Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

By Nostalgie+Music
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Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70 episodes

  • The Turtles: Happy together, puis implosion
    Happy Day 1967. Ils sont heureux. Ils sont contents. Ils sont "Happy Together". 6 copains font de la musique depuis quelques années à Los Angeles. Ce sont des amis d'enfance, qui ont fréquenté la même école. Et qui, dans quelques années, vont se séparer sans fleurs dans les cheveux et sans couronne. Au début des années 60, ils font ce que l'on appelle de la Surf Music. Un peu comme les Beach Boys.

    Ce groupe s'est trouvé un nom qui sonne bien, les Turtles, les tortues. Comme pour les Byrds, les Turtles vont passer par la case reprise pour connaître leur premier succès. Et il sera fulgurant. Ils choisissent une chanson de Bob Dylan, "It Ain't Me Babe", qui est connue, mais pas trop non plus. Et là, c'est bingo ! Cette reprise atteint le Top 10 du classement Billboard à la fin de l'été 1965. Tous les codes de l'époque y sont. Et c'est parti, le premier album est en route.

    Ils faisaient de la Surf Music, mais grâce à ces harmonies vocales un petit peu plus complexes, le son du groupe va changer. À la manière des Byrds, ils vont explorer des sonorités plus chamber pop, voire carrément pop. C'est ici qu'intervient la première déception. Le batteur Don Murray et le bassiste Chuck Portz quittent le groupe.

    Personne ne sait officiellement pourquoi. Peut-être que la musique des Turtles évoluait trop vite pour eux. Le groupe commençait en efffet à expérimenter des sonorités plus psychédéliques. Autre possibilité : des tensions au sein du groupe. Quoi qu'il en soit, le départ de Murray et Portz a marqué un tournant dans l'histoire des Turtles. Leurs remplaçants, Chip Douglas et Johnny Barbata, apportent un vent de fraîcheur. Un vent qui va les conduire à leur plus grand succès... en 1967.

    Comme beaucoup de titres à succès, "Happy Together" est rejeté par plusieurs interprètes. Tant mieux pour les Turtles "Happy Together" est à la fois leur plus grand succès et leur chanson signature. C'est d'ailleurs grâce à la nouvelle recrue, Chip Douglas, qui en a assuré l'arrangement. En 1967, le groupe californien atteint les sommets. Le single va même détrôner "Penny Lane" des Beatles à la première place du Top 100 américain au printemps.

    "Happy Together" sera le seul numéro 1 des Turtles, mais ils peuvent être fiers. Il y est resté pendant trois semaines. Trois ans plus tard, ils mettent un terme à leur carrière avec une compilation. La disparition des Turtles ne fait pas les affaires du label White Whale, qui a perdu son plus gros générateur de revenus. D'ailleurs, il ne s'en remettra pas. Les membres du groupe, eux, suivront des destins différents, avec le souvenir d'avoir été... un jour... dans les années 60... Happy Together.
    4 min
  • 1967: L’improbable rencontre entre Charlie Chaplin et Petula Clark
    Album photo 1967. Happy Day pour un vieux monsieur à gauche, debout, regard étonné. C'est Charlie Chaplin. Au piano, à droite, rayonnante, Petula Clark. Ensemble, ils vont créer une chanson qui n'était pas, à première vue, destinée à devenir un tube.

    1967. Chaplin a 77 ans. Il travaille sur ce qui sera son dernier film, La Comtesse de Hong-Kong. C'est une comédie romantique avec un casting de rêve, Marlon Brando et Sophia Loren aux premières loges. Et c'est aussi un tournant dans la carrière de Chaplin. Il s'éloigne de ses classiques du cinéma muet pour réaliser une œuvre en couleur et avec des dialogues sonores. Chaplin y fait même une petite apparition, dans le rôle d'un steward. S'est-il trop éloigné du style qui a fait son succès ? Le film va essuyer pas mal de critiques. Le film, car la musique, elle, ne va pas connaître le même sort.

    Chaplin veut que son film, "A Countess from Hong Kong", ait une bande originale mémorable. Initialement, il imagine cette mélodie comme un simple thème instrumental, mais rapidement, il décide de lui ajouter des paroles. Sa première idée ? Une voix classique, comme celle d’Al Jolson, mais il est décédé depuis des années. Alors, lui vient une idée. Pourquoi pas Petula Clark. Elle vient de signer un immense succès avec un titre de Gainsbourg.

    La liaison entre Charlie et Petula est assez simple. Car elle possède une maison en Suisse, qui est voisine de la sienne. En septembre 1966, Claude Wolff, le mari et manager de Clark, reççoit une copie de la chanson. Il estime qu'elle a du potentiel. Problème : Tony Hatch, le collaborateur habituel de Clark, n'est pas de cet avis. Il refuse carrément de se charger de l'arrangement. Le label français Vogue engage alors Jacques Denjean, autre arrangeur à succès, mais son travail est refusé par Wolf.

    Alors, finalement, ce sera le distributeur américain de Vogue va tout arranger et faire enregistrer la chanson à Los Angeles. Voilà, elle est prête cette chanson. Ce sera "This is my Song".

    Petula Clark enregistre la chanson non seulement en anglais, mais également en français sous le titre "C'est Ma Chanson", avec des paroles de Pierre Delanoë. Ce qui est assez amusant, presque tragi-comique, c'est que Delanoë trouvait également que la chanson ne convenait pas à Clark. Peu importe, "C'est Ma Chanson" sera un succès, quoi qu'il en pense...

    Et je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Pour être très honnête, Petula Clark n'aimait pas tellement la chanson en anglais. Elle la trouvait démodée, notamment les paroles, des paroles que Charlie Chaplin avait tout simplement refusé de modifier. Le destin donnera tort à tout le monde, sauf à Chaplin. En ce happy day de 1967, il ne réussit pas l'examen du dernier film, mais s'offre son premier tube planétaire avec "This is my song"...
    4 min
  • Le fabuleux destin de Ponytail, la première Barbie
    Terrain de jeu du jour : 1960. Happy Day pour les petites filles. Elles ont une nouvelle copine. Cette amie s'appelle Barbie. Le premier modèle, la Barbie Ponytail. fait son apparition en Amérique du Nord. Ponytail, qui décrit parfaitement sa coiffure en queue de cheval. On la reconnaît également à ses vêtements en noir et blanc. Mais pourquoi diable du noir et blanc ?

    En 1960, les cheveux de Barbie sont blond platine ou bruns. La prunelle de ses yeux est blanche. Elle porte des lunettes de soleil blanches, des chaussures noires et des boucles d'oreilles. Pourquoi ? Tout simplement parce que Mattel veut qu'elle soit parfaite pour le petit écran, qui est toujours en noir et blanc.

    Barbie n'est pas une invention américaine. Comme Walt Disney est allé chercher l'inspiration de son parc d'attraction à Copenhague, Barbie s'inspire de Bild Lilli, une poupée allemande avec un corps d'adulte, des cheveux blonds et une garde-robe contemporaine (en tout cas pour 1960).

    Ce qui est assez comique (encore que), c'est que le créateur de Lilli va, dans un premier temps, menacer de poursuivre Mattel en justice. Ne rêvons pas : la petite entreprise allemande n'a pas assez de ressources financières et les poursuites sont abandonnées. Quatre ans plus tard, Rolf Hausser vendra les droits de la poupée Lilli à Mattel. La boucle est bouclée, Barbie est seule, désormais.

    Mais revenons à notre blonde platine.

    En 1960, Barbie penche gentiment la tête. Et cela donne une forme de regard taquin et faussement soumis. Mais cela fait de Barbie non seulement une amie des petites filles, mais presque un icône sexuelle. D'ailleurs, Barbie sort. Elle fréquente les cocktails. Elle a une robe pour ça. C'est même la tenue emblématique qui a été vendue avec la première Barbie Ponytail, une jupe bouffante en taffetas et un haut ajusté. Mais Barbie sait aussi se détendre. Pour ça, elle a la "Day Dress" (la robe de journée). Plus décontractée mais toujours chic, avec des imprimés colorés ou des motifs à rayures. Autre classique l'ensemble "Diana" (1961) : une robe élégante avec une coupe sophistiquée, parfaite pour les occasions spéciales. Ou pour les surprise-parties.

    Il faut un peu de diversité que diable, nous sommes dans les années 60 ! Alors, en 1962, Mattel dégaine une version rousse de la poupée Barbie. Toujours plus décontractée, elle porte un maillot de bain rouge. Il faut dire qu'elle se prépare à envahir l'Europe. La France accueillera Barbie en 1963, la Belgique aussi. La voilà prête pour la plage !

    Et puisqu'elle a désormais un summer body, il faut qu'elle bouge. En 1964, Barbie peut plier les genoux, ses yeux se ferment et le monde entier accueille sa petite sœur, Skipper. Son amoureux viendra plus tard. Barbie Ponytail a incarné le style sophistiqué et moderne des années 60. Devenue un symbole érotique puissant, Barbie s'est adaptée à toutes les saisons, tous les fétiches. Elle a même fait de la montagne en France, grâce à une combinaison de ski. Collections été ou hiver, 1960 restera comme le Happy Day de toutes, absolument TOUTES les petites filles...

    4 min
  • Goldman, l’enfant caché de Léo Ferré
    Happy Day en ce jour de 1976 pour un chanteur français qui, jusqu'alors, n'avait d'oreille que pour la musique anglo-saxonne. Une musique qu'il pratique avec son groupe Taï Phong.

    Taï Phong est le groupe qu'il rejoint en 1975 après son service militaire dans l'armée de l'air. Au départ, il ne doit as chanter avec le groupe, mais tout simplement remplacer le chanteur, qui est malade. Et c'est un premier succès, plutôt inattendu, pour Sister Jane, qui va soutenir la sortie du premier album du groupe.

    Mais voilà, 1976. Jean-Jacques Goldman assiste à un concert de Léo Ferre à Lille. Il est alors étudiant en école de commerce. Le déclic.

    Goldman s'exprimera, bien plus tard, sur ce moment clé.

    « Je me suis retrouvé cloué sur ma chaise. Je n'ai pas compris ce qui m'arrivait. Et puis j'ai compris que c'était possible en français, qu'il y a des mots qui peuvent tuer. Il est inhumain. Devant Ferré, qui que tu sois, tu es un petit garçon. Tous les mots comme poésie, mysticisme, dont quinze ans d'Éducation nationale avaient réussi à me dégoûter, je les ai compris. »

    À partir de ce moment, tout va changer pour Goldman. Lui qui, jusqu'alors, a toujours déclaré que la chanson “Think” d’Aretha Franklin avait été pour lui une véritable révélation artistique, alors qu'il avait 17 ans.

    Changement de registre. Il décide de s’exprimer en français et c'est ainsi que va se lancer sa carrière solo. Un revirement qui n'aurait sans doute pas pu voir le jour sans ce concert de Léo Ferré qui l’a laissé admiratif. Il sort en 1976, un premier 45 tours en solo qui contient deux titres : "C'est pas grave papa" et "Tu m'as dit". 

    Les 2 titres passeront inaperçus. L'année suivante, en 1977, Goldman sort "Les nuits de solitude". Là encore, ce sera un coup d'épée dans l'eau. Il faudra attendre 1981 et "Il suffira d'un signe" pour qu'il devienne un chanteur connu et même REconnu. Ces titres, en français, écrits, composés et enregistrés à partir de 1976, eront réédités (bien plus tard!) dans un best of "Les Années Warner", qui sortira en 1984.

    Une chose est sûre. Ce happy day de 1976 au concert de Ferré aura profondément changé le destin de Goldman. Même s'il devra attendre avant d'imposer sa patte dans la chanson française. Comme quoi, Léo avait raison, avec le temps va, tout s'en va.
    4 min
  • 1965: Sylvie et Johnny se marient… à l’abri des regards (pensent-ils)
    Happy Day pour certains. Un peu moins pour les hordes de groupies de Johnny. Nous voici en avril 1965, à l'aube d'une annonce qui aurait dû rester une annonce. Celle du mariage de Johnny et Sylvie, deux immenses stars de la chanson française. Une Blonde et son bad boy, qui est aussi l'idole des jeunes...

    Le mariage de Sylvie et Johnny, c'est un événement. Mais un événement qui aurait dû se tenir en tout petit comité. Pour éloigner les projecteurs, le couple décide de s'éloigner de Paris. C'est la petite église de Loconville dans l'Oise, qui est choisie. Johnny, en service militaire en Allemagne, a obtenu une permission spéciale pour sceller cette union... en tout petit comité, disions nous.

    Problème. Ce qui était supposé être un tout petit comité se transforme en une foule de badauds et de journalistes. Les photographes, armés de leurs appareils, se disputent la meilleure place, tandis que des fans en larmes tentent désespérément de s'approcher de la mariée. Et du marié. Et là, c'est la catastrophe.

    Quelqu'un a vendu l'information du mariage à la presse. Mais qui ? Sylvie et Johnny, qui espéraient donc la plus stricte intimité (autant que possible pour deux stars de leur envergure), se retrouvent littéralement assiégés. La cérémonie se déroule dans une ambiance mêlée d'émotion et de glamour, mais aussi d'une certaine nervosité.

    On pense que c'est le maire qui a vendu la mèche au journal du dimanche. Ce qui devait être un petit mariage de campagne est en réalité un énorme barnum.

    Les paparazzis sont partout, dans les arbres ou sous les toits des maisons en face de l'église, soulevant les tuiles pour y glisser leur objectif.

    Alors qui a parlé ? Qui a vendu l’info ? Bien plus tard, Sylvie s'exprimera sur le sujet à la télévision. 

    L'année suivante, autre happy day, c'est la naissance de David Hallyday. David naît le 14 août. Un an et quelques mois après ce qui restera comme… le secret le moins bien gardé de toutes les yéyés…
    4 min
  • En 1978, “Le chanteur” se voyait déjà…
    Happy day en juin 1978 pour un chanteur qui a beaucoup de mal à convaincre à la fois Eddie Barclay... et surtout le public. Ce chanteur s'appelle Daniel Balavoine. Il a déjà sorti 2 albums. Des albums qui lui ont valu des succès d'estime, mais aucune reconnaissance à proprement parler. Un titre va tout changer. C'est la 6e chanson d'un 33 tours. Celle qui en ouvre la face B. Signe distinctif : une trompette.

    Une trompette qui, en réalité, s'est retrouvée là un peu par hasard. Voire carrément par erreur. Et c'est précisément cet instrument qui va évoquer à Balavoine les « trompettes de la gloire ». Il peinait encore à trouver un thème et des paroles à la chanson. C'est une révélation. La légende raconte que le texte est bouclé sur un coin de table, en moins d'une heure. Daniel se présente, il s'appelle Henri...

    Henri, c'est "Le Chanteur". Mais surtout le début de la carrière de Daniel Balavoine. Il a alors 26 ans. Le chanteur a grandi dans une famille modeste en Normandie. Cela fait bientôt 8 ans qu'il est monté tenter sa chance à Paris.  

    Ce qui touche le public, ce sont les paroles, qui s'inspirent de sa propre expérience, de ses galères et de ses turpitudes. Et aussi de ses observations sur le milieu du show-business. "Le chanteur" raconte l'histoire d'un artiste confronté aux défis de la célébrité et à la pression de l'industrie musicale.

    On a parfois reproché à Balavoine de s'être un peu trop inspiré de "Je m'voyais déjà" d'Aznavour. Une critique qu'il balayera d'un revers de la main, en disant que "Le chanteur" est une chanson amusante... là où celle d'Aznavour était du premier degré.

    Pour Fabien Lecœuvre, qui a écrit "Balavoine, la véritable histoire", il y a un peu de vrai là-dedans. Balavoine avouera en effet avoir réécouté Aznavour avant d'écrire sa propre chanson. Et d'ajouter que le texte du Chanteur est un aussi un règlement de compte. Il se moque plus ou moins habilement d'Eddie Barclay, qui trouvait que Balavoine n'était pas beau et qu'il avait, je cite, "une voix de pédé". Chez Barclay, ll faudra compter sur la détermination de Léo Missir, le vice-président et responsable des services artistiques, pour le soutenir dans la durée. À raison. Le succès du "Chanteur" est fulgurant.

    L'album se vend à plus de 500 000 exemplaires. Et surtout, il permet à Balavoine de se produire dans des salles de plus en plus grandes et d'acquérir une notoriété partout dans le monde francophone. L'air de rien, ce happy day de 1978 ouvre la voie à une série de succès qui feront de Balavoine l'un des artistes les plus appréciés. Les plus engagés, aussi.
    4 min
  • La minijupe a rendu Mary Quant célèbre aux 4 coins du monde
    Happy Day en cette rentrée de septembre 1962, en plein cœur des Swinging Sixties. Quelques centimètres de moins vont suffire à une styliste britannique pour créer un vent de légèreté et jeter un parfum de scandale sur la mode au féminin.

    Mary Quant a de la chance. Les écoles d'art sont désormais ouvertes à la classe ouvrière. Elle va avoir le privilège de suivre un cursus durant la fin des années 40. Brillante, novatrice, elle décroche un poste chez un couturier, mais Mary est libre. En 1955, en bonne autodidacte, elle s'associe à son mari et ouvre une boutique de fripes sur King's Road à Londres. Trois ans plus tard, elle veut raccourcir les jupes. Et c'est le déclic. La première minijupe de Mary Quant est commercialisée en 1962 dans sa boutique, le Bazaar.

    Alors oui, il y a débat dans le milieu de la mode sur l'invention de la minijupe entre le tailleur français Lucien David Langman et André Courrèges. André Courrèges présente sa collection "Space Age" en 1964, avec des minijupes futuristes. Mais c'est bien Mary Quant qui aura osé, la première, vendre à madame tout le monde sa diabolique création.

    Inspirée par la jeunesse et la liberté, elle raccourcit les jupes jusqu'à mi-cuisse, ce qui crée un look à la fois moderne et provocateur.

    Les Londonien en chapeau melon viennent rapidement frapper à la fenêtre de la boutique pour dire tout le mal qu'ils pensent de ce nouveau vêtement, qualifié d'« immoral !». Immoral, pas pour tout le monde. Au sous-sol de la boutique, l'époux de Mary a ouvert un restaurant où se pressent des musiciens de jazz et des vedettes de l'époque. On y croise les Stones, Brigitte Bardot et les Beatles. Ces derniers ne manquent évidemment pas de passer par la boutique.

    En quelques mois, la minijupe de Mary a conquis le show business. Stars et icônes de la mode s'en emparent. Twiggy, le mannequin aux yeux de biche, devient l'égérie de ce nouveau style. Dans la série Star Trek (version 60s), les officiers féminins portent toutes des collants et des minijupes très courtes.

    En 1965, Mary Quant est choisie par la chaîne de magasins américaine JC Penney à dessiner des collections. Des collections qui comprennent sa fameuse jupe raccourcie, mais un peu moins que dans sa boutique londonienne. JC Penney, c'est la mode pour toutes et le succès est immédiat. Les conservateurs de l'époque s'étouffent. Aux États-Unis, les jambes des filles s’offrent à la vue de tout-venant. Partout en Europe, on voit les jambes des filles pour la première fois dans l'histoire, depuis la jupette guerrière du soldat romain. Car s'il y a bien une inspiration historique à la minijupe, c'est celle-là.

    Mary a touché la corde sensible. La minijupe est interdite dans certains pays. En 1969, ça ne s'invente pas, le Vatican va jusqu'à qualifier de "triste spectacle". Aujourd'hui, il n'y a plus vraiment débat, la minijupe est devenue un classique. Mais... en ce happy day de la rentrée 1962, et Mary Quant ne le sait pas encore, elle va changer à tout jamais la garde-robe des femmes. Une épopée racontée dans le livre "Quant on Quant" aux éditions Chivers. Assurez-vous de trouver un exemplaire original de 1966, année où Bardot, en minijupe, fait des incantations... au soleil.
    5 min
  • Le premier succès de Billy Paul était un amour interdit
    Septembre 1972. Il l'attend depuis des années. Il l'a trouvé. Happy Day grâce à un TITRE qui va rendre Paul Williams célèbre dans le monde entier...

    Paul, c'est un gars du Nord de Philadelphie, un de ces types qui a grandi dans un quartier où la musique coule dans les veines, un peu comme l’alcool. Paul commence à chanter très jeune. À l’époque, la scène jazz est en pleine effervescence. C’est un crooner, mais avec une touche de soul qui fait toute la différence. Une voix chaude et profonde qui peine à trouver un public au-delà du cercle des adeptes du jazz.

    Pourtant. Tout va changer en 1972. Paul Williams a 38 ans. Le monde entier découvre alors celui qui se fera appeler Billy Paul grâceà titre soul, écrit par Kenny Gamble, Leon Huff et Cary Gilbert. Un titre dont l'introduction langoureuse laisse à penser qu'il s'agit d'une histoire d'amour…

    Et oui, “Me and Mrs. Jones”, c'est bien une affaire de cœur. Mais c’est surtout l’histoire d’une relation interdite, d’une liaison dangereuse, cachée, entre un homme et une femme… déjà mariée. "Me and Mrs. Jones" raconte leur rencontre secrète dans un café chaque jour à la même heure, à 6h30. "We got a thing going on", chante Billy, "Y a un truc entre nous". Et il ajoute : "But we both know it's wrong/but it's much too strong/to let it go now."

    Traduction ? Y a un truc entre nous. Dont nous savons tous les deux que c'est mal. Mais qui est tellement fort, tellement puissant. Qu'il est impossible à contenir. Ces paroles, elles tranchent en Amérique du Nord, avec le reste du catalogue un peu mièvre et attendu. Résultat : le titre est immédiatement accueilli par un succès retentissant.

    Numéro un des classements R&B, numéro trois au Billboard Hot 100, c’est une consécration, espérée, mais inattendue, pour Billy Paul. Le single se vend à des millions d’exemplaires. "Me and Mrs. Jones" devient un hymne pour tous ceux qui ont connu l’amour interdit et qui ont cédé à la tentation. Les radios s'en emparent, mais elles ont besoin d'une version un peu plus courte. CBS obéit, la maison de disque va omettre le deuxième couplet et raccourcir la coda. C'est à dire la fin du titre.

    Et après ? Billy Paul sortira d'autres albums, mais aucun ne va jamais atteindre à nouveau le sommet. Un titre fera tout de même exception et c'est une reprise. Reprise de Your Song, une chanson d'Elton John sortie 2 ans plus tôt. Là encore, réinterprétation totale….

    Dans Your Song, Billy Paul s'assure un réarrangement à sa sauce. Soul et langoureux. "Your Song" sera son 2e succès.

    Mais pour beaucoup, Billy Paul restera toujours l'homme qui a chanté l'amour interdit entre "Me and Mrs. Jones". Un happy day intemporel qui nous rappelle à quel point l’amour est parfois... une cascade.
    4 min
  • Le jour où Baudouin a cessé d'être un roi triste
    Oh Happy Day, 15 décembre 1960. Les Belges ont l'honneur d'un événement historique. Ils vont assister, pour la première fois depuis notre indépendance, à un mariage royal. Il fait froid. Il fait gris. Le roi Baudouin, alors âgé de 30 ans, épousera aujourd'hui Fabiola de Mora y Aragón et en fera la Reine des Belges.

    La rencontre entre Baudouin et Fabiola reste entourée d'un certain mystère. C'est la comtesse Veronica O'Sullivan, la tante du roi, qui aurait joué les entremetteuses.

    Fabiola, qui a 32 ans le jour de son mariage, est une infirmière de formation. Elle est issue d'une famille noble espagnole. Elle séduit visiblement TRÈS rapidement le cœur du souverain belge. Discrète, comme lui. Pieuse, comme lui. D'apparence un peu austère, enfin plus vraiment aujourd'hui. Puisque, aujourd'hui, jour de mariage, Baudouin a souri.

    Le mariage est célébré dans la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles par le Cardinal Léon-Joseph Suenens. Il partage avec le Roi un douloureux souvenir. Baudouin déplore la perte précoce de sa mère, la reine Astrid, décédée dans un accident de voiture en 1935. Léon-Joseph Suenens perd son propre père à 4 ans. Le père du Cardinal Suenens est mort à 30 ans. C'est précisément l'âge du roi aujourd'hui, à son mariage.

    Car oui, ce mariage marque un tournant dans la perception de la monarchie par les Belges. Le roi Baudouin, jusque-là perçu comme distant et réservé, apparaît sous un jour nouveau. Son union avec Fabiola semble lui insuffler une nouvelle énergie et une joie de vivre évidente. La reine Fabiola, quant à elle, va conquérir rapidement le cœur des Belges par sa gentillesse et son engagement dans une série impressionnante de causes sociales. 

    Le cérémonie est terminée, direction la Palais Royal, sous vos applaudissements...

    Vive le Roi. Vive la Reine. Une chose est sûre, ce 15 décembre 1960 est un happy day pour le Roi. Mais aussi pour l'union de la Belgique. Car leur histoire d'amour, qui a duré plus de trois décennies, a profondément marqué l'histoire du jeune Royaume et renforcé les liens entre la monarchie et le peuple belge. Et ce jour-là, la radio diffuse Ike and Tina Turner. Ils publient leur premier disque d'amour. Ce sera... A Fool in Love.
    6 min
  • Mais qui est Ziggy Stardust ?
    Faut-il vraiment parler de Happy Day, quand, en 1972, David Bowie dévoile une sorte de figure messianique qui vient annoncer la fin du monde ? Ce personnage de fiction s'appelle Ziggy Stardust et il va faire entrer Bowie dans une période de créativité inédite. Certains parleront même... de provocation.

    Question. Qui est Ziggy Stardust ?

    Ziggy, c'est le protagoniste de l'album "The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars". Un album sorti en 1972. L'album raconte l'histoire d'un extraterrestre devenu une superstar du rock, qui finit par être détruit par sa propre célébrité.

    Ziggy est le symbole de l'excès, de l'ascension, mais aussi de la chute vertigineuse des stars. Le personnage représente à la fois l'aliénation et la destruction de soi.  

    Mais Ziggy a quelque chose d'un peu novateur pour l'époque. Il crée une forme de rupture avec les normes de genre. Bowie a décidé de brouiller les pistes, voire les frontières, entre les sexes.

    Mais d'où est venue cette drôle d'idée ? 4 pistes sont possibles. Elles sont même certaines et totalement cumulables.

    1. Le rock. À la fin des années 1960 et au début des années 1970, le rock est en pleine transformation. On assiste à la naissance du mouvement glam rock, avec des costumes flamboyants et une esthétique un peu plus théâtrale, à l'image de T Rex. Bowie y a vu une chance de porter cette esthétique beaucoup plus loin.

    2. Les icônes du rock. Bowie confiera plus tard qu'il s'est inspiré de figures du rock comme Iggy Pop et Lou Reed, qui incarnaient tous les deux une nouvelle image, à la fois rebelle et androgyne. Iggy Pop, en particulier. Il fut une source d'inspiration pour la personnalité complètement extravagante de Ziggy Stardust.

    3. La science-fiction. Ce n'est pas un mystère, il l'a souvent évoqué. Bowie était fasciné par la science-fiction (tant dans la littérature que dans le cinéma). Cela se reflète naturellement dans l'histoire de Ziggy Stardust. Le personnage est un extraterrestre androgynique qui vient sur Terre pour devenir une star de rock, tout en prédisant la fin du monde. Cette intrigue est partiellement inspirée par des œuvres comme "2001: L'Odyssée de l'espace" de Stanley Kubrick et les écrits de science-fiction de l'époque. 

    4. La culture japonaise. L'esthétique visuelle de Ziggy Stardust doit beaucoup à la culture nippone. Les maquillages exagérés et les tenues flamboyantes de Ziggy rappellent clairement ces influences. Le Britannique s'inspire du théâtre kabuki et du travail de Yamamoto, qui a lui-même pu créer des costumes pour Bowie.

    Ziggy Stardust est à l’affiche et Bowie à son apogée. Il faisait fantasmer les midinettes et les minets. Bowie est désormais une icône culturelle et musicale. On pourrait même dire INTELLECTUELLE. Avec une influence incroyable sur la génération des années 70. Pas question pour autant de s'enfermer dans son personnage. La "mort" de Ziggy est prononcée, ni fleurs in couronnes, lors d'un concert à Londres en 1973. N'empêche, Ziggy poursuivra Bowie jusqu'à la fin de sa carrière, et même au-delà. Car quand on y pense... Ziggy est ce que l'on appellerait aujourd'hui un IEL, une image androgyne, revendiquée. Comme quoi, personne n'a JAMAIS rien inventé, à part peut-être Bowie.
    7 min

About Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

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