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Or


Elle vit dans le tri des médocs. Par kilos elle en avale. Buffets, placards, de pleines étagères, à ras bord. Il n’y a guère que les plaques de rue, le nom des gens sur les plaques, pour l’éloigner de son pilulier.
Elle, c’est Inès, la grand-mère nourricière, la dame de cœur du narrateur qui consigne tout dans un carnet. Et cela donne le roman Si je sors, je me perds de Jean-Claude Renard édité à l’Iconoclaste.
Inès me fait un peu penser à la vieille dame de Jean-Jacques Goldman qui nourrit les oiseaux sur son balcon dans La vie par procuration, sauf qu’elle a un petit-fils qui la questionne et qu’elle lui répond abondamment.
Il lui fait raconter son existence, passablement mouvementée, avant que tout ne bascule, dit-il. C’est-à-dire que sa grand-mère ne perde la mémoire à tout jamais.
T’arrête pas ! lui répète-t-il sans cesse. Et tant pis pour le désordre. On verra bien.
Inès, c’est son héroïne et il la ménage au point de lui lire les effets indésirables des notices de médicaments, mais il choisit les paragraphes pour ne pas la perturber. Elle n’est pas dupe et si elle pouvait encore lire, elle ne lirait pas la même que son petit-fils !
Alors, il lui reste à raconter ses histoires, d’autres qui s’ajoutent, qui vont, déboulent, repartent ailleurs, quelque part dans un coin de sa tête.
Et, durant 185 pages, l’auteur raconte l’émouvante histoire d’une mémoire en fuite. Un récit souvent primesautier, parfois touchant et interpellant.
Ainsi, quand, à la messe, elle trouve dans son sac à main son steak du repas de midi bien emballé à la place du missel, eh bien, elle ne fit ni une ni deux, elle rentra dare-dare à la maison et fit cuire le bout de viande pour le déguster.
Le ventre l’avait emporté sur le Saint-Esprit !
Voici quelque 350 pages qui raviront les amoureux de la littérature de terroir, voire de nouvelles. Effectivement, les Presses de la Cité ont eu l’excellente initiative de rééditer le roman Les Chemins de garance, mais suivi d’une nouvelle Le châle rouge d’Angéline qui, de la sorte, apporte une suite au roman et, assurément, un plus à cet ouvrage de Françoise Bourdon, auteure à succès dont il a déjà été question en cette chronique.
Les Chemins de garance, tout d’abord. Début du XIXe siècle, du côté du Mont Ventoux, d’Avignon, de Carpentras. La très jeune Camille vivait au mas de la Buissonne où son grand-père Augustin Vidal, fortuné et pingre, lui faisait subir mille tourments. Sa petite-fille, orpheline de père et de mère (?), subissait et s’arc-boutait à sa passion pour cette plante. Elle chercha à savoir ce qui était arrivé à ses parents et pourquoi son grand-père lui vouait une haine féroce en l’insultant de bâtarde. Un vieil ami de la famille lui avait confié : Dans la vie, petite, on se bat de la naissance à la mort, mais il faut composer avec le destin. Elle tomba follement amoureuse de Félix, fils de bonne famille mais qui était un pleutre au point qu’il acceptait les remontrances de son père : L’amour et le mariage ne font pas souvent bon ménage.
L’auteure précise : Leurs mains s’étaient frôlées. L’espace d’un instant, Camille avait observé le contraste frappant entre ses doigts hâlés et les longues mains blanches de Félix. Toute la différence était là, avait-elle songé, le coeur lourd.
Le temps passa et Camille rencontra Fabien, fils d’un industriel. L’un et l’autre n’avaient pas perdu leurs idéaux de jeunesse et ils n’étaient pas du tout considérés comme des bourgeois, mais comme des travailleurs ayant gravi les échelons. Félix se maria avec Hortense, Camille avec Fabien… et les deux couples eurent des enfants dont certains poursuivirent cette profonde saga malgré les balles tirées par les sbires de Louis Napoléon sur les vrais républicains…
Dans ce roman, Françoise Bourdon a pu allier de manière poignante des faits historiques aux notions de terroir dans une région, le Comtat Venaissin, qui n’en manquaient pas.
Le châle rouge d’Angéline, ensuite. Garance, déprimée, séparée de son mari qui l’avait rejetée alors qu’elle souffrait d’un cancer au sein, rendit visite à Apolline, 80 ans, la cheville ouvrière et l’âme depuis des décennies à la Buissonne, le mas familial.
Garance venait y recharger ses accus et trouver le clame intérieur, tout en questionnant Apolline qui était la véritable mémoire encore vivante de la saga racontée dans le roman. Elle revenait aux racines de son existence, en somme. Ah ! Ces beignets d’acacia, la table de bois patiné de la cuisine, le marché de Carpentras, les tonnes de poudre de garance et les choses de la vie racontées par l’octogénaire…
De quoi voir se profiler une nouvelle existence pour la jeune femme !
La visite de la remarquable exposition « Robert Doisneau » au Musée d’Ixelles (Bruxelles), qui se tiendra jusqu’au 4 février 2018, a permis de découvrir ou de revoir quelque 160 photos, principalement en noir et blanc, de ce Paris et de sa banlieue « populaires » d’il y a six à huit décennies, bien loin du Paris « bling-bling » : des concierges, une famille du blanchisseur, une aimable vendeuse, une usine à Montrouge, la mariée de chez Gégène à Joinville-le-Pont, le célèbre baiser de l’Hôtel de Ville, des ateliers de peintres et de sculpteurs, une dernière valse un 14 juillet, un lavoir, des bouchers à l’écoute d’une accordéoniste, des écoliers… et, la toute première photo proposée s’intitule : « Les Pavés » qui date de 1929. Un clin d’œil à « Mai 68 » ?
Robert Doisneau, qui vécut de 1912 à 1994, c’est soixante années de photographie et quelque 450.000 négatifs pour ce « pêcheur d’images » !
Sur place, son œuvre est expliquée : « En regardant le déroulé de l’exposition, un monde se dessine, qui n’a plus rien à voir avec le réel. Un mystère s’installe alors, infiniment plus intéressant. »
De quel mystère s’agit-il derrière toutes ces facettes d’une époque, d’une société et de ses acteurs ?
« Tous les personnages présents sur les photos et que certains nous connaissons bien, s’en sont échappés avec leur poétique bien particulière, pour rejoindre un monde totalement imaginaire.
Acceptons de quitter les rives de la réalité pour dériver, comme Robert Doisneau semble l’avoir fait lui-même, vers un univers de fiction. Proposition d’une divagation plus universelle, au cours de laquelle chacun est libre d’apporter son histoire.
Il ne s’agit sûrement pas de s’abandonner à la réalité d’un quotidien grisâtre mais faire œuvre de résistance en tentant, malgré tout, le bonheur. »
Et, justement, un petit moment de bonheur est la visite de cette exposition.
Crédit photos : affiche et dépliants de l’exposition.
Le phénomène n’est pas nouveau : l’enseignement technique, technologique et professionnel est considéré comme un parent pauvre par les « têtes pensantes » de l’Éducation et des « spécialistes » ès pédagogie, depuis des décennies. Il est souvent regardé de haut et il est conseillé aux étudiants que ces penseurs considèrent comme « inaptes » à entreprendre des études supérieures débouchant souvent, les statistiques le prouvent, sur des culs-de-sac appelés désillusions et chômage, alors que des métiers ont un besoin urgent de personnel.
Pour rappel : on distingue le métier de la profession en associant les activités dites manuelles aux métiers et les activités dites intellectuelles aux professions. Tout est dit dans cette définition ! Comme si un métier ne relevait pas d’une certaine intelligence, en somme ! Pourtant, comme le soulignent les brillants Compagnons du Travail qui, depuis des siècles, érigent des bâtiments et infrastructures exceptionnels, « la main est la prolongation de l’esprit » !
Il ne faut pas donc pas nier que chirurgien, juge, interniste, avocat, notaire, professeur d’université, dentiste, pharmacien…, sont davantage conseillés que bronzier, charpentier de marine, dessinateur industriel, ingénieur aéronautique, maroquinier, tailleur de pierre, verrier…
Récemment[1] un reportage à Amiens sur l’école des Jésuites « La Providence » fréquentée par le président de l’État français, Emmanuel Macron, et François Ruffin, membre de la « France insoumise » dit le « Robin des bois » par comparaison au « président des riches », attira mon attention :
– « La Providence », c’était et ça reste une école de gens aisés. Une école de classes. Depuis qu’une filière professionnelle a été intégrée, la mixité a été encouragée. Mais ça ne veut pas dire le brassage. Les classes populaires continuent de fréquenter davantage l’école technique, expliquait un ancien professeur. Deux France, deux mondes se croisent déjà ici, concluait le reportage.
En Belgique, même constat. Il y a quelques années encore, un très important institut d’enseignement technique et professionnel situé dans la capitale de l’Europe, comptait plusieurs écoles en son sein : Mécanique et Électricité, Industrie graphique, Industrie du Bois et de la Peinture, Bijouterie et Joaillerie, Prothèse dentaire…, en cours du jour et du soir, avec des dizaines de spécialisations, soit 5.000 étudiants pour une six écoles distinctes, chacune ayant une direction autonome, le tout chapeauté par une direction générale. Sur l’ensemble directeurs/trices, un seul était issu de l’industrie, les autres étaient des professeurs de langues, de mathématiques, de cours généraux.
Dès lors, les rapports étroits avec les industriels et les décisions à prendre quant aux commandes de matériel et à l’orientation vers de nouvelles sections, reposaient, tant bien que mal, sur des sous-directeurs et chefs d’ateliers, tous, bien entendu, issus de l’industrie mais aux pouvoirs administratifs et décisionnels plus que limités.
Le résultat ne s’est pas fait attendre des décennies : cette école technique prestigieuse a périclité en quelques années et il ne restait que 800 étudiants en tout et pour tout en 2016 !
Une récente étude au niveau francophone belge sur l’état de l’enseignement est catastrophique : un jeune bruxellois entre 18 et 24 ans sur cinq et un jeune wallon de la même tranche d’âge sur six n’est ni à l’école ni au travail ni stagiaire !
Une des causes avancées par le sondage est le taux élevé de jeunes qui quittent le secondaire sans qualification valorisable, une autre dans le commentaire suivant :
« Les Pouvoirs Organisateurs, vu que les redoublements coûtent cher, demandent que l’élève passe à tout prix. C’est ainsi que nous avons des troupeaux serrés d’analphabètes qui sont titulaires d’un diplôme ne valant rien de plus qu’un « chiffon de papier ». C’est l’échec de l’école de la réussite. Un diplôme poubelle à tout le monde comme cadeau électoral. Bientôt il faudra deux diplômes universitaires pour être crédible ».
Si ceci ma paraît excessif, le suite nous ramène directement avec notre sujet, avec cette proposition : « Le problème vient du fait que de plus en plus de jeunes sont diplômés et se désintéressent du travail manuel, alors qu’il manque des bouchers, des mécaniciens, des boulangers, des soudeurs. Je pense particulièrement aux établissements techniques et professionnels. Un enseignement en prise directe avec le monde du travail serait plus motivant pour les jeunes. L’école devrait s’adapter au monde du travail, en allongeant notamment les périodes de stage, souvent trop courtes actuellement. »
Et, il ne faut surtout pas croire que le Vieux Continent a le monopole du dénigrement de l’enseignement technique et professionnel, la lecture attentive de l’ouvrage consacré à ce sujet par l’auteur algérien Larbi Adouane[2], ancien proviseur d’un Collège technique est éclairante à plus d’un titre !
« Les anciens élèves et professeurs des technicums, de Béjaia (importante ville de Kabylie) en particulier, tout citoyen soucieux de l’état de déliquescence de notre système éducatif sont invités à prendre connaissance et à ouvrir un débat. Le système éducatif en vigueur est en violation du projet de la commission Benzaghou où l’enseignement technique avait toute sa place. Il devait être réformé mais pas supprimé et les filières « Traitements numériques » actuelles ne peuvent se substituer à l’enseignement technique. »
Tout est dit !
[1] « Le Soir », octobre 2017.
[2] » L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE, CE MAL AIME », EDILIVRE, 2017.
Pierre Guelff, journaliste, auteur et chroniqueur, a publié un essai aux Éditions Jourdan « Rencontres fraternelles avec Matthieu Ricard et le Dalaï-Lama ».
L’intérêt de cet ouvrage est de découvrir deux philosophies qui, à première vue, semblent aux antipodes, et, pourtant, elles se rejoignent pour proposer une société pacifiée et respectueuse de l’être et de l’environnement.
Tout d’abord, l’auteur présente les raisons qui l’ont poussé à écrire cet essai.
– Parce que ce sont deux philosophies non dogmatiques. C’est essentiel comme postulat et, en définitive, un double exemple concret de solution pour une humanité en péril. Ce qui me désole dans ce contexte, d’où certaines parties de mon ouvrage, c’est l’amalgame fait entre Franc-Maçonnerie et « complotisme », Bouddhisme et drames humains en Birmanie, par exemple.
Sans nier des dérives fâcheuses, comme dans toute société humaine, j’ai la conviction que les préceptes prônés par la Franc-Maçonnerie depuis des siècles continueront de traverser le temps et l’espace, comme l’explique l’auteur Philippe du Bouleau : « La Franc-Maçonnerie est un courant d’idées que l’on peut appeler « humaniste » parce qu’il prend l’homme et le bonheur de tous comme une fin en soi et la tolérance comme premier moyen de perfectionnement individuel ». Quant aux actions violentes de certains bouddhistes relevées ces derniers temps, elles vont à l’encontre de tout ce que j’ai entendu et lu du Dalaï-Lama et de Matthieu Ricard qui ne cessent de clamer la compassion et la non-violence.
Philippe Liénard, Haut Grade en Maçonnerie, qui a écrit la remarquable préface de mon essai, précise : « Il me plaît de rappeler que ni l’une ni l’autre de ces mouvances ne sont des sectes, des religions ou des mouvements politiques. L’une et l’autre sont ouvertes, respectueuses, pacifiques et privilégient la liberté de pensée au « prêt-à-penser », dans un souci bienveillant d’épanouissement des êtres… »
J’en viens à trois ou quatre citations maçonniques comparées à quelques-unes que j’ai enregistrées lors de mes rencontres avec le Dalaï-Lama. Ceci me paraît assez explicite pour corroborer l’hypothèse qui fait l’objet de mon essai.
Préceptes maçonniques : « Ne fais point le mal, fais le bien. », « Réjouis-toi dans la justice ; courrouce-toi contre l’injustice… », « Pense que pour bien juger les hommes, il faut sonder les cœurs et scruter les intentions. » et « Obéis toujours à la raison. »
Paroles du Dalaï-Lama : « La compassion n’est pas de l’indifférence, c’est s’engager au bien de tous les êtres. », « Face à la souffrance (des violences, guerres, différences majeures entre les riches et les pauvres…), il faut un changement qui ait un effet sur la société grâce à une collaboration entre le pouvoir et la bienveillance. », « Il faut aller au fond de nous, reconnaître que nous sommes des êtres humains identiques aux autres, se dire que l’humanité est commune et que l’on peut agir dans le monde si on s’ouvre à tous. » enfin « Fonder son chemin spirituel sur la raison me paraît aussi un bon cheminement. »
Voici, à la fois, un remarquable allié de notre quotidien, un confident de nos rendez-vous et notations personnelles, un repère dans le temps et l’espace avec ses éphémérides et une fantastique source au niveau du patrimoine, de légendes, de traditions, de gastronomie, d’environnement, de généalogie, du terroir…, vous l’aurez compris, « L’Almanach 2018 des Terres de France » publié par les « Presses de la Cité » conjointement avec « France Bleu », est disponible.
Cette 11e édition en 320 pages, outre la particularité d’être abondamment illustrée et accompagnée de conseils pratiques, publie, chaque week-end, un extrait de livres de la collection « Terres de France » et dont, souvent, il est question dans la présente chronique. Ainsi, aux 23 et 24 juin, on lit une page de Gilles Laporte et de son splendide roman « Parfum de fleur d’oranger » : « Tu verras le plaisir que procure le travail de la pierre. Aussi intense que celui que tu pourras prendre avec une femme. D’abord, elle te résiste, puis elle te cède. Enfin, elle s’offre à toi en libérant ses parfums secrets… »
Les 17 et 18 novembre, c’est au tour de Paul Couturiau et de « Ses silences de Margaret » de plonger le lecteur dans un roman de terroir touchant : « J’avais été sur le point de m’exclamer : « Quelle maison ? » Sans pépère, l’appartement des grands-parents ne serait plus qu’une coquille sans âme… »
Il y a aussi, pour le plus grand bonheur des amateurs du genre, des extraits de Jean-Paul Malaval, Annie Degroote, Frédérique Volot, Jacques Béal, Françoise Bourdon, Gilles Bordes, Sylvie Anne, Jean Anglade…, soit un gratin de terroir de cette collection mythique.
« Nous sommes tous citoyens ! » est une chronique de Pierre Guelff, en partenariat avec le magazine POUR (« Écrire la liberté »).
Le magazine « Financité » (www.financité.be) vient de lancer un fameux pavé dans la mare aux crabes banquiers et financiers. Plutôt que de longs discours, quelques exemples concrets suffisent à prouver le leurre qui se cache derrière de prétendus « investissements socialement responsables » censés garantir des préoccupations sociales, éthiques et environnementales.
Ainsi, BNP Paribas Fortis et son fonds Portfolio FOF- Stability Sri, c’est un portefeuille de bons de trésor du Panama, paradis fiscal, des actions Nestlé qui piétine allègrement les droits des travailleurs, également des actifs Airbus, grand vendeur d’armes qui participe à la fabrication de missiles nucléaires, selon « Financité ».
Pour résumer, souligne le magazine, lorsque votre banquier vous vend un produit « éthique » vous financez en réalité… des armes nucléaires !
En conclusion, sans faire pour autant d’amalgames et de généralités, selon « Financité » : « Alors que de plus en plus de citoyens cherchent à donner du sens à leur argent, il serait temps que leurs banques fassent preuve de transparence quant à leurs investissements. »
« Nous sommes tous citoyens ! » est une chronique de Pierre Guelff.
Bien sûr, par rapport aux machines à broyer l’individu et l’environnement au nom d’un mercantilisme sans foi ni loi, que sont les multinationales et divers secteurs de l’industrie, de la grande distribution, de la presse…, de « petites » initiatives citoyennes, des circuits et réseaux alternatifs, des associations locales communautaires, d’habitats groupés, de coopératives, de filières éthiques, de « communs » matériels et culturels, de partage des ressources, d’engagement et de bénévolat…, peuvent paraître une goutte d’eau dans l’océan.
Pourtant, n’est-il pas question des prémices d’une véritable « révolution » planétaire en marche vers une société où la solidarité et la fraternité sont les moteurs, et non plus le seul aspect économique, le capitalisme ?
Pour ce faire, ce mouvement citoyen d’amplitude de plus en plus mondiale, a besoin de supports, voire d’incitateurs, médiatiques, tels « Fréquence Terre » (réseau d’information sur l’environnement dont la devise est « Nous sommes vos porte-parole, vous êtes les acteurs ») et « POUR » (coopérative dont le concept est du même acabit : « Pour écrire la liberté, comme un cœur qui bat au rythme de la société en ébullition »), deux médias, donc, totalement indépendants par rapport aux lobbys chers aux multinationales et aux politiques qui leur emboîtent le pas. Il s’agit, donc, d’une information également à visage humain, en somme.
Et, comme les petits ruisseaux font les grandes rivières qui vont se jeter dans les mers et les océans (tant que le réchauffement climatique ne supplantera pas totalement la Nature), eh bien, notre hypothèse de la goutte dans l’océan… tombe à l’eau !
Oh ! Pas besoin, ici, de grandes théories, mais un « petit » exemple concret suffit à le montrer et à le démontrer.
« Parkôlégum », potager partagé dans la capitale de l’Europe, est une initiative citoyenne, à présent quelque peu reconnue et soutenue par sa Commune.
Comment et sur quel principe débuta ce projet ? Comment est-il accueilli dans la population ? Comment évolue-t-il ? Marie-Paule, l’une des quatre bénévoles de cette action citoyenne, répond aux questions de « Fréquence Terre » (la totalité de l’interview de trois minutes, environ, est à écouter sur notre podcast repris ci-dessous). Nous résumons : un terrain communal, situé dans un quartier, était devenu un dépotoir. En deux années, il a été transformé par ces bénévoles en un potager collectif où légumes et plantes médicinales font bon ménage. Le tout, sous le regard bienveillant des habitants. La conclusion de Marie-Paule : « Nous espérons que ce projet continuera à essaimer, à proliférer, toujours avec le but de faire les choses de façon collective. Donc, de partager les compétences et… les récoltes ! »
Quand on vous disait qu’une goutte d’eau dans l’océan n’était pas inutile car, en somme, c’est aussi l’histoire amérindienne du colibri chère à Pierre Rabhi, essayiste et agriculteur bio :
« Un incendie ravageait la forêt et les animaux, impassibles, regardaient les flammes la dévorer. Sauf un ! Un colibri qui apportait goutte d’eau après goutte d’eau au-dessus du brasier.
Sous les railleries des autres animaux qui lui faisaient remarquer que son geste était totalement inutile, le colibri répliqua : « C’est probable, mais moi, au moins, je tente quelque chose ! ».
Conclusion : un beau (même petit) geste n’est jamais rien !
Il y a quelques mois, « Fréquence Terre » fit état de la (re)naissance du magazine « POUR » dont le slogan est « Pour écrire la liberté » (concept des années ’70). Après une longue réflexion de citoyens-militants mobilisés contre les traités internationaux, tels les TTIP, TAFTA, CETA…, « POUR » a créé un site web, organisé des conférences et des débats sur les composantes de ces traités qui, souvenons-nous en, ne trouvaient guère d’écho dans la presse traditionnelle. On sait que, depuis lors, la Commission européenne a été obligée de revoir sa copie, ou recomposer avec ses interlocuteurs, principalement des politiques sous la manifeste emprise de lobbys de multinationales.
À présent, « POUR » vient de passer à une étape supérieure dans son projet et qui se résume en neuf points :
Il reste, à présent, de tenter de mettre toutes ces idées, principalement issues de réflexions parmi des chercheurs, universitaires, intellectuels…, en pratique, dans les usines et les ateliers, sur les chantiers, parmi le personnel soignant, dans l’enseignement technique et professionnel tellement oublié et qui est une filière aussi « noble » que d’autres, si pas davantage « pourvoyeur » d’emplois et de ne pas oublier que « la main est le prolongement de l’esprit », maxime chère au Compagnonnage.
Pour davantage de précisions, voir le site web www.POUR.Press qui donne le ton : « Comme un cœur qui bat au rythme de la société en ébullition. »
Le concept d’ « Artwing » (artwing.be) est de proposer des artistes via une galerie virtuelle et/ou d’être exposés dans des établissements (une école, par exemple), voire chez des particuliers qui les accueillent chez eux.
« Fréquence Terre » a préféré visiter une école de la capitale européenne (avec sa centaine de milliers de Français, pour 250 000 dans le pays) et voir sur place ce concept « particulier » qui propose des œuvres méritant, parfois, de se retrouver aux cimaises de galeries prestigieuses, comme on peut le découvrir sur le site de la radio.
Les artistes présentés étaient sept. Pour chacun, des œuvres, bien entendu, agrémentées de présentation dont j’ai extrait quelques éléments : « Ode à la liberté hypnotique de l’écriture automatique », « L’amour du trait est roi et le politiquement correct son bouffon », « Soigner par l’art », « Une artiste animée d’une jubilation poétique du dessin », « Un univers parallèle », « Les événements de la vie quotidienne fournissent son inspiration »…
Sans conteste, ces artistes méritent votre attention…
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