Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

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Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70 episodes

  • « Rencontres du troisième type » : le film qui a réinventé la science-fiction en 1978
    Nous sommes le 24 février 1978. Happy Day pour un réalisateur qui, deux ans après les "Dents de la mer", joue sa réputation sur un nouveau long-métrage.

    Sorti en novembre 1977 aux États-Unis, ce film de science fiction a pour titre "Close Encounters of the Third Kind".

    Il projette sur l’écran une fascination pour la vie extraterrestre et la rencontre pacifique entre humains et créatures venues d’ailleurs, au travers de notes de musique.

    Chez nous, le titre est traduit ainsi : "Rencontres du troisième type". Bande-annonce.

    Avec cette nouvelle super production, Spielberg décide de s’aventurer dans une histoire plus intime, inspirée par ses souvenirs d’enfance et son admiration pour le ciel étoilé.

    Richard Dreyfuss y campe Roy Neary, un homme ordinaire transformé par le contact avec l’inconnu. Le casting est international. François Truffaut fait une apparition remarquée dans le rôle de Claude Lacombe, un scientifique lui aussi fasciné par les signaux aliens.

    Spielberg admire François Truffaut. En lui confiant ce rôle, il veut l'impressionner par l'immensité du studio qui a été réservé pour ce tournage.

    D'ailleurs, si Truffaut parle français, c'est parce qu'il ne maîtrise pas l'anglais. Spielberg accepte donc qu'il parle sa propre langue dans la version originale et qu'un personnage, l'assistant de Claude Lacombe, traduise en anglais les propos de son collègue. Ce qui n’était pas prévu dans le scénario original…

    Dans la version originale, qu'il faut revoir rien que pour cela, Truffaut a droit à deux ou trois répliques en anglais. Le reste, c'est en français.

    Au départ, le film doit s'intituler "Watch the Skies", soit les derniers mots du film "La Chose d'un autre monde" (de 1951). Finalement, ce sera donc "Close Encounters of the Third Kind", une expression issue d'un système de classification de Hynek, utilisée en ufologie.

    "Rencontres du troisième type" est le film de tous les records. Il détient notamment le record du plus grand nombre de directeurs de la photographie : onze au total. Oscar de la meilleure photographie. BAFTA de la meilleure direction artistique. Et même un Grammy Award l'année suivante pour la musique géniale, signée John Williams.

    La critique est mitigée, surtout de notre côté de l'Atlantique. Dans Le Monde, on peut lire ceci : "Ce film n'est ni bon ni mauvais, il est autre. Fantastique dans tous les sens du terme. Sidérant autant que sidéral."

    Dans Télérama, par contre, les propos sont moins mesurés : "C'est complètement naïf, débordant d'humanisme candide, à la gloire de l'Amérique nouvelle, post-Nixon, lavée du péché originel, régénérée dans l'idéalisme mystique".

    La critique est un peu plus mesurée aux États-Unis. Encore que. Et puis peu importe, 116 millions de dollars de l'époque en recette, près de 304 millions dans le monde.

    Le 24 février 1978 ne sera pas le happy day tranquille qu'espérait Spielberg après les Dents de la Mer. Il n'empêche, c'est un immense succès en salle. Qui sera réédité deux ans plus tard, dans une nouvelle version. Mais avec la même trame audacieuse, presque poétique. "Rencontres du troisième type" a peut-être instillé dans notre imaginaire qu'une forme intelligente extraterrestre peut tenter de communiquer avec notre civilisation par le biais... de la musique.
    5 min
  • 1969 : L’année où Eddy Merckx est devenu le Cannibale
    Nous sommes le 9 mars 1969. Happy Day pour un coureur cycliste belge, dont la carrière va prendre un tournant décisif cette année. À Valence, sous le soleil espagnol, Eddy Merckx vient de remporter le Tour du Levant, avec trois victoires d’étapes. Ne boudons pas notre plaisir et reprenons le fil du temps, mois après mois.

    Le Tour du Levant, c'est une course de prestige depuis sa création en 1929. Pourtant, en ce début de saison, Eddy Merckx commence timidement : il termine deuxième des deux premières étapes. Son manager ne manque pas de le taquiner.

    Vexé, piqué dans son orgueil, Merckx se réveille. Il écrase la concurrence et enchaîne trois victoires consécutives. À l’arrivée, son bilan est impressionnant.

    Le printemps s’annonce explosif.

    Toujours en mars, Eddy Merckx s’attaque à Paris-Nice et décroche le premier de ses trois titres sur cette course. Il marque les esprits lors du contre-la-montre du col d'Èze : parti derrière Jacques Anquetil, il le rejoint puis le dépasse !

    Autre semaine, autre victoire. Le Milan-San Remo confirme sa forme : Merckx s’impose en solitaire, après une attaque imparable dans la descente du Poggio. Il remporte pour la troisième fois la course.

    Bon, on va où maintenant ? Jimmy B nous attend à Gand pour le Tour des Flandres !

    En man die alles kan, ça c'est Eddy tout craché. Car en ce mois d'avril 1969, le Tour des Flandres se court sous une pluie battante. Alors qu’il reste encore tous les monts à gravir, Merckx s’échappe à 70 km de l’arrivée.

    Merckx est inarrêtable. Il creuse l’écart et franchit la ligne avec plus de 5 minutes d’avance sur Felice Gimondi. C’est une victoire monumentale qui annonce un futur Cannibale.

    En avril, il s'offre Liège-Bastogne-Liège avec 8 minutes d'avance sur la concurrence !

    Cela dit, il y aura bien une fausse note, direction San Remo !

    En mai, il prend le départ du Tour d’Italie avec la ferme intention de le remporter. Il domine la course et porte le maillot rose. Résultat : quatre victoires d’étapes à son actif.

    Mais le 13 mai, après l’arrivée à Savone, le choc : Merckx est contrôlé positif et exclu du Giro.

    Merckx va-t-il abandonner ? Évidemment que non. Le 10 juin, l’Union Cycliste Internationale lève sa suspension, reconnaissant un doute sur la procédure. Eddy Merckx est libre de courir le Tour de France.

    Le 28 juin 1969, le Tour de France prend son envol à Roubaix. Dès la première étape, Eddy Merckx marque les esprits : l’épreuve passe par Woluwe-Saint-Pierre, son quartier d’enfance. Il endosse son tout premier maillot jaune, dans les rues où il a grandi.

    La suite ? Un carnage.

    À l’arrivée à Paris, Merckx remporte son premier Tour de France avec 18 minutes d’avance sur Roger Pingeon. Même Léon Zitrone est sous le choc !

    Le jour de gloire arrive lorsqu’il rentre en Belgique : Bruxelles l’accueille en héros. Une foule immense envahit les rues, et Merckx est reçu en personne par le roi Baudouin.

    Alors oui, jubilons, en ce happy day du 9 mars 1969 et récapitulons le palmarès :

    En 1969, Merckx aura remporté :

    • Le Tour du Levant
    • Paris-Nice
    • Milan-San Remo
    • Le Tour des Flandres
    • Liège-Bastogne-Liège
    Et son premier Tour de France. Grâce auquel le Cannibale a rendu à la Belgique un titre qu'elle n'avait plus décroché depuis 30 ans.
    5 min
  • Simon : le jeu électronique culte qui a révolutionné la mémoire en 1978
    Nous sommes le 15 mai 1978. Happy Day pour Ralph Baer, un inventeur allemand dont la famille a émigré aux États-Unis après la guerre.

    Il choisit le Studio 54, la célèbre boite de nuit à New York, pour lancer un objet auquel il croit beaucoup. Il va même s'assurer de la disponibilité immédiate, dans les grands magasins de jouets, d'un nouveau gadget qui fait directement sensation.

    Son nom : Simon. Cet appareil circulaire et coloré va bientôt devenir un incontournable dans tous les foyers, américains, mais très vite européens.

    Son principe : tester votre mémoire en reproduisant des suites de sons et de lumières de plus en plus longues.

    Oui, c'est un jeu intelligent que lui a inspiré "Touch Me", une invention d'Atari, assez rudimentaire... Écoutez !

    Quatre ans plus tôt, Atari sort en effet un pupitre avec quatre gros boutons. À chaque bouton est associée une note. Le jeu va produire une séquence de notes de plus en plus longue, qu'il faut reproduire en pressant les boutons.

    Cette invention géniale vient aux oreilles de Ralph Baer et Howard Morrison. Ils trouvent le modèle intéressant, mais pas très pratique. Ils décident alors de repenser le concept entièrement.

    Dans leur version, chaque bouton s’associe à un son distinctif et à une couleur vive, répartie sur un cercle. Ainsi naît Simon, en référence au célèbre jeu enfantin « Jacques a dit », ce qui donne en anglais « Simon Says ».

    Vous n'avez PAS PU oublier ce son.

    Simon disposera de 3 modes de jeu différents. Le premier consiste à reproduire une suite de touches créée aléatoirement.

    Le mode 2 inverse les rôles : c'est le joueur qui va composer la suite de touches, et Simon va la reproduire.

    Le mode 3 est multijoueur : chaque joueur va s'attribuer une touche, et devra la presser quand Simon la lui demandera.

    Bref, avec ces variantes, on en a pour un bon bout de temps. Surtout que plus on avance, plus la séquence est rapide.

    Résultat ? C’est un énorme succès de vente pour la société Milton Bradley, qui a directement cru au projet.

    Peu après la sortie de Simon, Atari décide de rééditer son jeu Touch me!, dans une version portable, mais elle ne parviendra pas à s'imposer, malgré d'insistantes pages de publicité à la télévision...

    Le 15 mai 1978 restera donc le Happy Day de Ralph Baer et de la maison Milton Bradley, qui sera, quelques années plus tard, rachetée par Hasbro.

    Avec ses 4 couleurs et ses bips électroniques, le SIMON va très rapidement débarquer dans les foyers belges et se décliner dans une infinité de formats, jusqu’au jeu vidéo. La preuve d'une simple test de mémoire suffit, parfois, à marquer l’histoire.
    4 min
  • « Adieu jolie Candy » : le tube surprise de l’été 1969 signé Michel Berger
    Nous sommes le 1er août 1969. Un amour de vacances va se terminer en happy day et l’histoire va se vendre à des centaines de milliers d'exemplaires. C'est une chanson, composée par un certain Michel Berger qui, en 1969, travaille notamment comme producteur pour Vogue. Il vient d'ailleurs de signer un beau petit succès avec un titre taillé pour Vanina Michel.

    Dans cette histoire d'amour de vacances, un autre personnage apparaît, quelques années plus tôt. C'est Yves Roze. Il sort plusieurs 45 tours chez Barclay, mais c'est un fiasco. Alors, il est licencié par Eddie Barclay, qui le réengage immédiatement, mais pour tout autre chose. Il devient directeur artistique de Michel Delpech. En 69, Michel Delpech tient lui aussi un disque d'or avec “Wight is wight”.

    Pour revenir à notre cher Yves Roze, il se dit qu'il aimerait chanter de nouveau. Deux de ses amis, Michel Berger et Alain Boublil, lui proposent d’enregistrer une chanson inspirée du film Candy.

    « Adieu jolie Candy » évoque l’innocence et l’éclat d’une romance éphémère. Cette chanson est inspirée par Ewa Aulin, une jeune actrice suédoise foudroyante de beauté dans le film, aux côtés de Ringo Starr, Charles Aznavour, Richard Burton et Marlon Brando.

    L’objectif, c'est de faire un coup, comme on dit. C'est un titre sur lequel Berger et Boublil misent beaucoup et ils veulent que ce soit Yves Roze qui le chante. Problème, il travaille pour la maison d'en face, Barclay. Alors il doit trouver un surnom, ce sera Jean-François Michaël. Il enregistre le disque dans la plus grande discrétion, convaincu qu'il ne sera diffusée qu'à la radio. Et puis, un beau jour, on le retrouve sur le plateau de l'émission Numéro 1

    En quelques semaines, le disque affole les ventes, jusqu’à 60 000 exemplaires par jour. Il détrône même « Wight Is Wight » de Michel Delpech au sommet du hit-parade. Le subterfuge du pseudonyme est vite éventé. Ce qui arrive aux oreilles d'Eddie Barclay, qui vire notre chanteur pour la seconde fois.

    Suivront un voyage autour du monde et des versions à succès dans d'autres langues, en italien, en espagnol et même en allemand, Adieu süsse Candy, interprété dans un allemand épouvantable...

    Le 1er août 1969 restera comme le Happy Day de cette « jolie Candy », qui a permis à Yves Roze de devenir Jean-François Michaël et de se venger de l'horrible Eddie Barclay. Et c'est aussi jackpot pour Michel Berger, dont le flair ne se démentira plus jamais. « Adieu jolie Candy » aura été bien plus que le fameux coup tant espéré par ses compositeurs !
    4 min
  • Herbert Léonard et "Pour le Plaisir" : l’histoire méconnue d’un tube intemporel
    Nous sommes le 1er juillet 1977. Happy Day pour un jeune chanteur français. Sans le savoir, il est au cœur de la conception d'une chanson qui va changer sa vie, quelques années plus tard, grâce à un compositeur déjà connu, un certainJulien Lepers. Il est alors animateur radio sur RMC. Il ne fait pas encore de télévision, mais s'est invité chez Guy Lux dans le hit-parade...

    C'est l'été 1977. Julien Lepers rencontre la parolière Vline Buggy par l'intermédiaire de Claude François. Cette rencontre est déterminante. Ils s'entendent à merveille et ils vont travailler ensemble sur une chanson qui va mettre beaucoup de temps à être publiée.

    Pour cette chanson, Vline Buggy pense à Herbert Léonard. Depuis son grave accident de voiture en 1970, il est un peu un hors circuit et n'a jamais réussi à percer, malgré des collaborations prestigieuses avec Sylvie Vartan ou Michèle Torr. À une exception près, en 1967, il signe une reprise de "Somebody to Love", que toutes les radios vont diffuser....

    Malheureusement, "Si j'avais le courage" ne se vendra pas très bien. En 1977, le petit chanteur de Strasbourg n'y croit plus vraiment. Il fait une pause dans sa carrière pour se consacrer au journalisme.

    Pourtant, Vline Buggy sent que c'est lui qui va porter « Pour le Plaisir », une chanson qu'elle a écrite, inspirée par une émission de France Inter. Là encore, personne n'y croit, à part elle. La maquette ne convaincra aucun directeur artistique. Vline décide alors de produire elle-même le 45 tours et en confie la distribution à Polydor. Par contre, en tant que productrice, ce n'est pas forcément un cadeau…

    Il aura fallu du temps pour que la chanson devienne un tube de l'été, puisque "Pour le Plaisir" sortira en avril 1981, soit 4 ans après sa conception. Le clip vidéo est tourné place de la Concorde à Paris. Les ventes décollent, pour la première fois dans sa carrière. 2 millions d'exemplaires, il est certifié disque de platine. Il sera même le 45 tours le plus vendu en France en 1981.... Sans en attendre rien, juste… pour le plaisir…
    4 min
  • L’École des fans : le rendez-vous culte du dimanche lancé en 1977
    Nous sommes le 30 janvier 1977. C'est un dimanche matin. Dans le salon, on entend l'imposante pendule annoncer fièrement qu'il est midi. Dans la verrière, un peu de fumée se dégage de la première cuisson des pommes de terre, coupées grossièrement, comme on fait des frites à la campagne.

    Un poulet, arraché à la vie dans la basse-cour, fera le régal d'un petit enfant blond, comme les blés. Je crois que c'est moi, chez ma grand-mère, je crois qu'il fait froid dehors. Alors, je me tiens près du poêle à charbon et je dois regarder la neige tomber, dehors, sur la vallée.

    Et puis, quelques dizaines de minutes après le repas, la télévision s'allume. Dimanche, c'est le happy day, il y a tout ce qu'il faut à la télévision pour ne pas penser au froid dehors. Générique !

    Sur Antenne 2, une émission inédite fait son apparition, nous ne la connaissons pas encore. Elle s'appelle « L’École des fans » et elle est présentée par Jacques Martin. Son concept ? Faire chanter des enfants devant leur idole, dans un décor bienveillant et familial. Ce n'est pas un concours. Ce n'est pas une compétition. C'est juste ce qu'il faut pour faire passer la mousse au chocolat et le flan qui l'accompagne. Parfois même, ils se mélangent dans l'assiette.

    Le principe est simple : chaque dimanche, un artiste de la chanson se prête au jeu, entouré de petits amateurs âgés de 4 à 10 ans. Les enfants interprètent les chansons de l’invité, avec une spontanéité parfois irrésistible. Oh oui, c’est vrai, quelques fausses notes de temps en temps.

    Quant à Jacques Martin, improvisateur hors pair, il anime les échanges et les confidences. Et c'est toujours un spectacle !

    Installée dans le cadre de l'émission "Bon dimanche", l'école des fans s'arrête le 25 juin 1978, mais elle va rapidement revenir à l'écran sous la pression générale. Le 21 décembre 1980, la véritable grande aventure va commencer, celle de Dimanche Martin. Avec 2 futurs incontournables : un pianiste et un contrebassiste. Souvenez-vous... de Robert Quibel et Pino Lattuca.

    Au sein de Dimanche Martin, l'école des fans occupe une place TRÈS spéciale. Avec, chaque dimanche, des moments inattendus.

    Et oui, autant que le poulet, le flan, la mousse au chocolat et la messe du dimanche, le 30 janvier 1977 restera comme le Happy Day de Jacques Martin qui, avec « L’École des fans », va nous offrir une parenthèse de tendresse et de rires. Et quelques habitués aussi, Nana Mouskouri, Chantal Goya et notre cher Frédéric François...

    Alors, pour l'école des fans, pour incroyable mais vrai, pour le monde est à vous… au grand théâtre de l’empire, juste merci, Jacques, merci Dimanche Martin !
    5 min
  • Le Twist : la danse qui a conquis le monde en 1960
    Nous sommes le 1ᵉʳ juin 1960, à l'aube d'une révolution pour la musique. Happy Day pour Chubby Checker. Ce tout jeune chanteur de 21 ans venu de Caroline du Sud va reprendre à son compte un titre qui n'a pas connu le succès escompté en 1959. Et pour cause, ce titre de Hank Ballard figure en face B de "Teardrops On Your Letter". Pourtant, à bien l'écouter, tout y est !

    Ce n'est pas grave, The Twist va connaître une deuxième vie l'année suivante, grâce à notre tout jeune Chubby Checker. On l'avouera, ce nom de scène est un peu bizarre. Car Chubby, cela signifie enrobé. Et bien, c'est un hommage à Fats Domino. L'adjectif "fat" renvoyant à peu près à la même signification d'embonpoint. Mais ce n'est pas la syntaxe qui nous intéresse, c'est une danse, qu'on appelle le twist.

    Quelle différence avec la version originale ? Pas grand chose à vrai dire, à part cette voix !

    Cette reprise, publiée en juin 1960, ne connaît pas immédiatement le succès, mais l'été va faire son travail. Il le propulse en tête des ventes au mois de septembre. Ajoutez des apparitions dans les émissions télé de l'époque. Et une chorégraphie à la fois simple et visuelle. Tout est là pour faire danser l'Amérique, puritaine comme libérée. Car le twist présente une particularité : pas de contact, pas de corps à corps.

    The Twist n'est pas juste une chansonnette de l'été. Non, la version de Chubby Checker est la seule chanson de l'histoire à avoir atteint la première place des ventes deux fois dans la même version aux USA. En septembre 1960 et en janvier 1962. D'ailleurs, en 2008, The Twist sera déclaré le plus grand tube américain de tous les temps par l’hebdomadaire Billboard. C'est dire !

    Question : et en Europe, combien de temps le twist mettra-t-il à s'imposer ? Réponse, quelques mois seulement. Non seulement grâce à Chubby Checker, mais grâce à un certain Eddy Mitchell.

    Décembre 1961. La chanson est traduite en français et enregistrée par Eddy Mitchell et Les Chaussettes noires. Et non, ce n'est pas Johnny qui aura reçu ce cadeau en primeur. Même si, lui aussi va s'en emparer en deux temps trois mouvements. Il interprète « Viens danser le twist » sur la scène de l’Olympia, ce qui lui permettra, tout de même, de décrocher son premier disque d’or.

    Bon, récapitulons. 1959, création du Twist par Hank Ballard. Face B sans succès. L'année suivante, Happy day de juin 1960 pour Chubby Checker. Le reste n'est qu'affaire de produits dérivés, car d'Atlanta à Saint-Tropez, le phénomène twist ne fait que commencer...
    4 min
  • Bontempi B3 : le clavier qui a rendu la musique accessible dès 1970
    Nous sommes début 1970. J'aimerais beaucoup être plus précis, mais quelqu'un a dû effacer toute trace de généalogie pour dater ce happy day où une marque italienne va changer à jamais le monde de la musique grâce au B3.

    Un orgue électrique qui fonctionne sur le même principe sonore qu'un instrument à vent, le mélodica. Des arches libres vibrent au passage de l'air. L'air est propulsé au moyen d'un ventilateur. Et avanti, ça donne ceci ! Attention les oreilles, surtout si vous avez dépassé le stade du solfège !

    Le B3 est l'invention géniale d'une marque italienne qui s'appelle Bontempi. Elle installée depuis 1937 à Potenza Picena. Et, dans les années 70, elle entend rendre la musique accessible au plus grand nombre. Pour cela, elle va concevoir des claviers d'orgue simplifiés et robustes à un prix accessible, ce qui va assurer le succès de la marque auprès des familles.

    Ah petite page de publicité à la Rai !

    Le succès va être colossal pour la petite entreprise italienne. Si bien qu'elle va diversifier la production. Le B3 était plutôt élaboré dans son genre, mais Bontempi va rapidement se tourner vers la fabrication d'orgues électroniques encore plus abordables. Avec une palette réduite de sons et, le clou du spectacle, un accompagnement automatique. Attention les oreilles, même si vous n’avez pas dépassé le stade de la clé de sol !

    En 1970, le Bontempi B3 est particulièrement apprécié comme cadeau aux enfants, que ce soit pour son aspect vintage ou sa simplicité d'utilisation. Malheureusement pour les musiciens, il est un peu trop accessible aux débutants et aux enfants. Mais quel parent n'a jamais rêvé qu'un Chopin ou une Chopine grandissse à la maison ! Voilà pourquoi l'appareil maléfique était vendu avec des partitions simplifiées.

    Ah, encore une page de publicité !

    Alors oui, même s'il est aussi difficile de dater le B3 que la date de naissance d'Amanda Lear, personne n'a oublié ses premier pas, sa première danse, sa première harmonie ou sa première fanfare, sur un petit clavier bon marché qu'on retrouvera partout désormais, dans les bals populaires...
    3 min
  • Le Millecroquettes : l’invention belge qui a révolutionné la cuisine en 1962
    Nous sommes le 9 mars 1962. Happy Day pour Gaspard Thienpont. Cet anversois, spécialiste du gibier et de la volaille, va créer l'événement à Bruxelles, où se déroule le 11e salon des Inventeurs.

    Mais avant de parler de son invention, il faut revenir sur un pan de notre histoire, les croquettes. Générique !

    En 1962, les croquettes, ce sont un peu les pommes de terre de la fête. On les retrouve dans tous les bons menus festifs, avec le vol-au-vent, le rôti de bœuf ou les rouleaux de sole. Elles accompagnent également la dinde de Noël.

    Dans les années 1960, grâce à la friteuse électrique, les croquettes peuvent être frites beaucoup plus facilement. La friteuse, c'est d'ailleurs un cadeau de mariage et de Noël très apprécié. Sauf que, faire une croquette, c'est un peu fastidieux. On les commande généralement chez son boucher.

    Et c'est ici qu'intervient notre anversois. Il cherche une solution à cette activité à forte intensité de main-d'œuvre. Il invente un appareil qui rend la fabrication de belles croquettes uniformes plus rapide, plus facile et plus efficace. Nom de code du projet "Kroketen machine".

    Nous sommes donc, au salon des inventeurs de Bruxelles, face à une invention majeure dans toute bonne cuisine des années 60. L'invention porte un nom absolument génial, c'est le Millecroquettes.

    Oui, oui, probablement, notre plus grande fierté nationale. Après Eddie Merckx et Annie Cordy évidemment !

    Revenons à notre salon et au stand de Gaspard Thienpont. Le 18 mars, il obtient la médaille d’or dans la catégorie des appareils ménagers, et le Millecroquettes s’exporte jusqu’aux Pays-Bas, au Canada et aux États-Unis.

    Dans certaines familles, on ne jure bientôt plus que par cette invention pour régaler la tablée à Noël ou le dimanche. Logique, ce dispositif est totalement révolutionnaire. Il permet d’extruder la purée de pommes de terre en trois fins rouleaux identiques.

    Ensuite, on les découpe et on les pane : plus besoin de façonner chaque croquette à la main.

    Le Millecroquettes séduit à la fois les restaurants et ménagères de l’époque. Mais tout ne sera pas rose dans l'histoire du millecroquettes, non.

    Un beau matin, dix ou quinze ans plus tard, comme un vieux couple, la Belgique se réveillera sous un ciel nouveau. Elle oubliera, peu à peu, l'invention de Gaspard Thienpont.

    Le millecroquette terminera au fond des armoires. Il continuera pourtant de s'exporter, partout, jusqu'en Thaïlande, mais en Belgique, c'est le désamour. Il tombe presque dans l’oubli… Jusqu’à ce jour où, dans l’émission du chef Jeroen Meus, on ressort ce bon vieux Millecroquette de la naphtaline, ravivant la nostalgie de toute une génération. Et les comptes en banque de la famille Thienpont.

    N'oublions jamais ce happy day de mars 1962 où un objet a été exposé, qui a changé la vie des ménagères et des restaurateurs du plat pays et qui a permis d'accompagner le vol-au-vent et le poulet du dimanche de magnifiques croquettes croustillantes et uniformes.

    Car, OUI, le Millecroquettes, il est terrible !
    4 min
  • Les Poppys et « Non, non, rien n’a changé » : le tube pacifiste qui a marqué 1971
    Nous sommes début 1971. Happy Day pour une chorale d'enfants et d'adolescents, issus pour la plupart de la Maîtrise d’Asnières. Avec un message d'espoir, ils s’apprêtent à sortir un titre qui va marquer les années 70 et la génération hippie. Quelques mois plus tôt, les Poppys ont connu leur premier succès avec une chanson de Noël....

    Âgés de 10 à 14 ans, ces jeunes chanteurs ont la voix claire et un enthousiasme contagieux. Ils chantent des textes qui parlent de paix, de fraternité et de lendemains qui chantent. Un peu comme leur inspiration originale, The Voices of East Harlem...

    En France, 17 choristes sont sélectionnés, repérés par Jean-Jacques Thébaut, qui les présente à Eddie Barclay. Le contrat est signé et la télévision accélère leur popularité, notamment grâce à Guy Lux, Danielle Gilbert, mais surtout à Gilbert et Maritie Carpentier.

    Début 1971, beaucoup doivent quitter l'aventure (mue oblige), pour céder la place à d'autres chanteurs plus jeunes. Les voici sur le plateau de l'émission "Les étoiles de la chanson" en février 1971.

    C'est bien ce titre qui va les faire entrer dans la légende, «Non, non, rien n’a changé». Le disque se vend immédiatement par centaines de milliers d’exemplaires. La télévision et la radio feront le reste du travail. Le disque atteindra 1 million 250 mille ventes en quelques mois. C'est un disque d'or et c'est l'un des plus gros succès de l'année !

    On a dit tout et son contraire sur la porté pacifiste et positive de la chanson. C'est peut-être oublier que le texte est finalement relativement désabusé. Car les paroles disent aussi : « C'est l'histoire d'une trêve que j'avais demandée. ». Une trève qui n'est pourtant pas respectée. Car oui, « tout a continué, mais tout a continué. ».

    Happy day de 1971, les Poppys n'auront jamais connu la gloire et les liasses de billets de francs français. Et pour cause. Les redevances collectées de ces ventes ne seront pas redistribuées, car la chorale est tout simplement une association. Là non plus, rien n'a vraiment changé…
    4 min

About Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

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Happy Days, le podcast 100% années 60 et 70, vous replonge dans les souvenirs marquants de cette époque iconique ! Chaque jour de la semaine, redécouvrez des histoires fascinantes de vos idoles et de…