La Story Nostalgie

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La Story Nostalgie episodes

  • Kylie Minogue, La petite princesse de la pop (Episode 1)
    On ne présente pas Kylie Minogue. Ça fait longtemps qu’on ne la présente plus. Depuis ses premiers succès dans les années 80 avec sa pop dansante sucrée, puis son tonitruant retour dans les années 2000 en reine du dance floor, sans oublier ses collaborations avec des artistes rock indépendants et, bien sûr, rubrique people oblige, sa vie privée partagée avec quelques stars de la musique et du cinéma. En tout cas, une étonnante longévité, près de 40 années, longévité rimant avec popularité, totalement en porte-à-faux avec les carrières éphémères des interprètes de ce genre de musique populaire. Comment la mini princesse de la pop, surnommée ainsi en raison de son mètre 53, a-t-elle pu accomplir un tel miracle ? Est-ce lié à ce qui la fait courir depuis le début de son adolescence ? Je vous raconte.

    Milieu des années 80, nous sommes Down Under, en bas en dessous, comme disent les Australiens. Et s’ils y pensent, car ça ne se voit pas qu’on a la tête en bas quand on y vit, c’est parce que la majorité de ses habitants vient de l’autre côté, des îles britanniques. C’est le cas de Carol Ann Jones, une Galloise qui est arrivée en 1958 avec ses parents, sur le fameux Fairsea, un bateau de guerre américain de la seconde guerre mondiale reconverti en cargo pour migrants. Elle avait ainsi effectué le trajet avec la famille Gibb dont les enfants sont devenus plus tard, les Bee Gees. Alors l’histoire de ce groupe de gamins vedettes de la télé australienne dans les années 60, elle l’a suivie. Et elle sait à quel point ils ont eu du mal dans leur carrière avant de, par chance, tomber sur un producteur anglais qui fasse d’eux des stars. Et même après, ça n’a pas été tout seul. Donc, non, Carol refuse que sa fille quitte l’école pour se donner à fond dans la comédie.

    Certes, elle a mis ses deux filles Dannii et Kylie aux cours de piano et de violon, comme beaucoup de Britanniques, et elle a dit oui quand sa sœur Suzette a proposé d’emmener Dannii à un casting pour un petit rôle de gosse dans une série télé locale. Quelle n’avait pas été la surprise au retour quand elle lui avait annoncé que c’était finalement Kylie, qui les avait accompagnées, qui avait été prise. Le monde du showbiz est vraiment étonnant. Ainsi après ce rôle dans les Sullivans, Kylie Minogue, dix ans, avait enchaîné l’année suivante, avec un épisode dans une autre série qui n’est pas passée à la postérité. C’est pas grand chose dans la vie d’une écolière mais suffisant pour donner envie d’autre chose à une adolescente qui ne vit pas très bien ses années de lycée. Kylie se lie peu avec ses camarades de classe et se trouve être une élève très moyenne, c’est-à-dire pas passionnée du tout. Alors, en cette année 1984, quand elle réussit le casting pour un rôle important dans un autre soap familial, Kylie veut mettre ses études de côté pour se concentrer uniquement sur ses rôles. Mais c’est hors de question, répond sa mère, tu n’imagines pas la chance qu’il faut pour réussir dans ce métier. Il faudrait que tu sois la reine des veinardes pour t’en sortir.
    7 min
  • La résurrection de James Bond (Episode 5)
    Si Sean Connery a voulu, assez vite, prendre ses distances avec le personnage de James Bond, c’est parce que les producteurs de cinéma ne voulaient pas lui donner de rôles importants dans de grosses productions car ils disaient que les gens ne verraient en lui que l'agent 007. Pourtant quand vous le voyez en vrai, à l’époque, avec ses moustaches et son cheveu rare, il faut beaucoup d’imagination. Ce n’est plus la même personne. Disons plutôt qu’ayant été le premier à l’incarner au cinéma, c’est son nom sur une affiche qui est devenu synonyme de James Bond.

    Alors, quand Daniel Craig est pressenti par Barbara Broccoli, la fille du producteur emblématique de la série qui compte déjà vingt films, la question ne se pose plus. Il est déjà le numéro 6, sans compter les anecdotiques. Il va d’ailleurs refuser la fameuse moumoute qu’avait acceptée Sean Connery pour ressembler au héros des romans de Ian Fleming. Au grand dam de certains fans de la série qui ne supportent pas ses cheveux blonds et vont monter un site pour appeler au boycott du film. Charmant !

    Mais pour le reste Craig va offrir un réalisme aux situations vécues qu’aucun acteur n’avait pu jusque-là apporter en jouant lui-même une bonne partie des scènes d’action. Vous la voyez la poursuite et le combat sur une grue de travaux de plus de quarante mètres de haut ? Ça fout les foies rien que de l’imaginer, hein ? Et on se dit, c’est un truc de cascadeur professionnel. Et bien malgré sa peur du vide, Daniel Craig va y aller, là-haut, et permettre ainsi des gros plans réels dont aucun réalisateur de film d’action ne pourrait rêver. Dans une bagarre, il va même perdre une dent. Mais pas question de quitter le tournage, le dentiste se déplace pour réparer les dégâts et on reprend. Voilà qui explique le réalisme de l’engagement dans toutes ces terribles scènes qui nous ont scotchés. On les sent, les coups, et pour cause.

    Et bien sûr, comment ne pas évoquer la terrible scène de torture avec Mads Mikkelsen. Il y va tellement fort que la plaque protectrice sous le siège sur lequel Craig est attaché, va rompre sous le choc. Il ne sera heureusement pas blessé, imaginez le truc, mais la scène est tellement violente et réaliste que la production et le réalisateur vont un moment songer la couper au montage. Non vraiment, Daniel Craig fait tout ce qu’on lui demande et même au-delà pour être au plus près de la réalité de ce que le film raconte. Et c’est sans doute cela que vous avez ressenti dans votre fauteuil, et qui fait qu’aucun James Bond ne vous avait jamais autant touché. Et je ne parle pas de la scène où l’acteur hyper basé sort de l’eau en arrivant sur la plage aux Bahamas, vêtu d’un maillot de bain. Elle était moins physique, quoique, mais elle est restée gravée dans beaucoup de mémoires.

    Et à force d’y aller, jour après jour, comme un coureur de marathon, Daniel Craig finit par créer sa propre chance, au point de faire avaler les insultes blessantes de ceux qui n’y croyaient pas au vu de sa filmographie et de la couleur de ses cheveux. Un véritable coup de tonnerre qui ressuscite un James Bond ramené à ses débuts, et au-delà. Au point qu’on se demande aujourd’hui, qui pour faire mieux ?
    7 min
  • La résurrection de James Bond (Episode 4)
    A-t-on déjà vu ça ? Un James Bond dont l’action débute quelques minutes après la fin du précédent. Jamais. Avec Quantum of Solace, en 2008, Il y a véritablement une rupture dans la franchise et bien sûr, une adéquation avec l’air du temps qui inscrit de plus en plus le langage cinématographique dans le cadre des séries. Oui, Daniel Craig incarne le premier James Bond à évoluer dans une histoire qui se prolonge, de film en film. Un reboot, quand on reprend son histoire à ses débuts, premier roman de son créateur Ian Fleming, mais on la prolonge, tout en racontant le passé de l’agent 007 mais aussi sa fin. C’est culotté, il fallait y penser, oser surtout, et ça marche.

    On n’a jamais vu une incarnation plus brute, c’est-à-dire proche de l’homme qu’il faut être pour assumer une telle tâche. Et donc, en même temps, plus humaine. La vie de James Bond ne se résume pas aux 90 minutes sur papier d’un scénario hollywoodien, avec ses pirouettes, raccourcis et bons mots. Quand James Bond se bat, ça fait mal, il se blesse, il souffre dans sa chair. Et quand il perd quelqu’un, il balise jusqu’à tout foutre en l’air. Car si on vit dans une époque désormais lointaine du James Bond misogyne et brutal avec les femmes, il ne faut pas oublier l’ADN du personnage qui déteste les réceptions guindées, les vernissages et cocktails où on se pointe en smoking pour raconter des banalités à des gens qui ne sont là que pour se montrer. D’ailleurs son nom dit tout de lui, et quand il le dit, on a compris : c’est sec comme une détonation, c’est vrai, mais c’est surtout direct et franc !

    Alors c’est vrai qu’il habite Chelsea, qui n’est pas le plus déshérité des quartiers de Londres. Mais c’est un rez-de-chaussée qui donne sur un square où il vit comme un vieux garçon. Une pièce de séjour avec une bibliothèque remplie de livres, une chambre au papier peint blanc et or mais sous l’oreiller, un pistolet toujours chargé. La salle de bains est le théâtre de ses douches froides suivies de douche bouillante et bien sûr de ses pompes, tractions et abdominaux matinaux, ainsi que d’autres exercices de musculation. Bien sûr que son corps est usé avant l’heure, il lui en a trop demandé au cours de ses missions et entraînements, le médecin du MI6 lui a déjà fait savoir et l’a communiqué à la hiérarchie. Plus d’une fois. Et bien tout ça se lit dans l’attitude de Daniel Craig à l’écran. Dans le regard de cet Anglais pas comme les autres, mais Anglais quand même, qui débute sa journée avec des œufs brouillés et du bacon américain.

    C’est donc plus une véritable humanisation qu’une résurrection qui nous a été offerte par Daniel Craig pour le personnage de James Bond il y a maintenant vingt ans. Tellement incarné que même en vacances, au soleil, entre deux tournages, ce n’est pas l’acteur que montraient les photos des paparazzis mais James Bond lui-même, toujours en alerte, toujours prêt, car pour se planquer de tous ceux qui lui en veulent, le monde ne suffit pas. Pas étonnant qu’il ait voulu y mettre car jamais dans l’histoire du cinéma, un comédien n’a été rattrapé par un personnage, tant il est devenu crédible.
    8 min
  • La résurrection de James Bond (Episode 3)
    Mai 2006, le plus grand bateau à voiles qu’on y ait vu depuis 300 ans entre dans le grand Canal de Venise devant des caméras de cinéma, avec à son bord, James Bond. Le nouveau James Bond, je devrais dire, tellement nouveau que personne ne l’a encore vu à l’écran. Il se nomme Daniel Craig et doit à ce moment avoir un moral aussi inoxydable que celui qu’il incarne pour la première fois.

    Depuis quelques mois, en effet, on assiste à un bashing monumental sur internet, un site a même été créé pour tous ceux qui trouvent que, non, Daniel Craig, N’est PAS James Bond. Il ne l’est tellement pas que ces fans de la série proclament qu’ils boycotteront le film. Ils n’iront pas le voir ! Que lui reprochent-ils ? Déjà, il est trop petit : 1m78. C’est dix centimètres de moins que Sean Connery, qui reste le comédien emblématique de la franchise, celui qui l’a lancé, incarné en premier. Et s’il portait, déjà à l’époque, une prothèse capillaire, en clair, une moumoute, c’est parce que James Bond a une toison dense et sombre.

    Mais Daniel Craig ne veut rien entendre, il ne se fera pas teindre les cheveux pour incarner James Bond. Il a juste prévu de se les faire couper court pour avoir l’air plus brutal, plus brut de décoffrage. Car si, l’acteur a, au départ, décliné l’offre pourtant faramineuse qui lui a été faite, c’est justement parce qu’il trouve que ces films obéissent tous à la même formule. Mais quelques mois plus tard, lorsque la production lui fournit le scénario, il change d’avis car il est justement question de rompre avec la routine et surtout l’image d’un James Bond, personnage de film de divertissement. Et c’est ce que Daniel Craig pense. James Bond, même s’il est dans le bon camp, au service de sa majesté, c’est un tueur. Et un tueur quand il rentre dans une pièce, observe aussi bien les gens que les portes de sortie, ça doit se lire dans son regard, créer un charisme particulier. Et ça change tout au rôle, à l’attitude du personnage auquel il faut alors donner de la profondeur en lui créant une histoire, celle qui l’a amené à devenir l’homme sombre, tourmenté, mais décidé, qu’il est devenu.

    Et ce James Bond, là, né sous les traits de l'emblématique Sean Connery, on ne l’a encore jamais vu à l’écran. Car ce regard, cette attitude, Daniel Craig les connaît bien, il est né à Chester, dans le grand bassin ouvrier, le moteur de l’Empire britannique industriel, avec un père, gérant de pub. Les hommes rudes, les types qui cognent pour un oui ou un non gavé de pintes et de whisky, il connaît. Puis il a grandi à Liverpool, après le divorce de ses parents, un autre lieu où on vit à la dure dans des rues sombres fréquentées par des mecs relous qui ont vu les quatre coins de la Terre à fond de cale. Ses mauvais résultats à l’école ont conduit sa mère à l’inscrire dans une institution de charité, une école de théâtre réservée aux enfants de la classe ouvrière en décrochage scolaire. Alors, on ne s’étonnera pas de lire dans ce regard toute une histoire réellement vécue que le comédien a appris a exprimé dès son plus jeune âge et qui fait de lui, le plus crédible des agents double zéro, celui qui va battre le record d’entrées de la série.

    8 min
  • La résurrection de James Bond (Episode 2)
    Vous connaissez Michael Wilson et Barbara Broccoli ? Ce sont les producteurs de la série James Bond que leur beau-père et père, Albert Broccoli, a eu la bonne idée d’acheter à son créateur, Ian Fleming, dans les années 60. Et ben, ils sont pas sympas. C’est vrai, Pierce Brosnan, qui a succédé rapidement à Timothy Dalton dans le rôle de l’agent 007 au milieu des années 90, a plu au public dès sa première interprétation. Goldeneye, Demain ne meurt jamais, Le monde ne suffit pas, film après film, on continue à récolter plusieurs fois l’énorme mise de départ des coûts de production et de promotion. Tout va bien.

    Et pourtant, en 2003, un an après la sortie du quatrième film, Meurs un autre jour, alors qu’il est en train de tourner un autre film aux Bahamas, il reçoit un appel de son agent comme quoi les négociations pour le prochain Bond, prévu dans quelques mois, ont échoué. Au téléphone, il demande aux producteurs s’ils ont renoncé à leur projet de faire Casino Royale, quel n’est pas son étonnement d’entendre : “si, mais plus avec toi. Tu es trop âgé pour le rôle, on te remercie.” Clac !

    C’est vrai qu’il y a de cela mais surtout, la franchise ronronne. Il faut la relancer avant qu’il ne soit trop tard, le cinéma a bien changé ces dernières années, il faut du sang neuf.

    Le croirez-vous ? Deux cents acteurs vont être considérés et approchés. Michael Fassbender, Rupert Friend, Sam Heughan, oui le bel Ecossais de Outlander, Henry Cavill qui va devenir Superman, Man of Steel et The Witcher, ou encore Ewan McGregor qui aura droit à plusieurs rencontres. Mais n’allez pas croire que tout le monde se met à genoux devant le Graal du Box Office. Il y a des Christian Bale, Hugh Jackman, Clive Owen et Ralph Fiennes qui disent non. Chacun a ses raisons. Par exemple, Owen ne se voit pas dans le rôle et Fiennes ne veut plus d’une franchise, il va déjà être Voldemort dans Harry Potter. Et oui, je sais, il va finalement rejoindre James Bond dans le rôle de “M”, à partir de Skyfall. Alors qui pour interpréter un James Bond de 29 ans, en début de carrière ? Le reboot idéal sur le papier ! En fait, dit alors la directrice de casting, le problème est que les acteurs dans la vingtaine n’ont pas le charisme et la stature pour incarner l’image d’homme mûr que nous avons de James Bond.

    Et que diriez-vous alors de Daniel Craig ?

    Il a quel âge ?

    35 ans.

    Ah il a la cote en Grande-Bretagne, c’est un acteur de théâtre célèbre qui a connu récemment un succès auprès du grand public avec une série et surtout, c’est une figure du cinéma britannique indépendant. Il a d’ailleurs bien regretté d’avoir accepté deux ans auparavant de jouer dans Tomb Raider aux côtés d’Angelina Jolie en Lara Croft. Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, contacté, Daniel Craig va dire non au rôle de James Bond. Mais que ça reste entre nous, hein ?
    7 min
  • La résurrection de James Bond (Episode 1)
    C’est un 14 octobre 2005 que nous avons appris qu’un nouvel acteur incarnerait désormais James Bond dans la franchise entrée dans sa cinquième décennie de succès. Des succès divers et bien sûr, des incarnations variées.

    Le petit nouveau dénommé Daniel Craig sera le sixième acteur officiel entre guillemets, et franchement, sur le coup, on n’aurait pas misé un penny sur l’énorme phénomène qu’il allait devenir. Car oui, vous le savez, les temps avaient vraiment changé en ce début de XXI° siècle. Des temps qui ne convenaient plus très bien au matricule 007, à cet univers des prestigieux services secrets britanniques. La grande puissance de l’empire était désormais loin, plus encore que le Swinging London ; le bloc des méchants de l’est également (on ne doutait de rien) ; et que dire de Spectre, l’internationale du crime, rejoint par la réalité des cartels latino-américains. Et pourtant, le reboot moderne et le charisme de Daniel Craig vont accomplir le miracle de ressusciter le personnage. L’interminable attente pour connaître son successeur après son départ volontaire en sera la preuve. C’est vrai que pour le même prix, en 2005, ç'aurait très bien pu être le contraire : mauvais résultats au box office, désaffection du public par manque d’intérêt et méchante concurrence d’un tas d’autres franchises spectaculaires. Alors, que s’est-il passé ?

    Au début du siècle, on avait fini par faire le tour des romans et nouvelles écrits par Ian Fleming, disparu en 1964 à l’âge de 56 ans. Mais la saga continuait à faire recette, gentiment, on dira. Ca rapportait toujours plusieurs fois la mise de départ malgré une relance avec l’acteur Timothy Dalton remplacé rapidement par Pierce Brosnan. Alors au lieu de tourner un nouveau avec ce dernier, les producteurs prennent le risque de lever l’option avec Brosnan pour choisir un nouveau comédien. La raison ? Revenir aux débuts, Casino Royale, le seul roman qu’ils n’avaient pas encore adapté car le seul sur lequel ils n’avaient pas achetés les droits à l’époque. Et donc, il faut un Bond plus jeune. La vérité est surtout que le projet remonte au milieu des années 90 où, après Pulp Fiction, Quentin Tarantino leur avait proposé d’adapter Casino Royale, avec Pierce Brosnan. Ils avaient dit non, car ils venaient de lancer la production de Goldeneye, qui fut par ailleurs un gros succès. Tarantino était revenu deux fois à la charge, et la seconde, en 2003, avait été la bonne. Mais ce serait sans lui. Sans doute parce que Tarantino est trop … trop ! Si vous voyez ce que je veux dire.

    Alors qui pour remplacer l’Irlandais Pierce Brosnan ? Il a la cote avec le public et il a balancé son éviction à la presse alors que le successeur n’était pas encore choisi. Ça la fout mal. Mais bon, il y a eu pire : la longue mésentente et le départ de Sean Connery, une histoire qui a duré une paire d’années. Alors d’où sort ce Daniel Craig, bien anglais, celui-là, comme le héros des romans. Mais différent, très différent de ses prédécesseurs, un gars qui va sortir la licence de tuer de la légèreté de traitement de l’industrie hollywoodienne.
    9 min
  • A Paris (Episode 5)
    Qu’on vienne à Paris le temps d’un week-end ou qu’on y vive, la Seine, on ne peut pas l’oublier. On la longe sur les quais, on l'enjambe sur les ponts, on la franchit sous terre, en métro ou RER. Elle est là depuis toujours, coupant la ville en deux de son imposante masse d’eau. Tellement présente qu’il paraît que les gens sont différents Rive droite et Rive gauche. C’est vrai que c’est pas tout-à-fait la même ville. Qui s’est d’ailleurs longtemps résumée à l’île en son milieu, l’île-de-la cité, et bien sûr la ville romaine, rive gauche, quartier latin qui se terminait place d’Italie, début de la voie romaine menant à Rome. Bref, la Seine sur laquelle se reflètent le sommet de la Tour Eiffel et les tours de Notre-Dame, n’a pas inspiré que les amoureux et les peintres. Pour toute une classe populaire dont vont sortir beaucoup de chanteurs pour qui la mer est trop loin, elle est le seul endroit propice à l’évasion et à la rêverie.

    La Seine et ses quais, vous y êtes ? Peut-être, êtes-vous passés trop de fois en voiture pour vous lancer dans une promenade à pied, sans savoir que vu de là, en prenant le temps, vous ne voyez plus la même ville.

    Sous le ciel de Paris … ah elle les connaît, Edith Piaf, les quais de Seine, elle a, toute jeune, chanté sous le Pont-Neuf pour quelques pièces durant des années.

    Les Quais de la Seine Et Jacques Brel qui dans les années 50 cherche désespérément le succès, vivant dans une chambre de bonne, vient trouver la rêverie et la solitude sur les quais de Notre-Dame, dans l’espoir d’écrire la chanson qui va le rendre célèbre.

    Sous le soleil exactement Et oui, c’est sur le Pont des Arts, que Serge Gainsbourg a trouvé l’inspiration de cette chanson en regardant le soleil faire scintiller la Seine un soir d’été. Ce n’est pas un hasard, il longeait souvent le quai de l’Hôtel de ville, face à l’île Saint-Louis, quand il habitait sa chambre de la Cité des Arts.

    La Nuit avec moi, Johnny bien sûr, mais avec Johnny Hallyday, c’est la nuit, et la nuit, la Seine est noire … Mais elle reflète les lumières de la ville et des péniches qui naviguent. Alors Johnny y venait avec sa bande du Square de la Trinité et depuis le Pont Neuf, regardait ces bateaux partir vers un ailleurs où il avait envie d’être.

    Quai des Amours perdues Quelques années plus tard, c’est Julien Clerc et Etienne Roda-Gil qui y passent, en-dessous, longeant le quai, à la recherche d’inspiration, eux aussi, ils trouvent l’endroit propice à la mélancolie et ça les aide à vivre leur musique et leur texte.

    San Et si aujourd’hui la Seine émeut toujours des artistes comme Orelsan ou Christine and the Queens, c’est bien sûr Vanessa Paradis et M qui l’ont chantée avec succès, le clip a d’ailleurs été tourné sur une péniche, est-ce un hasard, près du Pont-Neuf.

    6 min
  • A Paris (Episode 4)
    Comme toutes les grandes capitales, Paris n’est pas seulement qu’une carte postale. Ce n’est pas une révélation. Tout le monde a vu Tchao Pantin, La Haine ou Entre les murs. Paris a eu et a encore ses quartiers oubliés par les promoteurs, et on est toujours partagés quand il s’agit de dire si c’est un bien ou un mal. Emile Zola racontait déjà au XIX° siècle comment les grands travaux de Paris sous le Baron Hausman avaient aussi été une vaste opération d’expropriation et de corruption. La grande fortune pour les uns et l’exil pour les autres.

    Car à ceux qui désignent du doigt la délinquance et les enfants dans les rues, je montre dans les mêmes bandes et logements très modestes des Johnny Hallyday, Edith Piaf ou Françoise Hardy. Il ne faut jamais jeter le bébé avec l’eau du bain. C’est ce que se dit probablement le personnage incarné par Coluche dans Tchao Pantin. Lambert, le pompiste, qui se prend de sympathie pour le jeune Ben Soussan dans le sombre quartier de la place de la Chapelle, dans le 19ème arrondissement.

    Est-ce un hasard si pas loin de là, à Belleville, l’ancien quartier de Piaf, justement, dans le XX° a vu la naissance du groupe Téléphone. C’est l’époque des squats, des apparts partagés par des jeunes en pleine rébellion contre leurs parents comme Jean-Louis Aubert dont le père est un haut fonctionnaire. Le Lycée, ça n’a pas été son truc. A-t-il laissé un mauvais souvenir à l’un des pions, Gérard Jugnot, qui est là pour nouer les deux bouts de sa vie d’artiste, allez savoir. En tout cas, le groupe rock sans nom au départ qu’il forme avec Louis puis Richard et Corinne est tombé comme un sacré pavé dans la mare de la chanson française des années 70.

    C’est l’époque où le rock français fait rire et sourire. Personne ne trouve, non sans raison, que ça vaille la peine d’investir de l’argent sur des gars qui imitent les Anglais et les Américains. Mais ces jeunes ont des histoires à raconter : des histoires d’ados, des galères de jeunes citadins, des désespoirs face à une société à laquelle ils refusent d’appartenir. Alors oui, Téléphone trouve très rapidement un public de lycéens qui reprend Quelque chose en toi ou La bombe humaine. Et tout ça est sorti du quartier de Belleville, un de ceux que les touristes évitent, qu’iraient-ils y faire ?

    C’est pourtant de ces quartiers que sortent la musique de Téléphone, de Trust aussi, des comiques comme Coluche, qui aurait voulu être un rocker, vous le saviez ? Il n'avait pas le physique. Et puis des films comme Marche à l’ombre ou Viens chez moi j’habite chez une copine. On y découvre un autre Paris dont on ne parle pas à l’époque, celui des immigrés et des oubliés, et qui va donner une nouvelle génération de musiciens, de rappeurs en français. Ca aussi personne n’y a cru pendant plus de dix ans. Le rap, c’est américain, ça doit être scandé en anglais, pas en français. Et puis il y a eu MC Solaar, qui en a des choses à raconter sur ce Paris, bien loin de la ville romantique à laquelle rêvent les Américains durant toute leur vie.

    7 min
  • A Paris (Episode 3)
    Paris vaut bien une Story. Elle valait bien une messe pour Henri IV et encore, pour lui, ce n’était pas un cadeau. Tandis que pour nous, qu’on ait été en voyage de tourisme ou de travail, c’est un souvenir éclairant avec ses monuments célèbres, ses musées, le jour, et ses restaurants et spectacles la nuit. Paris ne dort jamais, c’est vrai, comme si les gens se passaient le relais sur les trottoirs et les places pour ne pas trop se marcher dessus. Ce ne sont pas les mêmes gens qu’on croise non plus, comme Jacques Dutronc le chantait déjà il y a près de soixante ans.

    Oui, le matin, après les boulangers, les livreurs et les marchands de journaux, ce sont les écoliers qui succèdent aux gens de la nuit qui ont hanté les rues. Serge Gainsbourg essaie de ne pas réveiller ses voisins artistes du cinquième étage de la Cité des arts, dans le Marais. Il en tient une bonne et pourtant, il a une sacrée descente, probablement la plus redoutable de la rive droite. Il a une raison qui est son un problème, il n’a pas envie de retrouver son logement vide. Ce n’est pas qu’il soit grand, le piano prend presque toute la place, il y a surtout qu’il y vit seul, il n’a pas trouvé l’amour, celui qui le retient au port chaque soir. Et alors qu’il s’est enfin couché, les mômes et les ados arpentent les trottoirs sur le chemin de l’école et des lycées. Ainsi du jeune Renaud Séchan qui porte alors très bien son nom puisque les bancs du Lycée Montaigne à Montparnasse, il ne les voit plus trop souvent, séchant les cours pour traîner dans les rues et jouer de la guitare. Tout comme Jean-Louis Aubert, deux arrondissements plus loin, dans le XVI°, il est un peu plus jeune que lui, mais tout aussi passionné par la guitare et le rock’n’roll.

    En parlant du Lycée Montaigne, celui du sixième arrondissement, Quartier latin, accueille la bande de Paul-Alain Leclerc. Il va obtenir son bac, comme Jean-Louis d’ailleurs, et puis, voisinage de la Sorbonne oblige, s’inscrire en Sciences-Po. Son point de chute est dans son quartier, le bistrot L'Écritoire, Place de la Sorbonne, vue offerte sur un des bâtiments de l’Université, depuis la terrasse où, avec ses amis Maurice Vallet et Etienne Roda-Gil, il refait le monde. C’est d’ailleurs là que vont être écrits plusieurs des premiers tubes de celui qui ne s’appelle pas encore Julien Clerc.

    Et si vous désirez encore une adresse dans le coin, histoire de montrer que la légende s’écrit parfois dès le plus jeune âge, nous sommes aussi tout près du Panthéon et de sa vaste place emblématique. C’est là que dans vingt ans, Patrick Bruel imaginera les retrouvailles de copains de classe. Il s’y étaient donnés rendez-vous dix ans après s’être quittés, histoire de voir ce qu’ils étaient devenus. Mais on sait que c’est plutôt histoire de se rappeler les grands rêves qu’on avait et dont la plupart n’ont pas été réalisés : on n’en a même pas pris le chemin, sans le vouloir, sans le savoir. Julien Clerc a gardé le cap de ses rêves depuis l’époque de la place de la Sorbonne, Patrick Bruel, lui, a créé un mythe. Vous êtes-vous déjà retrouvé dix ou vingt ans plus tard ? En tout cas, les murs et les rues de Paris gardent toujours l’écho de telles histoires devenues légendaires. D’autres gens les habitent, d’autres y bâtissent leur propre histoire mais quoi de mieux pour les imprimer que d’en faire une chanson que tout le monde chante.
    7 min
  • A Paris (Episode 2)
    Si aujourd'hui les Américains débarquent par colonies à Paris, on peut pointer du doigt les responsables : ça a commencé avec Le bossu de Notre-Dame, puis Midnight in Paris et Le Da Vinci Code, et puis ça ne s’est plus arrêté, j’en veux pour preuve Ratatouille ou la série Emily in Paris, puisque ça marche !, et c’est parti en vrille. Mais bon, les touristes américains ne datent pas des années 90. Il y a en Amérique, depuis plus d’un siècle, un véritable mythe du voyage à Paris avec tous ces couples de riches que montre si bien Woody Allen dans son film mais aussi tous ces couples aux revenus modestes qui économisent toute leur vie pour s’y rendre un jour.

    Voir la Tour Eiffel en vrai, et la vue depuis le troisième étage. Faire les grands magasins, les premiers de l’Histoire, avec leur architecture folle et leurs boutiques de luxe. Descendre les Champs Elysées. Ah ce n’est pas un hasard si la première chose que les Beatles vont faire en 1964, c’est de les descendre en compagnie d’une horde de photographes. On est en plein hiver, il fait glacial mais on va la prendre, cette photo, à la table d’une improbable terrasse ! Bon, il faut dire aussi qu’ils logent pas loin, à l’hôtel Georges V, sur la célèbre avenue du même nom qui converge, comme les Champs Elysées, vers l’Arc de Triomphe. Est-ce un hasard si la clientèle de cet hôtel était au départ essentiellement américaine, elle débarquait en masse des paquebots arrivant de New York. Les Beatles sont les premiers rockers à y descendre et à y loger longtemps, trois semaines, ils seront suivis par les Rolling Stones et tant d’autres comme les Doors.

    Et c’est ainsi que leur chanteur Jim Morrison débarque seul à Paris en 1970. Il songe en finir avec les Doors mais surtout se plonger dans cette ville qui le fascine. Et donc, ce n’est pas au George V qu’il va se retrouver en immersion : au bout d’une semaine il quitte ce qu’il appelle un bordel à tapis rouge, que je vous conseille quand même de visiter, c’est une merveille, pour un petit hôtel discret en plein quartier du Marais. C’est à la terrasse du Vin des Pyrénées, dans la rue Beautreillis, entre la Place des Vosges, la Bastille et la Seine, que Jim, un verre ou une tasse de café à la main, peut observer les gens passer, parler, vivre. Peu d’entre les passants reconnaissent sa grande carcasse avec sa barbe hirsute. Et quand il n’est pas là, il déjeune un peu plus loin dans la même rue, au Dindon en laisse. Les deux établissements existent toujours mais qui parmi ces milliers de touristes, sait la présence singulière que le lieu garde encore dans sa mémoire. On voudrait être une souris, une mouche sur le mur comme disent les anglo-saxons pour avoir pu entendre ce qui s’est dit à table, ces jours-là, entre Jim, sa petite amie, et ses potes.

    Car ils sont des millions d’Américains et d’Anglais à y venir encore, dans cette ville qu’ils qualifient de plus romantique au monde. Ils ne connaissent pas les chanteurs français, à part peut-être Edith Piaf, et encore, Jacques Brel, qui ne l’est même pas. Mais faut-il être Français pour être Parisien de coeur, la meilleure preuve est la chanson de Gary Moore, qui en dit tellement sur le fait que Paris est une fête, une ville où l’Amour se grave dans les pierres de ses façades et le pavé de ses ruelles.
    8 min

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Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Ce podcast incontournable vous fait voyager à travers les époques, en…

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