Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

By Nostalgie+Music
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Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70 episodes

  • 1974-1975 : De Rio à l’Europe, le phénomène musical Charlie Brown
    Nous sommes le 1er octobre 1974. Un chanteur brésilien vient, sans le savoir, de lancer un titre qui va connaître un destin extraordinaire. Il s'appelle Benito di Paula et il a travaillé comme crooner dans les boîtes de nuit de Rio de Janeiro dans les années 60.

    Les années 70 sont une consécration pour lui, il aura même sa propre émission de télévision. Mais revenons en 1974. Il sort ce titre. Dont vous allez immédiatement reconnaître le cri de ralliement.

    Charlie Brown c'est un titre samba de 1974, avec une histoire qui remonte le temps.

    Cette chanson, Benito di Paula met 5 ans à la composer, à partir de 1969. Cette année-là, Di Paula vit dans une pension de famille italienne à Santos et il voit les autres résidents lire des bandes dessinées. Car oui. La chanson parle bien de Charlie Brown, le personnage de la BD Snoopy, Peanuts en version originale.

    Mais avec une subtilité régionaliste ! Les paroles de la chanson fourmillent de références au Brésil, à sa culture et à ses personnages célèbres.

    Charlie Brown est enregistrée pour la première fois en 1974 à São Paulo par le label Copacabana. Elle deviendra sa chanson la plus populaire et la plus jouée dans le monde. Et puis la chanson va s'exporter. Ce sera un énorme tube aux Pays-Bas, grâce à Ton Van Kluyve, qui rebaptise "Charlie Brown" en "Mijn Hoempapa".

    Et puis vient un trio belge Two Man Sound, qui va la reprendre dans sa version originale portugaise, mais dans un style disco-samba plus rapide. Le groupe est constitué de trois musiciens : il y a Lou Deprijck, Sylvain Vanholme et Yvan Lacomblez (qu'on appelle aussi affectueusement « Pipou »).

    Cette reprise va cartonner en Allemagne et atteindre la première place des ventes en Belgique en 1975. Les voici sur le plateau d'une émission de variété en France. C'est la consécration !

    Alors oui, on peut acter que le 1er octobre 1974 est le happy day de Benito di Paula, mais on se souviendra surtout que le 1er décembre 1975 sera celui de Two Man Sound, un trio belge qui en profitera pour passer chez Vogue et lâcher le label Pink Elephant. Je vous le disais, de Rio à Westerloo, tout le monde chante, selon sa région, “Mijn Hoempapa” ou “Charlie Brown”.
    4 min
  • 1975 : un DJ invente le scratch
    Nous sommes en 1975. Happy Day pour un jeune DJ new-yorkais, du nom de Theodore Livingston.

    Il a douze ans à peine et la musique va très fort dans sa chambre. Un peu trop au goût de sa mère, qui est furieuse. Et une black mama énervée, ça fait du bruit AUSSI !

    Notre tout jeune garçon de 12 ans va donc obéir. Theodore met le disque en pause pour pouvoir écouter ce que sa maman a à lui reprocher. Et, alors qu'il tient le disque immobile, sans le vouloir, peut-être dans un moment de stress, il déplace le disque d'avant en arrière accidentellement. Et, une fois le calme revenu, il recommence. Il aime le son ainsi produit. À partir de ce moment, notreTheodore va alors devenir Grand Wizzard Theodore, futur DJ légendaire. Car, sans le savoir, lorsqu'il stoppe la rotation du disque tout en bougeant légèrement le vinyle, il invente un nouveau genre à lui tout seul, le scratch.

    Il faut dire que notre jeune DJ est né exactement là tout se passe. Au cœur du Bronx. Des pionniers comme Afrika Bambaataa ou Grandmaster Flash expérimentent déjà le mix et le pass-pass. Mais le scratch, ça, c'est nouveau. Et quand il scracthe, ça fait du bruit !

    Bon, on récapitule la recette du scratch en ce happy day de 1975. Frotter le vinyle d’avant en arrière, synchronisé avec le beat, pour créer un effet percussif et musical.

    Mais pour cela, il faut une platine adaptée. Et cela tombe bien, Technics vient de sortir la platine idéale. La fameuse SL-1200, sur laquelle ce geste devient un atout d’expression pour les DJ américains de New York.

    Partout dans le monde, le scratch s’impose comme l’une des signatures du hip-hop. C’est un peu l’équivalent d’un solo de guitare pour les DJ.

    Comme quoi, l'innovation peut parfois surgir, comme un petit miracle, au beau milieu d’une dispute de famille…
    3 min
  • 1962 : Rien ne peut plus arrêter “The Loco-Motion”
    Nous sommes en juin 1962. Happy day pour Eva Boyd. Cette toute jeune Américaine de 19 ans, née en Caroline du Nord, va faire se trémousser la planète entière. Avec une chorégraphie complètement délirante.

    Son titre, c'est "The Loco-motion".

    Son nom de scène, Little Eva.

    Et c'est parti pour un tour de piste !

    Ce qui fait l'originalité de cette chanson, c'est qu'elle inaugure une nouvelle mode, celle du danse-chant : les paroles sont en réalité une simple description de la danse elle-même.

    Et quelle histoire, cette chanson ! On raconte que Carole King jouait de la musique chez elle quand Eva Boyd, occupée à faire des tâches ménagères, s'est mise à danser et à inventer la future danse du Loco-Motion.

    Sauf que, Little Eva racontera plus tard que les choses se sont déroulées autrement.

    Elle assure que la chanson a précédé la danse, car celle-ci n’existait pas encore au moment de la composition.

    C'est LORSQUE le titre est devenu un succès retentissant, qu'Eva Boyd a fini (en effet) par inventer une chorégraphie pour l’accompagner. La fameuse danse du Loco-Motion.

    Ce qui est vrai, c'est qu'on doit cette chanson au couple Carole King et Gerry Goffin, des auteurs-compositeurs déjà responsables de nombreux succès aux États-Unis.

    Inspirés par un pas de danse en vogue, ils écrivent « The Loco-Motion » pour Little Eva.

    Sorti en single, le morceau devient un hit immédiatement aux États-Unis. Il est numéro 3 chez nous en Belgique. Eva est invitée sur TOUS les plateaux télé !

    Mais l’aventure ne s’arrête pas là. En France, l’engouement pour la musique yéyé est à son apogée. Je rappelle que nous sommes en juin 1962. Les producteurs n'ont pas le temps de commander des chansons originales. Alors, ils importent des concepts clé en main des USA.

    La chanson est adaptée en français la même anné. Avec trois interprètes, rien que ça. Le premier, c'est Danny Boy. La seconde, c'est.... (Sylvie Vartan la voix off du Youtube)... (puis je reviens) Ah ben ça tombe bien, elle arrive sur scène ! Sylvie, c'est à vous !

    Et si vous préférez une version masculine, vous avez une troisième option, monsieur Danny Logan et ses pirates ! C'était le nom de son groupe ! Oh yeah !

    Dans le trio, c'est Sylvie Vartan qui raflera la mise. Avec un numéro 1 en France en octobre 1962. Suivront d'autres versions : Carole King (tant qu'à faire), le groupe disco Ritz, Dave Stewart, Barbara Gaskin et, bien plus tard, Kylie Minogue. Même John Lennon reconnaîtra, en 1974, durant une interview, que Loco Motion était une très, très bonne chanson !
    4 min
  • 1967 : « San Francisco », l'hymne du Summer of Love
    Nous sommes le 13 mai 1967. Happy day pour un chanteur qui a grandi en Floride et encore inconnu du grand public. Il va prêter sa voix à un titre qui deviendra, sur la côte Ouest, l'hymne de l'été amoureux, le fameux Summer of Love. Et pour se mettre dans l'ambiance, un peu de psyché nous fera le plus grand bien !

    Voilà, nous y sommes. Nord de la Californie. Quelque part entre Berkeley et San Francisco. Je vous sers aujourd'hui de guide. Cela tombe bien, j'ai eu la chance d'y résider quelques années. Mais ce que moi je n'ai pas eu le privilège de vivre, ce sont ces années où Frisco fut le berceau des beatniks, des freaks, des hippies, de la paix et de l'amour.

    San Francisco est alors le berceau de la contre-culture. D'ailleurs, Le festival pop de Monterey qui se tiendra du 16 au 18 juin 1967 sera le premier grand évènement de l'été amoureux. Exit le jazz et la folk. Place à la pop et au rock !

    Encore faut-il une chanson pour rassurer les autorités. On confie cette tâche à John Phillips, des "Mamas and Papas". Mais oui, vous voyez très bien, ils ont cartonné en 66 avec CECI…

    John Phillips prend soin de composer une chanson pour calmer les appréhensions des autorités locales. Elles ne voient pas d'un très bon œil l'idée que des milliers de jeunes gens débarquent dans un festival de musique.

    Et qui pour chanter ? Un certain Scott Mckenzie. Cela tombe bien, il vit désormais dans le Sud de la Californie.

    Et c'est ainsi que débarquent à la radio quelques notes qui vont changer le monde... C'est l'histoire d'une guitare et de quelques accords, simples, mais diablement efficaces... Tout comme les paroles qui vont évoquer l’ambiance pacifique qui DEVRA régner cet été en Californie.

    La chanson démarre sur une affirmation forte : Si tu vas à San Francisco, n'oublie pas les fleurs dans tes cheveux !

    Sa voix douce et la mélodie simple font mouche. CQFD. Le single se classe numéro 1 au Royaume-Uni, grimpe en 4ᵉ position du top 100 aux États-Unis. Sans tarder, il fait un carton dans de nombreux pays d’Europe, dont la Belgique et la France. France, où un chanteur va assurer une traduction à peu près fidèle du tube américain.

    Au-delà de son succès, « San Francisco » symbolise la rencontre entre la pop et le mouvement hippie. Un titre télécommandé, mais qui finira par s'imposer par lui-même, porteur de valeurs de solidarité, de tolérance et de fête.

    Le 13 mai 1967 restera donc le happy day de Scott Mckenzie. Il vient de créer la bande-son du Summer of Love. Et moi, je vous le confirme, j'aurais diablement aimé vivre à Frisco à ce moment-là, peut-être aurais-je croisé un Maxime Leforestier, dans une maison bleue accrochée à la colline. Peut-être portait-il, lui aussi, des fleurs dans les cheveux.
    5 min
  • 1960 : la Sabena et le Boeing 707, une première mondiale
    Nous sommes le 25 janvier 1960. Happy Day pour le fleuron de notre Royaume. La Sabena va s'envoyer en l'air, et c'est une première mondiale, avec l’incroyable Boeing 707.

    Notre compagnie nationale va franchir un cap historique en déployant dans sa flotte le tout nouveau bolide des airs, un avion à réaction long-courrier qui va redessiner la cartographie du transport aérien.

    La Sabena, c'est la classe. Allez, une petite page de publicité d'époque, en anglais. Excusez du peu !

    Du personnel accueillant. Un service impeccable. Et on y mange tellement bien que la Sabena a remporté un prix, celui du Club des Gastronomes. Avec le B707, on peut dire que la réputation ne va certainement pas se démentir de si tôt.

    Le premier exemplaire livré en décembre 1959 est présenté à Léopoldville et Élisabethville dès janvier 1960, le temps d’entraîner les équipages sur place. À son retour en Belgique, l’appareil effectue un vol expérimental sans escale entre Bruxelles et New York, preuve de la performance de ce géant à réaction.

    Oui, la Sabena faisait, en 1960, le voyage entre Bruxelles et New York.

    D'ailleurs, si vous voyagez en dehors du Benelux, une petite surprise vous attend….

    Vous pouvez acheter hors taxes. Des cigarettes. Du parfum. De l'alcool. Et même des diamants. Mais, revenons à notre moment de gloire ! C’est le 25 janvier 1960 que la Sabena s’illustre en devenant la première compagnie au monde à mettre en service régulier le Boeing 707 d’Europe vers l’Afrique, reliant Bruxelles à Johannesbourg via Léopoldville.

    Quelques mois plus tard, la compagnie multiplie les escales et les vols intercontinentaux. Le 6 avril, elle opère même la première liaison entre les États-Unis et la Russie, reliant New York à Moscou via Bruxelles en B707.

    Et tout cela, avec des hôtesses qui sont un peu, comment dire. Allez, laissons la journaliste de la RTB le dire à notre place...

    L'air de rien, pour que la Sabena soit la Sabena, il faut que ça brille ! Alors, certes, le 25 janvier 1960 restera comme le happy day d'une Sabena au top de sa forme. Mais, quelques mois plus tard, la décolonisation du Congo fera de notre compagnie aérienne l’un des plus vastes ponts aériens jamais organisés pour rapatrier rien moins que 30 mille personnes.

    Un record absolu sera établi quand un seul B707 embarquera 293 passagers, dont de nombreux enfants, plus dix membres d’équipage.

    Fin 1960, on peut aller à peu près partout avec la Sabena, découvrir la ferveur de Mexico ou tout simplement s'offrir un petit séjour en bord de mer à Nice ou à Palma !
    4 min
  • Pourquoi Dolly Parton a-t-elle écrit "I Will Always Love You" ?
    Nous sommes le 18 mars 1974. Une séparation artistique va se transformer en happy day libérateur pour une chanteuse country qui a grandi dans une famille modeste du Tennessee.

    Son tout premier succès, elle le doit à son oncle Bill. Il travaille alors dans une radio locale. C’est lui qui va diffuser la toute première chanson de Dolly Rebecca Parton à la radio.

    Son titre : Puppy Love !

    En 1973, Dolly est déjà une star en devenir. À 18 ans, elle a déménagé à Nashville, où elle a rencontré Porter Wagoner, un chanteur de country, mais surtout l'animateur de l'une des plus grandes émissions musicales de l'époque.

    Ensemble, ils vont écrire quelques succès, mais Dolly a envie de prendre son indépendance. Au cœur de l’été 73, la chanteuse de 27 ans annonce à son mentor, qu'elle veut mettre un terme à leur collaboration.

    Cette rupture est un tournant : elle souhaite voler de ses propres ailes, écrire et produire sa musique elle-même, en toute indépendance. Et c'est exactement ce qu'elle va faire... mais de la plus belle manière qui soit...

    Elle l’explique si joliment. Dans la vie de Dolly Parton, Porter Wagoner est une personne qui tient une place particulière. C'est à lui qu'elle va dédier une chanson, pour lui dire à quel point elle l'aime.

    "I Will Always Love You" parle à la première personne : elle y témoignage de son affection, de sa gratitude, mais surtout de son besoin de liberté.

    Écrite fin 1973, la chanson sort en single en mars 1974. « I Will Always Love You » est un très grand succès. Une mélodie simple sublimée par une voix imposante, qui va séduire bien au-delà des milieux country.

    Tant de voix et d'artistes adapteront cette chanson, se l'appropriant jusqu'à faire oublier qu'au départ, c'est Dolly Parton qui l'a écrite, avec ses tripes.

    Linda Rondstadt, Amber Riley, Kenny Rogers, LeAnn Rimes, Sarah Washington et, bien entendu, Whitney Houston.

    En ce happy day du 18 mars 1974 démarre officiellement une carrière couverte de superlatifs, d'émissions télé, de tubes et de concerts.

    Avec Dolly Parton, la douceur de l’Amérique rurale s'impose au-delà des studios de Nashville. D'ailleurs, pour son premier concert événement à New York, 4 ans plus tard, Dolly Parton ira saluer deux invités de prestige, Mick Jagger et Patti Smith.

    Concert après lequel elle déclarera : "On n'en fera jamais beaucoup si on est pas assez courageux pour essayer. Quand on veut l'arc-en-ciel, il faut supporter la pluie".
    4 min
  • Pourquoi René Goscinny et Albert Uderzo ont-ils détesté le premier film Astérix ?
    Nous sommes le 23 décembre 1967. Happy Day pour les familles belges. Les cinémas diffusent la première adaptation au cinéma d'une bande dessinée qui cartonne depuis sa sortie en 1961. Trois jours après la France, le Royaume découvre « Astérix le Gaulois ». D'où est venue cette idée d'ailleurs ? Et comment a été créé Asterix ? Réponse de René Goscinny à la télévision suisse.

    En 1967, le personnage passe de la BD au grand écran. MAIS, qu'en pensent Albert Uderzo et René Goscinny ? En fait, ils ne sont pas au courant. Ils ont même été tenus à l'écart lors de l'élaboration du projet. C'est lors d'une projection privée qu'ils découvrent l'adaptation de leurs planches au cinéma. Leur réaction ? Nous allons y revenir.

    Produit par Belvision, le film met en scène tous les héros de la BD : Astérix, avec la voix fablueuse de Roger Carel, Obélix, Panoramix et Abraracourcix, le chef, auquel a prêté sa voix Pierre Tornade.

    La nouveauté, c'est une voix off, qui dirige les scènes comme si on tournait les pages de la BD. D'ailleurs, la version dessin animé est plutôt proche des planches. Elle nous plonge 50 années avant J.-C., période où Jules César a conquis toute la Gaule. Enfin presque.

    Dans ce village, des guerriers, dont Astérix et Obélix, résistent à l'envahisseur romain. Et tout cela grâce à la potion magique du druide Panoramix, potion qui leur donne une force surhumaine.

    Le trait reste assez fidèle à l’univers d’Uderzo, et les dialogues sont pétris d’humour. Mais mais mais... Albert Uderzo et René Goscinny ne sont pas convaincus. Ils sont même déçus, à tel point qu'ils vont exiger la destruction des deux autres films déjà prévus et imposer d'être partie prenante dans l'élaboration du long-métrage suivant, Astérix et Cléopâtre, qui sortira en décembre 1968. Goscinny le reconnaît, c'est un travail titanesque...

    Peu importe ce qu'ils en pensent. Le public répond présent. Le 23 décembre 1967 restera, si pas le happy day de ses concepteurs, en tout cas celui des fans de la BD.

    La file d’attente est tellement longue devant les cinémas que les salles prévoient des chaises aux mamans et distribuent des bonbons et des boissons, comme de la potion magique.

    Curieux hasard, un chanteur cartonne ce mois-là avec un autre héros de BD, tiens, voilà les Dalton !
    4 min
  • Pourquoi "Je suis malade" de Serge Lama a-t-il failli ne jamais voir le jour ?
    Nous sommes le 15 septembre 1973. Happy Day pour Serge Lama. Un vieux chagrin d'amour transposé en chanson va lui offrir son plus grand succès de tous les temps. Et pourtant, il doit batailler pour imposer ce texte à sa maison de disque, qui lui préfère une autre chanson, bien plus légère…

    Pour Serge Lama, c'est "Je suis malade" qui doit s'imposer, qui VA s'imposer. Cette évidence ne l'est pas pour Philips, sa maison de disques, qui n'en mesure pas le potentiel et n'y croit pas vraiment.

    Pugnace comme jamais, Serge Lama va menacer d'interrompre l'enregistrement de l'album si Philips ne lui laisse pas enregistrer ce titre. Et c’est Dalida, très émue par le texte, qui va l’intégrer à son album "Julien" la même année, quelques mois après la sortie de la version originale de Serge Lama.

    Résultat : le succès de Dalida va donner raison à Serge Lama. Et va raviver la curiosité de ses fans vers la version originale.

    L'histoire, qui a tant ému Dalida, se déroule en 1969. Serge Lama tombe amoureux de Michèle Potier, mais ils sont tous deux déjà mariés.

    Leur relation reste secrète, puis Michèle part au Maroc. Une déchirure pour Lama, qui se confiera à son amie Alice Donna, avec ces mots : "Cette histoire me rend malade".

    C'est elle qui va composer en quelques heures une musique poignante sur laquelle Serge, revenu de tournée, écrit presque d’un jet le texte, comme une confession... urgente.

    Dans « Je suis malade », Serge Lama ne parle pas seulement de sa propre douleur amoureuse. Il y glisse aussi des blessures d’enfance, celles de son père baryton qui a dû renoncer à sa carrière. C'est une chanson qui parle de l’abandon, de la colère et du désespoir.

    Grâce à ce titre, sorti le 15 septembre 1973, le talent d’auteur de Serge Lama est alors reconnu à sa juste valeur. L'album se vend à plus d’un million d’exemplaires.

    « Je suis malade » trouvera sa consécration l'année suivante. Lors d’un concert donné à l’Olympia en 1974, Serge Lama termine la chanson sans micro, a cappella, devant un public, conquis. C'est un triomphe qui poussera même Philips à sortir un album "live", sobrement intitulé "Serge Lama à l'Olympia".
    7 min
  • Comment Raymond Devos a-t-il lancé sa carrière avec son premier one-man-show en 1963 ?
    Nous sommes début septembre 1963. Happy Day pour un humoriste dont tout le monde pense qu'il est belge parce qu'il est né à Mouscron. En fait, il est français. C'est à Bruxelles, au Vaudeville, qu'il lance son premier « one man show ». Un seul en scène face au public dont Raymond Devos ne mesure pas encore la portée... Son rayon, c'est le comique de l'absurde et des mots. Son obsession : faire rire.

    Blessé, comme dans son enfance sans doute.

    Au premier temps de la valse, au milieu des années 20, il vit une une enfance heureuse au Château des Tourelles avec ses parents. Il a 4 frères et une sœur.

    Tout petit déjà, il découvre le cirque et le théâtre avec émerveillement. La musique aussi.

    Lorsqu'il a 2 ans, en 1924, son père fait faillite. La famille se retrouve alors à Tourcoing. Mais, victimes de la crise financière de 1929, ils devront le retirer à contrecœur de l’école du Sacré Cœur de Tourcoing. Direction : la plus modeste banlieue parisienne.

    Devos est un très bon élève, mais il doit renoncer à sa scolarité pour contribuer aux charges familiales. À 15 ans, il exerce différents métiers : libraire, crémier aux Halles puis livreur.

    Le soir, il prend aussi des cours de musique et de théâtre. Et il fait ses débuts de comédien dans de petites compagnies. Ce n'est pas encore le grand soir...

    Dans les années 50, c'est au cabaret « Le Cheval d’Or » puis aux « Trois-baudets » qu’il teste ses premiers sketchs et qu'il se fait remarquer par Maurice Chevalier, qui l'invitera à faire la première partie de son spectacle à l’Alhambra. C'est début de la consécration.

    Pour lui, l'humour, c'est du travail. Rien à voir avec le profil du bout-en-train.

    À partir de 1957, Raymond Devos multiplie les représentations. Il fait de la musique. Il fait aussi du cinéma. Mais c'est en ce happy day de la rentrée 1963 que sa carrière va prendre une toute autre direction.

    Son premier « One man show » s'installe au Théâtre du Vaudeville à Bruxelles. C'est un tel succès qu'il sera suivi d’une tournée. Une tournée qui, l'année suivante, le ramènera à Paris par la grande porte, cette fois.

    Le 23 septembre, il s’installe pour six mois au Théâtre des Variétés. Un spectacle qui connaîtra un tel succès qu'il le ramènera, l'années suivante, pour une tournée de six mois chez nous en Belgique, mais aussi en Suisse, en Afrique du Nord et au Liban.

    Pour lui, le rire est une choses sérieuse, avec laquelle il ne faut SURTOUT pas plaisanter
    4 min
  • Comment Baccara est-il devenu un phénomène disco en 1977 ?
    Nous sommes le 2 juillet 1977. Happy Day pour un duo espagnol, remarqué dans un hôtel des îles Canaries par un producteur allemand. Leur nom ? Baccara. Particularité : elles sont danseuses de cabaret ! Ambiance !

    Au début des années 70, la chaîne espagnole TVE diffuse des émissions de divertissements entrecoupées de ballets chorégraphiés. Parmi les danseuses, deux jeunes filles. Une brune, qui s’appelle Mayte. Et une brune tendance rousse, c’est Maria. Elles sont copines, inséparables et elles aiment beaucoup passer à la télé.

    Ensemble, elles vont former un duo spécialisé dans les danses traditionnelles. Tout cela se déroule dans un hôtel de Fuerteventura. Hôtel où un producteur allemand va les remarquer et va leur proposer un deal.

    Nous sommes en pleine vague disco, mais il n'y a pas encore de duo espagnol féminin dans le tableau. Rolf Soja les a convaincus. Voici le duo Baccara sous pavillon RCA et voici le début de leur première chanson ! Sur un fond de violons qui vous rappellera sans doute le "Don’t Leave me this way" de Thelma Houston…

    Sur scène, tous les ingrédients sont réunis : un petit accent espagnol, des vocalises langoureuses très suggestives, des jambes dénudées, mais tout est dans l'évocation. Pas question de vulgarité. Le producteur n'en veut pas.

    Et il a raison : il a trouvé dans cet érotisme débordant mais contenu la recette d’un succès immédiat. Juste retour sur investissement pour RCA, qui a mis la main au portefeuille. Les costumes coûtent jusqu'à 4 000 € par prestation. Il faut que ça claque. Le refrain obsédant va se charger du reste !

    Le succès est garanti, phénoménal, fulgurant. Le 45 tours s’écoule à plus de 16 millions d’exemplaires en Europe. En Europe, parce que la chanson, contre toute attente, ne marche pas DU TOUT aux États-Unis, malgré une diffusion assez insistante.

    Voilà qui est plié, en quelques semaines, en 1977, Baccara devient l’un des symboles disco de la fin des seventies. Mais aussi un symbole européen avant l'heure : duo ibérique qui enregistre aux Pays-Bas un titre en anglais produit par des Allemands.

    Le 2 juillet 1977 restera comme le Happy Day de Baccara, dont la saveur délicieusement kitsch, portera les couleurs du Luxembourg l'année suivante à l'Eurovision... avec une chanson en français.

    En attendant, il faut que ça brille. Et que ça boogie, boogie all night long !
    4 min

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Happy Days, le podcast 100% années 60 et 70, vous replonge dans les souvenirs marquants de cette époque iconique ! Chaque jour de la semaine, redécouvrez des histoires fascinantes de vos idoles et de…