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La carrière d'Orson Welles à Hollywood fut aussi brève que fulgurante. Avec quatre films – Citizen Kane, La Splendeur des Amberson, La Dame de Shanghai et La Soif du mal – cet artiste inclassable bouleversa le cinéma.
Génie précoce, enfant du théâtre et de la radio, Welles invente dès les années 1940 un cinéma d’auteur audacieux. Entre illusions perdues, pouvoir et désenchantement, son parcours incarne la tension entre art et industrie, liberté et contrainte.
En écho à l’exposition que lui consacre la Cinémathèque française, La Dernière Séquence retrace la naissance d’un mythe et la révolution esthétique d’un homme qui n’a cessé de repousser les limites du cadre.
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Héritier du Nouvel Hollywood, Paul Thomas Anderson explore depuis près de trente ans les forces invisibles qui façonnent l’Amérique : le pouvoir, la culpabilité, la solitude. De Boogie Nights à There Will Be Blood, de The Master à Licorice Pizza, son cinéma oscille entre maîtrise et débordement, entre contrôle et chaos.
Avec One Battle After Another, il signe une peinture brutale de l’Amérique trumpienne et des excès qu’elle engendre, prolongeant sa réflexion sur la violence et la perte de repères.
Dans ce nouvel épisode de La Dernière Séquence, nous revenons sur l’œuvre d’un cinéaste qui scrute l’intime pour mieux raconter son époque — et, à travers elle, notre propre vertige face à la fragilité du monde.
Avec Valérie Lavalle, réalisatrice
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En quatre films seulement — Hérédité, Midsommar, Beau a peur et Eddington — Ari Aster s’est imposé comme l’un des cinéastes les plus singuliers du cinéma américain contemporain. Né à New York en 1986, il a très tôt choisi son territoire : la famille comme scène du tragique.
Chez Aster, l’horreur n’est jamais une fin en soi. Elle est le langage qui dit les secrets, les deuils, la culpabilité, la codépendance. Ses films convoquent le dibbouk et le golem, figures du folklore yiddish : entre possession et fabrication, entre l’esprit qui s’empare des vivants et la créature qui échappe à son créateur. Aster navigue entre ces pôles pour construire un cinéma de l’intime, éprouvé par l’horreur.
Monstre invisible, peur héritée, communauté oppressante : chez Ari Aster, le véritable sujet n’est pas le surnaturel mais ce qui nous lie — famille, couple, société — quand ces liens deviennent carcan.
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On les appelle ZAZ, pour Zucker, Abrahams, Zucker. Un acronyme en guise de signature comique inimitable. A partir de 1980, avec Y a-t-il un pilote dans l'avion ?, puis Top Secret ! ou encore la série des Y a-t-il un flic..., le trio impose un humour visuel, absurde, frénétique, qui va profondément marquer le cinéma comique anglo-saxon.
Mais ces génies de la parodie ne sortent pas de nulle part. ZAZ sont les héritiers d'une tradition comique américaine multiforme : le vaudeville burlesque, le slapstick des années muettes, l'irrévérence anarchique des Marx Brothers, les films de Mel Brooks, mais aussi la culture télé des années 70. Leur force ? Avoir digéré toutes ces influences pour créer un style propre, où chaque plan ne recelant pas au moins un gag est un plan raté.
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Avec le cycle Antoine Doinel, François Truffaut invente un cinéma de l'intime, à la fois autobiographique et romanesque. En cinq films, il retrace le parcours d'Antoine Doinel, son double de fiction incarné par Jean-Pierre Léaud et derrière lequel affleurent ses blessures, ses élans et ses tourments. Ce cyle unique a durablement influencé le cinéma d'autofiction, de Moretti à Desplechin, et a ouvert la voie à une nouvelle forme de récit personnel au cinéma.
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Charles Laughton, immense acteur au jeu habité et théâtral, n'est pasé qu'une seule fois derrière la caméra, mais ce fut pour livrer un chef-d'oeuvre inclassable : La Nuit du Chasseur (1955). Conte cruel aux accents expressionnistes, ce film unique en son genre conjugue lyrisme visuel, tension onirique et terreur quasi biblique. Inspiré par le muet, le cinéma de Murnau, Lang et Griffith, Laughton sculpte des images inoubliables pour raconter la fuite désespérée de deux enfants traqués par un faux prédicateur maléfique, incarné par un Robert Mitchum glaçant. Méconnu à sa sortie, ce film singulier est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands de l'histoire du cinéma, témoin du génie visionnaire de son unique réalisateur.
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Clint Eastwood a su renouveler le western en confrontant l'héritage de ses grands maîtres, John Ford et Howard Hawks, à une vision plus sombre et réaliste du genre. L’Homme des hautes plaines et Josey Wales hors-la-loi revisitent l’archétype du justicier solitaire en l’humanisant. Cette évolution culmine avec Impitoyable (Unforgiven), chef-d’œuvre qui déconstruit la geste du western classique en explorant les thèmes de la violence et de la rédemption. À travers un style épuré, Eastwood propose une réflexion profonde sur le mythe de l’Ouest, offrant au genre un adieu empreint de gravité, de mélancolie et de modernité.
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Les années 1990 marquent un tournant dans la carrière de Steven Spielberg, une décennie où le réalisateur ne se contente plus d'investir l'imaginaire et le divertissement mais s'engage dans une quête de mémoire et de transmission. Si ses débuts sont associés à l’aventure et à l’évasion, cette période révèle un cinéaste mûri, profondément marqué par son héritage culturel et spirituel.
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Akira Kurosawa est à juste titre surnommé l'empereur du cinéma japonais. De Rashomon, qui l'a propulsé sur la scène mondaile en 1951, au Sept Samouraïs, chef-d'oeuvre du film de sabre, en passant par Le Château de l'Araignée et Dodes'ka-den, La Dernière Séquence retrace le parcours d'un cinéaste qui a su marier les traditions du Japon ancestral à la modernité occidentale. Nous évoquerons également la seconde partie de sa carrière, marquée par des oeuvres sombres et introspectives, rendues possibles grâce au soutien de ses admirateurs américains, tels George Lucas et Francis Ford Coppola. Il laisse au cinéma mondial un héritage monumental, pour qui l'honnêteté envers ses personnages était une valeur absolue.
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Les sujets sont transversaux, il s'agit des grands thèmes dont s'emparent - ou se sont emparés - les cinéastes d'hier et d'aujourd'hui. Il y sera également question des carrières des grands…
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