Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

By Nostalgie+Music
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Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70 episodes

  • Quelle émission a relancé la carrière d'Elvis en 1968?
    Happy day : 3 décembre 1968. Dans quelques semaines, c'est Noël. Une émission va relancer la carrière d'un artiste qui s'était éloigné des plateaux et des salles de concert, depuis plusieurs années. 

    Elvis Presley traverse une période difficile. On est loin, très très loin, de l'hystérie qu'il provoque partout où il passe en 1956, comme sur le plateau d'Ed Sullivan. 

    En 1968, le Roi du rock 'n' roll vient de produire plusieurs films et albums qui n'ont pas rencontré le succès. 

    Conséquence : Elvis va s'éloigner de la scène musicale qui l'a vu naître. Son manager, le Colonel Parker, ne parvient même plus à trouver des producteurs pour investir dans de nouveaux projets. 

    Face à ce déclin, il faut changer de stratégie. Parker conclut un accord avec NBC, qui accepte de financer un film et une émission spéciale. Elle sera diffusée pour Noël. Budget : plus d’un 1 million de dollars.

    En voilà une occasion unique pour Elvis, qui n'est pas apparu à la télévision depuis le 12 mai 1960, lors de l'émission "Welcome Home Elvis" de Frank Sinatra, après son service militaire en Allemagne. 

    Tout cela va demander des mois de préparation.

    Fin juin 1968, à Burbank, les caméras captent une performance unique. L'émission est simplement intitulée "Elvis". Mais c'est bien plus qu'une émission. Lors de sa diffusion, c'est une renaissance artistique.

    Pas de costume brillant, mais une absolue sobriété. 

    Elvis porte un costume en cuir noir, il revient à ses racines. S'il n'était pas à l'aise à l'idée de retrouver du public, Elvis est incroyable mais vrai. 

    Il est lui-même ; charismatique, énergique, et sa voix est toujours aussi puissante. Pour le public, il revisite ses plus grands succès. Avec quelques fausses notes, beaucoup de sourires et cette capacité de séduction inégalée…

    Elvis présente même de nouvelles chansons, devant un public intime et conquis. L'atmosphère est électrique. La prestation sur "If I Can Dream" est particulièrement marquante. 

    Cette chanson s’inspire des bouleversements sociaux de l'époque, notamment l'assassinat de Martin Luther King. 

    Elvis se montre engagé. Sa voix porte un message d'espoir et de paix. D'ailleurs, il a changé de costume et porte du blanc.

    Happy Day pour Elvis. L'émission du 3 décembre 1968 est un triomphe. Les critiques sont unanimes : Elvis est de retour, au sommet de son art. 

    Il va bientôt entrer à l'American Sound Studio de Memphis pour préparer un nouvel album. Au fond, cette émission spéciale de 1968, diffusée par NBC, a non seulement relancé sa carrière, mais a également rappelé au monde entier pourquoi il sera, à jamais, le King du rock 'n' roll.
    5 min
  • La première télé de Linda de Suza sur Antenne 2
    Happy day en ce début d'année 1978 pour une femme. Elle a fui son pays il y a 6 ans seulement. Emportant, avec elle, son fils et une simple valise en carton. 

    Cette femme s'appelle Linda et elle chantait le fado, dans le Portugal d'avant la révolution.

    1972. Tirouli tiroula. Linda quitte sa terre natale, laissant derrière elle une vie difficile, rêvant d'un avenir meilleur en France. Sans passeport, sans papiers, elle traverse la frontière clandestinement. Direction, Paris. Et elle y arrive, quelques semaines plus tard. 

    À Paris, la réalité est dure. Les petits boulots s'enchaînent : femme de ménage, femme de chambre, serveuse, ouvrière. Chaque jour est un combat. Pourtant, Linda rêve. La musique est son refuge, sa passion. Elle chante dès qu'elle le peut. Linda a toujours chanté.

    Linda chante dans un bistro, Chez Louisette, à Saint-Ouen. Elle ne baisse pas les bras, la chance pourrait lui sourire. Qui sait ? 

    Sans relâche, elle va elle-même présenter des maquettes de chansons à des producteurs parisiens. 

    Son inspiration du moment ? Elle reprend Gigi L’Amoroso de Dalida pour montrer l'étendue de sa puissance vocale.  

    Le moment arrive. En 1978, Linda de Suza a trouvé un producteur. Elle enregistre son premier single, "Un Portugais". 

    Une chanson qui raconte son histoire, mais surtout l'histoire des immigrants, de leurs espoirs, de leurs sacrifices. Maintenant, il faut qu’on la remarque !

    Un jour, pour la première fois, elle est invitée dans une émission de télévision de Jacques Martin. Boum !

    Il est 20h30. Nous sommes sur Antenne 2. Linda de Suza chante en direct, avec un véritable orchestre, dans sa propre langue.

    La prestation est splendide. Mais au moment de chanter, quelques notes un peu hésitantes s'échappent, Linda est envahie par le trac. Cela dit, personne ne lui en tiendra rigueur. 

    Son authenticité, sa sincérité, sa voix émouvante séduisent le public francophone. En ce happy day de 1978, la mère seule qui faisait honte à sa famille est officiellement à l'aube d'une forme de carrière. 

    Elle ignore tout des 14 albums et des 20 millions de disques qui suivront "Le Portugais".
    5 min
  • Ben: le premier succès solo de Michael Jackson en 1972
    12 juillet 1972. Happy Day pour un jeune prodige qui fait déjà vibrer la planète entière avec ses frères. 

    Michael Jackson. Ce nom résonne déjà dans toutes les têtes et sur toutes les scènes.

    Les Jackson, c'est une histoire de famille. Avec les Jackson 5, la tribu enchaîne de manière interrompue la production de succès comme "ABC", "I Want You Back" et "I'll Be There". Rien ne les arrête. 

    Mais aujourd'hui, quelque chose de spécial est en train mijoter. Les tensions au sein du groupe sont de plus en plus nombreuses. Alors, à seulement 13 ans, Michael s'apprête à prendre son envol en solo avec une chanson qui va marquer un tournant pour lui.

    C'est une balade, qui a pour titre BEN. Et c'est, au départ, la bande originale d'un film... sur un rat, oui, un rat dont le prénom est (justement) Ben ! 

    Le film d'horreur ne connaîtra aucune espèce de succès en salle. Par contre, il donne l'occasion à la voix de Michael Jackson de s'affirmer dans le plus simple appareil. 

    Son interprétation transcende le texte et le contexte. Sa maturité vocale, sa sensibilité, rien ne laisse à penser que Michael vient à peine de fêter son 13e anniversaire.

    Ben, le film, passe donc à l'arrière-plan. Ben, la chanson, c'est tout le contraire. Elle touche le public. Elle émeut. Il émeut. Et pour cause, c'est une ballade émouvante qui parle d'amitié, de loyauté et de compréhension. Dans la bouche d'un tout jeune garçon, cela sonne juste.  

    Le succès est immédiat. En quelques jours, la radio a fait son travail. Ben grimpe en TÊTE des ventes, offrant à Michael son premier numéro 1 en solo. 

    Partout dans le monde, le titre atteint les premières places des classements, y compris aux États-Unis, où Ben restera, durant plusieurs semaines, numéro 1 au Billboard.

    Mais, en 1972, le tout jeune Michael n’est pas au bout de ses surprises. Ben remporte le Golden Globe de la meilleure chanson originale. Une reconnaissance incroyable et surtout INÉDITE pour un artiste de 13 ans. D'ailleurs, durant la cérémonie, Michael va partager cette récompense avec Walter Scharf (le compositeur) et Don Black, le parolier.

    En 1973, Ben est nommé aux Oscars, comme meilleure musique de film. “Michael Jackson ne devrait pas être debout si tard”, s'en amuse le présentateur de la soirée...

    Pas de César cette fois. La Motown ne remporte pas le trophée, mais a trouvé en Michael Jackson solo un diamant. 

    Le 12 juillet 1972 restera comme le Happy Day d'un chanteur noir qui, du haut de ses 13 ans, donne un aperçu de ses capacités vocales hors du commun. 

    Un titre à la fois, il commence à marcher seul sur la route du succès, tout en continuant à briller avec ses frères… Peut-être plus pour très longtemps.
    4 min
  • Comment et pourquoi Jeanne Moreau a chanté dans Jules et Jim
    23 janvier 1962, Happy Day pour François Truffaut et Jeanne Moreau. C’est la sortie d’un film qui va déranger et la faire chanter, “Jules et Jim”. Et c’est aussi un truc qui ne s'est jamais fait au cinéma, jusqu'ici.

    Jules et Jim, c’est l'adaptation d'un roman méconnu d'Henri-Pierre Rocher. Jeanne Moreau assumera toujours le film, qu’elle résumera ainsi : "C'est l'histoire d'une femme qui hésite entre plusieurs hommes, et décide de les aimer tous".

    En 1962, le film se paie - il fallait s’en douter - un petit scandale, notamment parce qu'il évoque l’amour pluriel, du point de vue de la femme.

    Le tournage est difficile. L'ambiance est morose. Le budget est serré. La production manque d'argent. Pour ne rien arranger, un technicien est victime d'un accident d'hélicoptère. Bref, cela manque de sourire.

    L'équipe se trouve dans un grand chalet des Vosges. François Truffaut a une idée : "On va chanter".

    C'est là qu'un certain Serge Rezvani prend la guitare. Serge, c'est un peintre bohème qui vit dans un HLM. Jeanne Moreau et lui se connaissent depuis longtemps. Ils chantent ensemble pour amuser leurs amis. L'une de ces chansons a pour titre "Le Tourbillon".

    Pour Truffaut, qui l’entend pour la première fois, c'est le déclic. "Le Tourbillon" est LA chanson parfaite pour illustrer son film.

    C'est comme si ces paroles avaient été écrites pour Jules et Jim. Serge Rezvani accepte d'apparaître dans le film aux côtés de Jeanne Moreau, mais sous un pseudonyme, Cyrus Bassiak ("Bassiak" qui signifie vagabond en russe).

    Le Tourbillon de la vie arrive par la petite porte, une heure après le début du film. Une guitare, Jeanne Moreau, ses deux hommes.

    C’est une scène inoubliable. Et pas uniquement par sa configuration en triangle. Non, c’est parce que les paroles sonnent juste dans le scénario. Et voilà comment s'installe dans la légende un titre qui n'était pas, au départ, destiné à figurer dans un film.

    En ce happy day de janvier 1962, un refrain va faire d'une actrice une chanteuse, connue, reconnue, perdue de vue, qui s'est sans doute soûlée en l'écoutant, l'alcool fait oublier le temps, qui s'est ensuite réveillée en sentant, des baisers sur son front brûlant, alors tous deux sont repartis, dans le tourbillon de la vie, ont continué à tourner, tous les deux... enlacés.
    4 min
  • Eurovision 78: la revanche de Jean Vallée
    22 avril 1978. Happy day pour la Belgique. Nous allons toucher les étoiles, enfin presque. 

    En plein cœur de Paris, Jean Vallée a le trac. Et il y a de quoi. L'Eurovision, c'est ce soir. Jean Vallée le sait bien. 20 pays participent au 23e concours, c'est un nouveau record. Deux revenants monteront sur scène : la Turquie et le Danemark, après 12 ans d'absence. 

    Le lieu choisi, c'est le fameux Palais des Congrès. Il est tout jeune à l'époque. Il a été inauguré en 1974.

    La vidéo d'introduction montre des vues touristiques de Paris. Le dernier plan fixe l'attention sur l'Arc de Triomphe. On voit à présent l'orchestre. La scène. La caméra fait également plusieurs plans sur le public. D'ailleurs, on dirait Jane et Serge. Et oui, ils sont là aussi, dans le public, Jane Birkin et Serge Gainsbourg applaudissent. 

    Puis, on voit deux présentateurs. Oui, pour la première fois, ils seront deux. Denise Fabre et Léon Zitrone.

    Parmi les 20 candidats, on mise beaucoup à Paris sur les représentantes luxembourgeoises, le duo Baccara. C’est le favori des bookmakers. 

    Mais c'est Israël qui va remporter la médaille. Le pays débarque avec un morceau complètement différent dans une compétition souvent dominée par des ballades ou des chansons plus traditionnelles. 

    Ce titre, c'est "A-Ba-Ni-Bi" d'Izhar Cohen et les Alphabeta. Dès les premières notes, le public est conquis. Le jury aussi. D'ailleurs, cette chanson devient rapidement un succès partout en Europe.

    Mais où est donc Jean Vallée qui porte les couleurs de la Belgique ? Jean Vallée n'est pas vraiment disco. Sa chanson est une balade. Elle a pour titre "L’amour ça fait chanter la vie". C'est la 2e fois qu'il représente le Royaume à l'Eurovision. 

    Il dit : "L'amour, ça vous met dans le cœur des crayons de couleur..." Sa prestation est impeccable, sa voix transporte le public, et on sent que quelque chose de spécial se joue ce soir-là.

    "L’amour ça fait chanter la vie" parvient à capturer l’attention des jurys. Il accumule les points au fil de la soirée, et à la fin, il se classe non pas premier, mais excellent second. 

    C’est une performance incroyable pour la Belgique. Ce soir, notre drapeau flotte sur la scène européenne, à une époque où l’Eurovision est encore un des rares moments où TOUT le continent se retrouve devant le même programme.  

    Papa est fier. Maman a versé une larme. Mamy s'est endormie. En ce 22 avril 1978, Jean Vallée aime la vie, la vie tout la vie. Avec "L’amour ça fait chanter la vie", il nous offre le meilleur résultat que le petit Royaume obtiendra... (chuchoté) jusqu'en 1986.
    4 min
  • Frédéric François doit tout à son papa chanteur
    C'est l'été 1969. Un été qui restera comme le Happy Day d'un petit garçon originaire de Sicile, avec ses parents. Direction, la Belgique. 

    Ce petit garçon s'appelle Francesco. Enfin, Cicco, pour sa maman. Il naît le 3 juin 1950. Et quitte l'Italie deux ans plus tard pour s'installer à Liège. 

    Son père est mineur, mais aussi chanteur. Sa maman est une mère au foyer, aimante, mais inquiète aussi. Son père travaille à la mine, c'est difficile et c'est surtout très dangereux. En 1952, Francesco Barracato ne s'appelle pas encore Frédéric François. Il va apprendre la musique, grâce à son père…

    En 1966, Francesco remporte un concours de chant organisé à Châtelet. Son père va tout faire pour le soutenir. Il l'explique au micro de l'émission Lumière Intérieure.

    Et effectivement, tout va s'enchaîner pour celui qui se fera appeler Frédéric François à partir de 1969. 

    Pourquoi ce nom ? C'est un hommage à Frédéric Chopin, dont le prénom complet était en réalité Frédéric-François Chopin. 

    Voilà, les dés sont jetés. Il enregistre son tout premier disque, produit par Constant Defourny. Il signe son premier contrat avec une maison de disques, Barclay-Belgique. Le titre, Sylvie, est pressé en juillet 1969.

    L'année suivante, c'est grâce à Lucien Morisse (d'Europe 1) que sa musique arrive en France. Bon, c’est vrai, “Sylvie” ne sera pas un tube, mais une rampe de lancement pour une carrière dont il ne sait encore à peu près rien

    En 1971, tout s'éclaire. Il connaît son véritable premier succès….avec une chanson d’amour ! La première d’une LONGUE série.

    “Je n’ai jamais aimé comme je t’aime” restera rien moins que 13 semaines N°1 au Hit Parade en France. Chez nous, pareil. 

    C’est bon ! Frédéric François sort de l’anonymat. Et même s'il fait partie de ce que l'on appelle, dans les années 70, les “Chanteurs à minettes", jamais il ne va oublier d'où il vient. // 

    Son papa aura eu raison de croire en Cicco. Son père qui a tout donné pour lui. Son temps. Ses économies. Peut-être un peu de sa vie, aussi. Car c'est grâce à lui, en 1969, si Francesco a pu chanter l’amour avec... “Sylvie”...
    5 min
  • Zippo, l'histoire d'un briquet chic et pratique
    1960. Happy day pour une marque américaine de briquets. Elle va créer (malgré elle) une nouvelle tendance qu'on retrouve dans tous les BONS concerts de l'époque. Le moment Zippo. Le principe : on lève son briquet, allumé, pour leur déclarer sa flamme à la musique.

    Zippo, c'est un peu la Rolls des briquets. Son histoire commence en 1930 en Pennsylvanie. // C’est surtout durant la 2e guerre mondiale que Zippo va connaître son apogée. Il faut dire que, dans les tranchées, le petit objet a de quoi séduire. Il permet de protéger la flamme du vent.

    C'est d'ailleurs sous les vents de l'Autriche que son inventeur, Mister Blaidsell, va trouver l'inspiration dans les années 30. Le modèle autrichien n'est pourtant pas très convaincant. Alors monsieur Blaidsell va le reconstruire à sa sauce. Il reprend tout à zéro.

    L'Américain a une idée. Un petit boîtier rectangulaire, tout plat, surmonté d'un capuchon mobile monté sur charnière. Et zip, c'est à la fois un beau briquet qui s'utilise d'une seule main et... une formidable invention qui défie le vent. 

    À partir du verbe ZIP, il crée ZIPPO. Et c'est parti pour la gloire !

    Dans les années 60, posséder un Zippo, c'est être à la mode. C'est même un objet un peu chic. Car tout le monde fume et cela ne pose un problème à personne. C'est même tout ce qu'il y a de plus normal dans le cinéma. 

    Le Zippo a tenu un rôle dans plus de 2000 films, partout dans le monde, dans tous les styles. Le clic du Zippo est particulièrement cinématographique. En France, l’objet est un peu la coqueluche du showbiz. D'ailleurs, il ne quitte à peu près jamais Belmondo. Même dans son bain, dans Pierrot le fou, en 1965... clope au bec, à côté d'une petite fille.

    Le Zippo, c'est aussi une forme de gri gri pour Simone Signoret. D'ailleurs, pour ces dames, Zippo va créer une version plus petite, le SLIM. Et curieusement, le Zippo Slim va aussi plaire aux hommes.

    En 1960, le briquet favori des militaires s'est trouvé un nouveau public. Happy day et temps de paix, il faut viser large…. si possible, toute la classe moyenne américaine. Puis le reste du monde entier. 

    Zippo, c'est une VRAIE légende. Depuis sa création, la marque américaine en aura vendu... 500 millions d'exemplaires... 

    Un succès qui pique les yeux et fait pleurer, mais n'est certainement pas près de s'envoler en fumée...
    3 min
  • Le premier appel depuis un téléphone (trans)portable
    Happy day pour Martin Cooper le 3 avril 1973. Il va effectuer un geste incroyable en pleine rue, à New York. Cet ingénieur, né à Chicago en 1928, travaillait jusqu'alors à la production de radios pour la police et pour l'armée américaine.

    Martin Cooper commence sa carrière chez Motorola dans les années 1950. En plein cœur des années 60, il imagine un monde où chaque Américain pourrait avoir son propre téléphone sans fil, un téléphone qu’on pourrait transporter n’importe où. 

    Problème : à cette époque, c'est impossible. Les téléphones sont encore reliés par des câbles et même les premiers essais de téléphonie mobile se font dans les voitures. Aucun projet sérieux ne concerne monsieur et madame tout le monde.

    Cooper et son équipe chez Motorola vont se lancer un défi de taille : créer un téléphone véritablement portable. Cela dit, ils ne sont pas seuls dans cette course. 

    Bell Labs, un autre géant américain des communications, travaille également sur un système de téléphonie mobile. Mais mais mais… Cooper apprend que le projet de Bell Labs concerne une nouvelle fois les voitures. 

    On l'a compris, il veut aller plus loin. Pour lui, un téléphone mobile doit pouvoir être transporté dans la rue, au travail et pourquoi pas au supermarché.

    Début 1973. Après des années de rêve, après des mois de recherche et de développement, Cooper et son équipe créent le DynaTAC. Cet appareil est énorme : 25 centimètres de long, plus d’un kilo et une autonomie qui ne dépasse pas 25 minutes en conversation. Le clou du spectacle, c'est qu'il faut ensuite 5h pour le recharger. 

    Pourtant, en 1973, c’est une prouesse technologique. Toutes ces limites n'avaient aucune importance pour Martin Cooper. Il expliquera plus tard que le DynaTAC était si lourd que personne n’était capable de le soulever pendant 25 minutes. 

    Le 3 avril 1973, Martin Cooper fait un pas décisif. Il se rend dans les rues de New York.

    Avec son prototype en main, Martin va passer le tout premier appel mobile de l’histoire. Et il ne va pas le faire avec n'importe qui. Il va appeler son principal concurrent, Joel Engel, de Bell Labs. 

    D’un ton plein d’assurance et de malice, Cooper lui lance : « Je t’appelle depuis un vrai téléphone portable, à New York. » 

    Bon d'accord, le chemin vers la commercialisation est encore long. Le DynaTAC, bien que révolutionnaire, est loin d’être prêt pour le grand public. Il faudra une bonne dizaine d'années pour le commercialiser. 

    N'empêche, en ce happy day d'avril 1973, Martin Cooper va inscrire la marque américaine Motorola dans le camp des révolutions technologiques. Car oui, dans les années 70, 25 minutes sans fil, c'est un record sans appel !
    4 min
  • 1976: Stallone, un homme et son chien
    21 novembre 1976. Happy day pour un acteur américain, qui aura été obligé de vendre son meilleur ami pour réussir son premier film. Direction New York.

    Ce jeune homme, d'origine italienne, c'est Sylvester Stallone. Il a grandi dans le quartier de Hell's Kitchen. C'est alors un jeune acteur en galère qui, à 30 ans, n’arrive pas à percer. 

    Pour se distraire, il assiste à un combat de boxe qui oppose Muhammad Ali, à un illustre inconnu qui s'appelle, Chuck Wepner. A priori, ce dernier n’a aucune chance, mais il se bat, jusqu’à mettre Ali complètement à terre.

    Stallone n'en revient pas. Ce combat d’un homme ordinaire face à une légende lui inspire un récit. Il se met immédiatement à l'écrire. En trois jours, le scénario de Rocky est bouclé. Le personnage principal s'appellera Rocky Balboa.

    À l’époque, Stallone est complètement fauché. Il vit dans un petit appartement et n'a même plus de quoi s'acheter de la nourriture. Un jour, affamé, il pousse la porte d'une épicerie, le 7-Eleven du coin. Et il vend son chien pour 40 dollars. La séparation avec Butkus est un drame personnel. Un échec. Au fond de lui, Stallone regarde Butkus et lui promet qu'il reviendra le chercher. 

    Ensuite, Sylvester fera du porte-à-porte auprès des producteurs. United Artists accepte de produire le film avec un budget très modeste, environ 1 million de dollars. Stallone en décroche le rôle principal, mais aussi une chance inespérée de se faire un nom à Hollywood.

    Le tournage commence rapidement, avec un timing serré : Stallone dispose de 28 jours seulement pour boucler le film. 

    Talia Shire, qu’on avait déjà remarquée dans Le Parrain, incarne Adrian, son amoureuse. Burgess Meredith joue le rôle inoubliable de Mickey, l’entraîneur du boxeur. 

    L’équipe se serre les coudes et multiplie les astuces pour compenser le manque de moyens. Certaines scènes, comme celles où Rocky court dans les rues de Philadelphie, sont tournées à la volée, sans autorisation, ce qui donnera au film une ambiance réaliste... complètement brute. À sa sortie, le film est un énorme succès.

    Mais qu'est devenu Butkus ? Stallone raconte : « J’ai vendu le scénario de Rocky et j’ai pu le racheter. Son nouveau propriétaire savait que je voulais désespérément le récupérer. Il me l’a facturé 15.000 dollars » Butkus et Stallone sont réunis. Les galères sont derrière eux. Car Rocky rapporte plus de 225 millions de dollars au box-office.

    Rocky, c'est une légende. Mais également une musique. Composée par Bill Conti, la bande originale, Gonna Fly Now, reste aujourd’hui une des musiques les plus reconnaissables du cinéma.

    Happy Day en novembre 1976 pour Rocky et pour Stallone : une histoire de persévérance, de dépassement de soi, de rêve américain, mais surtout… de retrouvailles entre un homme et son chien.
    5 min
  • L'invention du Walkman en 1979: Une révolution musicale portable
    Happy Day pour le monde de la musique le 1er juillet 1979. Au Japon, Akio Morita, cofondateur de Sony, va commercialiser un concept révolutionnaire qui va permettra au monde entier de sa balader en musique en poche. Bon, d'accord, il existe des radios portables, qui fonctionnent sur pile, et qui permettent d'écouter les ondes longues, moyennes, courtes ou la FM. Mais elle sont encore assez encombrantes.

    Car en 1979, on a envie d'écouter quand sa musique quand on le souhaite, sans devoir attendre sa diffusion à la radio. Ni les énormes lecteurs de cassette audio et les platines ne sont vraiment transportables. Alors, Akio Morita va sortir de son chapeau un incroyable appareil qui permettra d'écouter dans le bus, le train, en courant, en marchant... "Knock on Wood" d'Ami Stewart.

    Et tout ça, c'est possible grâce au premier Walkman de Sony, le TPS-L2. Il est de couleur bleu et gris métallisé. Sa commercialisation débute au Japon en juillet 1979.

    On doit l'idée à un Germano-brésilien, Andreas Pavel. Deux ans plus tôt, il dépose plusieurs brevets portant sur un appareil stéréo portable, qui permet d'écouter de la musique . // Son nom, c'est Stereobelt, ce qui signifie ceinture stéréo. Mais voilà, c'est Sony qui en fera quelque chose. Sans vraiment le vouloir d'ailleurs. En fait, c'est un exercice de design à partir du Pressman, un magnétophone transportable à cassettes pour les journalistes. Ils tentent d'en créer une version grand public, plus légère. La télé japonaise va participer à son succès. Notamment grâce à cette publicité. Où un homme d'âge mur en kimono et une jeune fille ont tous les deux sur la tête un casque de Walkman. Et que font-ils ? Ils dansent.

    C'est bon. Le Walkman est adopté. // La 2ᵉ version participera à en faire un objet culte. Un objet indispensable pour la jeunesse. Objet qui, l'air de rien, en ce happy day de 1979, va changer à jamais nos habitudes d’écoute sur un support lui aussi culte, la cassette audio. Le Walkman n'est pas une simple marque. C'est désormais un terme générique pour décrire un appareil qui permet d'écouter... sa musique.
    3 min

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