La Story Nostalgie

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By Nostalgie BelgiqueMusicMusic History
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La Story Nostalgie episodes

  • La Love Story de Courtney Love & Kurt Cobain
    L’histoire d’amour la plus emblématique des années 90 est loin d’être fleur bleue puisque c’est celle de Kurt Cobain, chanteur et éminence grise de Nirvana, et de Courtney Love. A côté d’eux, les exactions de Tommy Lee et de Pamela Anderson, c’est du sirop pour contes de fées. Inutile de vous rappeler tout ce qui a noirci les colonnes des journaux et magazines people à coups de beuveries, bagarres, consommations d’héroïne, dope et autres tentatives de désintoxication. Ceux qui ont parlé d’autodestruction et d’autoroute vers l’enfer n’étaient pas loin du compte.

    Est-ce l’époque assombrie par les mouvements grunge et électro du début de la décennie, gigantesque gueule de bois de l’après années 80 ou est-ce tout simplement la région d’où ils venaient tous les deux, désespérante pour la jeunesse. Cet état de Washington dans le nord-ouest de l’Amérique, coincé sous la frontière avec le Canada, qu’on imagine gelé tout l’hiver mais non, il y fait très rarement froid. Entre les vastes forêts et le courant chaud charrié par l’océan, il y pleut quasiment toute l’année. On dirait que tout pourrit sur place dès l’adolescence. Alors on pense à la légende de Kurt Cobain, qui aurait vécu SDF sous un pont, mais qui en fait a trouvé une petite amie qui travaille pour eux deux. C’est elle qui paie toutes les factures alors qu’il zone dans son plumard, puis quand elle rentre, part répéter avec ses potes musiciens. Et enfin quand la sauce rock commence à prendre, il lui dit que c’est terminé, n’osant pas lui avouer qu’il est tombé amoureux d’une punkette nommée Tobi Vail. Mais avec qui il ne réussit pas à construire une histoire, il y a juste un flirt, pas plus, mais il va en souffrir, baliser, obsédé par l’image de cette fille qui est pour lui la rockeuse absolue, l’idéal féminin.

    Et donc ce soir de 1990 où Kurt se trouve à Portland dans une boîte de nuit, après la sortie du premier album de Nirvana et qu’il s’apprête à monter sur scène, cette fille-là, plus grande et plus forte que lui, lui fait diablement penser à Tobi. Mais voilà qu’elle se fout de sa balle et puis ta petite amie est grosse. Alors Kurt lui saute dessus, ils s’empoignent, jusqu’à tomber par terre, là, devant le juke box qui joue la chanson préférée de cette sublime apparition. Et puis ils s’embrassent, baignant dans une flaque de bière. Kurt voudrait aller plus loin après le concert mais cette sacrée nana prénommée Courtney, musicienne, elle aussi, disparaît comme elle est apparue. Et voilà Kurt avec un visage en tête, perdu dans une nouvelle passion à sens unique, mais dans l’ignorance que Courtney suit toute son ascension dans la presse. Tout va alors très vite pour Nirvana. Surtout que Dave Grohl, le batteur, sort avec la meilleure amie de Courtney et qu’il lui apprend qu’elle a un crush pour lui. Ouais mon vieux, le soir où tu l’as rencontrée, cela faisait des mois qu’elle avait eu un flash en nous voyant jouer. Mais elle est comme ça, elle ne sait pas comment faire avec les mecs qui lui plaisent. La prochaine fois qu’il la croise, c’est sûr, Kurt ne ratera pas le train.
    4 min
  • La Love Story de Marianne Faithfull & Mick Jagger
    Ce 9 octobre 1966 au soir, nous allons assister à un de ces moments qui ont compté énormément dans la légende de notre pop culture mais dont bien évidemment aucun des acteurs n’a alors conscience. En effet, Marianne Faithfull, 19 ans mais déjà un mariage raté, un enfant et quelques disques à son actif, est venue à Bristol voir jouer les Rolling Stones. Mais que fait-elle là, en coulisses, alors qu’elle s’approche de Mick Jagger en plein cours de danse avec Tina Turner qui le traite de nul en le rabrouant. Marianne se demande pourquoi elle s’est tapée la route jusque-là, Jagger n’est pas son type. Deux ans plus tôt, quand le manager et producteur des Stones l’a découverte et lui a proposé une chanson signée Jagger-Richards, le contact avec Mick avait été peu probant lors de leur unique rencontre. Elle se revoit monter dans le taxi en sortant du studio et Mick lui proposer de s’asseoir sur ses genoux. Elle a 17 ans, une éducation aristocratique héritée de sa mère, c’est hors de question. Et Mick de ne rien trouver de mieux que de renverser exprès du champagne sur sa robe. Heureusement que Marianne ignore que son producteur l’a convaincu d’écrire une chanson pour elle avec ces mots : Tu vas voir mon vieux, c’est un ange avec une grosse paire de nichons.

    Il est vrai que les Stones ne sont pas réputés pour leur poésie. C’est une sacrée bande de gamins attardés arrivés de nulle part dans un monde qui leur offre tout au milieu de cette décennie de dingues. Ah il y a bien Keith Richard, le taiseux, pour plaire à Marianne. Il lui plaît vachement, en fait. Bref, après le concert, tout le monde rentre à l’hôtel, Marianne assiste au bazar de toute la bande dans la chambre de Mick. Ça s'agite beaucoup au début puis ça se calme. Brian Jones et sa copine Anita Pallenberg finissent par partir, suivis par Keith qui en fait se meurt d’amour pour Anita, c’est foutu pour Marianne.

    Quatre du mat, il ne reste plus dans la chambre que Mick, évidemment, Marianne et une danseuse-choriste de Ike et Tina Turner qui se verrait bien finir la nuit avec Mick Jagger. Mais au bout d’un moment, comprenant qu’elle est de trop, elle s’en va, elle aussi. Alors quand Mick se met à la regarder avec les yeux du Grosminet qui va dévorer Titi, Marianne lui propose d’aller faire un tour dans le parc de l’hôtel. Il est joli, non ? Et puis, Bristol, c’est beau, la nuit. Marianne a capté dans les discussions que Mick allait rompre avec Chrissie, son officielle, car il avait l’actrice Julie Christie dans le viseur. Julie Christie, c’est Lara, l’amour de Omar Sharif dans Le docteur Jivago, l’immense succès du moment aux six Oscars. Non, Marianne ne fera pas office de biscuit cette nuit, pas question. Mais voilà, au fil de la conversation, celui qu’elle prenait pour un sale gamin, la charme en répondant à ses questions sur la légende du Roi Arthur, pilier de la littérature anglo-saxonne. Et tel Lancelot pour sa Guenièvre, de retour dans la chambre, Mick se montre prévenant en mettant ses petites chaussures percées par la rosée, à sécher sur le radiateur. On est loin de la brutalité des Stones, là. Mick va appeler Marianne et lui rendre visite de plus en plus régulièrement dans son appartement londonien. Pas de Julie Christie, Mick et Marianne vont devenir le couple emblématique du Swinging London. On ne parlera pas de la fin, on va en rester à “ils furent heureux”, c’est mieux non ?
    4 min
  • La Love Story de Charlotte Rampling et Jean-Michel Jarre
    Il fut un temps où on considérait que les histoires d’amour compliquées, qu’on jugeait sordides, ne pouvaient se produire que dans le monde de la musique et du cinéma. Il n’en était rien, évidemment, juste le fait, non négligeable que le scandale faisant vendre, ces histoires étaient médiatisées à l’extrême. Et au milieu des années 70, où le divorce se porte encore en société comme une bosse sur le dos, c’est un drame quand un coup de foudre tombe sur une personne publique. Surtout quand elle vient de se marier. Je devrais dire quand ils viennent de se marier.

    Comment Charlotte Rampling et Jean-Michel Jarre pourraient-ils se douter que ce soir de mai 1976, ils vont tomber amoureux. Charlotte est l’actrice fascinante en vue, connue pour des rôles marquants au cinéma dans des films qui ont fait parler d’eux comme le dernier, le sulfureux Portier de nuit. Mariée depuis quatre ans au comédien Bryan Southcombe, elle vit désormais à la Côte d’Azur pour échapper au fisc britannique, comme les Rolling Stones. C’est ainsi qu’elle se trouve invitée ce soir dans un restaurant de St Tropez par l’agent artistique de Patrick Juvet qui vient de terminer un nouvel album prometteur au casting cinq étoiles.

    L’actrice fait donc la rencontre ce soir-là du parolier de Patrick Juvet qui est aussi celui de Christophe et dont tout le monde a en tête la chanson parue il y a peu … Le jeune musicien de 27 ans, car il est musicien aussi, il est d’ailleurs le fils du célébrissime compositeur oscarisé, se montre très loquace, drôle, en fait, Charlotte le trouve magnétique et rentre chez elle ce soir-là, très troublée. Mais pas autant que Jean-Michel car lui, est bouleversé. Il confie d’ailleurs son désespoir à Patrick Juvet car il est marié, lui aussi, et depuis un an. Et même si son mariage ne fonctionne pas, ça ne se fait pas.

    Mais de retour chez lui, quelques jours plus tard, Jean-Michel apprend la présence de Charlotte Rampling à Paris pour la promotion d’un film où elle donne la réplique à Robert Mitchum dont c’est le retour en force. Jean-Michel craque, l’appelle et la retrouve à son hôtel où ils restent cachés durant tout le week-end. A son retour, son mari ayant deviné qu’il s’était passé quelque chose, se fâche, Charlotte s’enfuit à Paris, Jean-Michel quitte le domicile conjugal et ils s’installent tous deux chez sa mère.

    Charlotte et Jean-Michel ne se cachent plus, l’affaire fait grand bruit jusqu’au divorce puisqu’ils n'hésitent pas à s’afficher ensemble lors du Festival de Cannes. Jean-Michel est alors occupé à enregistrer un disque instrumental qui de l’avis de son entourage est bien barré. Mais Charlotte l’écoute fascinée et lui annonce que ce ne sera pas facile : ce sera soit un échec retentissant, soit un triomphe sans précédent. L’histoire de cet amour naissant semble liée à celle de ce disque dont au départ personne ne veut et puis que tout le monde va prendre pour modèle, une bouffée d’oxygène.
    4 min
  • La Love Story de Cynthia & John Lennon
    Je ne sais plus qui a écrit : il n’y a que deux types d’histoires, un homme tombe amoureux d’une femme et un type arrive en ville. Et c’est vrai que des deux, celle qui émeut le plus, c’est la Love Story. Et qu’il y en a eu des légendaires dans l’histoire du showbizness, voulues et entretenues dans les médias, ou pas. Regardez John Lennon, rien que prononcer son nom, vous pensez déjà à Yoko Ono. Et pourtant, il a connu une sacrée histoire d’amour avant, et une belle. Je vous raconte ?

    Nous sommes à Liverpool en 1957. Quinze ans après avoir été ravagée par les bombardements, il y règne enfin une nouvelle joie de vivre avec la fin de la reconstruction. Surtout pour les adolescents. Bien que le quotidien soit difficile pour le monde ouvrier, c’est le règne de la débrouille comme chez les Powell. Cynthia, 17 ans, orpheline de père depuis peu, ne doit d’être inscrite à la grande école d’art de Liverpool qu’au fait que sa mère loue une partie de leur petite maison à quatre ouvriers.

    Les mois passent, Cynthia change, se laisse pousser les cheveux et ne porte ses lunettes à grosses montures que pour lire au tableau. Bon, elle ne descend pas toujours au bon arrêt de bus mais elle est plus avenante comme ça. D’ailleurs ce matin, le cours va débuter quand un jeune gars coiffé comme Elvis Presley déboule dans la classe, les mains dans les poches et le regard animal. Il se dirige vers le banc libre, juste derrière Cynthia et, après l’avoir frôlée, il s’effondre sur la chaise, puis lui tape sur l’épaule en disant, Salut, moi, c’est John ! Auquel elle répond par un Cynthia, en souriant, mais très vite car le prof qui a commencé son cours lui jette un regard en sourcillant.

    John emprunte du matériel de Cynthia dont il se sert à peine, il fait plus marrer la classe que travailler. En clair, il a atterri dans cette classe car les autres profs ne veulent plus de lui. Il est en fait tout ce qu’elle n’est pas, il se fout des cours, est effronté comme pas permis et ne pense qu’à attirer l’attention sur lui. Mais quand il vient avec sa guitare et chante entre les cours, ce n’est plus le même gars, il a une lueur dans le regard quand elle le croise qui la fait craquer. Ce n’est vraiment pas un type pour toi, lui dit sa meilleure amie. Et c’est vrai qu’il ne la calcule pas, il faut dire que leurs univers sont si différents. M’enfin, elle apprend qu’il est aussi orphelin depuis peu, comme elle, et qu’ils sont myopes tous les deux, et le cachent !

    Alors quand Cynthia se rend à une fête de fin d’année, devenue blonde et coiffée comme Brigitte Bardot, car elle a entendu John dire qu’il en était sot, toute de noire vêtue, comme lui, la jeune fille timide n’en revient pas de le voir arriver au pub. Mais la soirée se passe sans qu’il ne vienne vers elle, très occupé à amuser la galerie. Tu viens, Cynthia, on y va, on va rater le 72. Et alors que Cynthia met la main sur la poignée de porte, on la retient. C’est John qui lui demande de rester. Cynthia regarde son amie qui lui dit non du regard, mais elle reste, esquissant un sourire en guise d’excuse. Deux verres passent, de nombreuses phrases s’échangent puis John propose d’y aller. Où ? La chambre d’étudiant d’un copain. En sortant, la tranquillité de la rue tranche avec la cohue dans le pub, John en profite pour donner un long, passionné et irrésistible baiser à celle qui dans six ans sera connue dans le monde entier sous le nom de Cynthia Lennon, la maman de Julian.

    4 min
  • La Story Lionel Richie (Episode 5)
    Il était une fois la Motown, probablement la plus belle légende à raconter pour une firme de disques, familiale, avec un patriarche au milieu, démarrant dans une ville improbable, Détroit, la cité de l’automobile. Succès gigantesque dès le début des années 60, on ne compte plus les noms des stars qui en sortent : Marvin Gaye, Stevie Wonder, les Temptations, Four Tops, Supremes, Diana Ross, les Jackson Five, les Commodores. Mais voilà, au début des années 80, la musique noire explose sur la scène mondiale avec la fin du disco. Le monde s’est mis à danser et la Motown, portée par le retour inespéré de Diana Ross et de Stevie Wonder qui avaient été en retrait durant la mode disco, ne voit pas venir l'essoufflement de ses troupes. C’est vrai qu’ils sont tous là depuis les sixties. C’est aussi le cas pour les Commodores, alors Berry leur conseille de prendre une année sabbatique. Ca ne pouvait pas mieux tomber pour Lionel qui multiplie alors les collaborations et bascule du côté blanc du métier. En 1982 son premier album solo qui ne doit n’être qu’une parenthèse, sort chez A&M, une firme de Los Angeles, celle qui édite, entre autres, The Police, LE groupe du moment. Lionel ne reviendra pas dans le giron des Commodores et de la Motown, ils vont devoir continuer sans lui.

    Oui, le métier du disque a changé. Terminée la toute puissance des firmes du nord-est New York, Chicago, Detroit, tout se joue désormais à Los Angeles. Et c’est là que se trouve Lionel, avec son ami Michael Jackson. On comprend qu’il ait été vite question quand il a été demandé au duo de copains Lionel Richie et Kenny Rogers de faire une chanson pour l’Ethiopie en 1985, d’aller chercher Michael et Quincy Jones. Et quarante ans après, on a du mal à imaginer combien Lionel Richie, associé à Michael Jackson et Kenny Rogers, pesait lourd sur le marché mondial du disque. Ils cumulent à eux trois 800 millions de disques vendus. Aux JO de Los Angeles, qui invite les athlètes et le monde entier à faire la fête toute la nuit, c’est Lionel, qui aura récolté 15 hits mondiaux en solo sans compter les collaborations ni le fameux We are the world.

    C’est là qu’on va comprendre pourquoi Lionel Richie reste un des artistes phare des années 80, il marque une pause pour profiter de la vie et aussi pour d’autres raisons matrimoniales. Mais comme souvent, s’arrêter, c’est laisser le monde changer sans vous et donc, vous oublier. C’est ce qui est arrivé. Revenu en 1996, Lionel Richie ne retrouvera pas le chemin des sommets, ni avec cet album, ni avec les suivants. N’empêche l’histoire est belle, elle a été longue, et aujourd’hui, Lionel Richie fait à nouveau recette avec un public qui prend en compte la carrière d’un artiste plus que le succès du moment, conscient de la futilité d’un tube qui bien souvent, est sans lendemain.
    4 min
  • La Story Lionel Richie (Episode 4)
    Une guitare légère au son très large, un groove rond, le son des Commodores est à nul autre pareil, il colle aux années 70 comme un film de l’Inspecteur Harry. Et quand vient le basculement dans les années 80 et que le disco disparaît, l’Europe alors totalement conquise par la soul music découvre les trois plus grands groupes américains d’un genre jusque-là confidentiel, le funk : ils se nomment Earth Wind & Fire, les Jacksons et bien sûr les Commodores. Mais étonnamment, aussi énorme que soit le son de ce qui est déjà leur dixième album et la qualité des chansons, les Commodores sont à la traîne, complètement éclipsés derrière les deux autres. Et doit-on parler du succès de Michael Jackson en solo !

    Alors en 1982, le groupe décide d’une pause, après quinze années de tournées et de disques non stop. Pour la première fois, il va y avoir une année sans album des Commodores. Est-ce un hasard si c’est celle où paraît le Thriller de Michael Jackson, qui est l’ami et le cadet de Lionel Richie, il a neuf ans de moins que lui, ce qui, quand on a 24 ans, compte quand même !

    On dit toujours qu’il n’y a pas de hasard. Un plus tôt, était sorti un single du chanteur country Kenny Rogers, un concept qui semble fou au départ puisqu'il s’agit de métisser ce genre 100% blanc avec la musique soul. Et qui a été le plus grand crooner côté black dans les années 70 ? Lionel Richie des Commodores. Ecrire pour un autre ne lui pose pas de problème, il le fait pour Walter Orange l’autre chanteur des Commodores et a déjà eu un N°1 avec une chanson écrite pour les Temptations. Et puis c’est dans ce registre que les deux hommes peuvent se rencontrer le plus facilement. Et c’est vrai que cette année-là, quand on a entendu Lady pour la première fois à la radio, on a eu une hésitation. C’est Lionel Richie, ah non, si, non. C’est le jackpot, pour la première fois, une chanson est N°1 dans les quatre catégories du Billboard américain : Adult, R&B, Country et bien sûr, le Hot 100, celui qui cumule tout. De là à inspirer Michael Jackson dans sa quête de conquérir le public blanc, il n’y a qu’un pas.

    Mais Lionel Richie n’en reste pas là car il se fend aussi d’un duo avec la meilleure amie de Michael, Diana Ross, dont la carrière a été reboostée par la pléiade de tubes offerts par le groupe chic, nouveau et dernier groupe noir américain à avoir conquis le public blanc. En plus, c’est la chanson d’un film avec Brooke Shields, tiens, tiens. Oui, il y a une voie royale qui vient de s’ouvrir au discret Lionel Richie. Son heure est venue. Il vient d’ailleurs d’être pris en charge par le manager de Kenny Rogers, un blanc qui tient le métier du disque à Los Angeles dans les mains. Un gars sympa qui n’a pas la grosse tête car elle est bien faite et qui lui a tenu ces propos : “Tu vois, Lionel, ton problème, c’est que les gens connaissent tes chansons mais pas ton nom. Je vais régler ça.” Lionel ne retournera jamais chez les Commodores.
    4 min
  • La Story Lionel Richie (Episode 3)
    Si quand il a crevé les écrans de télé dans les années 80, on vous avait dit comme ça d’un bloc que la carrière de Lionel Richie avait débuté dans les années 60, vous ne l’auriez pas cru. C’est vrai, il semblait être tellement de notre époque, comme Prince. Et pourtant c’est vrai que cette histoire avait commencé au milieu des années 60 avec son groupe les Commodores formé sur le campus d’une université de l’Alabama. Les choses avaient été assez vite puisque le groupe signe en 1968 sur le légendaire label R’N’B, Atlantic, celui qui avait révélé Ray Charles. La voie royale. Les Commodores sont alors déjà une fameuse bande avec un chanteur batteur du nom de Walter Orange. Si on entend la voix de Lionel Richie sur le premier album des Commodores, ce n’est que dans les chœurs puisqu’on le retrouve alors principalement aux claviers et au saxophone, il compose d’ailleurs les partitions de cuivres. Sans doute la raison pour laquelle Lionel se trouve au centre des six musiciens sur la pochette en noir et blanc de ce 33 Tours qui commence comme ceci ... on dirait un générique, n'est-ce pas ? Et justement, on va entendre ce morceau instrumental des Commodores un peu partout à la radio et la télé en générique d’émission et bingo, le voilà qui monte dans les charts. Et l’album qui porte d’ailleurs le nom de ce titre se termine par deux chansons signées Lionel Richie. C’est alors que Walter lui-même, convainc Lionel de se lancer en chantant ses propres compositions sur l’album suivant car dit-il, si tu as aussi un excellent sens du swing, tu es un bien meilleur crooner que moi.

    Et en 1975, les Commodores connaissent un premier grand hit américain, cette fois chez la Motown, et avec la voix de Lionel Richie. Il s’intitule Slippery when wet, … sympa hein ? Et quel groove ! On se croirait dans un film de Tarantino, c’est pas un hasard, c’est un fan, … En tout cas ce titre écrit et interprété par Lionel Richie propulse les Commodores au niveau de leurs compatriotes d’Earth, Wind & Fire. N°1 des charts R&B, une nouvelle étoile est née, en tout cas aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, la France, la Belgique demeurent encore hermétique à cette musique qui n’a pas encore conquis Paris. Mais cela ne va pas tarder car au fil des ans, les morceaux pops côtoient de plus en plus les titres funks sur les albums des Commodores imposant Lionel Richie comme le nouveau crooner, quelque part entre Elvis Presley et Frank Sinatra. Ce type a tout pour plaire, les hits qui s’accumulent le prouvent. Seul ombre au tableau, comme c’est le cas pour Earth Wind & Fire ou Kool & the Gang, les gens ne connaissent pas le nom des musiciens des Commodores. C’est pas le même star system que pour les rockers. Il va falloir changer ça et justement, c’est ce qui va arriver à Lionel Richie au début des années 80.
    4 min
  • La Story Lionel Richie (Episode 2)
    On connaît tous la voix et le nom de Lionel Richie. Star des années 80, comme Phil Collins, il est issu d’un groupe et voilà qu’au début de la décennie, ils alignent tous deux les disques solos, les duos et écrivent, produisent pour d’autres artistes. Et pourtant, il s’en est fallu de peu pour que nous n’entendions jamais parler de lui dans notre Europe, si lointaine de son Etat d’Alabama, où il est né Lionel Brockman Richie Jr.

    Alabama, rien que le nom, on imagine les plaines, les déserts, les grands troupeaux de vaches et les cowboys. Mais en Alabama, il y a de grandes villes et des universités où Lionel a grandi dans les années 50. Chaque communauté vit de son côté mais ça n’empêche pas sa grand-mère d’être une pianiste classique renommée et sa maman d’être enseignante, principale d’une école et puis son père aussi, IT dans l’US Army. Non, Lionel ne vient pas d’un milieu défavorisé. Il entame d’ailleurs au milieu des années 60 des études de sciences économiques et obtient un diplôme de bachelier. Et après ça ? Ben il y pense depuis un certain temps, il se voit bien devenir prêtre dans la puissante église protestante épiscopale. Ah, il pourra utiliser les talents de chanteur et de musicien qu’il a développés grâce à sa grand-mère, le dimanche lors des offices !

    Mais bon, je ne vais pas tirer l’affaire en longueur puisque vous connaissez la suite, la vie sur le campus et son appartenance à la plus grande fraternité estudiantine ont fait découvrir à Lionel d’autres horizons. A tel point qu’il finit par se dire qu’il n’est pas taillé dans le bois dont on fait un prêtre. Alors ? Ben alors il se verrait bien continuer dans la musique car à l’université, les gars qui font de la musique et les occasions de jouer ne manquent pas le samedi soir. Le groupe de Lionel se nomme les Commodores, ils sont six, et Lionel n’en est pas le chanteur, non, le chanteur c’est un certain James Ingram, non rien n’à voir, c’est un homonyme, de toute façon, il ne reste pas car en 1968, il est appelé sous les drapeaux au Vietnam. Aussitôt remplacé par un certain Walter Orange, batteur, mais qui devient la voix principale des Commodores. Un Walter Orange qui après quelque temps convainc Lionel qu’il a un fameux talent, il est donc convenu que les Commodores auront deux chanteurs, ce qui n’a rien d’exceptionnel, regardez les Beatles.

    Le premier hit des Commodres, en 1974, est signé Lionel Richie, un instrumental repris en générique d’émissions de télé, en B.O. de film, de séries. Mais au fil des albums qui se succèdent à une vitesse ahurissante, le moment attendu sur le nouveau 33 Tours est toujours la ou les ballades signées et chantées par Lionel Richie. Tant et si bien qu’en 1980 lorsque paraît l’album X, et oui, dix en six ans ou presque, Lionel a déjà à son répertoire une solide liste de succès et de classiques. D’ailleurs qui n’a pas été étonné d’apprendre au début des années 90 que l’énorme tube du groupe rock Faith No More était un simple cover des Commodores signé Lionel Richie. Et qui est depuis, devenu familier à tout un chacun. Et ben non, ça n’avait pas charté chez nous à l’époque.
    4 min
  • La Story Lionel Richie (Episode 1)
    Lionel Richie est une des grandes figures de la musique populaire. Une évidence. Le crooner noir qui sait aussi bien écrire des chansons qu’il les chante, et qu’on a tous immédiatement en tête. Des chansons des années 80, une étiquette qu’il doit au succès gigantesque qu’il a remporté durant cette décennie qu’il a marquée d’or et de diamant avec Michael Jackson, Prince et Whitney Houston. Et pourtant, comme Michael Jackson, Lionel Richie est au départ un artiste des années 70. Un de ces musiciens qui a marqué la soul à une époque où le marché du disque est encore séparé, où les Afro Américains possèdent leurs propres charts, leurs propres émissions de télé et radio. Il y a certes un public blanc pour acheter leurs disques mais la grande majorité ne semble pas concernée avant l’arrivée d’un Barry White qui reste longtemps une exception dans le paysage. Oui, la soul music reste quelque part dans l’ombre des grands jazzmen comme Miles Davis qui ont réussi dans le passé à briser le mur mais à la fin des années 70, avec la folie du disco, les choses semblent changer, le mur est en train de se fissurer, chose dont le jeune Michael Jackson, vingt ans mais déjà plus de dix années de métier, compte bien profiter. Michael veut devenir N°1 en conquérant le public blanc car oui, c’est possible. Ainsi le chanteur country, Kenny Rogers, immense star américaine, ne vient-il pas en 1980 de faire un immense tube avec une chanson écrite et produite par Lionel Richie.

    Lionel Richie, c’est le type que personne n’a vu venir. A la fin des années 60, s’il forme un groupe avec des copains, c’est parce que ça le fait auprès des filles de jouer de la musique dans un band. Lionel n’est pas le chanteur, non, c’est Walter, la voix groove des Commodores. Car le truc de Lionel, c’est sa voix suave pour chanter les slows, le reste du temps, il souffle dans son saxophone. Et ça marche. Enfin, ça marche, … gentiment. Pas comme les Jackson Five qui sont les stars de la Motown, le label de disques soul sur lequel ils ont signé eux aussi. Les cinq premiers singles des Jackson Five sont N°1, du jamais vu depuis les Beatles, alors en concert, ce sont les Commodores qui ouvrent les spectacles avant les frères Jackson. Mais avec le temps ils deviennent un sacré groupe de scène et ô surprise, en 1974, ça y est, ils tiennent leur premier tube, dans les charts R’N’B mais quand même, c’est un sacré marché et un sacré groove ce Machine Gun. Lionel aligne alors chaque année un ou deux succès par album des Commodores dont un inévitable slow qu’on se surprend à espérer à chaque sortie comme cet extraordinaire Still, en 1977, sur ce qui est déjà leur cinquième album.

    4 min
  • Back to 1995 (Episode 3) : Ophélie Winter
    Au milieu des années 90, tout le monde regarde la télé le soir, l’après-midi, et même le matin car ça y est, les programmes tournent 24 heures sur 24. On va oublier progressivement ce qu’est la mire avec ce son si poétique … et puis aussi les génériques de début et de fin des programmes dont l’un a rendu célèbre un artiste … Et puis comment oublier celui de la télé américaine dans Poltergeist, le film de Spielberg et Tobe Hopper …

    Alors qu’est-ce qu’ils regardent, tous ces gens ? Ben s’ils sont mômes, les émissions de Dorothée, et s’ils sont adolescents aussi, des sitcoms, pas de Dorothée, hein, mais c’est la même équipe de production derrière. De toute façon, dans les années 90, tout le monde regarde TF1, c’est là que ça brille le plus. Enfin, pas tout le monde. Il y a Nulle Part ailleurs le soir sur Canal avec une bande de grands malades comme Les Nuls, Les Guignols et le duo Antoine de Caunes et José Garcia … et le week-end sur M6, la petite chaîne qui monte, dirigée par le frère de Michel Drucker, il y a Thierry Ardisson qui sévit déjà. Je devrais dire qui sévit toujours. Il produit notamment La nuit la plus Love : la 1ère coupe du monde de la séduction. Pourquoi ça ne vous étonne pas ?

    C’est dans cette émission qu’une directrice de la chaîne remarque une jeune femme qui a ce quelque chose que la majorité n’a pas. Elle a tout ce qui faut pour faire tourner une émission de télé et surtout amener du monde. Les deux femmes se parlent et quelques semaines plus tard, Ophélie Winter commence à animer une émission de M6 au départ essentiellement musicale : Hit Machine. Et autant on va très vite parler d’Ophélie Winter dans tous les magazines télé etsurtout dans toutes les écoles, autant on ignore qu’elle n’est pas une nouvelle venue. Car non, ce n’est pas un pseudonyme. Ou plutôt si, mais c’était celui de son père, un Hollandais qui a roulé sa bosse dans le monde, puis venu à Paris, avait commis un ou deux succès à l’époque des Yéyés, est même allé à l’Eurovision au début des années 70, avant de disparaître définitivement aux Etats-Unis. Mais voilà, comme beaucoup d’artistes venus de l’étranger, ils se reconnaîtront, David Alexandre Winter a laissé un petit garçon nommé Mickaël et une petite fille nommée Ophélie dont la maman est une ex-Miss française. Les chiens ne font pas de chats, Ophélie est très belle, devient mannequin, s’essaie à la chanson une paire de fois avec divers producteurs mais sans succès avant ce jour où elle participe à l’émission de Thierry Ardisson, elle n’a alors pourtant que 20 ans. Si on se souvient que Ophélie va présenter l’émission Dance Machine avec son frère Mickaël, on a surtout retenu les singles qu’elle va sortir à cette époque et qui vont faire d’elle la personnalité la plus en vue de ce milieu de décennie. Back to 1995, avec Ophélie Winter, c’était quand même vachement bien balancé, non ?
    4 min

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Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Ce podcast incontournable vous fait voyager à travers les époques, en…

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La face sombre de l'Histoire by RTL

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