Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

By Nostalgie+Music
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Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70 episodes

  • Les Fiancés d’Auvergne : le tube d’André Verchuren qui a fait danser la France en 1961
    Nous sommes le 14 juillet 1961. Happy Day pour nos voisins français, ils préparent leur fête nationale sur un air d'accordéon qui deviendra l'un des plus grands succès musicaux et commerciaux de l'été.

    C'est l'histoire des fiancés d'Auvergne. Une histoire sans paroles, à laquelle va donner vie un certain André Verchuren.

    Et moi, qui ai grandi dans le café de ma grand-mère entre les neiges du Kilimanjaro et la danse des canards, bah, je ne résiste JAMAIS à un petit accordéon ! André, c’est à vous !

    Né en 1920 dans l'Oise, André Edmond Verschuer est d'origine belge, flamande même. Il a grandi dans une famille de musiciens et c'est en 1936, à l'âge de 16 ans, qu'il remporte le concours international d'accordéon de Soignies. Oui, oui, en Belgique !

    Lorsqu'il remporte ce prix, il a déjà 12 ans de carrière. Il faut dire qu’André a démarré l'accordéon à 4 ans seulement. Et c'est son père qui lui a donné ses premiers cours de musique. D’ailleurs, il le reconnaît, c’était pas la mine, mais c’était assez musclé !

    En ce début des sixties, les goûts évoluent, la jeunesse se tourne de plus en plus vers le rock et la pop. Pourtant, André reste sur sa ligne : le folklore, l'instrument des guinguettes et la nostalgie des fanfares.

    « Les Fiancés d’Auvergne » démontreront que le répertoire traditionnel, porté par un accordéon joyeux, peut encore faire danser les Français, dans toutes les fêtes de village en cet été 1961.

    Le voilà MÊME invité chez Guy Lux avec un grand orchestre. Et c'est un triomphe, évidemment !

    Contre toute attente, le 45 tours le plus vendu en 1961 sera celui-là. « Les Fiancés d’Auvergne » ont pourtant une solide concurrence face à eux :

    Édith Piaf, Non, je ne regrette rien, Les Chaussettes Noires, Daniela Johnny Hallyday, Viens danser le twist

    Pourtant, c'est bien André Verchuren qui occupera la première place du podium. En ce happy day du 14 juillet 1961, Verchu n'a pas les faveurs de Salut les Copains, mais peu importe. Il va rester animateur radio durant 17 ans sur RTL puis 13 sur Europe 1.

    Mais, à quoi doit-on exactement le succès des « Fiancés d’Auvergne » ? En 1961, la France réalise qu'elle perd son empire colonial pour de bon. Alors, ma foi, on danse !
    5 min
  • « Mon Vieux » : l’hommage bouleversant de Daniel Guichard à son père
    Nous sommes le 30 avril 1974. Happy Day pour un auteur-compositeur-interprète de 26 ans. Il va ressusciter une chanson de 1962, avec une voix grave et pleine de douleur. Une chanson qui parle de son père, Henri. Soudeur en usine, il meurt alors que Daniel a tout juste 15 ans. Les premières paroles sont chargées d'émotion.

    Je vous parlais de résurrection. Car oui, c'est en 1962 que la parolière Michelle Senlis écrit un texte qui parle, à la première personne, de son papa. Quelques mois plus tard, son ami Jean Ferrat en compose la musique. Mais ce n'est pas lui qui va chanter « Mon vieux », ce sera tout d'abord Jacques Boyer.

    Le 7 novembre 1963, le père de Michelle Senlis meurt. Elle demande alors que la chanson ne soit plus jamais exploitée. Jusqu'en 1974, où elle accepte de cosigner une reprise d'un certain Daniel Guichard.

    C'est une décision qu'elle va regretter, bien plus tard, estimant que Daniel a retouché des paroles sans son accord, ce que tout le monde lui avait caché jusqu'à la parution du disque.

    Le succès de la chanson pèsera lourd sur son cœur. Elle va, en effet, très mal vivre ce qu’elle considère comme une « fausse filiation », que les journalistes ont faite entre Daniel Guichard et sa propre chanson.

    Ne parlez pas de trahison à Guichard. Pour lui, ce texte est universel. Il l'a simplement adapté à sa propre histoire...

    Au fond, le génie de cette chanson tient peut-être dans ce regret-là, qui n'appartient ni à Daniel Guichard ni même à Michelle Senlis. Le regret de ne pas avoir pu ou su dire je t'aime, quand il était encore temps.

    "Mais quand on a juste quinze ans On n'a pas le cœur assez grand Pour y loger toutes ces choses-là.”

    Voilà ce qui va toucher le public et faire de la chanson la mélancolie la plus chantée du printemps 1974. Un hommage en musique qui transcende le temps, et qui continuera, longtemps encore, de bouleverser celles et ceux qui l’écoutent et que la chanson finit toujours par déborder...
    4 min
  • Goldfinger : le James Bond qui a marqué l’histoire du cinéma et de la musique
    Nous sommes le 4 juin 1965. Happy Day pour les fans d'un célèbre espion britannique. Réglée comme un métronome, la production dévoile le 3e volet de la saga James Bond. Un personnage de fiction inventé par Ian Flaming dans le roman "Casino Royale".

    Particularité, c'est un ancien espion. Cette année, 007 a pour ennemi un certain Auric Goldfinger, banquier officieux du SMERSH, industriel milliardaire d'origine balte, totalement obsédé par l'or. Générique !

    Le film est réalisé par Guy Hamilton. L’agent, lui, est incarné par Sean Connery, qui affronte donc notre méchant Goldfinger et ses sinistres desseins. Cette année, Bond va franchir un palier, tant en termes de box-office que de reconnaissance internationale.

    La recette est déjà bien rodée : de l’action, des gadgets high-tech fournis par Q, la fameuse Aston Martin DB5, et un méchant charismatique.

    Sans oublier la « Bond girl » de 1964, Honor Blackman, alias Pussy Galore. La rencontre est assez musclée.

    « Goldfinger » est un triomphe, partout dans le monde, de Bruxelles à Mexico.

    MAIS, un autre ingrédient essentiel va séduire autant que les scènes d’action : la musique. Le morceau-titre, « Goldfinger », est chanté par Shirley Bassey.

    Composée par John Barry, cette chanson devient, en un instant, un énormissime succès. Avec sa voix dramatique, Shirley Bassey va imprimer à jamais sa marque dans la saga.

    Même si, l'une des idées de génie de la chanson, ce sont les premières notes composées par John Barry...

    Certes, il y a débat, mais ce titre sera souvent considéré comme l’une des meilleures – voire LA meilleure – chanson de l’univers 007. C'est aussi le diamant de la chanteuse Shirley Bassey, d’origine galloise, qui va, avec James Bond, trouver le rôle de sa vie : elle reviendra chanter pour 007 à deux autres reprises (« Moonraker » et « Diamonds are Forever »).

    Le 4 juin 1965 restera comme un double Happy Day pour « Goldfinger ». D'un côté, le film triomphe au box-office. De l'autre, il offre à Shirley Bassey un tremplin légendaire. Et même un trophée, car Goldfinger sera le seul titre de sa carrière à figurer en tête des ventes, en 1964.
    4 min
  • Zygomaticorama : le show belge qui a révolutionné l’humour télé en 1978
    Nous sommes en septembre 1978. Rentrée télé sous le signe de l'humour à la RTB. Happy Day pour une nouvelle émission, qui va animer les soirées du dimanche. Une émission confiée à un animateur chevronné, un certain Pierre Tchierna.

    Le titre de l'émission, c’est Zygomaticorama. L'un des premiers invités sur le plateau est un certain Pierre Richard. Il vient y parler, notamment, de l'énorme succès du Grand blond en Allemagne et en Amérique du Sud.

    Le principe est assez simple : un public, des invités, des sketches et... des caméras cachées. Pour ce faire, la production a fait appel à un comédien (lui aussi français) qui s'appelle Bernard Faure.

    Cet acteur d'origine bretonne est arrivé en Belgique en 1956. Durant ses études, il a côtoyé quelques futures étoiles, comme Belmondo et Marielle. C'est au théâtre du gymnase à Liège qu'il fait ses premiers pas. Au départ, il compte y rester un an ou deux…. jusqu'au moment où il rencontre sa future épouse, qui lui donnera une bonne raison de rester un sujet du Roi Baudouin.

    Dans Zygomaticorama, Bernard Faure devient Monsieur Zygo. Son rôle : piéger des gens en caméra cachée. Un rôle qui l'amuse, comme il le confie à Arlette Vincent et à ce bon vieux Chandelle.

    Le problème, c'est que l'émission est un véritable succès et qu'on va rapidement reconnaître Monsieur Zygo. Il raconte d'ailleurs qu'à la fin, cela devenait très difficile : les gens le reconnaissaient uniquement à la voix. Quand il va chercher ses enfants à l'école, tout le monde regarde en attendant quel sera le gag.

    L'une des caméras cachées les plus célèbres à ses débuts est le rappel au service militaire...

    L'avantage de mettre Tchierna à la présentation, c'est qu'il attire du TRES beau monde : de Bernard Blier à Jean Carmet en passant par Micheline Dax et Michel Serrault, les vedettes de l'époque viendront régulièrement sur le plateau de l'émission à Charleroi. Mais la vedette, c'est monsieur Zygo !

    Ce succès arrive aux oreilles des chaînes françaises, qui vont à leur tour diffuser certains canulars dans de grandes émissions, notamment chez Stéphane Collaro.

    Et oui, en ce premier dimanche de septembre 1978, la télévision belge a trouvé de nouvelles valeurs sûres et un nouveau créneau porteur. Happy Day et succès personnel pour Bernard Faure, qui lui permettra, dès 1983, de présenter à son tour l'émission Zygomaticorama, après le départ de Pierre Tchierna.

    Avec là encore, de très bonnes audiences ! Trois ans plus tard, Zygo deviendra le Tatayet Show. Les Sunday Sunday seront désormais placés, et pour un bon bout de temps, sous le signe de l'humour et des caméras cachées.
    4 min
  • Richard Anthony et la Nouvelle Vague : le tube qui a lancé les yé-yé
    Nous sommes le 1er octobre 1959. Dans quelques mois, il deviendra l'une des stars francophones de l'année 60. En attendant, happy Day pour un jeune Français né au Caire et d'origine syrienne.

    Ce pionnier du twist va importer de la musique venue d'Amérique et récolter ses premiers succès. Ce n'est pas courant à l'époque, mais Ibrahim Richard parle six langues, dont l'anglais et l'allemand.

    Celui qui va lui donner sa première chance, c'est Claude Wolf, le mari de Petula Clark qui, en 1959, danse sur guitare et tambourin.

    Claude et Petula vont lui permettre de se produire le jeudi soir au Vieux Colombier à Paris. Très influencé par la pop anglaise et américaine, qu'il est l'un des seuls en France à comprendre parfaitement, il décide d'adapter ce nouveau genre musical avec des textes français.

    Au premier temps de la valse, il enregistre "Tu m'étais destinée", une adaptation de You Are My Destiny de Paul Anka.

    Ibrahim Richard fait alors le tour des maisons de disques sans dire qu'il en est le chanteur. D'ailleurs, ce chanteur porte un autre nom, Richard Anthony. Ce qui correspond, en réalité - et c'est subtil - à la réunion de ses deux prénoms de l'état civil.

    Finalement, il signeavec le label Columbia, mais c'est un coup d'épée dans l'eau. Le titre ne trouve pas son public. Un second 45 tours, "La rue des cœurs perdus", connaît le même destin l'année suivante.

    C'est fin 1959 que Richard Anthony va trouver sa voix. Pour cela, il adapte « Three Cool Cats » des Coasters.

    En français, "3 cool cats" donne "Nouvelle Vague". Un texte qui parle de liberté, à bord d’une petite voiture MG qui symbolise l’indépendance.

    "Nouvelle Vague" figure sur son premier 45 tours - 4 titres. Alors qu'il n'a que 20 ans, il va convaincre les radios, les disquaires et connaître son tout premier grand succès.

    Le single se vendra à plus de 500 000 exemplaires, un score remarquable pour le jeune chanteur, qui se hisse dans le hit-parade français à la 7ᵉ place, comme ça, d'un coup.

    Alors que Pathé-Marconi Columbia se préparait à arrêter les frais, bonne nouvelle : en 1960, il aura même droit à son premier 33 tours.

    Alors oui, le 1er octobre 1959 restera comme le Happy Day où une reprise va sortir Richard Anthony des petites salles.

    Au fond… c'est peut-être lui l’inventeur d’une nouvelle vague, qui consistera, dans les années 60, à adapter des tubes anglo-saxons avec des textes jambon beurre, une mode qui va inspirer ses futurs camarades de jeu, qu'on appellera bientôt les yé-yé.
    4 min
  • 1962 : Salut les copains, le magazine qui fait vibrer la génération yéyé
    Nous sommes le 1er juin 1962. Happy Day pour la génération des idoles. Dans les kiosques, un tout nouveau magazine vient de sortir de presse. Il va attirer immédiatement les regards des adolescents. Son nom ? « Salut les copains ». Un nom qui fait penser à... une émission de radio. Générique !

    Sur Europe numéro 1, « Salut les copains » est une émission animée par Daniel Filipacchi et Frank Ténot depuis le 19 octobre 1959. Le titre de cette émission est un hommage à une chanson de Gilbert Bécaud sortie en 1958, sur un texte de Pierre Delanoë qui, accrochez-vous, en 1958, est aussi directeur des programmes de la radio !

    L'émission est un énorme succès d'audience. Alors, pourquoi ne pas en faire un magazine. C’est le début d’une aventure éditoriale qui va marquer la culture pop en France et en Belgique. Et pour cause, le magazine va entièrement se tourner vers la la génération yéyé, qui est en plein essor. Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Eddy Mitchell, Françoise Hardy ont créé un véritable raz-de-marée musical chez les 15-20 ans.

    Mais à part la radio, il manque un élément médiatique capable de canaliser cette effervescence. Ce sera donc un magazine, avec beaucoup, beaucoup de photos.

    Toutes les photos - enfin, presque - sont signées Jean-Marie Perier. Le photographe reconnaît le génie de Daniel Filipacchi...

    Car oui, il y a les yéyé d'un côté, mais surtout les nouveaux rythmes anglo-saxons. Une vague musicale venue principalement des États-Unis et d'Angleterre, radicalement différente de celle des parents des auditeurs de l'émission.

    Résultat ? Tout le monde a vu juste ! Le magazine est énorme succès de vente, lui aussi. Le mensuel « Salut les copains » comprend des photos branchées, des interviews exclusives, des rubriques sur la mode, la beauté, la musique et la vie des jeunes.

    Et tout cela, avec un ton léger, complice, qui va séduire des centaines de milliers d’adolescents. Radio, magazine, c’est un peu la même maison !

    Ah, d'ailleurs aujourd'hui, il y a un invité dans l'émission, qui fait la Une du magazine ! Tant qu'à faire !

    Le ton est donné. Le premier numéro fait immédiatement parler de lui. Il se vend comme des petits pains. Les fans s’arrachent les posters, les adresses des clubs, les confidences des idoles.

    L'air de rien, SLC va accompagner l’éclosion de la scène yéyé et deviendra un emblème de cette génération. Et tout cela grâce à animateur visionnaire, Daniel Filipacchi, qui, en ce happy day du 1er juin 1962, va créer le complément idéal à son émission radio et faire entrer “Salut les copains” dans la légende...
    4 min
  • 1969 : Giorgio Moroder décroche son premier hit avec Looky Looky
    Nous sommes le 24 mars 1969. Un titre de bubblegum pop va lancer la carrière solo internationale d'un Italien de 29 ans né dans les montagnes du nord de l'Italie.

    Il est musicien, mais ce n'est pas encore l'icône du disco qu'il va devenir, quelques années plus tard. Ce qui beaucoup l'aider, c'est qu'il est né dans une famille où l'on compte déjà de nombreux artistes : sculpteurs, peintres, écrivains.

    Il apprend à jouer de la guitare à 15 ans et fait ses premiers pas dans des petits groupes. L'un d'entre eux, The Happy Trio, aura même le privilège de jouer à l'hôtel Savoy à Londres.

    Dans les années 60, il est bassiste et accompagne en tournée un certain Johnny Hallyday.

    Et Johnny en concert en 1969, c'est quelque chose !

    Tiens, j'ai oublié de vous donner son nom. Ce jeune Italien s'appelle Giovanni Giorgio Moroder, mais sur scène, c'est tout simplement "Giorgo".

    Depuis quelques années, il tente de lancer sa carrière solo, mais avec assez peu de succès. Son premier single est édité en 1965, puis il signe un contrat avec la maison de disque allemande Hansa Records, avec laquelle il va enregistrer une dizaine de singles et deux albums. Dans le lot, un titre, un seul, va s'émanciper et lui offrir un premier succès. Grâce notamment à un gimmick. Celui-ci :

    « Papa-Oom-Mow-Mow » est l'invention géniale du titre "Looky Looky". Moroder est à la manœuvre : il assure tout seul le chant et les instruments.

    Seul le refrain, inspiré des Rivingtons, est interprété par un ami, Michael Holm. La légende raconte qu'il aura été payé avec un bon steak en guise de cachet.

    Car en 1979, Giorgo est un peu fauché. N'empêche, plus pour longtemps, car il tient là son premier et son gros succès international en solo. On le voit partout, notamment dans les émissions de variété en France...

    Voilà, c'est parti, Giorgo n'a pas encore rencontré Donna Summer, mais en ce happy day du 24 mars 1969, il tient son premier succès, qui va naturellement amener les foules à acheter son album "That's Bubblegum - That's Giorgio".

    Et, à partir de ce moment, il redevient Giorgo Moroder et la vie va changer. Il s'installe à Munich, en collaboration avec un musicien anglais. Et il devient producteur de musique disco.

    La suite, c'est Lucky Lucky évidemment !
    4 min
  • 1971 : Les Charlots explosent au cinéma avec Les Bidasses en folie
    Nous sommes le 15 décembre 1971. Happy Day pour cinq musiciens farfelus. Ils sont les vedettes d'un nouveau film sans autre prétention que celle de faire rire : « Les Bidasses en folie ».

    Ces garçons s'appellent les Charlots. À l’origine, ce n'est pas qu'une bande de rigolos. Formés comme groupe de rock en 1965, ils se font d’abord appeler "Les Problèmes", comme l'explique Luis Rego.

    À leurs débuts, les Problèmes accompagnent Antoine en studio et sur scène, puis croisent la route de stars telles que Françoise Hardy, Johnny Hallyday et Claude François.

    Oui, il y a eu une vie incroyable avant la naissance des Charlots. En 1970, Philippe Clair leur offre une première expérience au cinéma avec « La Grande Java », mais c’est en 1971, avec « Les Bidasses en folie », que la machine s’emballe.

    Réalisé par un certain Claude Zidi, pour qui c’est le premier long métrage, le film sera un succès colossal. Ambiance de tournage à Falaise en Normandie.

    Mais que raconte ce chef d'œuvre de bêtise contagieuse ? Dans le film, cinq copains passionnés de musique sont convoqués pour leur service militaire, ruinant leurs projets de groupe. Caserne, sergent autoritaire, blagues à peine drôles… Le film exploite les décors locaux — la caserne, la maison familiale — pour donner un cachet régional insolite à cette comédie potache.

    La recette est simple : un enchaînement de gags absurdes et de quiproquos, sur fond de rock et de camaraderie. Bref, quelque chose qui fait penser à "Les Problèmes", mais surtout un humour débridé façon "Les Charlots".

    Les critiques sont partagées, certes, mais le triomphe commercial est là. Contre toute attente, le public adhère immédiatement. En France et en Belgique, c'est un succès.

    « Les Bidasses en folie » vont littéralement faire des Charlots des stars du cinéma et du petit écran. C'est aussi, l'air de rien, un joyeux happy day pour Claude Zidi, car pour lui aussi, c'est le grand départ. Le 15 décembre 1971, ni les Charlots ni Zidi ne le savent encore, mais ils vont attirer près de 7,5 millions de spectateurs en salle rien qu'en France, provocant même le fameux rire du Sergent...
    4 min
  • 1976 : Boney M, le groupe disco qui va enflammer les pistes
    Nous sommes le 28 juin 1976. Happy Day pour un producteur allemand du nom de Frank Farian. Il va lancer une pièce montée qui va enchaîner les tubes et marquer la fin des années 70.

    Cette pièce montée s'appelle Boney M. Leur premier album, « Take the Heat off Me », vient de sortir. Pour l'émission "Jetz geht die Party richtig", ils ont mis les petits plats dans les grands avec cette chanson. Ambiance d'époque avec "Baby do you wanna bump" !

    Frank Farian est déjà connu pour son flair. Il crée Boney M en 1975 avec une idée bien précise, créer un son funky et ensoleillé, porté par des voix qui évoquent les Caraïbes. D'ailleurs, revenons à "Baby do you wanna bump".

    Ce titre, Frank Farian, le sort l'année précédente. Problème : il est tout seul et cela risque de se voir rapidement s’il est invité sur un plateau. Alors, devant le succès, il décide de monter un groupe afin d'assurer la promotion de cette chanson à la télévision et dans les boîtes de nuit.

    Autour de lui se constitue un quatuor, qui va beaucoup changer au fil du temps : Liz Mitchell, Marcia Barrett, Maizie Williams et Bobby Farrell, chacun avec un style singulier.

    Mais c’est lui, Frank Farian, qui, dans l’ombre, gère la production, écrit certaines parties vocales et assure la cohésion globale de ce groupe monté en Allemagne de l'Ouest.

    En 1976, l’album « Take the Heat off Me » débarque dans les bacs avec "Baby do you wanna bump" et un autre titre qui va immédiatement être un carton. Direction le plateau de la chaîne de télévision allemande ZDF, dans l'émission ZDF Disco... Vous vouliez du soleil ? Sie wollen Sonne ? Meine Damen und Herren, Musik!

    Oui, vous l'aurez reconnu. C'est Sunny. Et ce ne sera pas le seul tube de ce premier album. Il y aura aussi "Daddy Cool".

    "Take the Heat off Me", le 33 tours, va carrément se classer dans le top 40 au Royaume-Uni. Il va déclencher une folie furieuse en Norvège, en Suède, en Belgique aussi. Le 3e single "Daddy Cool" sera numéro 1 en Allemagne et chez nous.

    Des morceaux enjoués, parfois un peu kitsch, mais qui rapportent gros. Avec 50 millions de singles et 60 millions d'albums vendus dans le monde, Boney M reste “LE” symbole du disco européen.

    Et dire que Frank Farian se destinait à la cuisine. Sacré destin ! Quand ça doit bumper, ça doit bumper !
    4 min
  • 1966 : Paul Vanden Boeynants, un boucher devenu Premier ministre
    Nous sommes le 13 mars 1966. Happy Day pour un certain Paul. Il va prêter serment devant le Roi des Belges et devenir premier Ministre. En 66, Paul Vanden Boeynants a déjà reçu le surnom de VDB. C'est un bruxellois et il parle néerlandais. D'ailleurs, pour lui, les flamands et les wallons sont faits pour s'entendre. Même s'il leur reconnaît quelques différends. Rien de pire que la différence entre les parisiens et les marseillais... en tout cas c'est son avis !

    Quand on sait que la crise linguistique aura raison de son gouvernement, cette mise sous le tapis est plutôt cocasse, disons un peu trop optimiste.

    N'empêche, en mars 1966, VDB en est persuadé, la Belgique va se relever.

    Cette année, il fête son 47e anniversaire. Son histoire n'a pas croisé les grandes écoles. Et c'est ça qui le rend plutôt sympathique, disons nouveau, aux yeux des Belges. Ses parents étaient bouchers, originaires de Malines. Il n'est pas très bon élève. Alors il fait des études en boucherie, à son tour. En parallèle, il joue au football à l'Union Saint Gilloise, mais une blessure au genou va l'empêcher d'aller plus haut.

    Paul Vanden Boeynants fait son service militaire en 1938 et en 1939. Et puis, boum. Le Président du Conseil Edouard Daladier parle aux Français depuis son bureau, à Matignon.

    La guerre éclate. En 1940, VDB est fait prisonnier. Il est envoyé au Stalag où il est interprète. Il sera libéré comme Flamand en janvier 1941. Trois ans plus tard, il ouvre une école professionnelle de boucherie-charcuterie.

    Encouragé à faire de la politique, VDB rejoint le Parti Social Chrétien en 1948. Il apportera d'ailleurs son soutien à Léopold III pendant la Question royale. Pour les Belges, c'est un parlementaire efficace. Il défend les intérêts des commerçants, un domaine qui n'a aucun secret pour lui.

    De 1966 à 1968, il est Premier ministre. La Belgique est en proie à d'énormes difficultés, économiques notamment. Les pouvoirs spéciaux sont accordés.

    Et puis arrive le 7 juin 1966, manifestation géante des étudiants flamands. Ils exigent le départ des francophones de Leuven. Quelques mois plus tard, le 7 février 1968, l’affaire Leuven a raison du gouvernement belge.

    Il s'est laissé déborder par les querelles linguistiques. VDB, Paul Vanden Boyenants, alors premier ministre, annonce sa démission. Il le reconnaît, il a peut-être commis une erreur de jugement.

    L'année suivante, il sera nommé ministre d'État, mais de lourds soupçons d'affairisme vont alors commencer à le poursuivre. Il sera condamné, dans les années 80, pour fraude fiscale. Sans oublier son rocambolesque enlèvement. N'empêche, celui qu'on appellera « le (vieux) Crocodile » aura marqué l'histoire de notre pays. Et ce petit fils de commerçant aura connu, le 13 mars 1966, un coup de pouce du destin ou un coup de chance, c'est selon.
    5 min

About Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

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