qu’est-ce que la GPA ?

                       

                      1. Définition

                      Voici la définition donnée par les autrices. La Gestation Pour Autrui est :

                      « une pratique sociale dans laquelle une femme qui ne souhaite pas devenir mère est amenée à porter une grossesse et à donner la vie à un enfant à la demande d’autres personnes, dans le but de le leur remettre, dès la naissance. Pour ce faire, elle est inséminée avec des embryons qui peuvent être obtenus avec ses propres ovocytes ou avec ceux d’une autre femme. Elle peut être payée – sous forme de rémunération, de dédommagement ou de récompense – ou, dans de très rares cas, ne pas recevoir d’argent. Mais quelle que soit la configuration dans laquelle l’embryon a été créé et quelle que soit l’entente financière, la mère « porteuse » subit des traitements hormonaux et de nombreux examens médicaux et gynécologiques, porte une grossesses et donne la vie à un enfant (qu’elle s’oblige à abandonner à la naissance) dans des conditions décidées exclusivement par le commanditaire, comme cela est clairement stipulé dans les contrats ».

                       

                      2. Une pratique ancienne

                      Historiquement, la pratique consistant à avoir un enfant en dehors du mariage est répandue dans certains pays d’Asie de l’Est. Ces premières formes de « servantes écarlates » (ssi-baji en Corée, mekake-bouko au Japon) servaient aux riches et puissants à assurer les descendances, un devoir de la plus haute importance. Les pauvres y voyaient un moyen de survivre.

                       

                      3. Une industrie

                      Aujourd’hui, la GPA est une véritable industrie, celle de la marchandisation du corps des femmes et des enfants. En 2020, sa sordide réalité a été exposée quand des milliers de bébés se sont retrouvés piégés dans des hôtels en Ukraine, en Russie et en Géorgie, attendant d’être collectés par leurs acheteurs.

                      On estime qu’en Ukraine, sur les 3000 enfants produits par an par le biais de 45 agences, 99,99% le sont pour des étrangers. La moitié des enfants qui entrent en orphelinat en Ukraine sont des enfants refusés de la GPA.

                       

                      Une industrie en plein croissance

                      L’industrie de la GPA est en pleine croissance. Le chiffre d’affaire mondial des services liés à la GPA devrait augmenter de 24 % pour atteindre 27,5 milliards de dollars d’ici 2025. Cette industrie est évidemment bien plus lucrative pour les médecins et les avocats que pour les mères porteuses. En Inde, où la GPA rapporte plus de 400 millions de dollars par année, un rapport du Centre for Social Research de New Delhi révèle que les cliniques conservent la majeure partie des honoraires et que les mères porteuses n’en perçoivent que 1 à 2% en moyenne, et moins s’il y a un problème avec la grossesse. Des entreprises jouent le rôle d’intermédiaire, « proxénètes de la maternité de substitution », en attirant les futurs clients à des séminaires, des « foires aux bébés », comme le salon « Désir d’enfant ».

                      Les entreprises accroissent leur compétitivité et leurs profits de trois façons :

                      1. en réduisant les coûts du processus ;
                      2. en garantissant la satisfaction du client ;
                      3. en évitant les litiges avec la femme enceinte grâce à de solides contrats.
                      4. L’industrie pharmaceutique plébiscite également la GPA, puisque la GPA nécessite une PMA, donc une constante augmentation de produits et de tests que les cliniques devront acheter, comme le Diagnostic préimplantatoire (DPI).

                         

                        Une industrie biocoloniale

                        Suivant la logique capitaliste, les diverses régions du monde se spécialisent afin de maximiser les profits. Le marché déplace constamment ses « usines » dans des régions où la mai n-d’œuvre est moins chère. Le prix de l’ovule varie en fonction des caractéristiques de la donneuse (en fait souvent une vendeuse). En général, la phase d’extraction des ovules est effectuées sur des femmes blanches et pauvres dans les pays de l’ancien bloc de l’Est. Après l’extraction, la production : les embryons sont implantés dans le ventre de femmes de pays à faibles revenus. Les «gestatrices» n’ont pas besoin d’être blanches pour que le bébé soit blanc. L’industrie de la fertilité est un biocolonialisme qui délocalise la production, tout en garantissant des traits phénotypiques de l’enfant conformes à une demande racialisée, voire raciste.

                         

                        Un cheptel standardisé

                        Pour remplir son catalogue, l’industrie a besoin de normes et de standards. Elle instaure donc des critères de sélection du cheptel des mères porteuses les plus rentables selon les pays : condition physique, situation familiale, etc. Ces critères de sélection fluctuent en fonction de l’offre et de la demande. Ce casting dégradant rappelle les marchés aux esclaves. Les cliniques et les agences imposent également leurs propres exigences, comme des examens surprise pour vérifier que la mère porteuse ne fume pas. Si elle ne respecte pas ces règles, elle risque d’être contrainte à avorter. Du côté client, la seule attente est qu’il soit en mesure de payer.

                         

                        4. Une technologie

                        Le livre Ventre à louer est paru aux Éditions l’Échappée dans la collection Frankenstein, une collection technocritique. À ce titre, on trouve un chapitre entier critique des technosciences et biotechnologies, c’est-à-dire des moyens pas lesquels les hommes et les technocrates augmentent leur puissance sur le corps des femmes afin de s’approprier, maîtriser et instrumentaliser leur pouvoir reproducteur.

                        Silvia Guerini rappelle que pour exister, la GPA requiert, justifie et renforce la technologie de reproduction artificielle. Ces techniques font système. Une critique radicale doit donc être menée sur l’ensemble, et non seulement sur une partie ou sur ses prétendues « dérives » :

                        « La technologie a transformé le désir d’enfant en un projet, détruisant tout un monde de sentiments, d’émotions, de pensées et de relations. La planification d’un enfant ne connaît alors qu’un langage froid, élaboré par des spécialistes et des techniciens. ».

                        Silvia expose aussi l’eugénisme qui sert de moteur et de direction à la recherche génétique, et présent dès les origines des techniques de reproduction artificielle :

                        « La notion de pureté raciale a aujourd’hui été remplacée par l’idée de santé parfaite et d’enfant parfait. L’eugénisme revêt donc un nouveau visage, librement accepté, et recourt à une forme de soft power qui ne repose plus sur la coercition, loin de la violence de l’eugénisme nazi. […]

                        Avec la « mère d’intention », les « parents d’intention », le « projet parental » et la « déclaration préalable », l’être humain n’a plus d’histoire, d’origine ; il est réduit à l’assemblage eugénique de l’ovule et du sperme, pour combler le désir narcissique du consommateur qui veut avoir un enfant à tout prix. […]

                        La reproduction artificielle de l’être humain n’a rien à voir avec la lutte pour l’égalité des minorités. Ce dont il s’agit en réalité, c’est la soumission de tous à un système technoscientifique, et la « PMA pour toutes » n’est pas un slogan émancipateur, c’est le futur auquel nous pourrions bien être condamnés. »

                        La GPA constitue donc peut-être un progrès technique, mais certainement pas social.

                         

                         

                        II. Nuisances pour les enfants

                        Dans cette partie, nous allons examiner les nuisances de la GPA, tout d’abord pour les enfants nés par GPA, et ensuite pour les normes d’adoption en général.

                         

                        1. Les enfants nés d’une GPA

                         

                        Des enfants négociés et vendus

                        La GPA est la vente d’un enfant. Une partie significative du paiement se fait au moment où l’enfant est remis. D’ailleurs, si la mère « porteuse » change d’avis et ne donne pas l’enfant, elle rompt le contrat et ne recevra pas l’argent promis. Comment l’enfant se sentira-t-il lorsqu’il apprendra avoir été acheté pour le prix d’une voiture de luxe ? Probablement dévalué et en colère. Aujourd’hui déjà, des milliers d’adultes conçus par donneur de sperme ou donneuse d’ovule sont désespérés de retrouver leurs parents génétiques pour en savoir plus sur eux ou leurs antécédents médicaux.

                         

                        Problèmes de santé

                        Les enfants nés d’une FIV rencontrent de graves problèmes de santé à l’âge adulte, liés à des problèmes cardio-vasculaires pour la plupart. En réalité, on dispose de peu d’étude valables sur les conséquences à long terme de la GPA sur les enfants. Aucune étude ne prouve que la séparation d’avec la mère gestationnelle n’a pas d’effet négatifs. En revanche, suite aux adoptions massives en Australie dans les années 50, 60, 70, on sait que les adoptés, quelle que soit la perfection apparente de leur adoption, partageaient les mêmes sentiments accablants de déconnexion, de solitude, de perte et de rage. Et rien n’indique qu’une nouveau-né retiré à sa mère dans le cadre d’une GPA sera moins stressé par cette perte que dans le cadre d’une adoption.

                        En outre, des études sur les primates et les humains montrent que la séparation maternelle est non seulement stressante pour le bébé, mais qu’elle peut être un facteur de stress auquel le nouveau-né humain n’est pas en mesure de faire face. Et le stress ressenti dans la petite enfance a des effets à long terme sur le développement neurologique. Les enfants adoptés, bien qu’ils ne puissent pas se souvenir de la séparation d’avec leur mère biologique, conservent un profond sentiment d’abandon.

                         

                        Des enfants objectifiés

                        « Disposer d’un être humain, fût-il un nourrisson, c’est le traiter en objet et lui dénier toute appartenance à l’espèce humaine ». Par ailleurs, offrir ou donner un enfant à la naissance contrevient à la Déclaration universelle des droits de l’homme « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Il n’est plus considéré comme un sujet de droit, on en dispose comme d’un objet de transaction. La GPA attaque et sacrifie donc la reconnaissance d’une humanité commune.

                         

                        Une atteinte à la Convention des Nations unies sur les droits de l’enfant

                        La GPA nuit au droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux si possible (article 7), au droit de l’enfant de préserver son identité, y compris sa nationalité, son nom et ses relations familiales (article 8), à la protection contre l’enlèvement, la vente ou la traite d’enfants, à quelque fin que ce soit, et sous quelque forme que ce soit (article 35). [Convention sur les droits de l’enfant]

                         

                        2. Une menace contre les normes d’adoption

                        Avant toute chose il faut rappeler que la GPA et l’adoption sont deux pratiques bien différentes. L’adoption est un acte de solidarité : la situation des parents biologiques les conduit à assurer le bien-être de l’enfant en le confiant à l’adoption. Les normes internationales en matière d’adoption indiquent clairement comment les enfants peuvent être protégés et ne pas être considérés comme des marchandises. En cas d’adoption, les parents ou la mère biologique établissent un acte de renonciation mais disposent d’un délai pour revenir sur la décision. Les parents adoptifs doivent d’abord être recherchés dans le pays de naissance de l’enfant, et en cas d’échec, à l’étranger. Ces normes sont nécessaires pour garantir qu’un enfant n’est adopté que sur décision des parents naturels ou par nécessité, eu égard au bien-être de l’enfant. Dans la procédure de GPA, aucun de ces critère n’est généralement appliqué. La GPA est un acte de dépersonnalisation et de discontinuité des relations familiales, intentionnellement imposé à vie à l’enfant.

                        Il faut ensuite rappeler que l’adoption, même si elle est parfois la moins pire des solutions, est une expérience intrinsèquement traumatisante pour l’enfant. Si l’adoption est pratiquée, elle doit l’être dans l’intérêt supérieur de l’enfant. Or avec la GPA, l’enfant est spécifiquement commandé et acheté pour être abandonné et séparé de sa mère biologique. La GPA entraîne un trauma qui aurait pu être évité. En aucun cas il ne s’agit donc d’une pratique dans l’intérêt de l’enfant. Dans un chapitre consacré à l’adoption, Catherine Lynch, elle-même enfant adoptée, explique :

                        « Avant la GPA moderne, la cruauté du retrait des nouveau-nés pour l’adoption était justifiée par la volonté de les « sauver » de l’illégitimité ou de les « sortir » des orphelinats ou des griffes des mauvaises mères. La GPA va encore plus loin, puisqu’elle n’exige plus aucune de ces justifications. En effet, des êtres humains sont créés expressément dans le but d’être enlevés ».

                         

                         

                        III. Nuisances pour les femmes

                        La GPA est un moyen profondément inhumain d’exploiter les femmes, en les réduisant à l’état de reproductrices, d’incubateurs ou de pourvoyeuses de pièces détachées pour produire des enfants-marchandises. Comme l’écrit Janice Raymond en 1987, la GPA est « une relation intrinsèquement inégale impliquant la réification, la vente et la marchandisation du corps d’une femme ». Dans cette partie nous allons examiner les nuisances de la GPA pour les donneuses/vendeuses d’ovocytes, pour les mères « porteuses », pour les femmes pauvres. Nous verrons que cette pratique s’accompagne également d’un langage déshumanisant, de violences consenties par contrat, et du parallèle qu’on peut établir avec la prostitution.

                         

                        1. Les donneuses/vendeuses d’ovocytes
                        • injections dangereuses pour sur-stimuler les ovaires ;
                        • risques pour la fertilité, risques de cancer, risque de mort ;
                        • mise en compétition sur des critères biologiques, esthétiques, raciaux, productivistes.
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                          2. Les mères « porteuses »
                          • administration de produits hormonaux dangereux avant insémination ;
                          • en Inde certaines femmes se voient implanter des embryons à répétition (parfois jusqu’à 30 tentatives) et plusieurs embryons à la fois (jusqu’à 5 en même temps) ;
                          • supporter une grossesse entière, accouchement en général par césarienne ;
                          • complications médicales et psychologiques potentielles, dépression chronique
                          • incitation à se dissocier des sentiments pour le nouvel être humain qui se développe dans leur ventre et à développer un trouble dissociatif de l’identité : « J’ai « ça » en moi. Je sens que cela ne fait même pas partie de mon corps. J’ai l’impression que cette grossesse se déroule à côté de moi, mais pas en moi. » ;
                          • interventions intrusives comme les avortements sélectifs in utero (les clients décident combien et quels embryons ils veulent avorter) ;
                          • surveillance intense de leurs activités, de leur alimentation, assignation à domicile ;
                          • risque de mort.
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                            3. Sacrifice des femmes pauvres

                            Pourquoi les femmes riches ne sont-elles jamais mères porteuses pour des femmes pauvres et stériles ? La plupart des mères « porteuses » sont des femmes précaires sacrifiées pour des personnes plus aisées. À l’échelle globale, les pays pauvres sont « exportateurs » et les pays riches « importateurs ». Les inégalités structurelles et le patriarcat ont rendu le corps des femmes pauvres facilement disponible pour les parents intentionnels de l’élite des pays riches et de l’Asie. C’est un signe clair de la recolonisation capitaliste du corps et du travail des femmes et de la marchandisation des enfants. Parfois, des scandales retentissent en Asie, et les législations sont modifiées. L’industrie de la GPA cherche alors de nouveaux marchés dans d’autres pays. C’est pourquoi selon Phyliss Chesler, la GPA est une nouvelle forme de guerre pour la garde des enfants opposant les gens riches aux femmes pauvres.

                             

                            4. Euphémismes et langage déshumanisant

                            La pratique de la « gestation pour autrui » s’accompagne d’un nouveau langage déshumanisant. Berta Garcia, coprésidente de la Coalition internationale contre l’exploitation reproductive, dénonce la fausse bienveillance hypocrite du nouveau langage inclusif :

                            « Parmi les adeptes de la doctrine queer, la dernière tendance est d’utiliser un langage faussement inclusif […] : il y est question de « personne en gestation » ou de « corps en gestation », et non de « femme en gestation » ou de « mère en gestation », afin d’effacer, précisément, les mots femme et mère. Mais dans le monde réel, cette novlangue n’a pas cours et on voit bien que ce sont des femmes, et uniquement des femmes, qui font l’objet d’une soigneuse sélection pour être utilisées comme mères porteuses. […] Tout cela est évident, parce qu’en matière d’exploitation, personne n’a le moindre doute sur ce qu’est une femme et sur la fonction de ses organes sexuels et reproducteurs. Voilà pourquoi ces critères de sélection concernent exclusivement des femmes. C’est précisément ici que la réalité matérielle ne peut pas être remise en question. »

                            Ce que Berta Garcia expose très clairement, c’est que parallèlement au développement de l’industrie de la fertilité, avec l’idéologie queer et le langage soit-disant inclusif du mouvement transgenre, ce sont les femmes et les mères, les principales concernées, qui sont au final exclues de leur propre catégorie. Comble de l’inversion, elles sont exclues au nom de l’inclusion. En empêchant de nommer correctement les problèmes, on sape toute possibilité d’y faire face. L’effacement de la notion de sexe biologique dans le langage et dans la politique a de terribles conséquences quand on sait que la violence et l’oppression subies par les femmes sont fondées sur le sexe. Les euphémismes dissimulent les violences contre les femmes, déshumanisent les mères dites « porteuses », et les substituent par les clients.

                             

                            5. Un contrat sordide

                             

                            Le consentement aux violences

                            Un contrat est un accord entre deux parties. Dans une relation de pouvoir, d’inégalité entre les deux parties, le contrat permet de dissimuler ces inégalités derrière la vitrine du choix libre et éclairé. Ainsi, le contrat de GPA pousse la mère « porteuse » à consentir aux violences, comme par exemple aux risques de dépression post-partum, de perte d’un organe, ou d’une hémorragie parfois mortelle. Le contrat demande parfois à ce que seuls les commanditaires prennent les décisions médicales, notamment en ce qui concerne l’insémination, la résiliation, un éventuel avortement, les modalités et date de l’accouchement. Les contrats les plus détaillés imposent un grand nombre de contrôles « de qualité » pour que l’enfant soit conforme aux attentes. Si les clients changent d’avis, ils peuvent interrompre la grossesse, une option généralement refusée aux mères porteuses.

                             

                            L’exemple de l’Inde

                            En Inde, des contrats sont soumis aux mères porteuses en anglais, qu’elles signent sans pouvoir les lire. Elles le reçoivent habituellement après quatre mois de grossesse et elles ne peuvent plus faire marche arrière. Ces femmes sont soumises à des interventions pour lesquelles elles n’ont pas été consultées et qu’elles ne comprennent pas, des atteintes corporelles proches du viol. Les femmes sont dépouillées de leur liberté, de leur autonomie et de leurs choix ; leurs organes et fonctions reproductives triés et exploités à des fins lucratives. Le paiement est effectué par petits versements chaque mois (souvent appropriées par le mari), ce qui permet de l’interrompre en cas de fausse couche ou d’avortement. La rétribution financière est gardée tant que la mère porteuse n’a pas signé le contrat qui la fait renoncer à ses droits sur le bébé.

                             

                            6. Prostitution sexuelle et prostitution reproductive

                            Les autrices de cet ouvrage établissent alors un parallèle entre prostitution et GPA : prostitution sexuelle d’un côté, reproductive de l’autre. Les deux cas constituent une expression flagrante et brutale de la violence contre les femmes intimement liée à la politique sexuelle patriarcale.

                             

                            Subordination des femmes

                            Pour que les transactions que sont la prostitution et la GPA puissent avoir lieu, il faut une classe de femmes réifiées, transformées en marchandise, déshumanisées et subordonnées. Comme un client de la prostitution explique « Être avec une prostituée, c’est comme boire son café dans un gobelet, lorsque vous avez fini, vous le jetez ». Si la prostitution c’est « louer un organe pendant dix minutes », la GPA c’est « louer un utérus».

                             

                            Clichés sexistes

                            Telle industrie, tel cliché. D’un côté le proxénétisme a besoin de diffuser une image des femmes prostituées comme débauchées, vicieuses ou sexuellement insatiable. De l’autre, le proxénétisme reproductif propage l’idée des mères porteuses comme reproductrices pleines d’empathie.

                             

                            Traumatismes

                            Les préjudices psychologiques causés par la prostitution se rapprochent en partie de ceux causés par la GPA, comme la dépression, le syndrome de stress post-traumatique ou les troubles dissociatifs. Dans les deux activités, l’« aptitude à la dissociation » est considérée comme une compétence, un gage de « professionnalisme ». Et comme dans la prostitution, un nombre croissant de filles, mineures, sont utilisées pour réduire les coûts de production des GPA.

                             

                             

                             

                            IV. Les arguments pro-GPA

                            La réalité de la GPA et de ses nuisances devrait normalement suffire à discréditer cette pratique. Pourtant d’aucuns continuent de la défendre. Examinons quelques-uns de leurs arguments basés sur de stéréotypes et une conception libérale de la liberté.

                             

                            1. Stéréotypes et mythes patriarcaux

                             

                            Altruisme féminin

                            Les récits pro-GPA construits par l’industrie des mères « porteuses » valorisent les rôles de genre ultra-traditionnels pour les femmes : fonction reproductive et sacrifice de soi pour la famille, générosité féminine, désir des femmes de faire du bien à autrui, à faire un don. L’altruisme est sans surprise exclusivement du côté de la mère porteuse et jamais des commanditaires. Isabelle Guérin rappelle que « la femme a été de tout temps un symbole du don. Par exemple, dans la mythologie grecque, la première femme a pour nom Pandora, celle qui « donne tout ». »

                             

                            Hommes procréateurs et femmes gestatrices

                            Alexandra Clément-Saby inscrit la GPA dans l’histoire longue du patriarcat, des mots et des mythes qu’il a créé. Sans ces représentations du monde profondément enracinées dans la culture et l’imaginaire, la GPA ne pourrait pas rencontrer un tel soutien :

                            « Traditionnellement, les hommes se servent des femmes pour avoir des enfants qui porteront leur nom. En échange, celles-ci sont entretenues et bénéficient d’une protection mais, en principe, ne reçoivent pas de rémunération, sinon une dot dans certaines cultures. Les femmes tirent leur statut social de ce rôle. La GPA présent de nombreux points communs avec cette organisation traditionnelle. »

                            « De même, dans de nombreuses croyances, les hommes sont considérés comme seuls procréateurs : ils font les enfants, les mettent dans le ventre des femmes, et les récupèrent ensuite. […] Durant des millénaires, dans les représentations culturelles, les femmes ont mis au monde des enfants qui, croyait-on, n’étaient pas de leur sang et dont elles étaient seulement les gestatrices. Le gamète femelle (l’ovule) n’a été découvert qu’en 1827.»

                            Françoise Héritier a aussi rappelé que dans maintes sociétés, les femmes se voient attribuer « un simple rôle de gestatrice[s], selon des métaphores plus ou moins gracieuses : sac, besace, pirogue pour passer d’une rive à l’autre, pot ou marmite où s’opère une cuisson ». Aujourd’hui encore l’expression « papa a mis la petite graine dans le ventre de maman » oublie l’équivalent maternel. Le rôle de la mère se borne à réchauffer ou nourrir l’embryon contenu dans la « graine » du père. En réalité, au sens strict, la graine est le produit de l’activité femelle et non mâle, d’une plante. Cette métaphore, n’a rien d’anodin, elle véhicule la théorie du « préformisme mâle » selon laquelle l’enfant est issu du père et que la mère n’est qu’un logement, de la nourriture, un sac, une poche, voire juste un « trou à bébé ». Ainsi les mères porteuses ne seraient que des nourrices, et la donneuse d’ovule n’est pas plus considérée comme mère, sauf si elle fait partie des commanditaires.

                             

                            Lien materno-fœtal

                            En réalité, même lorsque la mère « porteuse » n’est pas génitrice, il existe des échanges entre elle et l’enfant durant la grossesse. Ce lien materno-fœtal, permet à la femme enceinte de développer dès les premiers stades la capacité de répondre aux besoins du fœtus et de créer un lien émotionnel et affectif avec lui. Ce lien est renforcé à la naissance et lors de l’allaitement, on parle de « lien d’attachement ».

                            Le lien physique est probablement encore plus profond que ce qu’on imagine. On connaît depuis 1979 l’existence du microchimérisme fœtal, c’est-à-dire un passage des cellules de la mère dans le corps de l’enfant et inversement, dans les deux directions. Les deux organismes intègrent ainsi un faible pourcentage de l’ADN de l’autre dans le cœur, le foie, le cerveau, etc., une relation qui perdure des décennies après l’accouchement. Ces échanges apportent de nombreux bénéfices à la mère et au futur bébé. Par exemple ils contribuent à la cicatrisation des blessures et des lésions internes, participent à la réduction de symptômes tels que les douleurs de l’arthrose et renforcent le système immunitaire. Les cellules du fœtus peuvent participer à la réparation du cœur de la mère, et les cellules maternelles peuvent aider un enfant à lutter contre le diabète.

                             

                            2. La GPA, c’est la liberté !

                            C’est l’argument libéral basique et hypocrite. Selon cette conception, la liberté, c’est la liberté de se soumettre et d’être vendue. L’émancipation c’est d’être utilisée comme une « gestatrice » et d’offrir des enfants à d’autres personnes. « L’expression du consentement de la victime à la violence qu’elle subit est présentée par le marché ultralibéral […] comme le nec plus ultra de l’autonomie et de la liberté de la personne devenue victime (comme dans le système prostitutionnel). » La GPA est reconnue comme une « émancipation » dans la mesure où le choix des femmes épouse fidèlement les intérêts du capitalisme patriarcal. « Consentir par contrat à subir des violences, voire à perdre la vie, pour faire le bonheur d’autres personnes est cependant loin d’être une manifestation de la liberté ».

                             

                            3. La GPA, c’est l’égalité !

                            La légalisation de la GPA serait le remède, nous dit-on, au fait de ne pas pouvoir avoir d’enfants. Grâce à la GPA, tout le monde aurait ainsi les mêmes chances d’avoir des enfants.

                            Rappelons tout d’abord que la GPA expose les femmes à de nombreux risques tels que l’exploitation, la marchandisation et l’utilisation de leur corps, entraînant des effets physiques et psychologiques. Par ailleurs, si des personnes ne peuvent pas avoir d’enfants pour des raisons biologiques ou médicales, cela peut paraître injuste mais ce n’est pas une discrimination. Oui, tout le monde devrait avoir les mêmes chances de fonder la famille de ses rêves, mais si cela doit se faire détriment des droits d’autres individus – en l’occurence des femmes et des enfants – l’argument de l’égalité ne tient absolument pas la route. Par soucis d’égalité, personne ne devrait y recourir, quelle qu’en soit la raison.

                             

                            4. La GPA, c’est l’autonomie !

                            Les femmes devraient avoir le droit à l’autonomie reproductive, de disposer de leur corps sans ingérence du gouvernement ni de quiconque. La GPA devrait donc être légalisée au nom du droit à prendre par soi-même des décisions et des risques en toute responsabilité. Toujours selon cet argument, s’opposer à la GPA mettrait en danger le droit à l’avortement.

                            Cependant la maternité de substitution n’a pas grand-chose à avoir avec le droit de choisir quand on examine les circonstances et conditions sociales et matérielles dans lesquelles ces choix sont effectués. Dans les faits, ils sont dictés par des contraintes économiques, on ne peut donc pas vraiment parler de libre choix. Si la grossesse est réalisée dans des conditions de contrainte (comme la pauvreté), il s’agit d’une grossesse forcée. Légaliser la GPA revient à violer le droit des femmes à êtres protégées des grossesses forcées. Dans ces conditions, le sophisme du libre consentement rend les femmes volontairement responsables de la violence dont elles sont victimes dans les différents domaines de l’industrie du sexe et de la reproduction.

                            L’interdiction de la GPA ne met pas en danger le droit à l’avortement. Au contraire, considérer une femme comme le réceptacle d’un bien qui appartient à des « parents d’intention » porte atteinte au droit des femmes à l’avortement. L’embryon/fœtus fait corps avec la femme, c’est à elle qu’il appartient d’interrompre ou non une grossesse, et non pas aux autres individus qui profitent de la maternité de substitution. Au Canada, des agences proposent des contrats de GPA « altruistes » dans lesquels on peut lire que la mère porteuse accepte de ne pas recourir à un avortement, à moins que ça ne soit médicalement requis ET approuvé par les parents d’intention. C’est ici que le droit à l’avortement est menacé.

                            De plus, la maternité de substitution ne concerne pas seulement le droit individuel d’une femme à décider par elle-même. La question fondamentale est de savoir si le préjudice est suffisamment important pour justifier de restreindre la GPA, c’est une question d’ordre politique. Or, légitimer cette pratique touchera de nombreuses autres femmes, puisqu’elle est irréconciliable avec le fait de considérer autrui comme un humain à part entière qui doit être traité avec dignité et égalité. Enfin, si l’on met l’accent sur le groupe le plus vulnérable, c’est-à-dire les enfants, des rapports pointent les nombreuses nuisances liées à la GPA. Sa légalisation n’est pas donc conforme au principe de l’intérêt supérieur de l’enfant.

                             

                            5. La GPA altruiste/éthique

                            Une chercheuse espagnole dit que 98% des GPA dans le monde sont des GPA commerciales, mais on peut envisager toutes les GPA comme commerciales, quel que soit l’habillage juridique ou marketing dans la mesure où tout le processus est orchestré de façon commerciale : juristes, laboratoires, cliniques, psychologues, agences intermédiaires, etc. Légaliser et réglementer une GPA « éthique », « altruiste » et non commerciale permettrait, nous dit-on, de se protéger de ses dérives. Cet argument part du principe que, quoiqu’il arrive, la GPA existera donc autant réduire ses nuisances. Cela revient à réglementer l’esclavage, négocier la longueur des chaînes, à promouvoir l’esclavage « solidaire », « altruiste », moins « brutal », plutôt que de l’abolir, et d’accuser les abolitionnistes d’être responsables des « dérives ».

                            Tout d’abord, si on parle de solidarité, pourquoi c’est aux pauvres d’être solidaires des riches ? Si les riches sont à la recherche de solidarité, qu’ils donnent plutôt de l’argent aux pauvres sans enfant en contrepartie.

                            Ensuite, la GPA « éthique », c’est la stratégie du loup dans la bergerie. Dans une logique de marché, lorsqu’il y a offre sur une base altruiste, on voit croître rapidement la demande de mères porteuses et une pénurie s’installe. Très vite, on manque de mères porteuses gratuites. La GPA commerciale déguisée en GPA altruiste apparaît alors comme la solution. Les GPA dites altruistes sont le cheval de Troie des GPA commerciales, elles servent de brèche pour mettre en place les procédés nécessaires à la marchandisation du corps des femmes et des enfants. Une fois qu’un consensus social est établi et que l’on accepte l’idée de commander un enfant et de louer le ventre d’une femme, un pas est franchi.

                             

                             

                            V. Stratégies pour en finir

                            Ventres à louer donne plusieurs pistes stratégiques afin de réduire la demande et en finir avec la GPA, nous allons les examiner.

                             

                            1. Prise de conscience

                            L’ouvrage encourage à favoriser la prise de conscience à plusieurs niveaux. Tout d’abord il semble nécessaire de comprendre qui sont les gens prêts à recourir à la GPA et ce qui les motive à adopter un comportement aussi profondément immoral.

                             

                            Pourquoi recourir à la GPA ?
                            • Augmentation de l’infertilité, à cause du mode de vie, des carrières professionnelles et des pollutions environnementales.
                            • Conviction de devoir donner naissance et former une famille pour se réaliser pleinement. Dans notre monde patriarcal, les femmes apprennent à devenir de futures mères de façon systématique. De nombreuses femmes perçoivent le fait de renoncer à avoir un enfant comme une insulte personnelle et la preuve d’un manque d’engagement envers l’idée de « famille » et la GPA constitue parfois l’aboutissement d’un acharnement de plusieurs années.
                            • Désir de transmettre son patrimoine génétique à tout prix.
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                              Démystifier l’adoption

                              Écouter les témoignages des adoptés, s’instruire sur ce qu’ils et elles vivent et ressentent réellement.

                               

                              Critique de la féminité

                              Par « bienveillance » ou « empathie, les femmes ont l’habitude de passer en deuxième ou troisième position, et finissent par souffrir. L’ouvrage invite donc à l’introspection en discutant entre femmes des valeurs « féminines » qui sont valorisées : empathie, compassion, altruisme. Se demander si les sentiments d’empathie et de compassion, lorsqu’ils nécessitent de nuire à sa santé ou à sa vie, sont justifiés ou s’ils constituent un piège.

                               

                              2. Les hommes gays aisés

                              Outre les couples hétérosexuels infertiles, les hommes gays aisés aussi stimulent le marché de la GPA. Après avoir obtenu le droit de se marier, l’hétérosexualisation continue mais l’adoption reste parfois compliquée. Or, pour que deux hommes gays aient un enfant qui possède en partie leurs propres gènes, ils ont besoin d’exploiter deux femmes : la mère naturelle et la vendeuse d’ovocyte. Conformément à la domination des hommes et la soumission des femmes dans le patriarcat, certains hommes gays prennent pour acquis que deux femmes se dévoueront afin de réaliser leur souhait d’avoir un enfant biologiquement apparenté. Nous devons leur rappeler qu’il n’existe aucun droit à l’enfant. Se préoccuper de la sécurité et de la dignité des femmes n’est pas homophobe. On peut se référer notamment au travail de Gary Powell, défenseur des droits des homosexuels opposé à la GPA.

                               

                              3. On ne peut pas toujours avoir ce qu’on veut

                              Il est difficile de discuter avec des personnes narcissiques et immatures qui pensent avoir tous les droits, même celui d’exploiter égoïstement d’autres femmes pour s’acheter un enfant. Mais nous pouvons essayer de les convaincre en faisant appel à ce qu’il reste en eux de sens de la justice et de l’éthique, à leur volonté de ne pas faire de mal aux femmes, et à ne pas considérer les nouveaux-nés comme des marchandises. Nous avons tous des désirs profonds, et du chagrin lorsqu’ils ne ne peuvent être satisfaits. Du fait de la culture néolibérale, il devient difficile de faire la différence entre les désirs et les besoins, et le marché les transforme en droits. Il n’y a alors plus aucune problème à acheter ce qui est à vendre si c’est légal et si les moyens financiers le permettent, même s’il s’agit d’un enfant. Cependant, même si le désir d’enfant est légitime, aucun droit individuel à l’enfant ne peut en être déduit. Personne n’a droit à un enfant.

                               

                              4. Résister à l’emprise technoscientifique

                              Critiquer les technologies de reproduction, s’y opposer, rendre nos corps indisponibles à la recherche, saper la civilisation industrielle, avant que la technocratie n’établisse une domination absolue sur l’être humain et le vivant dans son ensemble.

                               

                              5. Abolition de la GPA

                              Et enfin, l’ouvrage invite à s’organiser pour faire campagne et faire pression contre la légalisation. Il se conclut sur un texte rédigé par la CIAMS (Coalition internationale pour l’abolition de la maternité de substitution) visant à rendre concrète l’abolition de la GPA, sur le modèle des conventions internationales.

                              Quand un bébé nait par GPA, il est souvent utilisé comme un pion pour influencer le cœur et l’esprit des gens afin qu’ils ignorent les lois existantes. Mieux vaut donc arrêter les démarches des parents d’intention avant la naissance. Mais face au fait accomplit d’un enfant né par GPA, Michèle Sirois et Ghislaine Gendron suggèrent de le confier à des parents adoptifs évalués pour leurs capacités parentales plutôt qu’aux commanditaires qui l’ont acheté.

                               

                               

                              VI. Critiques
                              • Répétitions : il s’agit d’un ouvrage collectif, certains textes sont récents, d’autres plus anciens, il y a forcément des redites d’un texte à l’autre, même s’ils sont individuellement brillants.
                              • Injonctions à la maternité : la critique du lapinisme propre à la civilisation patriarcale, du conditionnement des femmes à se réaliser socialement par la procréation figure dans un texte de Renate Klein, mais la question semble explorée au regard de son importance.
                              • Et le mariage ? Le parallèle est fait entre GPA et la prostitution ou l’esclavage, mais le mariage s’en sort étonnamment bien.
                              • Pas de critique de l’État : sans nier leur intérêt, les stratégies envisagées se limitent surtout à des formes de plaidoyer envers les États et organisations internationales sans critiquer radicalement l’État comme institution patriarcale indissociable du capitalisme industriel.
                              • Anthropocentrisme : la question des droits humains, de la dignité humaine est centrale ; on se soucie peu du sort des autres espèces. Pourtant, les problèmes de natalité/stérilité humaines concernent le reste du monde naturel, et ce qu’on fait aux femmes, on le fait aussi au bétail par le processus de domestication. Les biotechnologies ont été expérimentées et développées sur les céréales et les bovins avant de passer au bétail humain. La question des désirs qui ne devraient pas devenir automatiquement des droits concerne également notre rapport à la nature.
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                                Références

                                EKIS EKMAN Kajsa, L’être et la marchandise, Prostitution maternité de substitution et dissociation de soi, 2013.

                                KLEIN Renate, Surrogacy. A Human Rights Violation, Spinifex Press, 2017.
                                RAYMOND Janice, Women as Wombs. Reproductive Technologies and the Battle over Women’s Freedom, 1994.
                                WILLIAMS Tanya, A Childfree Happily Ever After : Why more women are choosing not to have children, 2018.
                                ESCUDERO Alexis. La reproduction artificielle de l’humain. Le Monde à l’envers, 2014
                                Projet de convention internationale pour l’abolition de la maternité de substitution

                                 

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