Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

By Nostalgie+Music
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Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70 episodes

  • Pourquoi West Side Story a-t-il triomphé aux Oscars 1962 ?
    Nous sommes le 9 avril 1962. Happy Day pour Bob Hope, il devient le maître de cérémonie de la 34e cérémonie des Oscars. Un film va ce soir retenir toute l'attention. Sortez les nœuds papillon. Lever de rideau à Santa Monica.

    La musique sera à la fête pour cette édition 1962. Alors, les organisateurs ont choisi une cantatrice et actrice pour lancer la cérémonie. Elle s'appelle Mary Costa. Elle vient du Tennessee. Il y a 3 ans, elle incarnait la princesse Aurore, dans le film de Disney "La Belle au bois dormant", à qui a prêté son incroyable voix. Ce soir, autre honneur, l'hymne national !

    Le moment est venu de dévoiler le meilleur film de l'année. En compétition :

    West Side Story de Robert Wise Fanny de Joshua Logan Les Canons de Navarone (The Guns of Navarone) de Carl Foreman L'Arnaqueur (The Hustler) de Robert Rossen Et Jugement à Nuremberg (Judgment at Nuremberg) de Stanley Kramer

    Qui va remporter l'Oscar ?

    « West Side Story » est né de la rencontre entre Robert Wise et Jerome Robbins, un chorégraphe de génie. Inspirés par Roméo et Juliette, ils transposent la tragédie dans le New York des années 1950, où deux gangs rivaux se disputent les rues de l’ouest de Manhattan. C'est un film, mais surtout une comédie musicale !

    “West Side Story” accouchera de chorégraphies époustouflantes, malgré une ambiance électrique durant le tournage. Sorti en 1961, le film bat tous les records de fréquentation en salle. D'ailleurs, en France, il restera cinq ans d’affilée à l’affiche au cinéma George V, à Paris.

    Mais il va surtout, ce soir-là, remporter 10 Oscars.

    Rétablissons, tout de même, une petite vérité historique sur l’une des actrices à l’affiche, Natalie Wood. Elle enregistre d’abord toutes ses chansons, convaincue d’interpréter Maria de bout en bout. Mais la production, jugeant sa voix insuffisante, fait appel en secret à la soprano Marni Nixon pour la doubler. L’illusion est parfaite : personne ne se doute alors que la célèbre comédienne ne chante pas vraiment.

    Cerise sur le gâteau : le film remportera aussi l'Oscar de la meilleure musique de film.

    Le 9 avril 1962 restera donc le happy d'une comédie musicale devenue un film culte, auquel Jacques Demy rendra hommage, quelques années plus tard, dans les Demoiselles de Rochefort, notamment dans cette chanson….
    4 min
  • 1971 : Véronique Sanson enregistre son premier single et change de destin
    Nous sommes le 1er décembre 1971. Véronique Sanson enregistre son premier single. Un titre qu'elle a écrit, composé et arrangé elle-même, au piano. Elle ne le sait pas encore, mais ce titre va bouleverser sa vie... grâce à un homme qui a directement cru en elle. Il s'appelle Michel Berger et vient de livrer au public PUZZLE, un album instrumental pour « piano, orchestre symphonique et formation pop ».

    Au début de l'année 1971, Michel Berger est devenu directeur artistique chez WEA, une des toutes premières majors du disque. Elle réunit alors trois labels, Warner-Elektra-Atlantic. Véronique et lui se connaissent depuis quelques années, à l'époque où Berger était encore directeur artistique chez Pathé-Marconi. En 1969, Berger et Sanson sont en couple. Il l’aidera à publier son premier 45 tours, "Le Printemps est là". Une adaptation de "Sunny Goodge Street" de Donovan.

    Le succès ne sera pas au rendez-vous. Sanson continue alors d'écrire, de composer, notamment par Isabelle de Funès, la nièce de l'acteur.

    En 1971, sous la direction du producteur Bernard de Bosson, Michel Berger va mettre tout son poids pour soutenir l'envol de Véronique. Elle sera la première artiste française signée sous le label Elektra.

    Son album est prévu pour 1972, mais un premier single doit être prêt le plus rapidement possible. Ce titre, c'est "Besoin de personne".

    À l’époque, Véronique Sanson aspire à un style nouveau : des textes typés, engagés et portés par des harmonies pop plus anglo-saxonnes. Les paroles de "Besoin de personne" sont éloquentes. La chanson parle du désir d'indépendance, de la possibilité pour une femme de se suffire à elle-même. C'est une affirmation positive de l'autonomie des femmes, comme un défi lancé à l'époque.

    Elle chante avec une aisance déconcertante. Elle se confie alors à Denise Glaser.

    « Besoin de personne » semble couler de source. Le public applaudit : le 45 tours de se vend à plus de 100 000 exemplaires. Il sera le prélude à un premier album, “Amoureuse", qui sortira le 20 mars 1972.

    Alors oui, en ce happy day du 1er décembre 1971, on peut dire que le charme a finir par agir. De ce premier album, deux autres titres deviendront des classiques de son répertoire : "Comme je l'imagine" et "Chanson sur ma drôle de vie". Ce sera aussi la fin de l'histoire d'amour entre Berger et Sanson. Car en 1972, Sanson n'aura besoin de personne pour tomber amoureuse d’un Américain et… de l'Amérique...
    4 min
  • 1959 : La naissance de la Mini, une icône de l'automobile
    Nous sommes le 26 août 1959. Happy day pour Alec Issigonis. Cet ingénieur britannique d'origine grecque travaille depuis trois ans sur un prototype qui peut enfin sortir du garage ce matin.

    Le projet est porté par la BMC. C'est une réponse à la crise du canal de Suez en 1956, qui avait entraîné une pénurie de carburant en Europe.

    Leonard Lord, patron de la British Motor Corporation (BMC), voulait une voiture économique, compacte mais capable de transporter quatre personnes. Et c'est ici qu'intervient notre ingénieur.

    C'est à lui qu'on doit un design révolutionnaire. Décliné en deux voitures : d'un côté, l'Austin Seven, de l'autre la Morris Mini-Minor. La seule différence, c'est la calandre.

    Six mois avant 1960, voilà que BMC vient d'inventer la Mini.

    Évidemment, cette information fait la Une des actualités Pathé britanniques !

    Avant d’être officiellement lancée, la Mini existait sous un prototype secret appelé "XC9003", que les ingénieurs surnommaient "The Orange Box" (la boîte orange) en raison de sa couleur.

    Un autre prototype, plus avancé, était surnommé "The Frog" (la grenouille), en raison de sa petite taille et de son allure trapue. D'ailleurs, la taille, parlons-on ! Issigonis voulait démontrer à quel point la Mini était compacte. Lors d’une démonstration, il place la voiture dans une boîte mesurant seulement 3 mètres de long. Les journalistes sont stupéfaits de voir que quatre adultes pouvaient malgré tout s’y asseoir (plus ou moins) confortablement.

    La première Mini n’a pas de vitres descendantes, mais des vitres coulissantes, ce qui permet d’économiser de l’espace dans les portières.

    Vitesse de pointe : 70 mph, c'est à dire environ 110 kmh.

    Car oui, l'idée est bien de rivaliser avec les voitures continentales, comprenez européennes. Le prix, est lui aussi, étudié pour vendre en masse. À son lancement en 1959, la Mini coûte 497 livres sterling (l’équivalent de 1 300 € actuels), ce qui en fait une voiture incroyablement abordable pour l’époque. Une stratégie un peu risquée, qui fait gagner des parts de marché à BMC... mais perdre de l'argent. En tout cas dans un premier temps.

    Car, même si la Mini était conçue comme une voiture économique pour les classes moyennes, elle est rapidement devenue un symbole assez chic. Dès 1960-61, Peter Sellers en possède une, tout comme Enzo Ferrari. Il l'utilise comme voiture personnelle pour se déplacer dans son usine. Et même la famille royale britannique l'adopte ! C'est dire la qualité !

    La voiture familiale parfaite, voilà notre ingénieur rhabillé pour toutes les années 60 en ce happy day du 26 août 1959. Et il n'est pas au bout de ses surprises. En 1961, l'ingénieur John Cooper voit le potentiel sportif de la Mini et crée une version améliorée : la Mini Cooper. Avec un moteur plus puissant et 55 chevaux, elle va pouvoir atteindre 135 km/h et dominer les rallyes.

    Autre fan inconditionnel de la Mini, George Harrison, qui peindra la sienne en rouge. Et en fera un véritable objet de collection. Oh, baby, you can drive my car. Yes, Mini's gonna be a star !
    4 min
  • 1977: la veille de ses 20 ans, Marie Myriam gagne l'Eurovision
    Nous sommes le 7 mai 1977. Marie Myriam aura 20 ans demain. Ce soir, elle est retenue par un événement international qui la pétrifie. Elle va représenter la France au Concours Eurovision de la Chanson. Il se déroule cette année à Londres.

    Cette nomination est le résultat de plusieurs mois de travail acharné. En février 1977, elle fait partie des 14 candidats sélectionnés par TF1. Les demi-finales sont présentées par Yves Lecoq, Évelyne Leclercq et... Patrick Sébastien, avec qui elle se fiancera l'année suivante...

    Face à elle, ce soir-là, deux adversaires au féminin. Monique Pianéa et, l'une des favorites, “La Poupée” de Corinne Colbert.

    Le 6 mars 1977, c'est la finale. Grâce aux votes des téléspectateurs par téléphone, Marie Myriam est choisie comme représentante de la France au Concours Eurovision, juste devant Corinne Colbert...

    Pour Marie Myriam, le pire reste à venir. Cette perspective la rend tellement nerveuse, qu'elle ne peut empêcher ses mains de trembler, y compris pendant les répétitions.

    Répétitions qui ne se passent pas comme prévu. Sa voix n'est pas à son meilleur niveau. Conséquence, elle s'écroule auprès des bookmakers.

    Et puis, miracle, le direct s'impose à elle.

    Avant son passage, ses choristes doivent changer leurs robes, parce qu'elles sont trop transparentes. Marie Myriam est déjà angoissée. Voilà qu'elle doit passer sur la scène en dix-huitième et dernière position.

    Sous la direction du chef d'orchestre Raymond Donnez, plus question de reculer. Elle chante les deux premières phrases a cappella.

    D'abord timorée, la prestation gagne en puissance au gré des mesures et le final est majestueux. Mais c'est trop, trop de pression, trop de stress pour la chanteuse de 19 ans.

    À partir ce moment, elle y croit et n'y croit plus vraiment. Et pourtant, au terme du vote final, elle va remporter le concours avec 136 points. Mention spéciale pour les 12 points attribués par la Suisse, par l'Allemagne et la Finlande.

    Marie Myriam s'impose devant le Royaume-Uni, l'Irlande, mais surtout Monaco, qui a choisi Michèle Torr cette année-là. Avec, comble de l'ironie pour le rocher, une chanson qui s'intitule "Une petite française".

    Ce 7 mai 1977 restera bien le happy day de Marie Myriam. La petite fille née au Congo belge, offre à la France sa cinquième victoire dans le Concours Eurovision de la chanson.

    Alors qu'elle doit regagner la scène pour recevoir son prix, un cadreur de la BBC chute sur le tapis. Marie, en pleurs, l'aide à se relever pendant que présentatrice doit meubler l'antenne.

    Voilà, sa carrière est lancée. Elle déclarera d'ailleurs, bien plus tard : « J'allais en bus à Wembley, je suis rentrée de l'Eurovision en Rolls. » L'Oiseau et l'Enfant sera un immense succès, en français, en anglais, allemand, italien, espagnol et portugais. La preuve de l'immense pouvoir de l'Eurovision en 1977.
    5 min
  • 1978: Capitaine Flam, tu n'es pas de notre galaxie !
    Nous sommes le 7 novembre 1978. Happy Day pour les enfants japonais. Ils découvrent sur NHK une nouvelle série de science-fiction… produite par le studio Toei Animation. Il s'agit de l'adaptation des romans "Capitaine Futur" d'Edmond Hamilton.

    Non, ce générique n'est pas très science fiction, mais c'était la volonté de la chaîne NHK. Ce sont deux chansons romantiques qui sont choisies, au début et à la fin de chaque épisode de 30 minutes.

    Mais de quoi ça parle ? Ce sont les aventures de Curtis Newton, un orphelin élevé par un robot, un androïde et un cerveau vivant dans une enceinte de verre. À bord de son vaisseau, le Cyberlab, notre personnage sillonne l’espace pour maintenir la paix dans le système solaire.

    Je vous parlais donc bien de « Capitaine Flam », un dessin animé révolutionnaire pour l’époque, où l’héroïsme galactique se conjugue avec la curiosité scientifique. Si la série est diffusée dès novembre 1978 au Japon, ce seront les Canadiens francophones qui la verront en primeur en septembre 1980, puis TF1 l'adoptera en janvier 1981 dans les Visiteurs du mercredi. En Belgique, il faudra même attendre Lollipop pour se délecter des 52 épisodes du capitaine Flam. 52, comme les semaines de l'année, pas un de plus !

    Cette voix française est celle de Philippe Ogouz, qui est aussi la voix de Patrick Duffy (Bobby Ewing) dans Dallas. Oui, le 7 novembre 1978 restera comme le happy day d'une série qui va marquer plusieurs générations !

    Quant au générique français, il deviendra tellement célèbre dans les années 80 qu'il atteindra le stade ultime : il sera diffusé dans les boîtes de nuit entre Gilbert Montagné et Boney M !

    Capitaine Flam tu n'es pas De notre galaxie Mais du fond de la nuit D'aussi loin que l'infini Tu descends jusqu'ici Pour sauver tous les hommes

    Ce générique signé Roger Dumas sur une musique de Jean-Jacques Debout nous aura tout de même fait connaître l'incroyable voix de Richard Simon.
    6 min
  • 1963 : Salvatore Adamo entre en scène avec "Sans toi ma mie"
    Nous sommes le 1er janvier 1963. Happy Day pour un tout jeune auteur-compositeur-interprète de vingt ans, encore inconnu du grand public. Il va bientôt enregistrer le titre qui fera basculer sa vie, trois ans après avoir remporté le prestigieux concours de Radio Luxembourg avec "La première fois que je t'ai vue".

    Tendez l'oreille, c'est une pièce rare.

    Salvatore Adamo naît en Sicile, à Comiso, le 1ᵉʳ novembre 1943. Pendant sept ans, il est fils unique. Son père, Antonio, répare des puits, sa mère, Concetta, femme au foyer. En 1947, la famille quitte l’Italie pour la Belgique. Pour éviter à leur fils de suivre la voie minière, ses parents l’orientent vers le journalisme. Élève solitaire et travailleur, Salvatore voit la famille s’agrandir : sept frères et sœurs naîtront entre 1950 et 1960, année où il remportera donc le concours de Radio Luxembourg.

    Aux yeux de la profession, ce n'est pourtant pas gagné d'avance. Ce qui joue contre lui, c'est sa voix. Comme il l'ironisera, quelques années plus tard, dans une interview avec Denise Glaser...

    Retour en 1963. Le jour même où il doit enregistrer son premier disque, il est censé passer un examen en journalisme. Le professeur refuse tout aménagement et lui inflige un zéro. Ironie du sort, ce coup du destin l’encourage à se tourner définitivement vers la chanson. Et vers sa première chanson, "Sans toi ma mie".

    Le titre sort le 1er janvier, mais l’accueil est plutôt timide. Les radios ne sont pas convaincues par la voix particulière d’Adamo — on la qualifie même de « désagréable ». Les ventes stagnent. Mais voilà, les Italiens sont coriaces. Tout comme celui de Frédéric François, son papa est convaincu du potentiel de la chanson. Il démarche salles de spectacle, labels et, surtout, mise tout sur les juke-box installés dans les cafés. Et là, la magie opère : petit à petit, les gens se mettent à réclamer la chanson en radio.

    Le succès finit par éclater. « Sans toi ma mie » reste plus de six mois dans les classements de 45 tours. Le 1er janvier 1963 restera donc le Happy Day d'un chanteur et de son père.

    Quand on demande à Adamo les raisons de son succès, il répond avec beaucoup de modestie « J’ai sans doute gagné un concours de circonstances. J’étais là avec les chansons qu’il fallait au bon moment. Je ne sais pas à quoi ça tient. Je connais des tas d’artistes intrinsèquement plus talentueux que moi qui sont restés dans l’ombre. Il y a vraisemblablement le coup de pouce du destin. » Le destin, parlons-en : cette année-là, en 1963, grâce à Annie Cordy... il fera sa première télé. Le reste relève, à partir de ce moment-là, du talent de durer…
    4 min
  • 1975, Chantal Goya marque l’Histoire avec "Adieu les jolis foulards"
    Nous sommes le 10 mai 1975. Ce soir, l'émission Numéro 1 de Maritie et Gilbert Carpentier est consacrée à Carlos. Jean-Jacques Debout a composé une chanson pour Brigitte Bardot. Mais rien, absolument rien ne va se dérouler comme prévu. Bardot devra se contenter d'une apparition dans les pages de publicité télé... En ce moment, elle vante les atouts d'Air France !

    Pour Jean-Jacques Debout, c'est la déception totale. Il a planifié un beau duo dans l’émission, mais, à la dernière minute, Brigitte Bardot déclare forfait à cause d’une grippe.

    Incompréhension, coup de stress, mais surtout lucidité : l’émission est en direct, il faut trouver une solution. Jean-Jacques Debout va, très rapidement, trouver un plan B... et pour cela, il va se tourner vers... son épouse. Chantal Goya n'est pas une inconnue au bataillon. On l'a vue, par exemple, dans un film de Jean-Luc Godard, Masculin féminin, en 1966. Elle y a même chanté.

    Retour au 10 mai 1975. Jean-Jacques Debout compose en un éclair une chanson qu’il propose à sa femme pour remplacer la séquence de Bardot. Celle-ci accepte, presque sur un coup de tête. Cette chanson s'appelle «Adieu les jolis foulards».

    Chantal est née à Saïgon, en 1942, dans la plantation de son père. La famille quitte l'Indochine en 1946. Dans l'émission Numéro 1, Debout va lui offrir un texte qui parle de souvenirs lointains, mais déplacer ces souvenirs.. en Martinique. C'est le temps des adieux...

    Le soir de l’émission et le lendemain, le standard de TF1 est inondé d’appels. Chantal ne comprend pas encore ce qui est en train de se passer. Jean-Jacques Debout est très lucide. Cela ressemble au début d'une carrière pour celle qui voulait au départ devenir journaliste et a arrêté la chanson à la fin des années 60 pour élever ses enfants.

    Jean-Jacques Debout sort le disque dans la foulée. Et quelques mois plus tard, Chantal Goya signe un contrat de cinq ans chez RCA. C'est l’année suivante que sortira son premier album, "Voulez-vous danser grand-mère ?". Je m'en souviens très bien, on me la faisait chanter, tout petit, dans le café de ma grand-mère...

    Le 10 mai 1975, Chantal Goya ne le sait pas encore, mais devient le Happy Day qui aura inscrit la petite fille de Saigon dans le cœur de tous les francophones, sur un air qui nous rappelle, combien la vie était belle, une grippe, un contretemps, et voilà comment le hasard s'empare du destin...
    4 min
  • 1963, Carmen Curlers et la révolution du bigoudi électrique
    Nous sommes en 1963. Happy Day pour un jeune entrepreneur danois, Arne Bybjerg (AHNE BUE-BIIIR). Ce dernier tombe, par petite annonce interposée, sur une invention inattendue : un prototype de bigoudi électrique. Dans le monde de la mise en plis traditionnelle, avec de longs séchages et d’interminables séances sous casque, cette curiosité a de quoi surprendre. Pourtant, Arne en est convaincu : ce rouleau chauffant peut révolutionner la coiffure. Ah, le bruit enivrant du séchage des cheveux dans un salon de coiffure…

    Malmené dans son enfance, notre Arne a soif de reconnaissance et rêve de prouver son talent. En lisant une petite annonce parlant d’un « bigoudi électrique », il flaire le potentiel d'une invention inédite. Il consacre le peu d’argent qu’il possède à développer et peaufiner cet objet pourtant si banal au premier abord : le bigoudi.

    Aux yeux de la société danoise, Arne est considéré comme un fou. Les dettes s’accumulent, personne ne croit qu’un simple rouleau capable de chauffer puisse changer le destin des femmes et de la coiffure. Mais notre inventeur persiste. Il réunit autour de lui des femmes au foyer, des agricultrices, leur proposant un emploi d’assemblage et de commercialisation du fameux bigoudi électrique. Ainsi naît l’ébauche de Carmen Curlers...

    Carmen Curlers, son entreprise, comptera bientôt 3 500 employés, principalement des femmes, créant un succès fou et une indépendance nouvelle pour beaucoup d’entre elles. Et pourtant, les bigoudis, ce n'est rien de très nouveau. Ils existent depuis le 19e siècle. Les premiers étaient des rouleaux de plomb minuscules recouverts de fibres de cuir. Une fois chaussés, ils permettaient de friser les cheveux et leur donner du volume. Avec Carmen Curlers, on passe au plastique, toujours sous sa forme cylindrique. Il suffit d'enrouler les mèches dessus et de les fixer avec une petite aiguille. Et la pub va s'en donner à coeur joie !

    Du jaune au rose fluo, le bigoudi va évoluer avec le temps et connaître son apogée dans les années 70 grâce au séchoirs-casques. Les femmes pourront même porter le bigoudi durant la nuit, en mousse souple avant d'autres modèles... recouverts de Velcro. Oh, que ce fut un happy day en 1963 pour notre génie danois. Ses bigoudis électriques deviendront un succès phénoménal partout dans le monde. Si bien qu'en 1969, il vendra sa société à American Clairol avant de déménager en Australie... c'était son rêve et il l'a réalisé...
    4 min
  • Décembre 1961, Dalida triomphe sur la scène de l’Olympia
    Nous sommes le 8 décembre 1961. Sur la scène de l'Olympia, le Happy Day n’est pas gagné d’avance. Dalida doit défendre son titre de Madone. C'est quitte ou double. Il faut dire que l'année a été tumultueuse. Certes, le soleil finit toujours par briller, mais pour cela, il faut un bon orage….

    Le 8 avril 1961, Dalida épouse Lucien Morisse. Elle obtient alors enfin la nationalité française. Son mari n'est autre que le directeur des programmes d'Europe numéro 1, mais aussi le fondateur du label Disc'AZ. Un label dont les bureaux sont ceux... de la radio privée. C'est lui qui importe en France le concept américain de playlist, c'est à dire la multi-diffusion d'un titre afin d'en faire un tube. Lucien Morisse fait la pluie et le beau temps dans le monde de la musique. Il a découvert Petula Clark, Christophe, Pascal Danel et un certain Michel Polnareff. Pour Dalida, ce n'est pas ce que l’on peut appeler un mariage d'amour, mais plutôt un remerciement pour celui qui a fait d'elle une vedette. Pourtant, le 8 avril 1961…

    Je vous parlais des orages de la vie. Et pour cause. Au festival de Cannes, où les photographes ne manquent aucun geste des jeunes mariés, Dalida fait une rencontre impromptue, inattendue. Celle d'un jeune peintre. Il s'appelle Jean Sobieski. Un seul baiser suffira, capturé au téléobjectif, pour changer le regard que la profession porte alors sur Dalida. Le public est plus mesuré. D'accord, on la siffle ça et là durant ses vacances, mais le problème principal s'appelle Lucien Morisse. Des clans vont se former, la presse se déchaîner. Peu importe, Dalida est tombée ,amoureuse. Jean Sobieski se souvient très bien d'elle, en 1961...

    Il n'y a pas d'amour heureux, dit-on. Dalida portera ce fardeau durant plusieurs mois, jusqu'en décembre 1961, sur la scène de l'Olympia. Le public est là, mais dans l'expectative. Le concert s'ouvre sur trois chansons légères. Puis, comme une forme de confession au tribunal, elle expose sa version des faits : « Je ne sais pas pourquoi je vivais. Je ne savais pas à quoi je pensais. Maintenant, je le sais. »

    Le public se lève, se dresse, unanime, comme un seul homme, touché en plein cœur par cette sincérité, débordante, crue, nue. En ce happy day du 8 décembre 1961, Dalida se sent vivre, parce qu'elle aime et parce qu'elle est aimée de Jean Sobieski....
    6 min
  • 1977: "Orca", le thriller aquatique de Michael Anderson est dévoilé
    Nous sommes le 7 décembre 1977. Happy Day pour Michael Anderson. Deux ans après l’incroyable succès des "Dents de la mer", le réalisateur dévoile un nouveau film aquatique qui va donner des frissons à la planète entière : il s’intitule « Orca ».

    Cette fois, le danger ne vient pas d’un requin blanc, mais (comme son nom l’indique en version originale) d’un orque prêt à tout pour défendre sa famille. Le tournage se déroule en partie à Malte, à Redwood City en Californie, ainsi que dans une petite ville de province de Terre-Neuve-et-Labrador au Canada, entre juin et octobre 1976.

    C'est un coproduction entre l'Italie et la Grande-Bretagne. À l'affiche, Charlotte Rampling.

    L'histoire est celle du capitaine Nolan. Il revend les animaux qu'il capture à des aquariums. Un jour, il rencontre Rachel (campée par Charlotte Rampling), professeur d'université passionnée par les orques. Nolan se met alors en tête d'attraper un de ces animaux. En tentant de capturer l'animal, il blesse mortellement l'orque femelle qui était sur le point de mettre bas.

    Autant dire que le mâle, furieux, va prendre en chasse le bateau du capitaine et le poursuivre jusqu'à ce qu'il obtienne vengeance.

    Au-delà du scénario, l’ambition du producteur Dino De Laurentiis est d’exploiter la vague de film d'horreur marin lancée par Spielberg, tout en proposant une approche plus dramatique — mettant en scène l’intelligence de l’orque et, surtout, la culpabilité humaine.

    Problème : la sortie du film ne se solde pas par un triomphe critique ou commercial. Le public voit en "Orca" un ersatz de "Jaws" (Les dents de la mer) sans la même force de mise en scène.

    Il faudra du temps pour que le long-métrage de 92 minutes gagne son statut de film culte auprès des passionnés de cinéma. Notamment la scène finale... Toujours aussi terrifiante.

    En ce happy day du 7 décembre 1977, les cinémas tremblent devant "Orca". Mais ils vont rapidement fondre grâce à un élément capital de la production, la bande originale. Le générique de fin "My Love, We Are One", est composée par Ennio Morricone et interprétée par la voix sublime de Carol Connors…
    5 min

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