Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

By Nostalgie+Music
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Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70 episodes

  • 1978 : Récré A2, l'émission jeunesse culte de Dorothée
    Nous sommes le 3 juillet 1978. Happy day pour les enfants en vacances, une nouvelle émission leur est entièrement consacrée. Elle fait ses débuts sur la 2e chaîne publique française, qui s'appelle alors Antenne 2, enfin A2. La directrice des programmes jeunesse vient d'être nommée, elle s'appelle Jacqueline Joubert. L'ancienne speakerine et animatrice a une idée. Créer une émission pour les enfants, où ils vont apprendre en s'amusant. Le concept s'appelle "Récré A2". La première émission est diffusée en début de soirée.

    D'un côté, Gérard Chambre, un garçon venu du théâtre. De l'autre, Dorothée.

    Jacqueline Joubert l’a déjà engagée en 1973 pour animer, sur la première chaîne, "Les mercredis de la jeunesse".

    Depuis 1975, Dorothée anime une émission sur TF1, les "Visiteurs du mercredi". Une émission dont le générique est devenu... une institution !

    Un 3e personnage intervient dans cette histoire, plus inattendu encore, il s'appelle Fabrice. Fabrice est déjà une vedette de la radio sur RTL. Il a commencé par faire des émissions musicales en 1965, mais il excelle dans un autre exercice, les émission de jeu de la mi-journée.

    Dans Récré A2, il est chargé des "Quat'zamis" et il chante !

    Au départ, l'émission est un ballon d'essai, mais le succès va rapidement dépasser les espérances de la 2e chaîne. Récré A2 est reconduit en septembre 1978 tous les jours de la semaine.

    Durant les 4 premières saisons, Dorothée est la préposée aux mercredis après-midi, mais tout le monde le sent bien. La préférée des enfants, c’est elle ! L'émission permet d'ailleurs à des annonceurs de se bousculer au portillon face à un nouveau public, les enfants qui influencent les décisions d’achat des parents...

    Récré A2 sera un carton d’audience. L'émission durera dix ans et Dorothée en deviendra la principale propriétaire, alors qu'en ce happy day du 3 juillet 1978, cette aventure n'est supposée durer qu'un bref été.

    En 1986, Récré A2 va même recevoir un 7 d'Or pour la meilleure émission jeunesse.

    La fin de l’histoire est cruelle. Dorothée s'en ira avec Jacky sur TF1 en 1987. Récré A2 fermera ses portes l’année suivante, le 29 juin 1988. Son générique, lui, reste, pour la postérité.
    6 min
  • "Days of Pearly Spencer", un tube né d'une cabine téléphonique
    Nous sommes le 6 octobre 1967. Un titre, porté par une nouvelle voix venue d'Irlande, va devenir l'une des chansons les plus importantes des mois à venir en Europe.

    Quinze semaine de présence continue dans les classements en feront même la 3e chanson la plus écoutée en 1968. Ce chanteur s'appelle David McWilliams. Son premier single, "God and My Country", sorti en septembre 1966, a fait un flop.

    McWilliams ne se décourage pas pour autant. Il entre en studio à Belfast pour enregistrer quelques démos. Il se fait repérer par un producteur irlandais influent du nom de Phil Solomon. Ce dernier arrache David McWilliams à CBS et l'embarque dans la grande aventure Major Minor.

    Il l'emmène à Londres enregistrer une balade. Certaines voix sont enregistrées à l'aide d'une ligne téléphonique à partir d'une cabine téléphonique près du studio.

    C'est l'une des recettes de cette chanson à l'étrange refrain qui dit "The days of Pearly Spencer".

    Le titre sort en octobre 1967, mais c'est une face B. Preuve qu'on y croit, mais pas assez pour l'exposer plus franchement.

    Cela dit, une radio va jouer le jeu à fond, et pas n'importe laquelle, c'est Radio Caroline, une station où Phil Solomon a ses entrées.

    Problème, la BBC ne veut pas du titre. Les violons tournoyants ont beau impressionner la presse musicale. Radio Caroline est une radio pirate, qui émet depuis un bateau en pleine mer. C'est une concurrence sévère pour la radio publique britannique.

    Ce qui n'arrange rien, c'est que la direction de la BBC apprend que le producteur Solomon est mêlé à cette affaire.

    Bref, la BBC va boycotter la chanson. Conséquence : les ventes ne sont pas au rendez-vous... En tout cas au Royaume-Uni.

    Car, ailleurs dans le monde, c'est une autre affaire. En Nouvelle Zélande, par exemple, The Avengers assure une reprise très fidèle à l'originale, quelques mois plus tard.

    Pas besoin de faire le tour du monde pour trouver le succès. "Days of Pearly Spencer" intègre les 15 premières places des classements en Italie, aux Pays-Bas et en Belgique.

    En France, c'est carrément le tube de l'année 1968.

    Le voile pudique de la BBC n'aura donc fonctionné qu'en vase clos. C'est un triomphe pour David McWilliams. Même David Bowie citera, quelques années plus tard, le chanteur irlandais comme une influence majeure.

    Et dire que cette chanson, qui fut son premier grand happy day, raconte le destin d’un sans-domicile qu’il a rencontré à Ballymena, un quartier de Belfast où il a lui-même grandi...
    4 min
  • 1978 : Gerri Lacosta, rêve d'enfant de mineur devenu chanteur
    Nous sommes en 1978. Un chanteur liégeois d'origine italienne va connaître un beau petit succès grâce à un parrain de choix, un certain Frédéric François, qui croit en lui.

    OH… en 1978, Fredo fait chavirer les minettes au dancing de son cœur.

    La musique adoucit les plus grand chagrins, dit Frédéric François. Et lorsqu'il rencontre Gerri Lacosta, c'est l'évidence même. Il faut soutenir ce qu'il est et lui offrir un peu sa lumière.

    Gerri Lacosta est né dans un petit village d'Italie du nom de Viticuso, entre Rome et Napoli. Il aime la musique et le chant depuis sa plus tendre enfance. Il fait d'ailleurs partie de la chorale paroissiale de son village.

    Gerri arrive en Belgique avec son frère et sa mère, à treize ans. Son père est déjà ici. Comme celui de Frédéric François, il travaille à la mine de charbon. Cheratte est le point de chute, un village qu'il ne va jamais quitter.

    Lacosta apprend le français, mais il chante d'abord dans sa langue maternelle... quoi de plus normal...

    C'est dans le parc de sa cité qu'il commence à gratter de la guitare. Un instrument qu'il est tout de même difficile d'appeler guitare, puisqu'il trouve le manche dans une poubelle. Il se rend chez un ami d'enfance, Tony, qui va l'aider à en faire un véritable instrument de fortune, mais de musique quand même.

    Il crée son premier groupe, "Les Misérables", et fait une série de connaissances au sein du club des jeunes de Cheratte. Un autre groupe nait de cette aventure, les Squirrels (les écureuils).

    Et puis vient la rencontre, déterminante, avec Frédéric François, qui lui présente son parolier, Marino Atria. Son premier single est ENFIN sur le métier... Changement de langue, Gerri chante désormais en français.

    "Comme un gitan" sera son premier single. Un titre qui lui permettra, en ce happy day de 1978, de faire la route des petits festivals et d'être diffusé à la radio, en Belgique et même en France.

    Certes, il ne fera pas la carrière de son mentor Fredo, mais il parviendra tout de même à mener une carrière faite de tours de chant et, c'est lui qui le dit, de « réaliser un rêve », celui auquel pensaient sans doute beaucoup de petits enfants de la mine... (à la fin des années 70) chanter la vie, chanter l'amour, chanter la nuit, chanter le jour, comme un gitan...
    4 min
  • 1962 : amour, variole et micro-trottoir à la Saint-Valentin
    Nous sommes le 14 février 1962. C'est un jour symbolique pour parler d'amour et de géopolitique. On apprend ce soir aux infos du soir que le Général de Gaulle va rencontrer le chancelier allemand Adenauer dès demain. La rencontre amoureuse aura lieu à Baden Baden, selon France Inter.

    Du côté de la télévision belge, on veut être un peu plus léger. Et, 14 février oblige, parler d'amour. MAIS… c'est quoi l'amour ? Pour le savoir, on fait un micro trottoir, dans les rues de la capitale belge.

    Le journaliste se tourne vers une dame âgée, qui porte un fichu sur la tête. Question posée : comment définir l'amour ?

    D'ailleurs, pourquoi aimer ? C'est le thème d'une chanson qui cartonne en ce moment à la radio. Une chanson de Michel Erner, interprétée par Édith Piaf et Théo Sarapo.

    Cette chanson fait le tour du monde. C'était quoi déjà la question ? Ah oui, à quoi ça sert l'amour ?

    Aujourd'hui, certes, c'est la Saint Valentin en Belgique, mais l'actualité n'est pas très joyeuse. En effet, en ce début d'année, la variole a fait son apparition dans le Royaume. En Allemagne de l'Ouest, la situation est un peu catastrophique. Alors, les communes limitrophes proposent des séances de vaccination à Malmedy depuis le 12 février.

    Bon, il ne faut pas gâcher la fête. Dans les rues de la capitale, on continue de parler d'amour... Et quitte à en parler, autant y mettre les superlatifs requis !

    Bon, tout le monde n'est pas aussi... enthousiaste. Cette dame, à la voix haut perchée, est plus (disons) plus réaliste...

    Ah, on n'en fera jamais le tour ! Moi, j'ai souvent entendu dire que l'amour fait souffrir, que l'amour fait pleurer, à quoi ça sert d'aimer ? Au fond, autant laisser le soin de nous l'expliquer à ceux qui le chantent le mieux, en ce happy day du 14 février 1962...
    4 min
  • 1971 : Delpech change d'image avec "Pour un flirt"
    Nous sommes le 19 mai 1971. Sous pavillon Barclay, une chanson sort aujourd'hui qui était destinée à faire de la figuration. C’est la face B d’un 45 tours. Les radios vont pourtant s'en emparer et en faire un immense succès. Un succès inattendu pour la maison de disque, mais aussi pour son interprète, Michel Delpech.

    En 1971, c'est déjà un artiste confirmé. Il y a 6 ans, il a connu son premier grand succès « Chez Laurette » et la magie a de nouveau opéré quatre ans plus tard avec un titre inspiré par la pop britannique, « Wight is wight » (qui, entre paranthèse, ne veut rien dire).

    En 1971, Delpech veut un titre léger et amoureux. Pas question de verser dans la luxure, au contraire de "Je t'aime moi non plus" ou encore de Polnareff avec "l'amour avec toi".

    Sa trouvaille ? Le mot flirt, qui sonne anglo-saxon, mais reste désuet en français. Le mot présente une connotation élégante et légèrement suggestive. Sans entrer dans le vif du sujet.

    Lors d'une soirée arrosée de vin, sa créativité est libérée. Il écrit cette chanson, dit-il, en quelques heures, avec son complice Roland Vincent. C'est son collaborateur attitré depuis la comédie musicale « Copains Clopants » en 1964.

    Quelques accords plus tard, la musique est en boîte.

    "Pour un flirt" veut accompagner la libération des mœurs en France. Elle aborde le désir et la séduction de façon légère et joyeuse, sans choquer les autorités ni la société. Le duo voulait une accroche subtile, légère. Ils choisissent le piano et puis... quelques lalala....

    Jusqu'en 1971, Delpech est perçu comme un chanteur pour jeunes filles. Avec « Pour un flirt » , les choses vont changer. Il va monter en gamme dans la chanson française.

    Pour un flirt sort donc le 19 mai 1971 et va tourner sur toutes les radios, dans tous les juke-boxes. Les hit-parades en sont témoins : le titre restera plusieurs semaines dans les meilleures ventes en France. Et chez nous en Belgique où il sera numéro 1.

    La face B devient la face A. Résultat, le 45 tours « Pour un flirt » se vend à plus d’un million d’exemplaires en quelques mois. 600 000 rien qu’en France ! Face à l’engouement, Delpech enregistre des versions allemande, italienne et espagnole de la chanson. Le succès sera immense dans des pays plus inattendus : en Norvège, en Finlande et même au Japon !
    4 min
  • La Septième Compagnie : Robert Lamoureux frappe fort
    Nous sommes le 13 décembre 1973. Happy Day pour Robert Lamoureux. Un film qu'il a écrit à partir de son histoire personnelle, durant la débâcle de juin 1940, va connaître un immense succès en salle.

    3e place au box office face à de grands films américains, ce n'est pas une mince affaire.

    L'affiche est spectaculaire et pleine de promesses : Jean Lefebvre, Pierre Mondy, Aldo Maccione, Pierre Tornade, c'est du costaud !

    Il fallait oser. Il fallait le faire. Titre du film -> Mais où est donc passée la septième compagnie ? Musique signée Henri Bourtayre.

    L'histoire est celle de trois soldats aussi gaffeurs qu’attachants en pleine débâcle de mai 1940 : Chaudard, Tassin et Pithiviers.

    Tous les trois, ils appartiennent à la septième compagnie du 106e régiment, lequel subit un raid aérien allemand, ce qui les force à se réfugier dans un bois.

    Précision : ce n'est pas un film historique, mais une comédie. D'ailleurs, le 106e régiment de transmissions n'a jamais existé.

    La majorité des scènes sont tournées dans le sud de la région parisienne, dans les Yvelines et en Essonne. Quant aux véhicules militaires français, ils n'étaient plus très faciles à trouver en 1973. Alors, ceux qui apparaissant dans le film sont souvent des surplus de l'armée américaine repeints aux couleurs de l'armée française ou allemande.

    Bref, comme dans tout bon film français qui se respecte, c'est du bricolage !

    Tout est à la fois réaliste et totalement absurde... Ah, tiens, entretemps, on les a retrouvés !

    Le tournage est très difficile, notamment pour Aldo Maccione, qui agace profondément Robert Lamoureux. Certes, c'est une comédie, mais le réalisateur se montre intransigeant avec l'acteur italien, qui est un plaisantin de nature.

    Tout au long du tournage, Lamoureux doit constamment recadrer Aldo Maccione dès qu'il se met à amuser l'équipe. À tel point qu'un jour, l'acteur quitte brusquement le plateau et téléphone à la production... qui va finalement calmer les troupes.

    En fait, Lamoureux a une idée bien précise en tête : le film doit sembler sérieux, tout en détournant les codes du film de guerre pour en faire un terrain de jeu comique. Et parce que c'est un peu sa propre histoire, comme dans les autres films qu'il a réalisés, Robert Lamoureux joue un rôle secondaire, celui du colonel Blanchet.

    On l'a dit, en France et Belgique, c'est un triomphe. Après ce happy day du 13 décembre 1973, où le public se presse dans les cinémas, le bouche à oreille va fonctionner à merveille.

    En quelques semaines, le film attire près de 4 millions de spectateurs. Ce qui donnera des idées à la production. Notamment pour prolonger l'aventure. Comme pour les gendarmes, il y aura plusieurs suites, deux en l'occurence : "On a retrouvé la septième compagnie" en 1975 et "La septième compagnie au clair de lune" en 1977.

    La trilogie deviendra ensuite absolument incontournable à chaque rediffusion télé, notamment le 14 juillet durant les années 80....
    5 min
  • Gaby, la chanson qui a sauvé la carrière d'Alain Bashung
    Nous sommes en janvier 1980. Le Happy Day n’est plus très loin pour un chanteur français malheureux. Sans le savoir, il va enregistrer le disque sans lequel sa carrière aurait pu s'arrêter là, après des années de déconvenues et d'échecs.

    Cette chanson est enregistrée aux Studios Ferber à Paris. Le titre sort début février et la vie d'Alain Bashung pourrait bien changer. Il faut dire qu'il y a 3 ans, son premier album "Roman Photos" a été un échec commercial, en pleine période punk...

    Ce n'est pas la première fois que ses productions propres prennent l'eau. Avec "Roman Photos", Alain Bashung noie sa désillusion dans la drogue, l'alcool et songe même au pire.

    Il tente une nouvelle aventure en 1979 avec "Roulette Russe", un album plus sombre, plus rock qui sera diffusé, un peu. Il faut alors tenter le tout pour le tout et se mettre au diapason de l'époque. Problème : Bashung est différent.

    Fin 1979, il est considéré par le métier comme un loser. Philips songe à lui rendre son contrat. Puis arrive un texte de Boris Bergman, qui, au départ, doit être une face B. La chanson devait s'appeler "Max Amphibie". De ce titre, le duo Bashung/Bergman garde la première phrase...

    Puis le duo réécrit la chanson qui devient “Gaby oh Gaby”. C'est l'histoire, non pas d'une femme, mais d'un travesti. Gaby vient de Gaboune, un mot apache qui signifie homo.

    Lors de l'enregistrement, en janvier 1980, il manque quelques phrases encore pour terminer la chanson. Bashung s'absente pour aller aux toilettes. Bergman griffonne sur le pupitre ce qu'il pense être une connerie pour détendre l'atmosphère et le faire rire. C'est la fameuse phrase sur les frites...

    L'ingénieur du son, Dominique Blanc-Francard, estime que cette phrase est je cite “énorme”. Et il a raison. Même si, une fois encore, rien n'est joué ou gagné d'avance.

    Aucune radio ne veut diffuser le titre. Aucune ? Jean-Bernard Hebey diffuse "Gaby" dans son émission Poste Restante sur RTL. Mais cela ne suffira pas !

    Il faudra beaucoup, beaucoup de travail pour que le single s'impose. Des articles dans Rock & Folk, mais surtout Best, vont convaincre Europe 1 de diffuser le titre 3 fois par jour. Puis RTL et France Inter suivront.

    Le 16 août 1980 est sans doute le véritable happy day de cette histoire, "Gaby" entre dans le hit parade et va y rester 18 semaines. Il occupera même la première place le 4 et le 17 octobre.

    Après 14 ans de métier, des single et des albums injustement boudés, Bashung tient enfin sa revanche. Son disque s'écoulera au total à plus de 800 000 exemplaires. Ce sera AUSSI le premier disque d'Or de sa carrière...
    4 min
  • Été 1962 : La Panne s’embrase au rythme du Clapotis
    Nous sommes en juillet 1962. Happy pour la petite commune de la Panne. L'un de ses bars va connaître la gloire cet été. Il s'appelle "Le Clapotis".

    Dans ses mémoires, Jean Jième Valmont (qui vient d'avoir dix-neuf ans et fera bientôt les beaux jours du rock belge) se souvient d'avoir débarqué avec une voiture sur la carrosserie de laquelle il a écrit : "Twist. Danger. Nouvelle Vague".

    Jean Jième raconte : “J'adorais La Panne. L'ambiance était chaude et conviviale. Les jeunes débarquaient en masse du Nord de la France. Les bistrots étaient toujours bondés.” D’ailleurs, comme ils carburaient tous avec un juke-box, toute la journée on se laissait bercer par les flopées de chansons romantiques comme : “Belles, belles, belles" et, bien entendu, "Oh Lady" !

    C'est l'été, c'est parti pour la drague, au bout de la digue, dans ce petit établissement qui draine la jeunesse de La Panne. Particularité : c'est bondé jour et nuit, mais attention, il n'est pas permis de danser la journée.

    La nouvelle vague s'y retrouve, ils et elles sont serrés comme des sardines. Un épais nuage de tabac s'y est installé, dans son décor de filets de pêche et de bouées marines.

    Au Clapotis, Il y a ceux qui osent flirter le temps d'une journée. Le lendemain, ils passent à une autre. Au Clapotis se jouent également d'interminables parties de poker très viriles, non loin du juke-box, qui diffuse Richard Anthony ad nauseam...

    Pour Jean Jième, UN personnage se démarque, c'est Robert, le barman du Clapotis.

    Il écrit : "avec ses énormes poches sous les yeux, c'était vraiment un sacré personnage. La voix éraillée par la cigarette, Robert carburait du matin à la nuit tombante, se frayant tant bien que mal un passage entre le bar, la salle et la terrasse. Il était capable de porter à bout de bras une vingtaine de boissons par plateau."

    Certes, à la Panne, c'est la cohue permanente, mais Robert a l'oeil, il repère ceux qui arrivent et personne ne repart sans payer.

    "Si on voulait avoir la paix", explique Jean Jième, "on avait intérêt à garder sa bouteille le plus longtemps possible. Car s'il vous surprenait les mains vides, Robert savait se montrer intraitable ; il vous obligeait à commander une nouvelle boisson."

    Prix ce l'époque : 20 francs belges, c'était déjà une petite somme, surtout pour la jeunesse. Surtout qu'il faut encore quelques pièces pour le juke-box, où cartonne cet été un certain Dick Rivers...

    Le Clapotis est une institution, et ça fait les affaires de notre bon vieux Robert, dont les poches de l'uniforme blanc sont tellement bourrées de pièces de cinq francs qu'elles étaient, selon Jean Jième, en permanence sur le point de rendre l'âme.

    Robert ne dort presque jamais, il mange à peine. Comment tient-il ? Les pourboires ! Ses deux mois de saison au Clapotis lui rapportent assez pour vivre toute l'année. Alors il donne un maximum.

    En attendant, pas question de se reposer, car oui, c'est l'été 1962 à la côte belge, et le Twist n'a qu'à bien se tenir, la Nouvelle Vague s'y est déjà donné rendez-vous l'été prochain... notamment un groupe, "Jième et les enfants terribles", dont les enregistrements ont disparu, peut-être emportés par la marée...
    5 min
  • Eurovision 1975 : une édition chaotique mais historique
    Nous sommes le 22 mars 1975. Happy Day pour Karin Falck. Cette présentatrice suédoise va avoir le privilège d’animer le Grand Concours Eurovision de la Chanson, qui se déroule cette année, merci Abba, à Stockholm.

    Happy Day, c'est beaucoup dire. Car la préparation de cette édition 75 est semée d'embûches. La loi des séries est celle qu'elle est. Rien ne va se passer comme prévu.

    Bon, allons-y courageusement, KARIN nous attend, générique !

    Le concours a lieu ce soir dans une magnifique salle d'exposition inaugurée quatre ans plus tôt. L’orchestre est dans une fosse, au pied de la scène. Le programme va durer deux heures et douze minutes. C'est la première fois dans l'histoire du concours que la retransmission dépasse les 120 minutes.

    L'orchestre, parlons-en ! Il est dirigé par Mats Olsson. Karin Falck est émue. Elle a répété son texte d'introduction des dizaines de fois, mais bon, ça n'a pas suffit...

    Je vous parlais de problèmes, de pépins, de couleuvres… Drame en 4 actes :

    • Les mesures de sécurité doivent être considérablement renforcées, en raisons de menaces terroristes...
    • Les dirigeants de la télévision publique suédoise trouvent que l'organisation de l'Eurovision coûte très cher. Subtilement, de réunion en réunion, ils cherchent à répartir les coûts entre les participants. Mais rien n'y fait, au bout du fil il n’y a personne, la SR doit régler la note toute seule.
    • La France et Malte font cette année leur GRAND retour et la Turquie fait ses débuts. Conséquence : la Grèce se retire par mesure de protestation. Il y a de la friture sur la ligne Chypre.
    • On l'a entendu, Karin Falck a quelques soucis avec l'anglais. Niveau français, ce n'est pas mieux.
    Ce soir, dix-neuf chansons sont en piste. Pour l'Irlande, c'est Jimmy Swarbriggs. Pas de bol, il est victime de la grippe durant les répétitions, il sera plus ou moins réparé pour le grand soir.

    Le Royaume-Uni mise beaucoup sur les Shadows, mais ce sera peine perdue. La chanson portugaise, Madrugada, est hommage à la Révolution des Œillets. Les responsables du concours ont eu beaucoup de mal à décourager le représentant portugais de monter sur scène avec son uniforme et son fusil.

    Et puis, il y a la Belgique, représentée cette année par Ann Christy. Très belle mélodie : "Gelukkig Zijn".

    Bon arrêtons le massacre de cette édition 1975. Le suspense également. Le Luxembourg, représenté par Géraldine, se rapproche de la victoire, mais se fait coiffer au poteau par les Pays-Bas, dont ce sera la 4e victoire.

    D'ailleurs, happy day ésotérique : c'est la première fois que la chanson d'ouverture du concours arrive sur la première place du podium.

    Je me rends compte que je ne vous ai même pas rappelé qui avait chanté cette victoire, c'est Teach-In avec l'inoubliable Ding-a-dong, dont la version anglaise fera le tour du monde et deviendra leur plus grand succès !

    On a beau dire, en 1975, l'Eurovision, malgré les couacs, ça ouvre encore les portes de la gloire !
    5 min
  • Christian Delagrange séduit la France avec "Rosetta"
    Nous sommes le 1er février 1972. Sur les ondes, une nouvelle voix s’élève, tendre et vibrante. Happy Day pour Christian Delagrange. Un prénom, "Rosetta", va le faire sortir de l'anonymat.

    Oh, Christian n'est pas un perdreau de l'année 72. Cela fait quelques années qu'il fait de la musique sous le nom de Chris Galbert, un nom tout simplement trouvé dans l'annuaire, histoire de ne pas se fâcher avec son papa.

    Sous ce pseudo, le succès ne viendra pas frapper à sa porte. En 1971, il attire tout de même un peu l'attention avec "Tes mains qui me retiennent"..

    En 1965, il chante en première partie des Beatles puis de Jacques Brel au Palais d'hiver de Lyon. Ce n'est pas rien, mais ce ne sera non plus le tremplin qu'il attendait pour atteindre la gloire.

    En février 1972, Christian a 25 ans. Un slow, langoureux, va faire chavirer le cœur de ce que l'on appelle alors les minettes. D'ailleurs, tout comme Patrick Juvet, Frédéric François, Mike Brant et Dave, Christian Delagrange va venir grossir le rang de ce que l'on appelle les chanteurs à minette. Point commun : ils chantent l'amour et les femmes...

    Cela tombe bien, en février 1972, Christian a le béguin pour… Rosetta...

    Avec cette chanson, il impose un style romantique, porté par une voix grave et avec un atout que n'ont pas tous les chanteurs, un certain regard ténébreux qui ne passe absolument pas inaperçu à la télévision.

    Ce qu'on ne sait pas forcément, c'est que cette chanson lui a été proposée par Patricia Carli... Chanson qui ne correspond pas vraiment à l'image naturelle du chanteur, comme il l'explique à nos confrères de Sud Radio...

    Mal barré, parce que Patricia Carli est la femme du producteur. Et parce que le vrai nom de Patricia, c'est Rosetta. N'empêche. C'est le titre dont Christian a besoin pour que sa carrière décolle... et pour que son père soit fier qu'il le porte, à la scène comme dans le privé.

    Le succès est fulgurant. Rosetta s'écoulera à plus d’un million de 45 tours.

    L'histoire ne dit pas si Christian et Patricia Rosetta ont fait l'amour, quand vient la nuit quand vient le jour.... Mais ce titre de 1972 restera comme le happy day et l’envol de Christian Delagrange...
    4 min

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Happy Days, le podcast 100% années 60 et 70, vous replonge dans les souvenirs marquants de cette époque iconique ! Chaque jour de la semaine, redécouvrez des histoires fascinantes de vos idoles et de…