Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

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Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70 episodes

  • The Pebbles : “Seven Horses In The Sky”, le galop magique de la pop belge
    Nous sommes le 25 janvier 1969. Happy Day pour un groupe belge. Son dernier titre entre au hit parade par la grande porte. Ce groupe s'appelle The Pebbles. Ils se sont rencontrés dans la banlieue d'Anvers.

    C'est Fred Beekmans, musicien et chanteur qui est à l'origine de sa création. Au début de leur union, ils s'appellent "The Fredstones", allusion à Fred évidemment. En 1965, le groupe rencontre le célèbre producteur américain Norman Petty (qui a travaillé avec Buddy Holly). Il leur propose d’enregistrer quelques singles et suggère de changer de nom.

    Dont acte, Fredstones devient “The Pebbles". Deux ans plus tard, ils signent avec Barclay et connaissent leur premier petit succès. C’est “Get Around”...

    L'Amérique ne vas pas leur sourire immédiatement. En 1967, les Pebbles connaissent le succès en Belgique, en France et en Espagne, où ils sont très appréciés lors de leurs concerts. Autant dire qu'en Flandre, ils sont peu les vedettes locales. Cela dit, ils attirent l'oreille et l'attention des plus grands. Ils vont en effet partager l’affiche avec des artistes comme Jimi Hendrix et The Small Faces à l’Olympia de Paris.

    Une chanson “Incredible George” est dédiée à George Harrison.

    Et, ce qui devait arriver arrivera, le titre attire l’attention du guitariste des Beatles, qui leur envoie un télégramme de félicitations. Conséquence : Barclay refuse de les laisser partir. C'est en 1968 qu'ils vont connaître leur plus grand succès et leur happy day.

    Sorti mi-janvier, “Seven Horses In The Sky” deviendra le titre le plus emblématique du groupe. Un morceau qui va durablement marquer l’histoire de la pop belge : il est resté onze semaines dans le hit parade chez nous, atteignant la 3e place en Wallonie.

    Le tour de magie ? Une introduction originale avec le son de chevaux au galop, suivie d’un piano...

    Les paroles sont écrites par Fred Bekky et Bob Baelemans. La chanson raconte l'épopée de sept chevaux pourpres galopant dans un ciel vert. Une atmosphère aussi poétique que psychédélique.... “Seven Horses In The Sky” est aujourd'hui reconnue comme l’un des plus grands succès internationaux d’un groupe belge des années 60-70 et la signature du groupe The Pebbles, dont l'histoire s'arrêtera quelques années plus tard. Après avoir sorti deux albums, le groupe se sépare en 1974.
    3 min
  • Forest National : Béjart, Ella, Marley… Une scène belge entrée dans la légende
    Nous sommes le 8 octobre 1970. Happy Day dans la capitale belge. C'est le grand soir. Inauguration d'une nouvelle salle de spectacle à Bruxelles. Elle vient remplacer un bâtiment conçu à l'origine comme vélodrome.

    C'est la propriété de la commune de Forest, dans le Sud de Bruxelles. La première pierre est posée en mai 1969, c'est dire l'urgence ou l’enthousiasme. Autrefois, on l'appelait "Palais des sports de Forest". Désormais, on dire "Forest National". Pour l'inauguration, rien mois que le ballet du 20e siècle de Maurice Béjart...

    En 1970, Forest National peut accueillir environ 5 500 spectateurs. Il faudra attendre 45 ans pour que cette capacité soit étendue, portée à 8 400 places.

    Ce qui distingue Forest National, c'est sa forme ovale, qui offre à la fois une excellente acoustique et une proximité avec la scène qui n'existe pas vraiment dans d'autres lieux de spectacle en Belgique, en tout cas à cette échelle et à cette époque.

    Le tout premier concert musical, en dehors du ballet Béjart, est donné par Ella Fitzgerald.

    Juste après Ella Fitzgerald, ce sont les Beach Boys qui vont mettre le feu à Bruxelles. Ces trois événements sont le début d’une longue série de concerts qui vont marquer les esprits en Belgique, notamment parce que la capitale va pouvoir attirer des artistes internationaux de renom.

    On y verra les Stones en 73, puis les Bee Gees, les Jackson Five, Sinatra et un artiste francophone qui y détient le plus grand nombre de passages, un certain Michel Sardou...

    Au fil du temps, la musique ne sera pas la seule discipline à s'exprimer dans l'enceinte de Forest National. La salle va servir de décor pour des événements sportifs, des opéras, des comédies musicales et même des spectacles d'humour.

    Mais si Forest est entré dans la légende, c'est probablement grâce au passage, le 22 juin 1980, d'un certain Bob Marley dans le cadre de sa tournée Uprising. Ce que personne ne savait, c’est que cette tournée serait la dernière. Bob Marley est déjà malade. Ce soir-là, en 1980, il monte sur scène avec une énergie et une intensité invraisemblables.

    Aujourd’hui encore, ce concert est considéré comme l’un des plus légendaires donnés dans notre pays. Dix ans, presque jour après jour, après ce happy day du 8 octobre 1970, soir de l'inauguration de Forest National.
    3 min
  • Les Aristochats : le Disney jazz et raffiné qui a conquis l’Europe en 1971
    Nous sommes le 8 décembre 1971. Happy Day pour les enfants belges. Un film va attirer les foules et les familles au cinéma. Il dure 78 minutes et débarque 3 ans après le dernier grand succès des studios Disney, Le Livre de la Jungle.

    C’est le 20e classique d'animation. En anglais, il a pour titre "The aristocats", jeu de mots entre l'aristocratie et les chats. La traduction française ne va pas chercher bien loin, Aristochats, ça sonne très bien aussi ! Comme souvent chez Disney, les animaux parlent, ils font de la musique et ils chantent...

    Les Aristochats ont une portée symbolique. C'est le dernier film dont la production a été validée par Walt Disney lui-même, avant son décès en 1966.

    L’histoire nous plonge à Paris en 1910. Madame de Bonnefamille, une riche ex-chanteuse d’opéra, vit entourée de ses chats. Elle décide de léguer toute sa fortune à ses chats, puis, à leur mort, à son majordome Edgar. Edgar, lui, va tenter de se débarrasser des félins pour toucher l’héritage un peu plus vite. Les chats, abandonnés à la campagne, vont alors tenter de rentrer à Paris avec l’aide d'un chat de gouttière, Thomas. Ajoutez à cela une galerie de personnages d'une infinie bonté, dont le jazz band de Scat Cat.

    Dans la version française, on la confie à Maurice Chevalier.

    Comme souvent avec Disney, des messages bienveillants se glissent dans le scénario, notamment l’opposition entre les aristochats raffinés et les chats de gouttière jazzmen, qui symbolise la rencontre de deux mondes.

    Ainsi, le morceau “Tout le monde veut devenir un cat” devient en quelque sorte le symbole de la rencontre entre la haute société et la bohème jazz.

    Le film (enfin, le dessin animé) aborde aussi la question du danger (le kidnapping, monde extérieur) et de la solidarité, avec des scènes toujours résolues par l’amitié et par l’entraide.

    En ce happy day du 8 décembre 1971, Les Aristochats ont déjà connu un immense succès en Amérique du Nord, mais la conquête du reste du monde ne fait que commencer, notamment en France où l’action se déroule.

    Le film va y cumuler plus de 6 millions d’entrées, dépassant même ses résultats américains. La ferveur gagne aussi la Belgique, la Suisse, et toute l'Europe.

    Les Aristochats restent bien plus qu'un simple dessin animé : c’est une déclaration d’amour à Paris, à la musique, à la famille et à la tolérance, le tout dans une ambiance Belle Époque parfaitement crédible. C’est peut-être aussi le testament du grand Walt Disney…
    4 min
  • Claude Barzotti, de "Madame" à "Le Rital" : l’histoire d’un premier jour de gloire en 1979
    Nous sommes le 1er janvier 1979. Happy Day, parce que l'année commence bien pour Francesco. Il sort une première compilation de ses 45 tours sortis durant les années 70.

    Compilation, c’est un bien grand mot, car aucune chanson n'a connu le succès, jusqu'ici. Rien n'empêche pourtant ce grand garçon de 25 ans de croire en son destin.

    Sur scène, Francesco se fait appeler Claude, Claude Barzotti. C'est l'histoire, comme il en existe tant d'autres dans le Hainaut, d'un garçon qui passe la majeure partie de son enfance près de sur la côte adriatique. Puis, ses parents s'installent en Belgique. Il grandit à Châtelineau. Depuis qu'il a 6 ans, il apprend l'accordéon, la guitare et le solfège.

    En 1975, il sort un 45 tours qui raconte un peu sa propre histoire. Il est alors mécanicien et il a 20 ans. Une femme de la quarantaine lui fait de l'oeil, aperçue durant sa pause. Il n'osera pas l'aborder, mais en fera une chanson, "Madame".

    Cette ébauche, de ce qui deviendra l'un de ses plus grands succès, ne trouve pas écho auprès du public. En 1975. Il en vendra 200 exemplaires.

    Faute de réussir, il cumule plusieurs métiers : mécanicien, on l'a dit, mais aussi maçon et professeur de musique. Dans les années 70, les réjouissances sont plutôt personnelles et familiales. Sa première fille, Vanessa, est née en 1974. Francesco est sportif. La même année, son club de tennis de table « la Palette Stéphanoise » est le premier en Belgique à être champion de sa division. C'est peut-être au sport qu'il doit sa persévérance. Il multiplie ainsi, durant toutes la décennie, les expériences musicales sous plusieurs pseudonymes et enchaîne les 45 tours sans rencontrer de véritable succès commercial.

    Sur la compilation de 1979, on y trouve également une chanson dédié à une autre femme. C'est "Belle"... un texte déchirant...

    La suite, on la connaît. En 1981, Claude Barzotti réenregistre Madame, sans trop toucher au parole, mais avec des arrangements plus élaborés. Les 200 45 tours vendus en 1975 sont loin, le disque s'écoulera à plus de 200 000 exemplaires cette fois. L'année suivante, ce sera au tour du Rital, qui deviendra son surnom. Et puis "Je ne t'écrirai" plus.

    En ce happy day du 1er janvier 1979, Barzotti joue le tout pour le tout, pas question d'abandonner sans un sursaut. La compilation "Madame" qui sort aujourd'hui est comme un CV et une lettre de motivation qui l'emmèneront, en 1982, sur la route du succès et sur un label dont on dirait qu'il a été créé pour lui, Déesse... Auprès de laquelle repose aujourd'hui Claude Barzotti, quelque part à Court-Saint-Étienne...
    4 min
  • Belles belles belles, la révélation de Vline Buggy en 1962
    Nous sommes le 27 septembre 1962. Happy Day pour une personnalité de l'ombre, bien cachée derrière un titre de Claude François. En 62, Claude va peut-être perdre son contrat avec Philips. Il faut lui trouver un titre pour rebondir. Régine lui fait écouter une chanson des Everly Brothers... reprise par Eddie Hodges sous le titre "Girls girls girls"...

    Claude François veut s'en emparer. C'est à la parolière Vline Buggy qu'il fait appel. C'est sur elle que nous allons nous arrêter un instant.

    Car son histoire est incroyable. Vline est le nom de plume d'Évelyne Yvonne Konyn. Vline tombe malade et meurt le 14 avril 1962.

    Sa soeur, Liliane Konyn, se fait elle appeler Buggy, car elle est aussi parolière. Après le décès, Liliane décide de réunir les 2 noms de plume.

    Elle devient alors Vline Buggy. Désormais, même la mort ne peut plus séparer les 2 sœurs.

    En 1962, elle entre aux éditions Tropicales. Le directeur, Rudy Revil, lui demande donc d’adapter la fameuse chanson américaine, pour laquelle elle a choisi le titre suivant « Rien, Rien, Rien ».

    Claude François n'y croit pas, il demande à Vline Buggy de trouver un autre refrain. La chanson devient alors : « Belles ! Belles ! Belles ! ». Tout comme la version américaine, celle de Claude François démarre sur un avertissement...

    La carrière de Vline Buggy est elle même incroyable. Son nom figure en effet sur une interminable liste de tubes des années 60, 70 et 80. De Ma Biche à Pour le Plaisir, de Céline aux Portes du Pénitencier.

    Alain Chamfort, Linda de Suza, France Gall, Polnareff, Régine, Enrico Macia, Sheila, Hervé Vilard, Johnny et, bien entendu, Claude François, avec qui l'aventure ne fait que commencer. Après "Belles belles belles", Vline lui offre "Marche tout droit", "Pauvre petite fille riche" ainsi qu'un autre adaptation d'un grand standard américain, "Si j'avais un marteau"...

    Claude et Vline Buggy partageront à peu près 35 titres à succès durant sa carrière. Au fond, en ce 27 septembre 1962, le happy day est autant celui de Cloclo que celui de Vline Buggy. L'un aurait pu cesser d'être chanteur et perdre son contrat. L'autre aurait pu mourir de chagrin. Les destins se sont croisés. 55 ans plus tard, Vline Buggy recevra le titre de "Chevalière de l'ordre des Arts et des Lettres" des mains d'un certain Hugues Aufray... Une histoire belle, belle, belle…
    4 min
  • Le jour où Baudouin a cessé d'être un roi triste (Rediffusion)
    Oh Happy Day, 15 décembre 1960. Les Belges ont l'honneur d'un événement historique. Ils vont assister, pour la première fois depuis notre indépendance, à un mariage royal. Il fait froid. Il fait gris. Le roi Baudouin, alors âgé de 30 ans, épousera aujourd'hui Fabiola de Mora y Aragón et en fera la Reine des Belges.

    La rencontre entre Baudouin et Fabiola reste entourée d'un certain mystère. C'est la comtesse Veronica O'Sullivan, la tante du roi, qui aurait joué les entremetteuses.

    Fabiola, qui a 32 ans le jour de son mariage, est une infirmière de formation. Elle est issue d'une famille noble espagnole. Elle séduit visiblement TRÈS rapidement le cœur du souverain belge. Discrète, comme lui. Pieuse, comme lui. D'apparence un peu austère, enfin plus vraiment aujourd'hui. Puisque, aujourd'hui, jour de mariage, Baudouin a souri.

    Le mariage est célébré dans la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles par le Cardinal Léon-Joseph Suenens. Il partage avec le Roi un douloureux souvenir. Baudouin déplore la perte précoce de sa mère, la reine Astrid, décédée dans un accident de voiture en 1935. Léon-Joseph Suenens perd son propre père à 4 ans. Le père du Cardinal Suenens est mort à 30 ans. C'est précisément l'âge du roi aujourd'hui, à son mariage.

    Car oui, ce mariage marque un tournant dans la perception de la monarchie par les Belges. Le roi Baudouin, jusque-là perçu comme distant et réservé, apparaît sous un jour nouveau. Son union avec Fabiola semble lui insuffler une nouvelle énergie et une joie de vivre évidente. La reine Fabiola, quant à elle, va conquérir rapidement le cœur des Belges par sa gentillesse et son engagement dans une série impressionnante de causes sociales. 

    Le cérémonie est terminée, direction la Palais Royal, sous vos applaudissements...

    Vive le Roi. Vive la Reine. Une chose est sûre, ce 15 décembre 1960 est un happy day pour le Roi. Mais aussi pour l'union de la Belgique. Car leur histoire d'amour, qui a duré plus de trois décennies, a profondément marqué l'histoire du jeune Royaume et renforcé les liens entre la monarchie et le peuple belge. Et ce jour-là, la radio diffuse Ike and Tina Turner. Ils publient leur premier disque d'amour. Ce sera... A Fool in Love.

    6 min
  • 1961: Le parc Bobbejaanland ouvre ses portes (Rediffusion)
    31 décembre 1961. Happy Day et Happy New Year pour la petite commune de Lichtaart ! Et aussi pour l’un de ses citoyens, Bobbejaan Schoepen. C’est déjà une star en Flandre. Notamment avec le titre "Café zonder bier".

    Bobbejaan, qui s'appelle en réalité Modest, est chanteur, guitariste et c'est aussi un yodleur exceptionnel. Il gagne très bien sa vie. Son rêve : créer un endroit où la musique, la nature et le divertissement se rejoindraient. Inspiré par un certain Walt Disney, Bobbejaan veut créer son propre parc en Belgique.

    En 1959, il achète un terrain marécageux dans un village situé en Campine anversoise. Avec son équipe, il s'engage. Il assèche les marais, aménage l’espace et commence à construire son petit paradis.

    Les travaux vont bon train. Si bien qu'en ce mois de décembre 1961, le parc Bobbejaanland peut déjà ouvrir enfin ses portes au public.

    Bobejaan mouille la chemise. Il se donne en spectacle, avec son épouse Josée, jusqu'à 7 fois par jour, comme l’explique une interview d'époque à la BRT.

    Et oui, Josée a même vendu des chips au paprika. Au départ, le parc est surtout un théâtre en plein air où Bobejaan se produit lui-même, entouré (on l'a compris) de sa famille et d'autres artistes. 

    Le succès viendra TRÈS rapidement. Donc, Bobbejaan voit déjà plus loin. Il veut que son parc devienne un lieu de divertissement, pour les enfants, mais aussi pour les grands.

    Au fil des années, le lieu s'enrichit de nouvelles attractions : des manèges, des montagnes russes et des spectacles équestres, ce qui lui donne un petit côté ranch des Flandres.

    Bobbejaan a réussi son pari, mais aussi sa carrière. Le chanteur flamand a vendu 5 millions de disques. De la variété, de la satire, de la musique instrumentale de film, de la chanson, de la country et de la musique populaire. 

    Mais c'est surtout son sifflement que les mélomanes retiennent. En 1964, il déclare au magazine Humo "Je n’ai pas été un enfant prodige. Lorsque je repense à mes années d’enfance, je n’y retrouve aucun signe de mes futurs succès. La seule matière dans laquelle j’étais vraiment brillant n’apparaît dans aucun programme scolaire : siffler." 

    Bien après son départ, Bobbejaan Schoepen sera intronisé au Whistlers Hall of Fame, considéré comme le panthéon des chanteurs-siffleurs.

    Cela dit, le 31 décembre 1961 restera comme le Happy Day d'un artiste visionnaire qui, porté par sa passion et sa générosité, a donné naissance à un lieu magique, Bobbejaanland. Trois ans plus tard, il chante en français....

    6 min
  • Pourquoi Louvain-la-Neuve a-t-elle vu le jour en 1972 ? (Rediffusion)
    Happy Day pour le Brabant Wallon. Le 20 octobre 1972 sur la place Galilée, inauguration d'une ville nouvelle. Les résidents, les autorités académiques, les responsables communaux et la région. Tout le monde est là.

    Louvain-La-Neuve est née dans l'urgence. Et, c'est un soulagement, après des années de querelles linguistiques. On rembobine.

    Le 7 juin 1966, manifestation géante des étudiants flamands. Ils exigent le départ des francophones. Le slogan ? "Walen buiten", "les wallons dehors".

    7 février 1968. L’affaire Leuven a raison du gouvernement belge. Il s'est laissé déborder par les querelles linguistiques. VDB, Paul Vanden Boyenants, alors premier ministre, annonce sa démission.

    Depuis des années, les communautés de l'université de Louvain ne s’entendent plus (et ne s’écoutent plus non plus). Les étudiants flamands réclament une université unilingue néerlandophone, tandis que les francophones souhaitent maintenir le bilinguisme.

    Il faut trouver une solution. Dès lors, une décision historique est prise : séparer l'université en deux entités distinctes.

    En 1968, le gouvernement belge acte la scission de l'Université catholique de Louvain. Les facultés francophones doivent quitter Leuven pour s'installer en Wallonie.

    Un défi immense se présente : construire une nouvelle ville universitaire de toutes pièces.

    Le choix se porte sur un petit village du Brabant wallon : Ottignies. C'est ici que va naître Louvain-la-Neuve, une ville conçue pour et autour de l'université.

    La première pierre est posée le 2 février 1971, en présence du Roi Baudouin et de son frère, Albert.

    Les plans sont connus. Ils allient modernité architecturale et respect de l'environnement. L'idée : créer une cité piétonne, où les voitures circulent en souterrain, laissant la place aux piétons et aux cyclistes en surface. Il faudra un an et demi de travaux pour que l'université ouvre ses portes. Nous sommes le 11 octobre 1972.

    Étudiants, professeurs et habitants, tout le monde participe à cette aventure hors du commun. Les premiers cours sont donnés à Louvain-la-Neuve en 1972. Dans des conditions parfois assez compliquées et particulièrement singulières.

    Il faut se déplacer d'un bâtiment à l'autre sur des planches de bois pour éviter la boue, qui est encore omniprésente.

    POURTANT, le 20 octobre 1972 restera comme un Happy Day après des années de mésententes linguistiques. Et aussi, au fond, un cas de divorce accepté, bon gré mal gré, par les autorités de l'Église belge... Bref, comme le chante Fugain, cette année-là, une belle histoire.
    5 min
  • Robert Cogoi et Will Tura : la rencontre musicale qui a marqué 1963 en Belgique (Rediffusion)
    Nous sommes le 1ᵉʳ mars 1963. Une solitude venue du Nord et des Corons va offrir à un chanteur hennuyer un immense succès.

    Il s'appelle Mirko, il est d'origine slovène et il est né en 1939 à Châtelet. Il a beau être passionné par la musique, il doit se trouver un vrai métier. Alors, il suit des études d’électromécanicien à l'Université du Travail de Charleroi.

    Ce qui ne l'empêchera pas le 22 avril 1962, de participer à un concours de chant au casino d'Ostende.

    Un concours où il va remporter le prix international des variétés, avec CETTE chanson.

    Pour pouvoir participer, il a dû trouver un nom de scène. Ce sera Robert Cogoi.

    Robert, c'est le surnom affectueux que lui donne sa maman.

    Le prix en poche, il est aussitôt engagé par la maison de disques Philips et par Radio Luxembourg.

    Cette année-là, il entend une chanson qui va le bouleverser. Elle dit "Ik ben zo eenzam, eenzam zonder jou".

    Cette voix, c'est celle de Will Tura, qu'on surnommera bientôt le Elvis belge. "Eenzaam zonder jou" est un énorme succès en Flandre et aux Pays-Bas. Le single se vend à 60 000 exemplaires en 1962.

    Cette chanson, qui raconte la solitude d'un homme sans une femme, deviendra le plus grand succès de Will Tura.

    Elle sera même reprise, quelques bouquets d'années plus tard, par Arno.

    Mais revenons en 1963. Robert Cogoi adore cette chanson et veut lui donner un destin en français. Il n'ira pas bien loin chercher les paroles.

    Traduit du néerlandais, "Eenzam zonder jour" devient "Je m'sens très seul".

    Voilà, le public francophone ne connaît pas Will Tura, il entend la mélodie pour la première fois et ces paroles qui sonnent juste.

    "Et même quand mes amis m’invitent

    Le temps ne passe pas bien vite

    Quand tu es loin, plus rien ne va" 

    Et c'est le jackpot d’Ostende à Paris en passant par Châtelet et par Spa. Cette notoriété permet à Robert Cogoi de représenter la Belgique au Concours Eurovision de la chanson en 1964, avec ce qui deviendra son 2ᵉ plus grand tube, "Près de ma rivière".

    Mais le 1er mars 1963 restera comme le Happy Day de Robert Cogoi qui, un an après avoir enflammé la Casino d'Ostende, prouve à Will Tura que, décidément, la solitude, ça n'existe pas…
    4 min
  • 1969 : L’année où Eddy Merckx est devenu le Cannibale (Rediffusion)
    Nous sommes le 9 mars 1969. Happy Day pour un coureur cycliste belge, dont la carrière va prendre un tournant décisif cette année. À Valence, sous le soleil espagnol, Eddy Merckx vient de remporter le Tour du Levant, avec trois victoires d’étapes. Ne boudons pas notre plaisir et reprenons le fil du temps, mois après mois.

    Le Tour du Levant, c'est une course de prestige depuis sa création en 1929. Pourtant, en ce début de saison, Eddy Merckx commence timidement : il termine deuxième des deux premières étapes. Son manager ne manque pas de le taquiner.

    Vexé, piqué dans son orgueil, Merckx se réveille. Il écrase la concurrence et enchaîne trois victoires consécutives. À l’arrivée, son bilan est impressionnant.

    Le printemps s’annonce explosif.

    Toujours en mars, Eddy Merckx s’attaque à Paris-Nice et décroche le premier de ses trois titres sur cette course. Il marque les esprits lors du contre-la-montre du col d'Èze : parti derrière Jacques Anquetil, il le rejoint puis le dépasse !

    Autre semaine, autre victoire. Le Milan-San Remo confirme sa forme : Merckx s’impose en solitaire, après une attaque imparable dans la descente du Poggio. Il remporte pour la troisième fois la course.

    Bon, on va où maintenant ? Jimmy B nous attend à Gand pour le Tour des Flandres !

    En man die alles kan, ça c'est Eddy tout craché. Car en ce mois d'avril 1969, le Tour des Flandres se court sous une pluie battante. Alors qu’il reste encore tous les monts à gravir, Merckx s’échappe à 70 km de l’arrivée.

    Merckx est inarrêtable. Il creuse l’écart et franchit la ligne avec plus de 5 minutes d’avance sur Felice Gimondi. C’est une victoire monumentale qui annonce un futur Cannibale.

    En avril, il s'offre Liège-Bastogne-Liège avec 8 minutes d'avance sur la concurrence !

    Cela dit, il y aura bien une fausse note, direction San Remo !

    En mai, il prend le départ du Tour d’Italie avec la ferme intention de le remporter. Il domine la course et porte le maillot rose. Résultat : quatre victoires d’étapes à son actif.

    Mais le 13 mai, après l’arrivée à Savone, le choc : Merckx est contrôlé positif et exclu du Giro.

    Merckx va-t-il abandonner ? Évidemment que non. Le 10 juin, l’Union Cycliste Internationale lève sa suspension, reconnaissant un doute sur la procédure. Eddy Merckx est libre de courir le Tour de France.

    Le 28 juin 1969, le Tour de France prend son envol à Roubaix. Dès la première étape, Eddy Merckx marque les esprits : l’épreuve passe par Woluwe-Saint-Pierre, son quartier d’enfance. Il endosse son tout premier maillot jaune, dans les rues où il a grandi.

    La suite ? Un carnage.

    À l’arrivée à Paris, Merckx remporte son premier Tour de France avec 18 minutes d’avance sur Roger Pingeon. Même Léon Zitrone est sous le choc !

    Le jour de gloire arrive lorsqu’il rentre en Belgique : Bruxelles l’accueille en héros. Une foule immense envahit les rues, et Merckx est reçu en personne par le roi Baudouin.

    Alors oui, jubilons, en ce happy day du 9 mars 1969 et récapitulons le palmarès :

    En 1969, Merckx aura remporté :

    1. Le Tour du Levant
    2. Paris-Nice
    3. Milan-San Remo
    4. Le Tour des Flandres
    5. Liège-Bastogne-Liège
    6. Et son premier Tour de France. Grâce auquel le Cannibale a rendu à la Belgique un titre qu'elle n'avait plus décroché depuis 30 ans.
    5 min

About Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

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