Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

By Nostalgie+Music
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Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70 episodes

  • 1970, "Aujourd’hui Madame", l’émission dédiée aux femmes au foyer, voit le jour
    Nous sommes le 19 mai 1970. Happy Day pour les mères au foyer. Elles auront désormais droit à leur propre émission, juste après la vaisselle de midi. Oui, je sais, mais nous sommes bien en mai 1970. Sur la deuxième chaîne couleur de l’ORTF, un nouveau magazine quotidien fait ses premiers pas. Une émission imaginée par Armand Jammot, qui va ouvrir la programmation de l’après-midi, dès 14 h 30. Et c'est évidemment un homme qui la présente. Il s'appelle Alain JEROME.

    Cette émission, diffusée donc du mardi au samedi, s'appelle « Aujourd’hui Madame ». Elle est destinée aux femmes au foyer. Mais c'est surtout la première émission à occuper ce créneau horaire en milieu de journée.

    Elle alterne plateaux et reportages, explorant des thèmes de société susceptibles d’intéresser un large public féminin : la famille, la mode, la santé, la vie pratique… Elle s’adresse avant tout à ces femmes au foyer, souhaitant être informées et diverties en pleine après-midi.

    Je rappelle donc que nous sommes en 1970.

    L'une des invitées (de la première émission) est l'actrice Françoise ROSAY. Question : quelles sont pour elle les choses importantes de la vie ?

    On apprendra donc que ce qui importe, c'est donc la bonne santé, une hygiène de vie convenable. Selon elle, "chacun peut être heureux en regardant et en appréciant ce qu'il a." Elle donne également son opinion sur l'amour, et la nouvelle génération de comédiennes.

    L'émission est un peu figée à ses débuts, mais elle va rapidement évoluer pour devenir plus décontractée. Aux commandes, plusieurs visages se succèdent ou se relaient : Jacques Garat, Nicole André, Alexa… Mais aussi d’autres chroniqueurs et chroniqueuses comme Maud Sacquard de Belleroche ou encore Patrice Laffont.

    Ah oui tiens, Patrice Laffont. En 1973, il organise une émission sur les femmes avec, sur le plateau, uniquement des hommes...

    Patrice Laffont et ses invités, tous masculins, je le rappelle, vont définir leur femme idéale. Allez hop, un petit exemple de ce qu'on disait sur le plateau...

    Le 19 mai 1970 reste donc dans les mémoires des femmes au foyer de l'époque un happy day, celui où un magazine a commencé timidement, avec un peu de condescendance, à s'adresser à elles. « Aujourd’hui Madame » tiendra l’antenne jusqu’au 15 janvier 1982. Avec un générique cultissime !
    5 min
  • 1963, lancement de "Surfin' USA", hymne californien des Beach Boys
    Nous sommes le 4 mars 1963. Happy Day pour un jeune groupe californien. Il s’apprête à conquérir le monde avec un titre qui fleure bon la culture locale : « Surfin' USA ». Ce 45 tours va marquer la naissance commerciale du seul groupe américain capable, à cette époque, de rivaliser avec les Beatles et les Rolling Stones.

    Il y a fort à faire, car en ce moment, ces derniers triomphent à la télé américaine avec ceci...

    Ce succès ne fait pas peur à notre groupe californien. Ils s'appeleront "Beach Boys".

    Formée deux ans plus tôt, la troupe est composée de trois frères, de leur cousin et d'un ami. Leur trouvaille est géniale : ils vont créer une nouvelle forme de musique, qu’on appellera “surf music”, avec des harmonies vocales élaborées, mais très mélodiques.

    « Surfin' USA » est la créature de Brian Wilson. D’ailleurs, il sera le compositeur de la plupart des succès des Beach Boys.

    Tout commence par une histoire d’amour : Brian sort avec Judy Bowles, dont le frère, Jimmy, est passionné de surf. Son inspiration, c'est cette chanson :

    « Surfin' USA » s'enracine donc dans la lignée de « Twistin' USA » de Chubby Checker. Encore faut-il des paroles. Brian décide de créer une chanson énumérant les spots de surf californiens. Il demande à Jimmy de dresser une liste de tous les endroits mythiques pour y glisser les noms dans le texte. Quitte à prendre quelques libertés avec son état natal, puisque la chanson évoque aussi des spots à Hawaii et en Australie. Prenez votre planche, on y va !

    Autant dire que les paroles résonnent, aux USA, mais aussi dans le reste du monde. Le titre sort et grimpe aussitôt dans les classements. 3e meilleure vente en Amérique du Nord en mars 63, excusez du peu !

    Mais un problème se pose : la mélodie rappelle fortement une autre mélodie...

    C'est vrai qu'à l'écoute, c'est assez clair ! Chuck Berry reconnaît la patte de "Sweet Little Sixteen" et c'est parti pour un tour de menaces de poursuites judiciaires, Chuck Berry sera crédité comme seul auteur-compositeur, sans aucune mention de Brian Wilson. Cela dit, la carrière des garçons est lancée, la chanson triomphe malgré tout. À la fin du mois du mars, elle reparaît comme première piste de leur premier grand album. Ils n'iront pas chercher son titre bien loin, ce sera (aussi) “Surfin' U.S.A”..

    Alors, à n'en pas douter, les Beach Boys se souviendront du 4 mars 1963 comme le Happy Day qui leur a permis de contrer l'invasion des groupes britanniques, la fameuse British Invasion, avec un morceau qui fleure bon la Californie, la plage et l’insouciance. Un titre qui amorce, l'air de rien, la formidable aventure des Beach Boys.
    4 min
  • 22 janvier 1968: Leuven devient l’épicentre de la contestation étudiante
    Nous sommes en janvier 1968. Happy Day pour la contestation estudiantine flamande. Bien avant Paris, le Quartier latin et les barricades, c'est en Belgique que la jeunesse universitaire gronde. Elle n’a pas attendu que la Sorbonne s’agite. C’est à Leuven que la première étincelle a jailli. Ambiance d'époque.

    "Ontslag VDB", c'est un slogan qui signifie littéralement «VDB Démission ». Dans le contexte des manifestations belges de 1968, cette exclamation vise directement le Premier ministre de l’époque, Paul Vanden Boeynants. Les manifestants réclament son départ du gouvernement, notamment en lien avec la crise linguistique et universitaire autour de Louvain.

    Les évêques francophones annoncent le 14 janvier 68 leur intention de rester à Leuven. Ils proclament le caractère intangible de l’université. Il n'en fallait pas moins pour mettre le feu aux poudres et mobiliser l’ensemble de la communauté académique flamande.

    Cette affaire traîne depuis 7 ans, comme le reconnait cet habitant de Leuven...

    Et pour cause, en janvier 1968, la plus ancienne université catholique du pays se retrouve au cœur d’un brasier politique, linguistique et culturel. La question de la scission entre francophones et néerlandophones, déjà sous-jacente, devient explosive.

    Des slogans apparaissent, comme le fameux « Walen buiten », signe d’une tension qui dépasse largement le simple cadre des bancs d’école. Michel Molitor, professeur émérite à la Faculté des sciences sociales et politiques de l'UCLouvain, se souvient.

    On le sait, Louvain-La-Neuve naîtra de cette scission. En attendant, pendant que Paris n’a pas encore levé le poing, Leuven bouillonne. Les étudiants occupent les locaux, discutent, se mobilisent contre une vision jugée archaïque de l’enseignement, mais aussi pour une meilleure reconnaissance de la Flandre et du flamand.

    Puis, quand mai 68 embrase la France, la Belgique a déjà fait le gros du travail. Les revendications de Leuven entrent en résonance avec la vague contestataire internationale. Les espoirs de changement, la volonté d’émancipation des jeunes générations : tout s’entrechoque et se nourrit mutuellement, de Bruxelles à Paris, de Leuven à Berkeley.

    Le 14 janvier 1968 est-il un happy day ? Il y a débat. “You say goodbye, I say hello.” Avec Louvain-La-Neuve, la Wallonie devra faire preuve d'audace pour créer un nouveau pôle académique en Brabant wallon. Certains estiment que sans les événements de Leuven, la Belgique ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. Pas plus que le mai 68 français, d’ailleurs, qui s’en est largement inspiré.
    4 min
  • 1972 : « L’Aventure, c’est l’aventure » révèle Aldo Maccione
    Nous sommes le 4 mai 1972. Happy Day pour un acteur italien apparu deux ans plus tôt dans "Le Voyou" et qui a tapé dans l’oeil du réalisateur, Claude Lelouch. Il va lui offrir son premier grand rôle dans un film qui va marquer l’année : « L’Aventure, c’est l’aventure ».

    Au milieu d’acteurs confirmés comme Lino Ventura, Jacques Brel ou encore Charles Denner, un certain Aldo Maccione se fait remarquer par son charisme et son sens inimitable de la comédie. Notamment pour draguer les filles. Son arme secrète, une démarche....

    Dans cette scène culte, Aldo fait une démonstration de sa démarche devant Jacques Brel et Lino Ventura. Il incarne l’un des cinq compères — plus ou moins escrocs — qui décident de se lancer dans des aventures rocambolesques pour gagner de l’argent : enlèvements, show-business, trafic en tout genre, rien ne leur fait peur, tant que la fortune est au bout du chemin. La fameuse scène de la plage est complètement improvisée. Claude Lelouch le reconnaîtra plus tard...

    Dans ce joyeux bazar, qui aurait pu être un film beaucoup plus sérieux, Aldo Maccione se distingue par sa gouaille italienne, et cette dégaine exagérée — devenue sa signature — qui provoque l’hilarité du public.

    Il joue un véritable rôle de composition, un filou séducteur, toujours prompt à une pirouette ou un bon mot, contrastant avec la force tranquille de Lino Ventura.

    Autre figurant célèbre, Michel Drucker, qui annonce une information de la plus haute importance !

    Johnny Hallyday, lui aussi au casting, regarde le journal dans le salon, en train de fumer, avec Jacques Brel et Aldo Maccione à côté de lui. Tout cela est improbable, mais va permettre à Aldo de crever l'écran et de se faire remarquer comme... la vedette principale du film de Lelouch.

    Oui, le 4 mai 1972 restera comme le Happy Day d'un artiste italien, encore inconnu du grand public francophone, mais qui parvient presque à éclipser une distribution de légendes. Dans « L’Aventure, c’est l’aventure », on devine déjà (mais c'est normal, on connaît la suite de l'histoire) qu'Aldo la classe italienne va marquer le reste des années 70, le début des années 80 et vivre sa plus belle dolce vita....
    4 min
  • I love America : ce jour de 1978 qui a changé la carrière de Patrick Juvet
    Au printemps 1978, Patrick Juvet s’installe quelque temps à Los Angeles pour retrouver le moral. Mais en rentrant, une escale imprévue à New York va tout changer. Il est hébergé chez une amie de Nicoletta et découvre la frénésie du Studio 54. Là, il croise Jacques Morali et Henri Belolo, les producteurs derrière les Village People. Ceux-ci lui demandent s’il a un titre à leur proposer.

    Juvet leur joue une ballade mélancolique au piano, mais Morali lui demande d’accélérer le tempo. En quelques heures naît « I Love America », un titre qui marie son univers sensible à l’énergie du disco américain. Grâce à un contrat avec le label Casablanca, la chanson devient un succès mondial, dominant les charts dans plus de 15 pays.

    Ce 27 mai 1978 reste gravé comme le jour où Patrick Juvet est devenu une star internationale.
    4 min
  • 1972 : Le Grand Blond avec une chaussure noire, une comédie culte
    Nous sommes le 6 décembre 1972. Happy Day pour les cinéphiles les plus sages. Saint-Nicolas a déposé dans leurs petits souliers des tickets de cinéma pour aller applaudir un film familial, mais avec plusieurs niveaux de lecture.

    Le réalisateur est Yves Robert. La vedette s'appelle Pierre Richard. Il joue le rôle d'un violoniste un peu rêveur, Francois Perrin. Le personnage arrive a Orly avec aux pieds une chaussure jaune et l'autre noire. Et il est suivi.

    François Perrin est choisi au hasard par les services secrets français pour devenir… un faux agent double ! Tout cela dans le but de tromper un haut responsable jaloux, prêt à toutes les manigances pour éliminer un rival.

    Bien entendu, ce suspense est une grande farce. François Perrin, coiffure en bataille et maladresse géniale, ignore tout de ce complot. Il traverse la ville et la vie sans se rendre compte qu’il est suivi, espionné, et considéré comme le plus grand des espions.

    Aux côtés de Pierre Richard, du lourd. Bernard Blier, Mireille Darc, Colette Castel et, dans le rôle du colonel Louis Toulouse, un merveilleux Jean Rochefort.

    À l’écran, Pierre Richard est irrésistible, dans un rôle qui est taillé pour lui. Celui du grand blond candide, marionnette malgré lui d’un jeu de dupes savoureux. Face à lui, on retrouve donc Bernard Blier, chef des services secrets plus vrai que nature et diablement ambitieux. Et tout cela aux côtés d'une galerie de seconds rôles aussi pittoresques qu’efficaces dans ce qu'il faut appeler une comédie, disons un film d'espionnage parfaitement grotesque.

    « Le Grand Blond avec une chaussure noire » est un très, très grand succès en France, dans les pays francophones, mais aussi dans d'autres pays européens.

    En 1973, le film obtient l'Ours d'argent au Festival international du film de Berlin. En 1976, il recevra même un Goldene Leinwand (Ecran d'or en français). Cette récompense allemande est réservée à des films au box-office exceptionnel, de plus de 3 millions de spectateurs.

    Le 6 décembre 1972 est un happy day pour le réalisateur, Yves Robert et une comédie culte, dont l’humour absurde marquera plusieurs générations autour d'une musique composée par Vladimir Cosma, elle aussi entrée dans la légende...
    4 min
  • 1961 : Gilbert Bécaud triomphe avec Et maintenant
    Nous sommes le 1er mai 1961. Happy Day pour un artiste français accompli qu'on a déjà surnommé "Monsieur 100 000 volts". Ce jour-là, il libère des paroles écrites par Pierre Delanoë et signe une chanson qui va devenir un monument du répertoire francophone. Cette chanson n'est pas née par hasard, comme il l'expliquera à Michel Drucker, quelques années plus tard.

    Avec les mêmes photographes. La presse invente alors une histoire d'amour entre les deux inconnus. Bécaud a passé un week-end à la côte d'azur avec une jolie demoiselle étrangère. Sauf qu'il n'en était rien. Au retour, ils se parlent, elle le raccompagne chez lui. Très triste. Il lui propose de prendre un thé. Et là..

    « Et maintenant », que vont faire Bécaud et son parolier ? Ils vont en faire une chanson. Lorsqu’il découvre le texte de Delanoë, il compose une mélodie empreinte de désarroi. « Et maintenant » exprime la souffrance d’un amour perdu, d’une rupture brutale qui laisse sans repère. Et tout cela sur un air de boléro, qui rappelle un certain Maurice Ravel. Je veux parler de CECI.

    Très vite, "Et maintenant" devient un énorme succès, criant de vérité, qui s'accroche durant des semaines en tête du hit-parade en France et en Belgique. La chanson sera ensuite reprise par Eddy Mitchell, Petula Clark ou encore Isabelle Aubret. Elle va même connaître un destin international, d'abord par une version anglaise, mise au point par Gilbert Bécaud lui-même.

    Voici "What now my love", chanté sur le plateau d'Ed Sullivan en 62.

    Dans sa version anglaise, sur des paroles de Carl Sigman,"Et maintenant" inspire d'autres artistes, anglo-saxons cette fois. Au total, plus de 300 versions seront enregistrées, entre autres par Frank Sinatra et Elvis Presley.

    "What now my love" par le King, ça donne ceci, en public, à Honolulu, 10 ans plus tard...

    Le 1er mai 1961 restera gravé comme le Happy Day d'un Gilbert Bécaud qui, sans le savoir, sur le souvenir d'une rencontre brève et sans issue, connaîtra son plus grand succès, un succès qui lui échappera bientôt pour connaître un destin planétaire, pas une fleur et pas de pleurs, au moment de l'adieu....
    4 min
  • 1974, Le Sony Compact Stereo révolutionne la hi-fi familiale
    Nous sommes le 1er novembre 1974. Happy Day dans les familles américaines. Elles découvrent, à quelques semaines des fêtes, un appareil qui va faire entrer la hi-fi dans tous les foyers de la working class moyenne. Contrairement aux chaînes hi-fi de l'époque, cet appareil est compact. Et c’est Madame qui l’a choisi !

    Cette mère au foyer explique qu'elle ne peut pas vraiment distinguer un « un tweeter - d'un woofer - d'un tawoofer », raison pour laquelle elle a opté pour le tout nouveau Sony Compact Stereo. Son slogan est tout trouvé : "It will blow your socks off". Traduction : Il vous en mettra plein la vue.

    Mais surtout les oreilles. Cet appareil comprend une platine, un amplificateur et un récepteur radio, capable de capter à la fois les ondes moyennes et la FM en stéréo. Il suffit d'y brancher les haut-parleurs fournis dans la boîte et que le spectacle commence.

    Le "Sony Compact Stereo", c'est une expression que tout le monde comprend. N’est-ce pas madame ?

    Elle le dit elle-même, cela coûte quelques dollars de plus, mais c'est du Sony ! Le modèle commercialisé en 1974 est vendu au prix de 370 $ US à sa sortie. Chez nous, il est lancé au prix de 15 000 francs belges.

    Contrairement aux systèmes hi-fi séparés plus coûteux, ce modèle compact permet à de nombreuses familles d'accéder à une meilleure qualité sonore.

    Avec un look moderne et un format tout-en-un, il s’intègre parfaitement dans TOUS les salons qui se respectent.

    Avec un message fort : il est fait pour vous, audiophile ou non, expert ou néophyte.

    Au fil des années, le Compact Stereo va évoluer. Chez nous, en plus de la FM, la chaîne hi-fi comprendra bientôt un lecteur/enregistreur de cassettes.

    Oui, à n'en pas douter, le 1er novembre 1974 ressemble à un furieux happy day pour une marque qui a compris comment se rendre indispensable à la maison, du rock au classique, du disco à la musique funk.

    D'ailleurs, même la platine a une furieuse envie de chanter "Rock you baby"...
    3 min
  • 1960, Henri Salvador sort "Faut rigoler", un hommage joyeux à Boris Vian
    Nous sommes le 1er juin 1960. Happy Day pour un chanteur né à Cayenne. Déjà bien installé dans le cœur des francophones, Henri Salvador va sortir de son chapeau un petit « cha-cha-cha » qu'il a composé deux ans plus tôt avec un certain Boris Vian.

    « Faut rigoler » sort début juin 1960. La musique, c’est Salvador lui-même qui la compose. La plume, c'est celle de Boris Vian. Leur ambition : se moquer du petit monde du rock and roll, car leur passion, c'est le jazz !

    Henri Salvador et Boris Vian ont l’habitude d'écrire des chansons ensemble. Henri Salvador improvise au piano et Boris Vian rédige les textes dans la foulée.

    « Faut rigoler » naît (justement) d'une anecdote. Henri Salvador raconte à Boris Vian que, petit, un de ses professeurs aux Antilles lui parlait de « leurs ancêtres les Gaulois », une expression qu'il trouve à la fois drôle et absurde. C'est à partir de ce souvenir que la chanson est écrite en 30 minutes à peine.

    Mais pourquoi a-t-il fallu deux ans pour que sorte cette petite farce ? Parce que le 29 juin 1959 survient un événement tragique.

    Boris Vian décède prématurément sur le coup de 11 heures. Il assiste à une projection de travail, contrarié par certaines images du film dont il restait à composer la musique.

    Voilà son comparse, Henri Salvador, orphelin d'un ami, mais bien décidé à lui rendre hommage avec une chanson où peut entièrement se déployer le rire communicatif et la malice à toute épreuve de Salvador.

    En reprenant la maxime « Nos ancêtres les Gaulois », récitée à l’école, il se moque gentiment de ce décalage entre son propre univers et celui de ces hommes qu'il ne reconnaît pas vraiment....

    La légende raconte que René Goscinny et Albert Uderzo auraient trouvé un écho dans ces couplets guillerets pour imaginer les aventures d'Astérix et Obélix. Le succès est immense. On voit Salvador régulièrement dans les émissions de variétés, notamment chez Maritie et Gilbert Carpentier. Et comme il est drôle, il obtient même, en première partie de soirée, sa propre émission sur l'ORTF, « Salves d’Or ». Avec un générique à son image, parfaitement jazz !

    Tout le monde l'adore. Même le Général de Gaulle déclare qu'il ne rate jamais ses émissions !

    Un an après la mort de son ami Boris Vian, le 1er juin 1960 est un happy day qui prouve qu'avec un brin d'intelligence et de bonne humeur, on peut franchement rire de tout, y compris des livres d'histoire...
    4 min
  • Dans les coulisses des débuts du festival Rock Werchter à Werchter
    Nous sommes le 12 juillet 1975. Dans une petite ville du Brabant flamand, à 10 km de Leuven, un événement se prépare. Une scène faite de bacs de bière va réunir plusieurs groupes de rock et de blues. C'est d'ailleurs le nom choisi : "Rock & Blues".

    Le samedi est consacré à une soirée musicale, baptisée T Dansart, accessible pour 40 francs seulement. Le dimanche, à 15h, place à des concerts.

    Les premiers à monter sur scène à Werchter s'appellent Vulgus, un groupe formé par 5 copains. Le chanteur, René Scheveneels s'en souvient très bien.

    Comme il l'explique, les garçons rencontrent, un peu par hasard, Hedwig de Meyer, l'organisateur.

    De Meyer cherche un groupe qui assurera la première scène du festival. Ce sera donc Vulgus.

    Les préventes sont lancées quelques semaines plus tôt. Plusieurs enseignes participent : Musicland à Leuven, le Café Bij Claude à Haacht ou encore Disco Center à Tremelo.

    Pour assister au concert du dimanche, il faut débourser 100 francs belges en prévente, 120 sur place.

    Aux côtés de Vulgus, quelques noms déjà connus dans le petit monde du rock belge, qui en est encore à ses débuts. On trouve Banzai et Kandahar. Un groupe de jazz rock/fusion parfaitement à l'aise dans son époque...

    Cette année, il aussi Stormy Monday et Big Bill Krakkebaas. Un machiniste les accompagne, un certain Pol Van Bruystegem (Lange Polle pour les intimes). Bien des années plus tard, il triomphera sur la scène principale de Rock Werchter avec Triggerfinger.

    Puisque oui, on s'en doute, ce fameux "Rock & Blues" créé en 1975 va rapidement changer de niveau ! Et tout ça, le doit à notre fameux Hedwig De Meyer.

    L'arrivée d'Herman Schueremans dans l'aventure, l'année suivante, va permettre de jeter les bases du futur festival Rock Werchter.

    Trois ans plus tard, en 1978, Hedwig De Meyer conçoit pour la première fois sa propre scène. Il n'a pas le choix, il ne trouve aucune entreprise de location. Et c'est ici que démarrera l'histoire de Stageco, l'une des plus grandes entreprises de scènes dans le monde. Son système de tours d'acier est tellement ingénieux qu'il va dépasser la concurrence pendant plusieurs années.

    Mais, l'air de rien, tout commence en ce happy day du 12 juillet 1975, quand quelques passionnés s’installent dans un champ, sous le soleil estival, pour partager un moment de musique et d’insouciance, entre le blues et le rock, devant le concert de Big Bill Krakkebaas…
    7 min

About Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

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Happy Days, le podcast 100% années 60 et 70, vous replonge dans les souvenirs marquants de cette époque iconique ! Chaque jour de la semaine, redécouvrez des histoires fascinantes de vos idoles et de…