La Story Nostalgie

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By Nostalgie BelgiqueMusicMusic History
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La Story Nostalgie episodes

  • 1984, quand Van Halen devient une star de la pop
    1984, c’est non seulement une grande année musicalement parlant mais aussi le titre d’un album de Van Halen qui est alors l’incarnation du groupe de heavy metal. Oui, Van Halen, c’est un son … Un son à part dans la musique rock des années 70 qu’ils imposent grâce à un hit mondial, une reprise étonnante des années 60. Et c’est vrai qu’en 1984, beaucoup de ces messieurs mais aussi demoiselles croient que ce fameux Van Halen est logiquement le chanteur mais en fait il n’en est rien, Van Halen, c’est le nom de famille d’Eddie, le guitariste, et Alex, le batteur. Tous autant que nous sommes ignorons qu’ils ne sont pas Américains mais sont nés pas loin de chez nous , à Amsterdam, en Hollande. Ce n’est que 7 ans plus tard qu’ils émigrent avec leurs parents vers les Etats-Unis et s'établissent dans la ville de Pasadena. C’est là que plus tard, les frères Alex et Edward, devenu Eddie, forment leur premier groupe qu’ils baptisent Mammoth. Pourquoi ? Vous avez deviné.

    Entretemps, Papa Jan Van Halen, excellent clarinettiste et saxophoniste, a mis ses deux rejetons au cours de piano classique. Mais bon, au début des années septante, tous les jeunes gars ont plus envie de jouer le répertoire de Led Zeppelin et des Stones que celui de Chopin et Schubert. Eddie se met donc à la batterie et Alex à la guitare. Vous vous rendez compte à côté de quoi on a failli passer ? Pour ne prendre qu’un exemple parmi d’autres, le solo de guitare de Beat it n’aurait jamais été aussi génial. Car c’est en constatant qu’Alex est bien meilleur que lui à la batterie, que Eddie abandonne les tambours au profit des cordes de guitare. Son jeu devient rapidement révolutionnaire ; les guitaristes rock ayant une formation de pianiste classique sont en effet très rares. Et après avoir maîtrisé son instrument, Eddie comprend qu’il peut comme sur un piano jouer des notes différentes avec chaque main sur sa guitare. Personne n’y avait jamais pensé avant lui et pourtant le résultat est hallucinant et inédit. Conscient de sa trouvaille, Eddie va réussir à la cacher aux éventuels imitateurs et concurrents en jouant durant plusieurs années en tournant le dos au public.

    C’est l’arrivée de David Lee Roth au chant qui va changer la donne. En effet, quand celui qui n’est que le loueur de matériel, prend le micro et fait son show, le groupe devient tout simplement explosif. Fini Mammoth, bonjour Van Halen !

    Mais Van Halen est surtout un groupe d’albums, entendez par là qu’à chaque disque qui sort, les nouveaux fans achètent tous les précédents. Ainsi leur premier album se vend-il aux Etats-Unis à 10 millions d’exemplaires. Van Halen, c’est une machine colossale au son tout aussi énorme qui lorsqu’il propose en 1984, déjà son sixième album, va découvrir les joies d’être N°1 au hit parade des singles. Cela fait en effet quelques années qu’Eddie Van Halen a découvert les synthés dont il s’est servi jusque-là pour encore alourdir le son du groupe. Est-ce le passage par le studio de Michael Jackson et la joie d’entendre son solo cinq fois par jour à la radio mais ici, pour la première fois, il se sert des claviers pour le rendre plus aérien, plus mélodique. Le résultat est étonnant, Jump figure aujourd’hui, avec Beat it, au panthéon des plus grandes chansons des années 80.
    5 min
  • 1983, cette année surprenante où même David Bowie nous a demandé de danser
    Parmi les figures qui ont forgé la légende des années 80, la plus foisonnante des décennies de l’histoire de la musique populaire, la présence de David Bowie est inévitable, incontournable et pourtant la plus étonnante. Inattendue je devrais dire. En tout cas en 1983. Pourquoi ? Ben il faudrait qu’on y retourne, je vous emmène ?

    En ce printemps 83 où on en a plus que pour Michael Jackson, U2 et Simple Minds, bref une nouvelle aube sonore et musicale, David Bowie a tout de l’artiste des années 70 où il a brillé partout. Au point qu’il est le modèle de toute cette nouvelle génération nommée New Wave qui lui a tout piqué ou presque. Est-ce pour cela qu’il a disparu depuis trois ans ? Non. Ou en tout cas pas uniquement. C’est vrai que David a un problème avec tous ces clones de lui. Il a l’impression de se voir et de s’entendre partout. Mais bon, il y a aussi eu l’assassinat de son pote John Lennon à New York alors qu’il était lui-même sur scène à deux pas de là et qui a engendré une peur bleue de se montrer en public. Et puis enfin un gros problème de relation avec sa maison de disques qu’il a dû régler.

    Et malgré cette longue absence, qui pourrait imaginer que de tous les albums de David Bowie, ce fameux Let’s dance est de tous, celui qui a été le moins préparé et le plus vite exécuté. David n’a écrit que cinq nouvelles chansons en trois ans quand il approche des portes du studio d’enregistrement. L’option de tout écrire en une nuit en absorbant des substances illicites appartenant au passé, il lui reste celle des fonds de tiroir, ce qu’il fait en reprenant une chanson qu’il a enregistrée quelques mois plus tôt avec Giorgio Moroder pour un film d’horreur esthétique mais de série B passé plus ou moins inaperçu en dehors des couloirs du BIFF à Bruxelles et des vidéoclubs. C’est ainsi qu’il ressort également un titre dont il a coécrit la musique avec son ami Iggy Pop pour le premier album solo qu’il a produit pour lui … en 1977, encore les 70’s. Ah c’est qu’il s’amuse toujours avec Iggy qui est probablement son seul ami ; il l’avait d’ailleurs emmené dans ses valises quand il avait quitté Los Angeles au milieu de la décennie, pour Paris, puis Berlin. C’est là qu’ils avaient écrit cette chanson qui, au départ, n’a rien d’une bluette puisqu’elle fait référence à la coke et à l’héroïne. C’est d’ailleurs cela qui amuse beaucoup Nile Rodgers, le producteur de Let’s Dance : faire de cette China Girl un titre pop à prendre au premier degré comme le prouvera le vidéoclip. Et il fait bien vu l’incroyable succès qu’elle va rencontrer en cette année 1983.

    Comme Nile le dira plus tard : il m’est souvent arrivé de savoir que la chanson que j’enregistrais allait faire un tube. Comme cette fois où on a fait écouter “Le Freak” à notre maison de disques. Ils n’y ont pas cru et pourtant c’est le single le plus vendu de leur histoire. C’était le cas aussi pour le “We are family” de Sister Sledge mais pas pour “China Girl”. Nile a ainsi poussé Bowie à sortir Let’s dance en premier. Bowie n’y croyait pas, il avait tort. Lui, il voulait sortir China Girl en premier. Les deux ont eu raison et ont eu tort, mais heureusement pas au même moment. Résultat, deux tubes successifs et un Bowie au sommet, qui marque la décennie de son empreinte, imposant une nouveau look et regagnant en cette année 1983 tout l’argent qu’il avait perdu dans les années 70.

    4 min
  • Quand Kate Bush gravissait les sommets au milieu des années 80
    On n’a parlé que de ça en 2022, Kate Bush, 63 ans, était N°1 dans le monde entier avec une chanson qu’elle avait pourtant sortie en 1985. Et ce n’est pas tellement le fait que cette chanson ait connu un succès prodigieux à cause de Stranger Things qui étonne, c’est plutôt que l’une des héroïnes de la série l’écoute sur son baladeur et que ça lui sauve la vie. Alors Ca a beau se passer il y a 45 ans, tous les ados d’aujourd’hui se sont identifiés à elle car non seulement ils font tous pareil sauf que c’est du streaming, plus une cassette, mais surtout la musique des années 80 est une évidence pour eux, elle fait partie de leur présent au même titre que les nouveautés. On ne s’étonne donc pas que les jeunes Américains et leurs parents aient découvert un titre qui à l’époque avait échappé à leur pays tout entier. Il faut dire que Kate Bush est une artiste authentiquement et profondément anglaise, un pays dont elle n’aime pas sortir. Comme autrefois le professeur d’Oxford Tolkien dont elle a donné vie à l’univers avec ses Elfes et ses magiciens, dans le monde de la pop et du rock. Avec son visage d’ange, la grâce d’un corps qui semble plus voler que marcher, un talent de compositeur qu’on n’a plus entendu depuis Purcel, une voix de fée haut perchée, Kate Bush nous emmène dans la pénombre des greniers des manoirs britanniques à la recherche d’une adolescence égarée.

    Plus de quarante ans après ses premiers succès, il ne s’est trouvé personne pour prendre sa place. Comment un tel génie, de la première touche de piano au dernier pas de danse d’un de ses vidéoclips, a-t-il pu éclore dans l’esprit et le corps d’une jeune fille de 19 ans, quand elle a commis son premier tube ? Plus fort, elle n'avait que 16 ans lorsqu’elle a enregistré cette perle sous la direction d’un certain David Gilmour, un des deux leaders de Pink Floyd, totalement subjugué par la musique et la poésie de ce petit prodige qui a déjà écrit une cinquantaine de chansons et dont pourtant, aucun label de disques ne s’était dit intéressé. Après avoir prêté une oreille aux enregistrements recommandés par Gilmour, le patron d’EMI se dit qu’en cette époque où la musique change, cette fille pourrait être « The next big thing », le prochain gros truc. De fait, en 1978, son premier disque allait déchirer les charts de toute l’Europe de haut en bas. On y avait mis les moyens : Geoff Emerick, l’ingénieur du son des Beatles, et une partie de l’entourage de son copain Alan Parsons, un ancien collaborateur de Pink Floyd qui lui aussi s’était mis à vendre des camions de disques.

    Quatre albums plus tard, en 1985, Kate Bush n’a que 26 ans et pourtant, elle joue jeu égal avec un Peter Gabriel en proposant des disques ambitieux au son révolutionnaire mais authentique, ce qui lui permet d'accomplir le miracle d’en faire des hits. Les Américains ont attendu 2022 pour l’adopter mais au vu des compteurs de streaming de l’ensemble de son répertoire, ils ne sont pas limités à cet unique titre découvert grâce à la série. Avec une voix et une musique surgie d’un passé lointain, Kate Bush séduit les ados d’aujourd’hui mais est-ce si étonnant, quand on sait que le temps n’a pas de prise sur les fées.
    4 min
  • Beat it, la machine à propulsion de Michael Jackson
    Les années 80. Quel bonheur d’avoir vécu ça. La musique bougeait de partout et nous bousculait de ses trouvailles enthousiasmantes. Et ne vous avisez pas de piquer ce qu’un autre a fait, non, que du contraire, si vous voulez que ça marche pour vous, il faut que vous surpreniez tout le monde. Et c’est ce qu’a fait Michael Jackson, avec son pote Quincy Jones et une sacrée brochette de musiciens. Oui, c’est vrai qu’il faut avoir vécu la sortie à quelques semaines d’intervalle de Billie Jean et de Beat it pour comprendre pourquoi le succès de Michael Jackson parti en vrille comme jamais ce n’était arrivé.

    Beat it, c’était en février 1983, en pleine folie Billie Jean, alors N°1. Il s’agissait déjà du troisième single issu de l’album Thriller. Un truc de fou, n’est-ce pas ? Ben oui, justement, c’est ça la grande idée de Michael ; faire le même coup que les Beatles près de 20 ans plus tôt. Je vous raconte …

    Hé oui, l’année précédente, le timide Michael ne s’en était pas caché à Quincy : il voulait réaliser le plus grand disque de tous les temps. Ce qui avait fait sourire son producteur. Mais Quincy respecte, alors on va tout faire pour, en ne lâchant rien.

    Michael, si tu veux toucher le public blanc, tu devrais faire un titre très rock.

    Super, j’adore ça.

    Alors, fais-moi un titre dans le genre My Sharona.

    Gigantesque tube mondial par le groupe The Knack deux ans plus tôt, même un jazzman comme Quincy Jones le connaît, c’est dire.

    Alors Michael tape, cogne dans sa tête. Ça doit déménager grave, vrombir, et bien sûr chanter. Et pour bien expliquer ce qu’il veut aux musiciens du groupe Toto qui travaillent avec lui, Michael enregistre tout avec sa voix et ses mains.

    Alors ça cogne, ça frappe, ça gratte dur ; Michael n’est jamais content, tout est tellement poussé à fond qu’à un moment un baffle se met à brûler.

    Ce son de ouf de l’intro qui nous a tous marqués d’emblée, c’est Michael qui l’a trouvé. Enfin, il a sauté sur le compositeur Tom Bahler quand il l’a joué sur son Synclavier, le premier synthé numérique. C’est quoi ça, je le veux ; et à nouveau, il le pousse à fond. Quant au gros coup de tom comme un coup de poing de cinéma qui nous a aussi tous interpellés à l'époque, c’est encore Michael qui le trouve quand un objet tombe sur l’étui d’un instrument. Michael bondit aussitôt sur l’objet et le fait retomber dessus.

    Mais c’est génial, ça ! Bruce, tu peux enregistrer ce bruit ?

    Alors le fidèle et génial ingénieur du son l’enregistre, on le pousse à bloc, lui aussi, et d’ailleurs vous allez faire pareil pour réécouter le titre, en faisant cette fois à attention à ces fameux sons qui nous sont, avec les décennies, devenus si familiers mais qui à l’époque, étaient inédits. Vous allez voir que vous n’allez plus entendre que ça cette fois, et comprendre pourquoi ces années 80 ont été si incroyables.
    4 min
  • Dans les années 80, chacun faisait c'qu'il lui plaît
    Qui aurait dit que les paroles de cette chanson, pardon ce rap, seraient encore chantées toutes générations confondues plus de 40 ans après. En effet, quand le 45 Tours sort chez les disquaires en 1982, dans les salles de cinéma, on projette un film qui s’appelle Blade Runner et qui nous raconte à quoi ressemblera le monde de 2019. Alors en 2025, six ans plus tard, vous pensez bien que plus personne n’aura gardé le souvenir ni de l’air ni de l’histoire de ce mec et de cette fille, en voyage au bout de la nuit. Et pourtant, vous le savez, il y a beau ne plus avoir de disquaires pour mettre la pochette du single de Chagrin d’amour dans leur vitrine, même les jeunes du Millenium la chantent encore.

    Il est facile aujourd’hui d’en donner les raisons. Chacun fait c’qu’il lui plaît, c’est d’abord le premier rap en français, un titre qui colle aux années 80 qu’on en finit plus de célébrer au XXI° siècle. Et puis il y a le thème universel de la vie solitaire dans les grandes villes, jouant sur le mythe de la décadence urbaine : l’alcool, le sexe, la solitude, le sordide, l’insomnie, les bars interlopes et les petits matins chargés de nicotine.

    L’auteur de la chanson se nomme Philippe Bourgoin. Dans les années 70, il était parti à New York vivre son rêve de devenir un réalisateur renommé. C’est là qu’il rencontre une Américaine francophile comme on en trouve beaucoup dans les milieux branchés à l’époque. Elle se nomme Valli Kligerman et l’admire, Philippe est un surdoué. Bien qu’il soit en train de terminer ses études, il a déjà signé le scénario d’un film dans lequel jouent Jean Yanne et Jodie Foster. Phil et Valli se plaisent, sortent ensemble et se marient, en cachette. Mais une fois son diplôme obtenu, il rentre en France laissant Valli à New York. Philippe est revenu au pays avec dans la tête une chanson qu’il a écrite plusieurs années auparavant avec son pote Gérard Presgurvic. Ils avaient en vain essayé de vendre à tout le monde cette histoire d’insomnie et de fille de bar, sans succès. Mais lorsqu’il entend la chanson Magnificent Seven des Clash, un rap qui commence par un réveil qui sonne à 7 heures du matin, Philippe se souvient du hip hop de Sugarhill Gang qu’il a découvert quand il était à New York. Il écrit alors Cinq heures du mat, j’ai des frissons et revoit tout le texte en le scandant comme un rappeur. Ce n’est plus du tout la même chanson. Gérard Presgurvic ne compte donc plus l’interpréter, Bourgoin contacte alors Gregory Ken, un gars qui a déjà pas mal bourlingué puisque de guitariste de groupe yéyé dans les sixties, il est devenu un chanteur emblématique des comédies musicales parisiennes dans les années 70. On l’a vu dans Hair, Jesus Christ superstar, Mayflower et Starmania où il interprète Ziggy, à sa création, avec France Gall. Sa femme Valli ayant décidé de le rejoindre à Paris, Bourgoin réécrit la chanson et lui donne le rôle de la fille de bar : le duo Chagrin d’Amour est né et convainc Eddie Barclay.

    Cette chanson pourtant étonnamment noire et désespérée est un tube énorme notamment grâce à la nouvelle radio jeune NRJ et d’autres radios libres qui diffusent le disque vingt fois par jour. Tout le monde en est dingue, qu’on se reconnaisse ou pas dans la déshérence de l’anti héros. Trois millions de 45 tours vendus plus tard, ce n’est plus un tube, c’est un hymne à notre sombre humanité qui refuse de le prendre avec gravité.
    5 min
  • Benjamin Biolay, l'artiste du Millenium
    Benjamin Biolay, un nom qu’on commence à entendre par çi, par là en cette année 2000 qu’on a tant attendue au cours du XX° siècle, année surprise où Henri Salvador, l’ancien chanteur comique, vend un million de singles et autant d’albums. Il faut dire que parmi les quatre chansons de sa plume, trois vont sortir en single … Benjamin a travaillé en duo avec Keren Ann, l’artiste dont il a produit le premier album sur lequel il a composé 11 des 13 titres. On a compris que dans le duo, c’est plutôt lui qui tire la partition et pourtant bizarrement, c’est elle que Salvador pousse partout en interview sans le mentionner. Il revient même à Biolay que Salvador le traite de p’tit con. Benjamin ne comprend pas. Alors quand, quelques mois plus tard, vient son tour de sortir son premier (et entre parenthèses extraordinaire) album, il ne se prive pas de dire dans les médias que s’il est un p’tit con, Salvador, c’est un gros connard.

    Le ton est donné car Benjamin sait qu’il aura le mauvais rôle, lui le bleu, l’inconnu, face à l’ancienne star, l’homme qui a fait rire toute la France et bien au-delà. Et pourtant, ce sont bien ses trouvailles sonores et ses mélodies qui permettent à Salvador d’opérer le retour le plus fracassant et improbable que le show bizness français ait jamais vu. Avec un disque d’or et une victoire de la musique, révélation de l’année, Benjamin succède quelque part au Johnny Hallyday que le même Salvador avait hué sur scène en 1960, criant “sortez-le !” devant un public hilare. Ce n’est pas cela qui va empêcher Biolay de collaborer avec des dizaines d’artistes dont les plus grands. Tous, ou presque.

    Mais bizarrement son succès personnel va mettre très longtemps avant d’atteindre le rivage du grand public. Il joue devant des demi-salles, nous sommes peu nombreux, début des années 2000 à l’AB et pourtant c’est magique. Ce n’est pas la faute au public, c’est plutôt que Biolay brouille les pistes, ne fait aucune concession aux radios ni à sa maison de disques qui après six ans, finit par ne plus avoir envie de sortir un prochain album. Il faut dire que comme Gainsbourg dans les années 70, son dernier CD, encore une fois centré sur son chagrin d’amour, sa rupture, s’est vendu à moins de 18.000 exemplaires. Alors Benjamin quitte le monde des multinationales, il paye les heures de studio de sa poche pour enregistrer un album qui va lui rapporter deux Victoires de la Musique, Meilleur interprète, Meilleur album, un disque de platine et ses premiers grands classiques. Des titres qui s’aggripent à votre âme et vous tirent des larmes d’émotion. Comme ces Cerfs volants qui en 2001 lui avaient valu la Victoire de la Musique de la révélation musicale de l’année. Tout y était déjà, la mélancolie précoce à la vingtaine, ambiance Perfect Day de Lou Reed, et surtout, déjà, une musique qui n’est pas celle de tout le monde.
    4 min
  • James Blunt, le pop hero du Millenium
    Je me demande quand viendra le temps où on dira "les années 20", comme on l’a tant entendu au XX° siècle. Et qu’en dira-t-on ? Ah c’est vrai qu’on parle déjà pas mal des années des années 2000. Elles commencent à dater, mine de rien, non ?

    Et on en garde de bons souvenirs. Tenez si je vous demande celui que vous gardez de ce clip où un jeune chanteur anglais se déshabillait puis plongeait dans la mer depuis une falaise ? Oui, You’re beautiful, par James Blunt.

    L’idée est géniale. Un sol immaculé et un chanteur qui vous regarde dans les yeux. Il est vachement beau, hein. Mais nous les garçons, bizarrement, on ne le jalouse pas ; c’est pas un Bruel mais plutôt une version romantique de Jim Morrison. On a envie d’être son pote pendant qu’on le voit ôter le haut, ses baskets et ranger toutes ses affaires soigneusement devant lui. Tout ça sous une belle averse et un ciel bien couvert avec quelques oiseaux de mer qui tournent au-dessus de lui. Ah il est bien bâti ce James Blunt, il faut dire que c’est un ancien officier qui a quitté les rangs après avoir fait la guerre des Balkans. Et puis, il y a la musique, ça nous change de la pop dance avec tous ces artistes qui font à peu près la même chose. James Blunt, lui, il joue de la pop à l’ancienne qui n’est pas sans évoquer des Cat Stevens, les Doors avec, il faut bien le dire, une voix en or et un sacré physique.

    Et donc, on a tous avec le menton qui tombe sur le le sol quand à la fin du clip, ce bon James Blunt se jette dans la mer car voilà, astuce du réalisateur, on ne pouvait pas se rendre compte qu’elle est aussi loin, il n’en finit pas de tomber. On a le clip que le clip aavit été tourné sous la neige d’Ecosse par Jean-Pierre Jeunet, le réalisateur d’Amélie Poulain et de Alien, la résurrection mais il n’en est rien. Non, la vidéo a en réalité été tournée sur l’île de Majorque aux Baléares et s’il ne faisait pas aussi froid, c’était par contre, vachement haut. C’est ce que se dit James Blunt en voyant d’où il va devoir sauter. Non, je ne peux pas faire ça. Mais au vu de l’équipe réunie autour de lui et celle des plongeurs qui l’attend sous l’eau au cas où, il ne se dégonfle pas. Mais voilà, mauvaise nouvelle. La prise est ratée. James est obligé de remettre ça, il ose à nouveau mais s’ouvre la lèvre en touchant l’eau. La prise est bonne cette fois, le chanteur ne regrettera pas son acte héroïque car, comme il a eu l’occasion de le dire, sans cette vidéo, la tournée mondiale se serait résumée à celle du nord de Londres.
    3 min
  • Les années 2000, c'était quand même bien
    Beaucoup aujourd'hui regrettent les années 2000. C’est drôle quand on sait qu’on en rêvait depuis les années 50 mais pas pour les mêmes raisons. La preuve ? Les années 2020, c’est nettement moins bien. Car vous savez ce qu’il y avait de bien dans les années 2000 et qu’il n’y a plus maintenant ? Déjà on pouvait envoyer un Bzzz sur MSN pour réveiller celui ou celle avec qui on discutait mais qu’on sentait distrait, parce qu’il répondait pas. Alors on faisait trembler son ordi. Vous vous souvenez ? Essayez avec Whatsapp, y a pas !

    Mais bon, plus sérieusement, à cette époque où Star Wars n’avait pas encore été acheté par Disney, franchement on nous l’aurait dit, c’était un truc à mettre dans un sketch, mais bref, dans les années 2000, on a eu Astérix Mission Cléopâtre, Gladiator, Les Seigneur des anneaux, Harry Potter, Pirates des Caraïbes, Love Actually et autres Batman de Christopher Nolan. Et Daniel Craig qui ressuscite James Bond. Bref, de très bonnes raisons d’aller au cinéma. Et puis, qu’on ait 15 ou 30 ans, le lendemain au boulot ou dans la cour de récré, tout le monde avait vu les nouveaux épisodes de Charmed ou de Desperate Housewives. Pourquoi ? Parce que tout le monde regardait les mêmes trois, quatre chaînes de télé. Allez-y aujourd’hui. Vous avez déjà fait le test de vous écrier “Et vous avez vu la nouvelle série ?” et de ne recevoir en retour que des yeux en forme de points d’interrogation, avant de comprendre que vous le ou la seule abonnée à ce site. Et que même ça vous vaut des regards méprisants d’envie. Si, parfois.

    Et puis, y avait Brice de Nice à la télé. Et la StarAc. Là, c’était sûr que tout le monde avait regardé. Bien sûr, il y avait les pour et les contre. Ceux qui trouvaient ça chouette de retrouver de grandes communions populaires autour de la chanson, alors la disparition des émissions de variétés. Et ceux qui se lamentaient ou se fâchaient sur cette télévision réalité qui sortaient des artistes de nulle part, sans expérience, et les transformaient en stars du jour au lendemain. Mais bon, on allait quand même y chanter car il faut bien vendre le nouveau disque.

    Enfin, c’est l’occasion que ces années 2000 ont porté de solides nouveaux noms. Dont des étranges. Tenez ce gars qui avait une coiffure reconnaissable de loin comme Jamiroquaï. Ben oui, M. Comme Mathieu Chédid mais M c’est un personnage qu’il s’invente pour se donner en spectacle sur scène, un art qu’il maîtrise avec une vraie musique organique, du funk et du rock, en français. C’est le Ziggy Stardust de David Bowie version Millenium et francophone, évidemment, et une occasion, si pas un espoir, la musique et la création font encore et toujours bon ménage.
    4 min
  • Daft Punk et l'appel des années 2000
    Quand on parle des années 2000 aujourd’hui, on entend souvent dire que c’est à cette époque que la musique populaire est arrivée au bout de ce parcours étonnant qu’elle avait fait depuis les années 50. C’est vrai que c’est l’époque où on commence à réécouter ce qui s’est fait avant, que les rappeurs font d’énormes succès en samplant des sons, des gimmicks ou carrément des refrains de vieux morceaux. L’ère du recyclage aurait commencé au moment du 2.0 avec les machines qui rendent tout tellement plus simple, tellement moins cher aussi.

    Alors, le duo français formé par Thomas et Guy-Manuel qui se sont lancés dans la dance la décennie précédente serait-elle venue ? Ces deux gars qui bricolent chez eux des grooves mixés avec des sons très seventies dont le célèbre (mais oublié) Vocorder sont-ils destinés à dominer le marché mondial de la musique. C’est qu’ils viennent de loin, ces deux lascars mais avec un sacré bagage. Ils sont potes depuis l’adolescence, le lycée quand ils forment un groupe nommé Darlin’ et qui sonne grunge comme la plupart des jeunes formations dans le sillage de Nirvana. Un label anglais indépendant sort leur single qui ne se vend guère. Darlin’ ne trouvant pas sa place sur la scène française, Laurent, le troisième larron du trio, quitte l’aventure et formera bientôt Phoenix, le groupe de rock français le plus célèbre dans le monde que vous n’avez pas pu rater lors de la cérémonie de clôture des JO de Paris. C’est dire le concentré de destins et de génie qu’il y a dans ce trio qui n’a pourtant pas giclé bien loin. Franchement, ce serait arrivé à des Anglais ou des Américains, tout le monde aurait entendu parler de cette histoire et considérerait aujourd’hui le 45 Tours de Darlin’ comme culte. Mais bref !

    Voilà donc le duo de copains à la recherche d’un nouveau projet. Mais pourquoi aller chercher ce qu’ils ont déjà et ne pas rester à deux ? Compliqué de faire du rock à deux mais justement, la musique est à cette époque encore en pleine explosion et surtout en mutation. On parle maintenant de techno, de house, bref des trucs qu’on peut faire à la maison sur des synthés et des ordinateurs. Comme nom, ils se sont choisis une expression créée par un journaliste anglais du magazine spécialisé Melody Maker pour qualifier la musique de l’ancien groupe dans lequel ils avaient joué : Daft Punk Thrash, punk idiot pourri. On enlève le thrash et le tour est joué : voilà un nom qui sonne dans toutes les langues.

    La réussite de leur premier album est étonnante mais annonciatrice de ce nouveau monde, 2 millions d’exemplaires vendus grâce au clip de Around the world réalisé par Michel Gondry, futur réalisateur du film culte Eternal sunshine of the spotless mind avec Jim Carrey. On entend aussi des choses étonnantes comme Dee-Lite qui jouent énormément sur le vintage et remettent des vieux sons à la mode d’aujourd’hui. Et ça, mettre l’ambiance, c’est un truc qu’on connaît bien dans la famille de Thomas puisque son père, Daniel Bangalter a dans les années septante sous le pseudo de Daniel Vangarde travaillé avec Ottawan, Sheila ou encore les Gibson Brothers. La voie est donc toute trouvée, le disco façon années 2000, pourquoi pas, Daft Punk va mettre la recette de cette musique oubliée en orbite dans le monde connecté.
    4 min
  • Le Millenium, les premières années du nouveau monde
    Le Millenium ! Il y a 25 ans tout rond, nous venions de le passer, ce fameux réveillon de l’an 2000 qui allait être le truc le plus extraordinaire jamais vu et que finalement … bon vous savez. Du moins pour ceux qui étaient déjà en âge de faire réveillon, de rester éveillé jusqu’au 31 décembre 1999 à 23 heures 59.

    Et franchement, combien ont dit : J’ai bien réfléchi, partez sans moi, je reste au XX° siècle ! Je vous rejoindrai p’t’être. Ils auraient eu tort, hein ? Ils auraient raté les smartphones et la révolution du numérique qui s’est installée dans nos vies quotidiennes à coup de réseaux sociaux, d’infos et d’images en tout genre. Non, pas sûr que beaucoup d'auteurs de science-fiction des années 50 à 70 qui nous ont fait rêver avec leurs mondes futurs aient vu venir cette génération perpétuellement collée à une petit planche électronique qui tient dans la poche. Je n’exagère pas. De 2001, où on était censé partir en odyssée dans l’espace à 2010, on est passé de 500 millions de personnes possédant un GSM à 4 milliards six cents millions. Voilà qui a changé nos sociétés et notre vie. Connectée qu’ils disent. Aux autres, au monde, disent les optimistes, à un monde virtuel, en d’autres mots “pas la vraie vie” disent les autres.

    C’est vrai qu’on ne regarde plus les disques tourner en écoutant la musique qui est devenue un fond sonore et non plus une occupation. C’est vrai aussi qu’on ne doit plus attendre le journal télé du soir pour connaître les infos du jour. Et c’est vrai qu’on peut même regarder des films et écouter de la musique sans avoir à payer (et entre parenthèses en toute illégalité). On peut même parler à certains d’entre eux sur un site nommé MySpace. C’est étonnant mais ils y ont ouvert chacun leur compte pour y déposer des sons, des photos, des images, des infos et parfois, ils répondent à vos messages. Ca fait tout drôle d’être dans son espace, un contact direct avec un musicien ou une chanteuse. Le nombre des chaînes télés explose sur nos téléviseurs, les jeux vidéos passent en haute définition, l’internet en haut débit (vous vous souvenez des 4 lettres ADSL?), les films deviennent des séries de Harry Potter aux Super Héros Marvel, DC Comics et autres. Un besoin de super héros sans doute rassurant avec la montée de super méchants, bien ancrés dans le monde réel, eux. Et donc, un nouveau monde baptisé 2.0 s’éveille comme en témoigne ces nouveaux leaders héros entrepreneurs, comme Bill Gates et Steve Jobs. Des nouveaux leaders et des nouvelles stars, nées à la fin des années 80, et qui ont grandi dans ce nouveau monde digital avec Toy Story comme la jeune Taylor Swift, 18 ans et déjà un deuxième album. Les lendemains qui chantent toujours dans cette nouvelle ère, avec cette nouvelle version de Roméo et Juliette qui vont finalement se marier et qui vont hisser son interprète à un niveau jamais atteint par une chanteuse dans le coeur du public.
    4 min

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