Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

By Nostalgie+Music
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Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70 episodes

  • Dave chante l'amour homosexuel en 1970 avec "Copain, ami, amour"
    Nous sommes en avril 1970. Happy Day pour Dave. Une chanson écrite quatre ans plus tôt, subtile et sincère, va lui permettre de dire sa vérité au grand jour. C'est un titre ambigu, où il parle d'une amitié entre garçons... Ce qui est amusant, c'est qu'un an plus tôt, Dave chante "l'année de l'amour"...

    Il dit : 'J'ai cherché pendant longtemps l'amour, je n'ai rien trouvé, puis, un jour... je suis allé vers toi... je t'ai pris dans mes bras..."

    À l’époque de la sortie en 45 tours de “Copain ami amour”, Dave n’a pas encore fait son coming-out public, mais la chanson est aujourd’hui considérée comme un témoignage précoce de ses sentiments. Certains suggèrent même que cette chanson fait référence à Patrick Loiseau. Or, leur rencontre officielle date de 1971, soit après l’écriture de la chanson.

    Les paroles sont d'une très grande douceur et subtilité. Comme si le chanteur avait choisi de casser son image pour parler à la première personne...

    Il dit :

    Écoute-moi. Je ne chante pas Pour n’importe qui Ni n’importe quoi. Comment t’expliquer Un amour insensé, Qui brûle comme un secret, Il y a des gens que j’aime bien, Y a des gens que je n’aime pas, Et puis il y a toi.

    L'année suivante, lors d'une soirée, Dave rencontre celui qui sera futur époux, Patrick Loiseau. En 1971, ni l'un ni l'autre ne le savent, mais Patrick lui écrira la plus grande partie de ses chansons.

    Aujourd'hui encore, “Copain ami amour” se distingue du reste du répertoire de Dave, souvent plus léger et entraînant, par sa tonalité plus intime, son rythme posé, où tout est mis sur la table, en 2 minutes 20.

    Discret sur sa relation, Dave mettre plus dix ans à l'officialiser, histoire de ne pas ternir son image, aux yeux du public surtout. Dans la profession, ce n’est déjà plus un problème... Et dire qu'il avait tout écrit, que c'était là, dans les paroles d'une chanson, sur son 6e 45 tours, sorti chez Barclay en ce happy day, tout doux tout gai, d'avril 1970...
    4 min
  • The Animals : le triomphe planétaire de "The House of the Rising Sun" en 1964
    Nous sommes en juin 1964. Happy Day pour un groupe britannique, qui s'empare d'une ballade folk traditionnelle américaine. Elle va offrir aux Animals leur plus grand succès. Cette chanson, ils l'ont chérie durant une tournée en première partie de Chuck Berry...

    Le chanteur, Eric Burdon raconte, dans une interview à la télévision britannique, comment le groupe Animals s'est rencontré à l'école, comment ils ont démarré, en faisant de la musique jazz...

    De retour en Grande-Bretagne, le groupe enregistre "The House of the Rising Sun" en une seule prise, le 18 mai 1964. Le temps de presser le disque, les disquaires le reçoivent début juin.

    En quelques semaines, la chanson devient numéro 1 au Royaume-Uni. Elle atteindra les sommets de l'autre côté de l'Atlantique en septembre.

    Ce sera le seul single, en dehors des Beatles, à atteindre la première place du Billboard cette année-là.

    Lorsqu'ils sont invités dans la très courue émission d'Ed Sullivan, c'est l'hystérie américaine...

    La voix tourmentée d’Eric Burdon va donner à la chanson une intensité dramatique inédite. Le morceau dure 4 minutes 29, un format inhabituel pour l’époque, mais qui n’empêchera pas son triomphe commercial.

    Mais, de quoi parle cette chanson et d'où vient-elle ?

    Son origine exacte demeure inconnue. Les premières traces remontent au 19e siècle. La chanson a été transmise oralement dans le folklore américain, avec des versions enregistrées dès les années 1930.

    Quant au sens de la chanson, elle varie selon les versions : parfois, le “Rising Sun” est décrit comme un bordel de La Nouvelle-Orléans, d’autres fois comme une maison de jeu ou un lieu de perdition. Dans la version des Animals, c'est l’histoire d’un homme dont la vie a été “ruinée” par le “Rising Sun”. Sans doute, là encore, un lieu de débauche...

    Johnny, lui, y verra une autre signification. Sur des paroles écrites par Hugues Aufray et Vline Buggy, il ouvrira... les portes du pénitencier...

    “The House of the Rising Sun” aura, comme tous les grands succès, plusieurs vies. Reprise par Bob Dylan, Dave Van Ronk et même Nina Simone. Le 18 mai 1964 restera tout de même le happy day de l'éphémère groupe Animals, qui aura, en une seule prise en studio, fait d’une musique traditionnelle un immense succès populaire...
    1 min
  • Le Corniaud : Bourvil et De Funès dans une comédie culte dès 1965
    Nous sommes le 8 octobre 1965. Sept mois après la France, huit mois après sa présentation officielle à Rome, un film de Gérard Oury connaît son happy day lors d'une projection belge qui a lieu à Gand.

    Pour Gérard Oury, l'année a été chargée. Son film, le Corniaud est une coproduction entre la France et l'Italie, réunissant deux immenses vedettes, Bourvil et Louis de Funès. Bourvil se confie sur le tournage..

    Bourvil a raison, c'est une superproduction pour l’époque, avec un budget inhabituel pour une comédie française.

    Que raconte ce film ? Son scénario s'inspire du démantèlement de l'affaire Jacques Angelvin, un présentateur télé arrêté aux États-Unis en 1962 qui dissimulait un stock d'héroïne pure à son insu.

    Le Corniaud raconte le voyage, assez similaire, mais de Naples à Bordeaux du brave et naïf Antoine Maréchal à bord d'une Cadillac. Il transporte une cargaison cachée de drogue, d'or et pierres précieuses, sous la surveillance attentive du véreux Saroyan et de malfrats.

    Le rôle du « corniaud » va à merveille à Bourvil, à l'apogée de sa carrière. Quant au gangster, il est joué par De Funès, qui vient alors de connaître deux grands succès, Le Gendarme et Fantômas.

    La scène la plus célèbre ? Celle de l'accident...

    Happy Day pour Gérard Oury, en ce 8 février 1965, la première de son film à Rome est chaudement accueillie. Elle le sera tout autant le 24 mars en France et le 8 octobre en Belgique. Triomphe populaire immédiat : pas loin de 12 millions d’entrées en France, numéro 1 du box-office en 1965. Le film sera récompensé au Festival international de Moscou pour le meilleur scénario cette année-là.

    Quant au duo Bourvil/De Funès, inédit en tête d’affiche, il deviendra mythique et sera reformé l’année suivante dans... “La Grande Vadrouille".
    4 min
  • Louis Chedid : "T’as beau pas être beau", le tube inattendu de 1978
    Nous sommes le 17 septembre 1978. Le hit parade accueille un drôle de titre, aussi joyeux que satirique. Happy Day pour Louis Chedid, il va en vendre 150 mille exemplaires en quelques mois. Le chanteur d'origine libanaise est arrivé en France en 1948, alors qu'il n'avait que 6 mois. Son tout premier succès, il l'a obtenu il y a tout juste un an, en 1977...

    Il fait ses premiers pas au sein des petits chanteurs à la croix de bois, mais ce n'est pas un enfant modèle, il sera carrément renvoyé de son collège. Sa passion pour la musique, pour l'image et pour le cinéma le conduira à faire des études à l'INRACI à Bruxelles en 1968. Deux ans plus tard, il rentre à Paris et sa carrière démarre, faite de brics et de brocs. Il sera même monteur pour Gaumont-Actualités.

    Mais voilà, la guitare le démange. La musique ne l'a jamais quitté. Après "La Belle", il a un drôle d'idée, créer une chanson légère mais engagée, conviviale même. Qui serait un portrait satirique et lucide du monde moderne. Titre choisi : "T'as beau pas être beau".

    Et dans cette chanson, il parle de la pollution, de la violence, des comportements humains et d'un monde cinglé. L'écriture est bouclée en 3 heures, durant l'été. Pour les chœurs, femmes, petits et amis sont mis à contribution. Y compris sa fille Émilie et... son fils, Matthieu, le futur M. En 1978, c'est encore un enfant... On l'entend notamment dans le refrain...

    Chedid n'y croyait pas vraiment. Pourtant, cette chanson a priori sans importance, va parfaitement correspondre à l'ambiance du moment. On dirait bien que le 17 septembre 1978 ressemble à un furieux happy day pour Chedid. Les radios s'emparent du titre et le voilà sous les projecteurs, invité dans toutes les bonnes émissions de l'époque, en France, en Belgique et en Suisse. Un titre qui lui permettra, un an plus tard, de rejoindre la troupe du conte musical de Philippe Chatel, Émilie Jolie...
    3 min
  • Le Grand Échiquier : naissance de l'émission culte de Jacques Chancel en 1972
    Nous sommes le 12 janvier 1972. Sur la première chaîne française, qu'on appelle encore ORTF, depuis le studio 12 des Buttes-Chaumont à Paris, un événement se prépare. Happy Day pour Jacques Chancel, un journaliste déjà célèbre en radio. Cela fait plus de 4 ans qu'il a lancé Radioscopie sur France Inter et c'est un très grand succès, d'audience et d'estime. Le générique marque déjà les esprits, composé par Georges Delerue...

    Le Grand Échiquier, voilà le nom du nouveau rendez-vous du samedi soir. Le concept est novateur : mêler culture et divertissement en mettant à l’honneur un grand invité, fil rouge de la soirée, entouré de ses proches et d’autres artistes.

    L’émission est diffusée en direct et en public. Elle dure environ trois heures (parfois plus).

    Voilà, nous y sommes. 12 janvier 1971, il est 20h30. Un orchestre symphonique de 140 musiciens va accompagner des artistes. Le décor est spectaculaire. Le générique, va lui aussi entrer dans la légende. Sur la musique de Carmina Burana de Carl Orff, des images de pièces d’échecs en mouvement. Et puis il y a cette voix, celle de Jacques Chancel...

    Pour la première, il est anxieux. Et on le comprend..

    13 épisodes sont prévues à l'origine. La production ne le sait pas encore, mais l’émission durera 17 ans. Tout le monde s'y presse : Georges Brassens, Léo Ferré, Arthur Rubinstein, Lino Ventura, Jean Cocteau, Herbert von Karajan, Charles Trenet, François Truffaut ou Bernard Hinault. La règle : pas d'auto-promotion, l'émission est ouverte aussi bien aux vedettes qu'aux jeunes talents, musiciens, chanteur. Elle veut aussi remettre la musique classique, la grande musique, à l'oreille du plus grand nombre.

    Quand Pierre Tchierna lui demande ce qu'il reste de ce temps-là, plus de 20 ans plus tard, Chancel se souvient...

    Jacques Chancel nous quitte le 23 décembre 2014. France 2 décide alors de refaire l'émission, le temps d'une soirée, en hommage. Une audience record : plus de 13 % de parts de marché ce soir-là.

    Loin de ce happy day du 12 janvier 1971, où le trac et la grippe n'ont pas eu raison de sa superbe, l'émission aura plusieurs vies, plusieurs visages également. Frédéric Tadeï. Anne Sophie Lapix. Anne-Élisabeth Lemoine. Claire Chazal. Et Georges Delerue, qui n'est jamais très loin de Chancel, hante toujours les studios des Buttes-Chaumont à Paris, avec sa nuit américaine...
    6 min
  • 1976 : Voulzy s’invite dans "Candice Candy"
    Nous sommes le 21 janvier 1976. Happy Day pour Pierre Unia. Le réalisateur français qui ne recule devant aucun string va offrir au cinéma érotique français un moment X. Pierre Unia n'est pas un minou de l'année. En 1968, il a signé "La nuit la plus chaude". Ont suivi d'autres petits succès sous le manteau : la couture française, le pied et puis "Prenez le temps de vivre" en 1975. En ce début 76, une ingénue va marquer les esprits. Elle s'appelle Candice Candy. Ah, nous avons un appel !

    Mais de quoi parle ce film ? Candice, c'est la sœur aînée. Elle dirige un magazine consacré à la libération des mœurs. Elle vit avec sa jeune sœur Candy, lycéenne de 17 ans. Candice, bien que plongée dans un univers olé olé, se révèle plutôt frigide. Candy elle, est beaucoup plus précoce et délurée. L’intrigue tourne autour de leurs relations, de leurs amis et collègues au sein de la rédaction du magazine. Tout cela est assez attendu, avec les codes de l'époque, beaucoup de pilosité. Et cela dure 1h30 quand même. Avec des moments plus bucoliques, comme ce déjeuner sur l'herbe...

    Et puis, il y a la musique de ce film. Parlons-en, d'ailleurs, parce que vous vous dites certainement, mais je connais cette voix. Ce n'est pas Laurent Voulzy, il n'aurait pas fait ça quand même ! Et bien si ! En 1976, Voulzy n'est pas encore une grande star. Alors, il ne rechigne pas à faire quelques ménages, quitte à faire des ménages à 3...

    Candice candy est un film emblématique de l’âge d’or du cinéma érotique français, réalisé juste avant le durcissement de la législation sur le "X" la même année. Il est parfois connu sous d’autres titres à l’international, notamment "French Nympho". Très difficile à trouver en version originale, il est beaucoup plus accessible en anglais et en allemand aujourd'hui, avec des accents français très artisanaux... En ce 21 janvier 1976, Pierre Unia tient son happy day, un répit avant le durcissement de la législation sur ce genre cinématographique. Quant à Voulzy, il voit son nom s'afficher en grand dans les cinémas spécialisés... un an avant Rockcollection. Merci Candice Candy !
    4 min
  • 1973 : Le Royaume-Uni entre en Europe
    Nous sommes le 1er janvier 1973. Après une dizaine d'années de négociations et deux refus de la France, happy day pour les sujets de la couronne britannique. Le Royaume-Uni fait officiellement son entrée dans ce qui est alors la Communauté Économique Européenne. Si les négociations ont pu aboutir, c'est évidemment grâce au départ du Général, qui se sera opposé jusqu’au bout à l'arrivée du Royaume-Uni. Côté britannique, la population est assez divisée sur la question européenne. Certains regrettent ce qu’ils considèrent comme la fin d’un empire. "Goodbye Yellow Brick Road", cette fois, Elton John va pouvoir voyager plus facilement !

    Malgré le froid de janvier 1973, le gouvernement britannique organise "Fanfare for Europe", un festival de dix jours avec plus de 300 événements sportifs et culturels pour marquer l’adhésion en grande pompe. L’Italie prête un Michel-Ange, les Pays-Bas un Rembrandt, mais (cela devient presque un gag), le Louvre refuse de prêter la Joconde. D'ailleurs cette année, deux autres pays font leur entrée dans le marché commun : il y a aussi l'Irlande et le Danemark. Concert à Londres pour Cliff Richard, le titre est tout choisi, "Power to All Our Friends".

    En dehors de la culture, le sport est également mis à contribution pour y croire !

    Et notamment le football, qui unit dans son lit à peu près tous les pays. Une équipe des trois nouveaux entrants affronte une équipe des six anciens membres. La victoire ira aux nouveaux entrants. Les choses sont parfois bien faites.

    L'adhésion à l'Europe ne sera pas simple pour les Britanniques. 39 % d'opinions favorables en juin 1973... contre 34 % en octobre. Il faut dire que Bruxelles a demandé à Londres de se serrer la ceinture... Exemple au journal de l'ORTF avec Monsieur et surtout Madame White, assez remontée contre l'Europe ! Interview à l'heure du thé !

    La suite de l'histoire, on la connaît. Le mariage de raison durera 47 ans, ce n'est pas rien. Mais, comme dans tout bon divorce, rien ne dit jamais que les chemins ne vont plus se croiser. En ce happy rainy day du 1er janvier 1973, le groupe britannique Mungo Jerry veut y croire... Au premier temps de la valse, c'est encore... Alright alright alright...
    4 min
  • 1969 : "Daydream", un rêve belge signé Wallace Collection
    Nous sommes le 28 février 1969. Dans quelques semaines, le titre d'un groupe belge va devenir numéro 1 des ventes chez nous, mais s'exporter comme rarement auparavant. Il faut dire que "16th Century" a voulu réunir toutes les conditions pour créer le tube dont ils zzzzont toujours rêvé. Dans la bande, formée à Bruxelles, on compte Sylvain Vanholme, Freddy Nieuland, Raymond Vincent, Marc Hérouet, Christian Janssens et Jacques Namotte. Bref, il y a du monde dans la caravane et certains qu'on retrouvera un peu plus tard dans... Two man sound.

    "16th Century" choisit Abbey Road pour enregistrer leur album, Laughing Cavalier. Un titre se montre plus ambitieux que les autres. C'est Daydream. La production est signée David MacKay, un Australien qui a aussi coécrit le titre. Particularité : toute l’équipe d’EMI (des musiciens au personnel administratif) est réquisitionné pour chanter les chœurs finaux, ce qui va donner le fameux effet de chœur massif. Le refrain, lui, s'inspire du final du Lac des cygnes.

    Avec "Daydream", le groupe se produit durant la tournée de Joe Dassin, en première partie. Les portes de la gloire s'ouvrent pour eux, comme ils ne l'auraient jamais imaginé ! Tiens, j'ai oublié de mentionner que "16th Century" a décidé de changer de nom lors de la sortie du single et de l'album. On les appellera désormais "Wallace Collection". Le nom n'est pas choisi au hasard. Il est inspiré d'un musée londonien, situé près des locaux d’EMI. Quand au titre, en pleine année érotique, il parle à l'indicatif présent : le narrateur s’endort parmi les fleurs, rêve d’une belle journée et d’un amour idéalisé. L'ambiance est légère, printanière et même universelle. Autant dire que pour le groupe bruxellois, le succès était collé à l'étiquette !

    D'ailleurs, Cloclo va s'en emparer et donner à la chanson une identité francophone... Titre choisi : Rêverie. Chanson qu’il vient présenter en primeur à Guy Lux, évidemment !

    Revenons à "Wallace Collection" et à ce happy day du 28 février 1969. Numéro 1 en Belgique. Numéro 3 en France. Daydream se classe en tête des ventes dans une vingtaine de pays, d'abord en Europe, et puis au-delà. L'air de rien, il s’agit d’un des plus grands succès pop belges de l’histoire de la musique. D'ailleurs, je vous mets au défi de me donner un autre titre mémorable du groupe. Draydream restera comme leur unique succès. La séparation interviendra 2 ans plus tard...
    4 min
  • Pourquoi Charles Aznavour a-t-il chanté "Emmenez moi" en 1968 ?
    Nous sommes en février 1968. Un titre sorti quelques mois plus tôt sur l'album « Entre deux rêves » va offrir à Charles Aznavour un grandiose succès, d'abord en français puis en anglais.

    À l'aube du printemps 68, la France est en proie à des bouleversements sociaux et culturels. Les jeunes en ont assez de la société polie du Général. Ils ont besoin d'évasion, de renouveau. C'est exactement le propos que va développer Charles Aznavour, en parlant de nouveaux horizons.

    Emmenez-moi, c'est une chanson non plus réaliste, mais idéaliste. Comme si elle évoquait le propre printemps d'Aznavour, après des années de critiques, parfois acerbes, sur son métier de chanteur. Des critiques qui l'ont finalement aidé... Il le reconnaît dans cette interview donnée à la télévision française...

    « Emmenez-moi » sort au début du mois de février 1968. Les paroles sont de Charles Aznavour. Musique et arrangements sont de Georges Garvarentz, le complice du chanteur, mais aussi son beau-frère. C'est lui qui a épousé sa sœur, Aida, en 1965.

    Le thème de la chanson, on l'a dit, c'est le le désir de partir au loin vers des pays ensoleillés. Désir de tout quitter sans remords, sans bagage, pour une vie nouvelle, plus légère et plus heureuse. Une phrase illustre à merveille ce propos, qui fera école...

    Les images de plages, de filles alanguies, de colliers de fleurs, renforcent l’idée d’un paradis lointain et idéalisé. Aznavour a dû le pressentir. Le printemps 68 va être chaud. Sa chanson, elle, va bien voyager. Elle connaîtra notamment une version anglaise... pour laquelle les paroles sont une réplique très fidèle à l'originale... Voici "Take me along"

    Emmenez-moi ne va pourtant pas faire un numéro 1 au hit-parade, mais va s'installer dans la durée. Et donner naissance à une impressionnante série de reprises. Les croquants, les enfoirés, Vanessa Paradis. On comptera également une reprise en néerlandais, signée Bart Kaëll sur son album Noord & Zuid. Emmenez-moi devient Neem me toch mee. Et ce n'est pas tout, un groupe de speed metal va carrément s'en emparer, bien plus tard, qui doit être la reprise la plus éloignée de l'originale, tout en conservant ce qui a fait son happy day en février 1968. Composition en la mineur... et 3 minutes 31 d'évasion et de bonheur....
    4 min
  • Août 1977 : Jazz Bilzen devient Mudstock — The Clash, la pluie et la légende d’un festival belge
    Nous sommes le 11 août 1977. Happy Day pour les inconditionnels de Jazz Bilzen, ils vont cette année assister à une édition explosive du festival né en 1965.

    Pour cette 13e édition, les organisateurs sont un peu inquiets. Ils déclarent d'ailleurs « Cette année nous n'aurons toujours pas les Rolling Stones, ni Bob Dylan, ni Elvis Presley sur le podium. Quant à Led Zeppelin ou les Who, ils sont bookés ailleurs. » cela dit, les vrais amateurs de bonne musique savent que le programme sera à la hauteur...

    D'ailleurs, Bilzen 77 sera en partie axé sur le mouvement punk...Côté population locale, on n'est pas tellement ravi. On voit débarquer des dizaines de drôles de personnages, avec des clous, des chaînes, des colliers pour chien et des épingles de nourrice.

    Heureusement, il y a AUSSI de la new wave, avec The Clash et 1977...

    Que la population se rassure, il y a encore du jazz à Bilzen, un peu de rock, mais aussi notre fameuse new wave, avec Elvis Costello, Graham Parker ou encore Damned. D'ailleurs, Damned, parlons-on ! Ils se font copieusement huer par le public. Et pour cause, ce qui sort des enceintes est d'une qualité assez pénible. Bières et canettes de soda volent sur la scène, jusqu'à blesser des personnes au premier rang. Mais qui était le coupable ? Visiblement, un technicien du festival qui se croyait encore au temps des hippies et qui a fait de la prestation du groupe un massacre. Allez, soyons de bon compte, au début, il y avait pas mal d'applaudissements...

    Ce qui va rester pour la postérité en cette édition 1977 du festival de Bilzen, c'est LA MÉTÉO. La pluie battante va transformer le petit Woodstock flamand en gigantesque piste de danse dans la boue. On retiendra cette incroyable édition comme celle de Mudstock, "Mud" pour la boue, "Stock" pour Woodstock.

    Entre 11 à 23 heures, la pluie va s'abattre sur la petite ville sans interruption. La plaine va se transformer en bourbier. Conséquence : retard sur retard pour le passage des groupes. Les camions de matériel s'enlisent les uns après les autres dans le petit chemin de campagne. Bref, heureusement pour les organisateurs, en ce 11 août 1977, les préventes ont bien fonctionné et les remboursements ne sont pas prévus. Six mille courageux vont braver la tempête jusqu'à 23h. Seule victime à déplorer, le van d'Organ Contest, qui ne pourra jamais accéder à l'arrière du podium de ce drôle de festival du nom de... Mudstock 1977.
    4 min

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