Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

By Nostalgie+Music
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Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70 episodes

  • C. Jérôme : comment “C’est moi” est devenu un tube de 1974
    Nous sommes le vendredi 26 avril 1974. Le label Disc AZ se prépare à sortir le 3e single de l'album "Baby Boy". C Jérôme ne le sait pas encore, mais un titre très personnel va changer de parcours et lui offrir l'un de ses plus grands succès.

    Ce sera même l'une des meilleures ventes de l'année en France et en Belgique ! Il y a deux ans, il a connu son premier vrai grand tube, avec ce titre... Consécration sur le plateau de l'émission Samedi-Variétés de la TSR...

    Au printemps 1974, le chanteur, qui a grandi près de Nancy et embrassé une carrière de vendeur de chaussures à 16 ans, est à la recherche d'une nouvelle chanson qui fera au moins aussi bien que "Kiss me". Son parolier Jean Albertini se met au travail sur base d'une composition entraînante de Sylvain Garcia.

    Titre provisoire "C'est la vie, on s'aime". La chanson raconte l'une de ses amourettes, avec Annette, rencontrée deux ans plus tôt. Depuis leur rupture, C Jérôme n'a pas changé.

    L'enregistrement a lieu au studio des Dames, dans le 17e arrondissement de Paris. Problème : Jean Albertini n’est pas convaincu par ce texte. Il trouve les paroles à la fois « banales » et totalement « inspides ». Et c'est sa faute, sa très grande faute.

    Jusqu'à ce moment où Dominique Poncet, l'ingénieur du son, se met à plaisanter en ajoutant ces mots à la chanson : « C. Jérôme, c'est moi ». Albertini réplique alors en disant : « Oui, c'est ça, C. Jérôme, c'est moi. »

    Il réécrit le texte en quelques minutes à peine. Voilà, nous y sommes; c'est moi, c'est lui, c jerome et cela va TOUT changer...

    « C'est moi » sort fin avril 1974, happy day et période bénie pour parler d'amour, alors que le printemps est déjà bien avancé et que la France doit trouver son tube de l'été. Le 45 tours s'écoule à 500 000 exemplaires en France, provoquant un regain d'intérêt pour l'album.

    C Jérôme peut d'ailleurs compter sur les copains pour que le titre soit diffusé à fond les ballons. Parmi eux, Jean-Pierre Foucault, qu'il connaît depuis 1969 grâce à Cloclo. Foucault en fera d'ailleurs un animateur radio dans les années 90, alors qu'il dirige la chaîne RMC.

    Succès en France, certes, mais, fin avril 1974, l'exportation de "C'est moi" se passe très bien également : numéro 1 aux Pays-Bas, au Québec et en Belgique.

    Une aventure qui n'aurait peut-être pas été un succès sans la plaisanterie de l'ingénieur du son. D'ailleurs, C. Jérôme et Jean Albertini remercieront, quelques mois plus tard, Dominique Poncet avec un chèque dont le montant est toujours resté secret.
    4 min
  • 21 septembre 1960 : le Roi Baudouin présente Fabiola, la future Reine des Belges
    Nous sommes le 21 septembre 1960. Happy Day pour le Roi Baudouin. Il a une grande nouvelle à annoncer. Aujourd'hui, il présente sa fiancée au monde entier, depuis les jardins d'un château familial en Wallonie. Le prénom de l'élue de son cœur : Fabiola. Les actualités françaises s'ouvrent ce jour-là sur l'heureuse nouvelle...

    Cette présentation, inattendue en effet, a lieu au château de Ciergnon. C'est l'une des résidences d'été préférée de la famille royale belge à l'époque. Elle se trouve en province de Namur. Propriété et parc font d'ailleurs partie de ce que l'on appelle la Donation royale. C'est à dire les biens légués à l’état belge par le roi Léopold II en 1903.

    C'est Léopold 1er qui achète ce bien sur demande de son épouse, Marie-Louise. Sa santé est alors fragile et les médecins recommandent que la Reine puisse bénéficier d'une demeure dans une région où l'air serait plus favorable à ses bronches.

    En ce 21 septembre 1960, l'annonce des fiançailles réjouit le cœur des Belges. Avec Fabiola, le Roi sourit. C'est déjà ça de gagné ! Un Roi que les habitants du village connaissent bien. En tout cas, ils le croisent régulièrement à l'époque...

    Après les fiançailles, il faut penser au mariage. Il sera célébré trois mois plus tard, dans le froid piquant du 15 décembre 1960, l'un des premiers grands événements retransmis en direct par la télévision belge, en Eurovision.

    La cérémonie est grandiose, très religieuse. Ce sera d'ailleurs la dernière grande cérémonie du genre à oser parler de la soumission absolue de la Reine au Roi. En ce happy day du 21 septembre 1960, l'annonce des fiançailles est le happy day que les Belges attendaient. Car au fond, depuis le 17 juillet 1951, jour où le Prince Royal a prêté le serment pour devenir le cinquième Roi des Belges, on ne l'avait pas vraiment vu sourire. Ce ne sont pourtant pas les défis qui attendent le couple dans les années à venir : frontière linguistique en 62, décès de la Reine Elisabeth en 65 et révolte de Louvain en 66. Il règnera sur le Royaume jusqu'en 1993.
    4 min
  • 1978 : quand Sylvie Vartan devient "Disco Queen", à sa façon
    Nous sommes en février 1978. Sylvie Vartan va troquer son image post-yeye contre celle de reine du disco. Un happy day qui n'était pas gagné d'avance, tant Sylvie doit faire le grand écart entre ce 45 tours et ses déclarations sur la musique disco, genre qu'elle n'apprécie pas vraiment et qu'elle juge répétitif.

    Elle va tout de même se laisser convaincre par une reprise de « Johnny Johnny please come home », un titre de Claudja Barry, qui a été choriste du groupe allemand Boney M, mais pas très longtemps... Cela dit, quelle carte de visite !

    En français, sur une adaptation de Michel Mallory, « Johnny Johnny please come home » devient « Disco Queen ». Voilà donc notre Sylvie rhabillée en reine du disco. En dehors de quelques reprises sur scène, principalement de "No more Tears" ou "It’s raining men", on n'attendait pas vraiment la chanteuse sur ce créneau. Cela dit, entendre Sylvie sur "It’s raining men", c'est quelque chose !

    Revenons donc à "Disco Queen". C'est un titre bien produit et qui finit par plaire à Sylvie pour une bonne raison : il souligne le côté éphémère de la mode disco. Certes, ce ne sera pas "Spacer" ou "Born to be alive", mais le titre va plutôt bien se vendre. 75 mille exemplaires, rien qu'en France ! Et pour cause, c'est tout de même bien produit.. et c'est du disco en français !

    La face B, "Sidere Sideral" va également trouver écho auprès du public. La preuve que ce nouveau costume n'allait finalement pas si mal à la chanteuse. Les paroles sont futuristes : "Sur une ancienne planète, dans les caves en ruine d'une vieille ville, en vidéo cassette j'ai trouvé un show de l'an 2000..."

    Voilà donc pour la face B de "Disco Queen", l'inattendu happy day qui va mettre quelques paillettes dans la carrière de l'ex-madame-idole des jeunes. Sylvie l’a d'ailleurs chantée dans l'émission "numéro Un" consacrée à Johnny Mathis, vêtue de la fameuse robe à franges tigrée de Bob Mackie. Et rien que pour ça, il faut réécouter et revoir "Disco Queen", les lunettes noires, ses danseurs en pantalon blanc... ou alors revenir à l'originale de Claudja Barry, à vous de choisir...
    7 min
  • 1975 : le roman Shogun avant son immense succès TV
    Beaucoup de personnages et de faits sont inspirés par la grande histoire, qui démarre en l'an 1600 en plein Japon féodal. Pourquoi James Clavell s'intéresse-t-il au Japon ? Parce que ce Britannique est d'origine australienne. Jeune officier d'artillerie, il est fait prisonnier par les Japonais lors de la chute de Singapour. Grâce à lui, de nombreux Britanniques, mais surtout des Américains, vont s'intéresser à la culture japonaise.

    Son roman est un joli succès dans les pays anglo-saxons. L'histoire va séduire NBC qui, en partenariat avec Paramount, a pour projet une adaptation du roman de Clavell. Et elle y met les moyens : plus de 20 millions de dollars de l'époque, ce qui représenterait aujourd'hui plus de 90 millions d'euros. C'est colossal.

    La bonne nouvelle ? L'auteur est d'accord, il est même très enthousiaste à l'idée que son roman soit transposé à l'écran. L'adaptation se passe plutôt bien.

    Avance rapide vers le pitch. Et puis on revient au tournage !

    Reprenons le fil des événements. Démarre alors le casting. L'auteur veut un comédien britannique. La production se tourne d'abord vers Sean Connery. Il refuse. Motif : il n'a jamais fait de télévision et n'a pas spécialement envie de s'y mettre.

    Roger Moore est contacté, mais lui non plus n'est pas très enthousiaste, il refuse. Le critère britannique est mis de côté et tous les yeux se tournent vers une vedette de la télévision américaine, un Californien pur jus du nom de Richard Chamberlain.

    L'acteur lit le roman et, machinalement, il se laisse pousser la barbe. Sa performance va largement contenter l'auteur du roman. Et la carrière de Chamberlain va prendre une nouvelle tournure ! Le tournage prend plus de 130 jours en 1979. Le montage est accéléré. NBC va bientôt pouvoir diffuser "Shogun". Générique !

    19 septembre 1980, NBC diffuse le premier épisode. Sa version française attendra elle 3 ans avant d'être adoptée par TF1.

    Aux États-Unis, c'est un carton. Carton d'audience tout d'abord. Et puis sur le plan des récompenses. Emmy Award de la meilleur série, des meilleurs costumes, Golden Globe de la meilleure série dramatique, meilleur acteur dramatique pour Richard Chamberlain et meilleure actrice dramatique pour Yôko Shimada.

    Même s'il déplorera les errances hollywoodiennes de l'adaptation télé, le 8 juin 1975 restera comme le happy day de James Clavell, dont la carrière de romancier des grands récits asiatiques explosera désormais aux 4 coins du monde.

    Quant à la série, son succès en fera une franchise et produira une série impressionnante de produits dérivés, de plus en plus éloignés de l'idée originale.

    Shogun est un incontournable télé. Je vous conseille de revoir la version originale, parce qu'elle comporte des passages narratifs en voix-off, lus par Orson Welles. Cette narration aide à comprendre les comportement des personnages dans certaines scènes japonaises. Cette voix-off a été quasiment retirée de la version française.
    4 min
  • Alouette, la chanson qui n'était pas prévue pour Gilles Dreu en 1968
    Nous sommes fin avril 1968. Un chanteur anonyme va devenir la star de l'année, avec une chanson qui n'était a priori pas faite pour lui.

    En 1968, Gilles Dreu n'est pas un nom connu et il n'a rien de très ye ye. 5 ans plus tôt, il a connu tout de même un petit succès. Mais vraiment un TOUT petit succès... "Fille de Garches, enfant de Puteaux"...

    Il se lance alors dans le cinéma, décroche quelques rôles et fait du doublage. Là non plus, rien de très populaire à signaler. En 1966, le producteur d’Hugues Aufray, Norbert Saara, croise sa route. Ce dernier va prendre Gilles Dreu sous son aile, qui a alors 32 ans.

    En avril 1968, Pierre Delanoë adapte une musique folklorique argentine aux consonances religieuses, "La peregrinación". La version originale est signée Ariel Ramirez...

    L'adaptation française sera très libre, car Delanoë va à peu près tout changer aux paroles de la version originale de 1965. "A la huella, a la huella" devient Alouette. Le titre est présenté à Jean-Claude Pascal, mais il renvoie le cadeau.

    Pierre Delanoë continue d'y croire. Il cherche une nouvelle voix. Ce sera notre fameux Gilles Dreu. Pourquoi lui ? Parce que c'est l'un des choristes de la maquette initiale.

    La suite ? Le producteur Norbert Saada lui propose la chanson. Lucien Morisse, directeur des programmes d’Europe 1, en fait le disque de la semaine début mai 1968 et, malgré les événements parisiens, les ventes explosent. Il se fait même inviter sur le plateau de l'émission Télé Dimanche...

    En quelques semaines, le 45 tours se vendra à 1 500 000 exemplaires. Ou comment notre chanteur anonyme est devenu l'un des plus gros vendeurs de 45 tours de l'année 1968 en ce happy day où le refus de Jean-Claude Pascal lui ouvre soudainement, par le plus grand des hasards, à la fois les pavés et la plage....
    5 min
  • 1977 : 300 femmes défilent à Paris pour la première Gay Pride française
    Nous sommes le 25 juin 1977. Ce jour-là, Paris vit un moment historique : la toute première manifestation homo française défile dans les rues de la capitale. Et on se dit, c'est un événement, il ne pleut pas, alors on va en parler au journal télé de Patrick Lecoq sur Antenne 2...

    Sauf que Patrick Lecoq évoque la Fanfare de la Garde républicaine et non le slogan provocateur et audacieux « Nous sommes plus de 343 », qui animait les rues de la capitale. Pourquoi 343 ? C'est un clin d’œil au manifeste des femmes, une pétition d'avril 1971 publiée dans Le Nouvel Observateur et appelant à la légalisation de l'avortement en France.

    Ils seront à peu près 300 : des hommes et de femmes décident pour la première fois de briser les tabous en revendiquant publiquement leur droit à aimer librement.

    L'historienne et militante Marie-Jo Bonnet se souvient, elle se confie au Nouvel Obs :

    Ce sont en majorité des femmes qui défilent ce jour-là à Paris. Sauf que, à l'époque, elles risquent la prison. Rappelons qu'en France, il faudra attendre 1982 pour que l’homosexualité soit dépénalisée. Et dix ans de plus pour qu'elle ne soit plus considérée comme une pathologie psychiatrique.

    Le bilan ? Pas de répression. Et même de la joie, comme le rappelle Marie-Jo Bonnet :

    Il faudra attendre 1981 pour que la première grande marche nationale pour les droits et les libertés des homosexuels et lesbiennes se tienne officiellement France. Avec non plus 300 personnes, mais entre 10 et 15 000 manifestants. François Mitterand soutient la cause. Le Président l'avait déclaré un an plus tôt : « L'homosexualité doit cesser d'être un délit. » Alors, l’année suivante, en 1982, la marche gay a enfin droit au journal de Christine Ockrent. C'est dire si les temps ont vraiment changé... D'ailleurs, dans la marche, il y a cette maman, qui accompagne son fils et ses amis...
    4 min
  • Kiki & Pearly, Sheila… et Patrick : la drôle d’histoire d’un tube partagé
    Nous sommes le 27 décembre 1975. Un titre local entre au hit parade néerlandais. Happy day pour Kiki van Oostindië, la chanson qu'elle a écrite va connaître un fabuleux destin. Kiki n'est pas encore très connue du grand public. Elle est alors mannequin. Son mari, Herman Schmitz, lui propose de former un duo. Ce sera Kiki et Pearly. La chanson démarre par de la pluie et un bulletin météo diffusé à la radio.

    Oui, ça ressemble beaucoup à un autre titre qui démarre par le même bulletin météo en français. Vous allez comprendre pourquoi.

    Ce qui est assez singulier avec cette chanson, c'est qu'elle est mi-parlée, mi-chantée. Que les paroles sont écrites et dites en anglais, sauf une mention, en français elle, mention d'un certain « Patrick ».

    La pluie évoque des souvenirs amoureux (et plus car affinités) à Kiki, des souvenirs d'été, qui sont tellement vifs, tellement forts, qu'elle se met à trembler...

    Rendons à Kiki ce qui est à Kiki et Pearly ! C'est un très beau succès aux Pays-Bas. Le single atteint directement la 7ᵉ place du Top 40. Mais, quelques mois plus tard, une autre artiste va leur voler la vedette. Elle s'appelle Sheila. L’été 1976 sera caniculaire. Sheila s'approprie « Patrick, mon chéri », avec les mêmes paroles assez érotiques et (à peu près) les mêmes souvenirs que notre Kiki. Ah, il y a de nouveau un bulletin météo à la radio..

    Kiki et Pearly vont empocher, l'air de rien, pas mal de droits d'auteur, car la chanson inspire d'autres versions. L’actrice brésilienne Maria Isabel de Lizandra tombe amoureuse des paroles. Cette fois, la météo commence, non pas par des villes européennes, mais par Sao Paolo. Quasi au même moment, la chanteuse espagnole Isabel Patton s'intéresse également à la chanson, qui devient "Patrick, Amor Mío".

    L’aventure Kiki & Pearly restera éphémère. Kiki tente une aventure en solo avec la reprise d'une musique de film érotique italien, mais elle fera un flop. Jusqu'au jour où elle rencontre Art Sullivan, avec qui elle formera un nouveau duo (ce sera l’objet d’un autre happy day).

    Alors oui, en ce happy day du 27 décembre 1975, on sait qui de Kiki ou Sheila aura été la première à nous raconter ses souvenirs moites du mystérieux Patrick, dont il se dit encore qu'il a vraiment existé. Et qui a sans doute été bien inspiré d'un jour, par temps de pluie, lui dire, sans remords ni regrets... "adieu jolie kiki" !
    7 min
  • Goldorak arrive sur Récré A2 en 1978 : le choc japonais qui électrise la télé
    Nous sommes le 3 juillet 1978. Happy Day pour Dorothée, Gérard Chambre et Fabrice. Ils présentent la première émission Récré A2 sur Antenne 2. Un dessin animé va fortement impressionner les enfants sages branchés devant leur télé à 18h. Ce dessin animé vient du Japon, où on l'appelle "Grendizer, le robot OVNI". L'histoire est celle de Véga, un empire qui a ravagé une lointaine planète pacifique, Euphor.

    Son prince a pu échapper au massacre, à bord d'une machine de combat, Grendizer dans la version japonaise.

    Ce prince s'appelle Actarus. Tourmenté, introverti, musicien à ses heures, il est lui aussi en faveur de la paix. Son prochain combat s'appelle la Planète Terre, planète qu'il rejoint à bord du Grendizer, qui, pour les petits francophones que nous étions, s'appellera Goldorak ! Allez hop, générique en français !

    Bon, soyons sérieux un instant, Goldorak, ça ne rigole pas. C'est une gigantesque machine de guerre en deux parties. La première, un robot Mecha. L'autre, sa soucoupe de transport qui est très lourdement armée. Pour des raisons de sécurité, Goldorak est stationné dans un lieu tenu secret du Centre de recherches spatiales. Il n'en sort que pour ses missions, secrètes elles aussi.

    Dans Récré A2, le doublage en français est assuré par Jane Val et Michel Gatineau. C'est lui qui va prêter sa voix au professeur Procyon, le père d'Actarus. Mais en fait, on se sait pas très si c'est son père biologique ou un père adoptif. Tout au long de la série, il est la figure adulte sage, paternelle, expérimentée et inspirée. Mais aussi un peu tourmentée...

    Michel Gatineau sera aussi la voix de Charles Ingalls dans la petite maison dans la Prairie et celle de Derrick. Mais nous n'en sommes pas encore là. Car ce que vous venez d'entendre est un extrait du 42e épisode de Goldorak. Et la tension est à son comble, car le centre spatial n'a jamais été aussi fragile.

    Il y aura 3 saisons de Goldorak. Trois seulement. Alors, personne ne le sait encore, mais en ce happy day du 3 juillet 1978, Récré A2 est programmé pour ne durer qu'un été, Goldorak est un ballon d'essai. Bien entendu, avec le recul, on sait que l'un et l'autre poursuivront leurs aventures.

    Au fond, seuls les Japonais n'auront pas été au rendez-vous de ce dessin animé, parce que, dans les autres pays où Goldorak est importé — souvent presque par hasard — la série va remporter un succès phénoménal, en France on l'a compris, en Italie, en Belgique, au Québec, en Espagne, mais également au Moyen-Orient.

    Goldorak révèle aussi la toute jeune voix d'un certain Noam, choisi lui aussi un peu par hasard, et qui deviendra la voix de Goldorak le grand..
    6 min
  • 1966 : Jean-Marie Périer capture l’esprit yéyé dans une photo devenue culte
    Nous sommes le 12 avril 1966. Il est 16h au Studio Mac Mahon, situé rue des Acacias, dans le 17e arrondissement de Paris. Trois semaines de préparation auront été nécessaires pour réunir le gotha des vedettes françaises de l'époque. Un travail complexe, épuisant pour un jeune photographe de 28 ans du nom de Jean-Marie Périer. Mais d'où venait cette idée ?

    Réponse de Jean-Marie Périer au magazine Polka

    Le pari est réussi, en tout cas la réunion ! Sur le coup de 16h, le studio accueille du très beau monde, de Johnny Hallyday à Sylvie Vartan en passant par Claude François, Michel Berger et une certaine... Sheila.

    L'inviter est une évidence pour celle qu’on surnomme déjà la "yeye girl". Périer explique que c'est (je cite) "une vraie prolo qui s'en est sortie toute seule". Sur la photo, à 1m50 de distance, on voit Michel Berger et France Gall qui, comble de l'ironie, ne se connaissent pas encore. On reconnaît également Eddy Mitchell, Jacques Dutronc, Michèle Torr, Dick Rivers. Même Serge Gainsbourg a répondu présent...

    La photo est publiée deux mois plus tard, en juin 1966 comme poster central du numéro spécial du mensuel "Salut les copains", le 47e, afin de fêter le quatrième anniversaire de sa parution. Et c'est évidemment carton plein.

    C'était une idée de génie, réunir celles et ceux qui font danser l’Hexagone, sur les notes pop et rock arrivant des États-Unis et du Royaume-Uni, mais adaptées en version jambon beurrer Devant l’objectif, les stars posent, sourient, s’esclaffent. L'insouciance est parfaitement captée. Heureusement, les producteurs et autres attachés de presse sont loin du studio...

    (Illustration sonore : cliquetis d’un obturateur, exclamations d’étonnement, ambiance festive)

    On ne parle pas encore de "Photo du siècle" en 1966. Ce nom viendra bien plus tard, à l'occasion de ses 50 ans. D'ailleurs, en matière de "photo du siècle", certains estiment que ce nom revient plutôt à la première photo du lever de terre depuis la lune, prise par Apollo 8 deux ans plus tard.

    Peu importe, happy day ce 12 avril 1966 à 16h, Jean-Marie Périer vient de cristalliser l’esprit yéyé et l’explosion pop en France en un seul cliché, dont il a souvent avoué qu'elle serait aujourd'hui impossible à refaire avec autant d'innocence et de spontanéité...
    6 min
  • Cerrone et "Love in C Minor" : du bide parisien au triomphe new-yorkais
    Nous sommes début 1976. Happy Day pour un jeune immigré Italien dont la famille a fui le fascisme, direction la France. Il s'apprête à connaître le plus grand bide de sa carrière, un bide qui finira tout de même par s'imposer, quelques mois plus tard, comme l'une des pièces maîtresses de boîtes de nuit américaines. Comme souvent, pour retracer le fil des événements, il faut appuyer sur Rewind...

    Marc a 12 ans lorsque sa maman lui offre sa première batterie. Il reprend à son compte Chicago, Jimi Hendrix et Santana. Son premier groupe, il le fonde à l'école à 14 ans.

    Parce qu'il lui faut un avenir, son papa l'oblige à étudier un métier, ce sera la coiffure pour le cinéma. Marc obtiendra d'ailleurs son diplôme avec mention.

    Mais, Marc Cerrone n'a pas spécialement envie de devenir coiffeur. Alors, il fugue de chez ses parents et, de fil en aiguille, va devenir directeur artistique de 40 Clubs Méditerranée.

    Son premier vrai groupe est formé en 1972, avec les meilleurs musiciens qu'il a trouvés au Club Med. Ce groupe, les Kongas, se fait repérer par Eddie Barclay. Tendez l'oreille, on y entend déjà une patte bien particulière...

    Avec l'aide d'un ami qui possède un studio à Paris, il décide de créer une maquette début 1976 et il voit grand, puisqu'il va l'enregistrer à Londres. Titre choisi : "Love in C Minor" (l’amour en do mineur). Durée : une quinzaine de minutes, beaucoup trop long pour les radios, avec en toile de fond une musique de film pornographique américain.

    Bien entendu, aucune radio ne diffuse ce titre et personne ne veut le produire. Il va alors fabriquer son album à ses frais. Voilà, "Love in C Minor" est sur le marché ! Petit extrait !

    Ce qui n'arrange rien à ses affaires, c'est la pochette, où Cerrone pose avec une femme nue à genoux à ses côtés. Après tout, la musique s'inspire d'un film pornographique.

    Résultat ? La distribution se fait en tout petit comité... Mais, le hasard fait qu’une enseigne, Champs Disques, envoie à New York un carton qui contient le disque de Cerrone, par erreur, à la place d'albums de Barry White défectueux.

    Quelques malles postales plus loin, à NY, la pochette attire le distributeur, qui fait écouter “Love in C Minor” à des DJ avec ces fameux cris...

    Une version pirate s'arrache alors entre dJ et "Love in C Minor" devient l'hymne des boîtes de nuit de l'autre côté de l'Atlantique. Cerrone l'apprend, il fonce à New York et se fait engager par Atlantic Records.

    Quelques mois après le bide, c'est enfin le happy day tant espéré : Cerrone raconte que le label lui a ensuite laissé faire tout ce qu’il voulait. Il était avec les Jackson Five, Quincy Jones, Ray Charles… Le seul Blanc, c'était lui ! Et français, de sucroît.

    Le fugueur s'installe à New York. Démarre alors pour lui une carrière qui sera marquée par TOUS les succès et, surtout, tous les excès…
    4 min

About Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

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