La Story Nostalgie

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La Story Nostalgie episodes

  • Jean-Louis Murat Star Alternative des 90's (Episode 4)
    Ce n’est pas un hasard si les Rave Party sont devenues populaires dans les années 90. La musique électro, sèche et dure, est un tel écho au rock alternatif, indépendant comme on disait, qui est alors LE genre musical dominant. C’est vrai, écoutez la musique de toutes ces rockeuses au sommet des ventes mondiales comme Alanis Morissette.

    La France suit le mouvement. Vous avez entendu la musique du groupe Indochine changer ? et des groupes comme Noir Désir ou La Mano Negra ? Et puis aussi un certain Jean-Louis Murat. Personne ne l’avait vu arriver, cet artiste descendu de son massif central, alors qu’il alignait des disques qui se vendaient à pas plus de 1000 exemplaires, voire qui ne sortaient même pas. Mais aidé par des artistes qui sont aussi dans la marge, comme Jacques Higelin et Charlélie Couture, Murat trouve toujours quelqu’un pour l’aider à suivre les chemins de traverse de sa musique. Et finalement, en 1987, un single enregistré chez Virgin, à l’essai, lance enfin la carrière de Jean-Louis, il a alors, 35 ans. Oh ce n’est pas le triomphe, ni le sommet du Top 50. Mais au milieu des Gold et Images, Murat incarne une autre chanson, et ses disques trouvent un public, pas seulement branché mais romantique, Jean-Louis Murat, c’est un rocker dans le monde de la variété française des années 80 devenu pop. Quelque part le successeur d’un Serge Gainsbourg, avec son franc parler, ses coups de gueule, sa brusquerie qui cache un grand cœur. Murat, ce sont des refrains qui s’inscrivent dans notre tête sans fracas mais durablement … (nos amours débutants) pour un public qui préfère acheter ses albums que les singles.

    Et puis, au début des années 90, ses innombrables fans le savent, paraît cette fameuse chanson en duo avec une Mylène Farmer au sommet de son triomphe tout récent … Regrets. Une histoire qui commence avec le fameux premier véritable album de Murat, Cheyenne Automne, que Mylène ne se lasse pas d’écouter. Alors, le croirez-vous, voilà qu’elle écrit à ce jeune nouveau chanteur, entre guillemets, pour lui faire part de son admiration. Et qui lui répond. Une nouvelle lettre arrive en retour et l’échange se prolonge pendant des mois, il va falloir que Jean-Louis quitte sa campagne d’Auvergne pour rencontrer cette admiratrice pas comme les autres. C’est d’autant plus évident qu’elle a écrit une chanson en pensant à lui. Et elle lui en envoie une version cassette sur laquelle elle interprète les deux voix. Jean-Louis accepte le duo, la chanson succède à l’incroyable succès du single Désenchantée, toujours N°1 ainsi que l’album quand le single arrive dans les radios. Jean-Louis Murat s’impose alors dans le métier, on le voit désormais en dehors des émissions de Thierry Ardisson le samedi soir ou Nulle Part Ailleurs sur Canal. Les années 90 sont les siennes, avec son flot de disques aussi différents les uns que les autres, sa voix qui traîne sur les lecteurs CD et bien sûr, ces déclarations anti-système, anti-showbizness car, comme il le dit, ça ne me dérange pas que les gens ne m’aiment pas.

    4 min
  • Björk Star Alternative des 90's (Episode 3)
    Pour ceux qui s’en souviennent, jusque dans les années 80, le rock, la soul, la pop, ça ne pouvait être que Britannique ou Américain. Point. Et quand il y avait des locaux, en clair du Belge ou du Français, c’était soit l’exception, soit pathétique. Au mieux on l’achetait parce qu’il fallait soutenir la production locale et si ça sonnait pas bien, c’est normal, c’est fait ici.

    Et puis les années 80 ont tout changé. Téléphone, TC Matic, Pierre Rapsat, Chagrin d’Amour ,Indochine, on commence à trouver ça normal que les gens de chez nous fassent aussi bien. Là-dessus, on en voit débarquer de Suède évidemment, avec Europe et; qui n’a rien à voir avec Abba, Roxette, et puis de partout ailleurs. Et quand je dis partout, plus c’est exotique, plus ça attise notre curiosité.

    Tiens je me souviens, en 1987, on me met un 33 Tours dans les mains. Le groupe se nomme les Sugarcubes. J’entends encore la voix : c’est islandais. L’Islande, pays plus de trois fois comme la Belgique mais perdu au milieu de l’Atlantique gelé, entre le Groenland et la Norvège. Et encore si ce n’était que ça car c’est le 300.000 habitants en tout et pour tout qui interpelle. 3 habitants au km2 et y a des mecs qui arrivent à monter un groupe pop. Quoi ? Le disque est immédiatement sorti de sa pochette, posé sur la platine … eeet c’est vachement bien ! C’est du rock, indépendant, ça sonne bien. Juste qu’il faut s’habituer à la voix de la chanteuse, elle a une voix de gosse et elle chante d’une manière très particulière, tout en restant mélodique.

    C’est quoi son nom ? On scrute l’arrière du disque, quatre gars et une fille, très jolie, sur la photo, en tout cas. Son nom : Björk Guðmundsdóttir. Oui j’ai quelques notions d’Inuit et de Viking, bon, on va l’appeler Björk ?

    Et c’est vrai qu’on n’étaient pas les seuls le soir du 11 décembre 1988, au Vooruit à Gand pour les voir jouer mais on n’imaginait pas, bien sûr, que cette petite boule d’énergie devant la scène allait devenir une des égéries des années 90 quand quatre ans plus tard, Björk allait continuer en solo, avec une musique, il est vrai très différentes mais une attitude et une branchitude qu’on n’avait plus vue depuis Nina Hagen et Yoko Ono, un mélange des deux. Comme notre Arno après TC Matic, Björk va instantanément devenir une figure d’un rock expérimental qui plaît au grand public que nous sommes. Car il y a quelque chose en eux d’authentique dans leur posture d’artiste en marge. Björk est un peu la petite sœur surdouée mais fragile de nos années 90, son énorme audience aux Etats-Unis en est la preuve, on l’a d’ailleurs retrouvée en duo avec le compositeur de B.O. phare des années 90, David Arnold. Si ce film avec Harvey Keitel n’est pas sorti chez nous en 1993, ni après, la voix de Björk résonne encore dans la légende de cette décennie.
    4 min
  • David Bowie Star Alternative des 90's (Episode 2)
    Années 90, années compiles CD, télé clips vidéos, rap, r’n’b, électro et surtout, grunge et rock alternatif. Nirvana, Pearl Jam, Soundgarden, il en sort tellement de partout qu’on se demande où trouver l’argent ; les disques, ça coûte cher, encore plus depuis le compact disc. Mais d’où viennent tous ces groupes ? C’est vrai qu’il fallait être branché rock pour avoir fait connaissance avec cet immense réservoir de musiciens rock qu’on disait alternatifs avant le succès commercial de Nirvana. Ils étaient là, innombrables, dans toutes les villes d’Amérique, au plus profond du pays, à répéter dans les garages, jouer dans des petites salles et enregistrer pour quelques dollars une cassette ou un CD pour des labels de disques locaux.

    Oh bien sûr, il y avait des modèles anciens comme David Bowie qui après avoir massivement inspiré la New Wave dix ans plus tôt, était toujours aussi présent dans nos oreilles après que la vague soit retombée. Et puis il y avait tous ces groupes de hard rock / heavy metal qui avaient fait une percée commerciale improbable dans les années 80 comme les Metallica ou Guns’N’Roses. Et enfin, quelques indépendants ou alternatifs, drôles de noms pour ce qui n’était que des garage bands, arrivés à se faire un nom, au milieu de tout ce bazar : ils s’appelaient les Pixies et surtout, R.E.M.

    Et autant David Bowie avait tourné le dos à cette New Wave qui l’imitait pour aller chercher un immense succès commercial, autant il a, à présent, entrepris d’être de ce courant alternatif. Et donc logiquement de perdre le contact avec les médias grand public. Elle fait à nouveau peur, la musique de David Bowie en pleine période grunge : à la fois électro et métal, elle n’est plus achetée que par les amateurs du genre. Mais David ne se préoccupe pas de l’impact commercial quand il produit. Ses compilations et tournées best of, attirent de plus en plus de monde. Une nouvelle fois, l’artiste est parvenu à jouer la musique qu’il entend dans sa tête sans se soucier si elle passera à la radio et à la télévision car ce faisant, il reste branché tout en continuant les démonstrations de force dans les plus grandes salles. Personne pour le traiter de has been.

    On gardera de ces années 90, son album avant gardiste avec Brian Eno, comme à l’époque de Heroes, mais avec un succès radio grâce à un étonnant duo avec les Pet Shop Boys. On n’oubliera pas le fameux concert à Madison Square Garden pour ses 50 ans, en compagnie de ses amis, tellement rock, tellement pop, tellement enthousiasmant. Et puis fin de la décennie, du siècle, du millénaire, David Bowie change de cap. Voit-il à l’horizon le port d’arrivée du navigateur solitaire, lui qui n’a jamais été aussi heureux dans sa vie privée ? Sa musique s’adoucit à nouveau, le ton est plus mélancolique que jamais, les paroles intelligentes qui prennent aux tripes. En 2001, la messe de la musique pop serait-elle dite, à l’écoute de ce titre ? … Ou de ce Strangers When We Meet … David Bowie est encore là, il le sera toujours.
    4 min
  • Kurt Cobain Star Alternative des 90's (Episode 1)
    Les années 90 s’éloignent. Elles ont pris leur place dans la légende de notre présent grâce à des souvenirs millésimés de millions d’entre nous, des flashes de premiers émois, des traces de leur adolescence qui ne partiront jamais, des étapes de vie de jeune adulte, premier boulot, mariage, voyages.

    Tout ça, en musique bien sûr, souvenez-vous des monumentales piles de CD dans l’entrée des magasins, des chaînes musicales de télévision dont on ne décollait pas, les magazines ados ou adultes spécialisés rock ou pas, les rave party, les concerts à Forest National, les compiles qu’on emportait au kot ou sur notre baladeur. Oui, au cours de ces années, on a tous navigué entre l’explosion du hip hop et du r’n’b, de la musique électro, des 50 ans de Johnny, Michel et Jean-Jacques qui n’ont jamais été aussi populaires. Et plus loin, de toutes les musiques anglo-saxonnes désormais en français, et dont le ton s’est durci à l’instar des Indochine, NTM et autres Niagara. Et puis une figure emblématique qui ne se prédestinait pas à devenir un modèle pour la jeunesse de l’époque et des générations à venir : Kurt Cobain.

    Car autant il est facile aujourd’hui de dessiner les contours de cette génération grunge et son héros malgré lui, comme une évidence, autant il est utile de se remémorer, ou de raconter ce que nous a fait le premier riff de Nirvana à la radio, télé ou sur CD, au début de cette décennie. Courir chez le disquaire, trouver ce CD bleu avec le bébé nageur, quelle réussite, cette pochette. On l’a su immédiatement qu’il était en train de se passer quelque chose, qu’on retrouvait sans le savoir l’émoi des aînés de plus de dix ans, en pogotant dans la chambre ou avec les copains le week-end sur le refrain et les envolées de batterie et guitares. Et puis on a découvert le mec derrière la guitare et surtout cette voix. Hurlante et plaintive. Elle signifie quelque chose ? Comme ses fringues de bûcheron, jeans déchirés, T Shirt pas repassé et chemise à carreaux. Dois-je parler de la coiffure qui n’en est pas une mais va le devenir. Tous les gamins veulent se faire la coupe Cobain, les coiffeurs n’ont qu’à s’acheter un magazine pour trouver des photos, ils ont intérêt à s’adapter s’ils ne veulent pas que les clients se fassent coiffer dans la cuisine par leur grande sœur.

    Que fait ce mot, Nirvana, spirituel bouddhique écrit sur le sac et le plumier des élèves ? se demandent les profs de rénové. Ils ne vont pas tarder à avoir la réponse car pour la première fois, les radios et télés grand public diffusent massivement un morceau Heavy Metal : c’est ça, Nirvana ? Oui, mais c’est pas mal !

    Et c’est ça qui est incroyable. Car l’engouement ne se limite pas aux élèves, Nirvana et Kurt Cobain trouvent pas mal d’échos positifs chez les profs, enfin, les jeunes, hein, la vingtaine, la trentaine, et même un peu plus. Sauf pour la tenue vestimentaire, bien sûr, y a du laisser-aller. Mais bon, de leur temps, c’étaient les Rolling Stones, Alice Cooper et Led Zeppelin, alors ... Le mal être de Kurt Cobain qui va déboucher sur un drame, c’est aussi celui d’une génération qu’on n’a pas vue venir, plus axée sur l’état actuel du monde qu’un avenir rêvé et meilleur. Pas de quoi vraiment rendre optimiste, même s’il y a toujours de la place pour la grosse éclate. Une fête qui n’a plus le même goût, évidemment, mais pour le savoir, il faut avoir vécu avant. Alors, oui, il nous dit tout ça Kurt Cobain, même quand il reprend les mots et les notes d’un vieux titre de David Bowie
    5 min
  • Où sont passées nos années 80 ? (Episode 5 : Captain Sensible)
    Si nous restons dingues des années 80, après autant de décennies, c’est que ces années l’ont été, dingues, non ? C’est vrai qu’il s’en est passé des trucs de ouf : tenez ça commence avec en 1980 l’élection d’un acteur d’Hollywood à la présidence des Etats-Unis. Qui aurait imaginé un truc pareil ?

    Et s’il n’y avait que ça : au cinéma on court voir un extraterrestre gentil qui ne parle qu’à des mômes, des hommes préhistoriques qui remportent un Oscar et deux Césars, il y a même le batteur de Genesis qui devient une des plus grandes stars de la planète. Bref, c’est une totale révolution à laquelle les radios libres, MTV et la cassette vidéo ne sont pas étrangères, qui chamboulent notre belle société qui demande que tout soit bien rangé dans des cases. La preuve, même les punks, les pires ennemis du système deviennent des machines à tubes dans les années 80.

    C’est vrai qu’il n’y a pas plus anarchiste et anti hit parade que les punks rockers mais il faut bien constater que Blondie et les Talking Heads côté américain, les Clash et Police côté britannique accumulent les succès à la fin des années 70. L’arrivée des synthétiseurs et des boîtes à rythme va faire le reste, même dans les milieux les plus reculés de l’anti-système. Vous ne me croyez pas ? Et bien, avez-vous déjà entendu parler des Damned ?

    C’est de l’aveu de tous les spécialistes, les plus fêlés du lot. Pire que les Sex Pistols ! Les Damned sont comme ces derniers, des pionniers du mouvement, c’est d’ailleurs eux qui publient en février 1977 le premier album du genre, vraiment fondateur du punk. Comment vous décrire un concert des Damned ? Ça hurle, ça cogne et ça pogote au milieu de verres, bouteilles et crachats qui valsent dans tous les sens y compris sur les musiciens. Et pourtant, au début des années 80, le bassiste du groupe qui s’est fait remarquer en chantant Ca plane pour moi en anglais, se lance dans une carrière solo improbable, son nom : Captain Sensible.

    Sa rencontre tout aussi improbable avec le leader, chanteur, producteur et compositeur du groupe New Musik, le génial Tony Mansfield, débouche sur un miracle encore plus improbable. En 1982, Captain Sensible s’empare à plusieurs reprises du fameux Top 40 britannique avec des musiques synthétiques mais aussi un rap, le premier rap punk, 100% New Wave de l’histoire. Et tout ça avec un humour à la Benny Hill. Ah je voudrais savoir où sont bien passées ces années 80 ?
    3 min
  • Où sont passées nos années 80 ? (Episode 4 : Frankie Goes To Hollywood)
    Dans les années 80, il n'y avait pas que la parole qui se libérait comme dans l’émission du samedi soir où tout le monde était censé avoir son droit de réponse. Ca s’engueulait plutôt joyeusement dans une atmosphère alcoolisée et enfumée mais ça existait. Après les bravades de la bande de Jacques Martin durant les années 70, défiant l’autorité, on en était maintenant à celles de Coluche et de Pierre Desproges, ex-complice de Martin, à la télé, sur disque et sur scène. Guy Bedos et Michel Serrault pirataient les émissions de Michel Drucker et les JT, Canal+ osait tout diffuser, poussant les chaînes généralistes à des émissions osées en seconde partie de soirée. On parlait sexe à la télé, on en montrait même, la chose aurait été impensable quelques années plus tôt.

    Mais n’allez pas croire que tout le monde aimait ça. Ah noon combien étaient ceux qui écrivaient au courrier des lecteurs ou téléphonaient aux auditeurs ont la parole pour dire tout le mal qu’ils pensaient de cet imbécile de Coluche ou du vulgarissime Gainsbourg … à la grande satisfaction d’autres car plus ils étaient critiqués, plus ils vendaient. Et oui. Dans les années 80, la provocation fait vendre comme jamais. Car à une époque où on n’a jamais vendu autant de produits culturels, disques, CD, cassettes vidéos, livres, la provocation, c’est la visibilité dans la presse magazine qui, elle aussi, n’a jamais connu une telle audience. Et ce qu’on oublie souvent, c’est que la provoc n’est pas l’apanage de Paris, c’est même plutôt une spécialité britannique. Il faut dire que la société était autrement plus stricte et donc, les scandales encore plus percutants. Regardez la campagne promo des Sex Pistols : de la pochette du single God Save the Queen, aux tenues vestimentaires du plus mauvais goût, en passant par les bagarres, tout y est passé. Tout ? Non. Il reste encore, en 1983, de la marge dans le registre tapageur. Celui qui va servir au groupe Frankie Goes To Hollywood qui va, en fait, reprendre l’argument commercial qui avait servi à lancer les Rolling Stones, tout juste 20 ans plus tôt.

    Car c’est là qu’intervient Brian De Palma, réalisateur à succès mais sulfureux, avec son nouveau thriller, Body double avec pour thème le sexe et le voyeurisme, des références à Hitchcock mais dans une atmosphère de libération sexuelle. L’idée géniale du réalisateur américain est de promouvoir son film avec le clip du single d’un groupe provocateur et qu’on va voir intégralement dans le film. Mais les gars de Frankie n'aimant pas le résultat, choisissent de tourner une nouvelle vidéo, qui sera censurée à la télévision, les obligeant à en tourner une troisième. Entretemps, la publicité faite autour de la censure aura propulsé le single à la première place des classements.

    4 min
  • Où sont passées nos années 80 ? (Episode 3 : Icehouse)
    Je vous ai déjà raconté comment tant de chanteurs étaient arrivés d’Australie dans les années 60 et 70, des Bee Gees aux Easybeats en passant par Flash and the Pan. Et ça ne s’est pas arrêté dans les années 80 avec Kylie Minogue, Midnight Oil et Icehouse.

    Et justement, Icehouse, ça, c’est le groupe typique dont on connaît au moins une chanson par coeur, du genre qu’on monte le son sans savoir exactement ce qu’on aime en elle mais dont on ne sait rien. Je ne savais même pas qu’ils étaient Australiens ! C’est vrai que leur fameux single a fait un sacré tube fin 1982, début 83 et que cela leur avait valu d’assurer la première partie de la tournée du retour de David Bowie, la même année. Alors cette voix qui a sûrement dû vous accrocher avec son léger grain quand il descend dans les graves et sa clarté dans les aigus, c’est celle d’Iva Davies. Oui, comme les frères Davies des Kinks mais rien à voir, son père Neville a été garde forestier toute sa carrière dans la région de Sydney. Un père qui chante lors des festivités, alors son fils à qui il a inculqué l’amour des arbres, chante lui aussi, et joue de la guitare. On ne s’étonne pas que son premier groupe se nomme Flowers et qu’il rencontre un joli succès en Australie, avec sa voix, proche de celle de Bryan Ferry de Roxy Music. Alors, un jour de 1981, sa firme de disques décide de le lancer en Grande-Bretagne et par conséquent, le reste du monde. Le nom de Flowers étant déjà pris dans tous les sens, il en faut un nouveau, Iva demande :

    Que pensez-vous de Icehouse ?

    Icehouse ? Quelle idée !

    Ben, c’était le nom que j’avais donné au flat que je louais à l’étage d’une vieille maison et où je me les suis gelés durant des mois.

    Icehouse ? vendu ! C’est d’ailleurs le titre du premier single qui paraît en 1982 et qui, au milieu de la New Wave des Ultravox, Depeche Mode et Human League serait sans doute passé inaperçu si la vidéo n’était pas tournée par le réalisateur australien, Russell Mulcahy, hyper célèbre, il est l’auteur du premier clip diffusé sur MTV : Video killed the radio stars et futur réalisateur de Highlander.

    Le gros succès arrive quelques mois plus tard avec Hey Little Girl, tellement New Wave, et puis un second titre de l’album plus tardivement, chanson d’un film intitulé pour ado Young Einstein, comme on en a tant tourné dans les années 80. Alors voilà, vous savez désormais que la voix de ce groupe mystérieux qu’il était à lui tout seul, appartenait à un certain Iva Davies, immense célébrité dans son pays de l’autre côté de la Terre, mais pour nous, simplement Icehouse, qui nous a offert un des très bons moments de ces années 80.
    4 min
  • Où sont passées nos années 80 ? (Episode 2 : The Fine Young Cannibals)
    Les années 1980 sont devenues magiques pour beaucoup de gens qui donneraient cher aujourd’hui pour y revenir. Et en y repensant, je dois vous avouer me souvenir qu’on avait l’impression de vivre un grand moment. Tout nous semblait nouveau et moderne en 1980 : on jouait aux Space Invaders, on écoutait des radios libres pour la première fois et on utilisait un enregistreur VHS. Et si, question musique, en 1980, il y avait encore des Chantal Goya pour chanter Bécassine et Julio Iglesias Je n’ai pas changé, le reste, mis bout à bout, était sacrément moderne : The Buggles, Orchestral Manoeuvres, Funkytown, le Manureva d’Alain Chamfort, le Banana Split de Lio ou John and Mary de Robert Palmer, c’est quand même une musique futuriste avec tous ces synthés.

    Et puis il y a le ska. Je revois encore toute la piste de danse sautant d’un bloc sur One step beyond quinze fois sur la soirée d’un samedi. C’était quelque chose de radicalement nouveau qui correspondait tellement à la jeunesse du début des années 80. Si le genre n’a pas fait long feu, en Angleterre, il a été un véritable phénomène social avec des groupes comme Madness, bien sûr, mais surtout les Specials, Selecter, Bad Manners et The Beat. Complètement méconnu chez nous, The Beat enchaîne trois albums, tous disques d’or, avant de se séparer. Alors qu’est-ce qu’on fait ? se demandent Andy Cox et David Steele, respectivement bassiste et guitariste de The Beat, les auteurs de cette intro que tous les Britanniques connaissent …

    Moi je vous dis : une paire pareille de musiciens ne devrait pas se séparer, et justement, ils décident de continuer ensemble. Mais que jouer comme musique ? Ils sont plutôt punk, ont connu le succès avec le ska, deux musiques bien passées de mode en 1984, alors ils suivent un peu le mouvement du milieu de cette décennie, avec les Wham!, Madness ou Culture Club qui ont injecté de la soul américaine dans leur musique. Andy et David jouent chacun de plusieurs instruments, ils sont un band à eux seuls mais voilà, il leur faut un chanteur, un frontman. Alors ils passent une annonce dans un magazine musical. Pour vous dire à quel point la scène musicale était intense et lisait les magazines, ils reçoivent 500 cassettes de gars qui veulent être leur chanteur.

    Quand va-t-on écouter tout ça ?

    Ben on s’arrête au premier qui nous plaît.

    Et si le suivant est dix fois meilleur ?

    Ils vont mettre huit mois à trouver le temps de tout écouter et à choisir le bon. Il se nomme Roland Gift, et a aussi fait du ska, mais comme saxophoniste, dans un groupe de Hull sur la côte est du nord de l’Angleterre, bien connue de ceux qui prennent le ferry pour la Hollande. Ainsi naissent les Fine Young Cannibals, un groupe qui incarne tellement la seconde partie des années 80, une carrière fulgurante, seulement deux albums mais quels albums, synthèse de la pop d’une époque où on vivait pour la musique.
    4 min
  • Où sont passées nos années 80 ? (Episode 1 : Lloyd Cole)
    Quand on regarde certaines émissions de télés françaises, et même belges, nous décrire de manière caricaturale les années 80, je me demande où j’ai pu passer ces dix fameuses années parce que franchement je n’ai, à cette époque, pas vu beaucoup de monde, avec un rubik’s cube tout le temps en main ou encore une cassette et un crayon, si vous voyez ce que je veux dire. Et encore moins habillés comme ils nous le disent. C’est vrai, dans la rue, on croisait peu de ces tenues fluos et moulantes comme dans l’émission Gym Tonic, un serre-tête sur le front, sauf Bjorn Borg à Roland Garros ou Mark Knopfler sur scène avec Dire Straits, et enfin des brushings d’un mètre cube à la Tina Turner et Bon Jovi.

    Alors oui, ok, y avait des brushings, mais c’était genre Sarah Connor dans Terminator, et pour les filles bien sûr, pas pour les mecs comme Van Halen ou The Police. Non, nous la mode, c’était plutôt le registre des pulls Lacoste jaunes et roses, ceux que les Gonzague portaient pliés sur les épaules, parce que ça faisait plus chic. Ou les T Shirts et Sweat Shirts Best Montana ? Ils allaient très bien avec les Nike Dunk hautes rouges ou bleues, ah ben ouais, on laissait les Reebok blanches pour des tenues plus habillées.

    Bref, nos années 80 sont plutôt passées à regarder des films VHS du vidéoclub, des clips à la télé et à écouter la radio libre ou des cassettes chrome qu’on se faisait grâce aux disques empruntés à la médiathèque. Ah il fallait ça ! Car si dans les années 70, toutes les conversations d’ados tournaient autour de quelques groupes et artistes, dans les années 80, on entendait sans arrêt prononcer des noms qu’on ne connaissait pas et pas toujours parce que c’étaient des nouveaux venus. Ah bon ? Et ils ont déjà fait deux albums ?

    Normal, on n’avait jamais vendu autant de disques, alors les labels signaient de plus en plus d’artistes. Et d’où en sortait-il le plus ? De Grande-Bretagne, évidemment. Ce n’est pas un hasard, c’est le pays où les artistes chantent tous les samedis et vendredis soir, ça joue live dans les pubs. Et encore plus dans les villes universitaires où le taux de jeunes au m2 est le plus élevé du pays. Ainsi de la ville de Glasgow où l’étudiant en philologie anglaise et philosophie Lloyd Cole compose et enregistre, un week-end de l’été 1984, une cassette dans le sous-sol du club house d’un golf, en fait c’est là que travaillent ses parents et c’est là qu’ils vivent. Et ben, pour vous prouver ce que je vous disais, une cassette par la poste et voilà déjà son groupe Lloyd Cole & The Commotions signé par une firme de disques et un premier album sorti en octobre. On les a immédiatement adoptés, leurs deux premiers albums ont illuminé une partie de nos nuits du milieu des années 80, avec ce petit quelque chose d’Américain qu’ont les British dans leur musique pop et qu’ils mettent au four, à leur sauce. Chouchou des radios libres et des compiles 33 Tours sponsorisées par une marque ou pas, on en a bouffé du Lloyd Cole sans trop savoir qui il était sinon qu’il faisait rêver les filles de notre génération.
    7 min
  • La jaquette de diamant de Phil Collins (podcast intégral)
    Était-on, au milieu des années 80, au cœur d’une époque bénie de la musique comme beaucoup le crient haut et fort aujourd’hui ? Je ne sais pas vous mais moi, il suffit de me souvenir de tous ceux qui étaient présents lors du Live Aid en juillet 1985 pour me convaincre qu’il n’y a jamais eu autant d’immenses stars actives et au sommet de leur gloire. Et que dire si on y ajoute le nom d’absents de l’événement comme Michael Jackson, Prince, Rod Stewart, Eurythmics, Tears for Fears, Frankie Goes to Hollywood, Culture Club, Bruce Springsteen, Depeche Mode, ok j’arrête, on comprend que jamais plus on ne revivra une époque pareille. Et donc, on remarque d’autant plus l’omniprésence de celui qui est en cette année 85, le N°1 toutes catégories : Phil Collins. Vrai, le triomphe de ses deux albums solos parus au début de la décennie fût totalement inattendu. Tout d’abord parce que sa musique n’est pas formatée au départ pour un succès commercial, et puis aussi parce que jusque-là, il y avait une malédiction qui prétendait qu’aucun membre d’un groupe au top, ne peut réussir une carrière solo. Mais cet immense succès ne rompt pas le lien entre Collins et son groupe Genesis qui continuent leur carrière en parallèle avec de plus en plus de retours. En 1984, après les fabuleux Mama et That’s All avec Genesis, c’est la sortie de la chanson d’un film qui vaut à Collins son premier numéro 1 américain et un oscar, immédiatement suivi par un improbable et phénoménal duo avec le chanteur d’Earth Wind & Fire.

    Qui aurait prédit cinq ans plus tôt, avec son physique passe-partout, sa barbe de pirate et son front dégarni sous des cheveux longs en broussaille, que Collins deviendrait une des plus grandes stars de la planète ? Le départ du spectaculaire et intello Peter Gabriel de Genesis devait sonner la fin d’une magnifique aventure mais la voix de Phil s’était élevée de derrière sa batterie. On l’avait jusque-là entendu dans les chœurs et sur deux petites chansons de Genesis, le voilà à présent sur le devant de la scène. Ce n’est plus la même musique, ce n’est plus le même show, et pourtant, malgré des déçus parmi les fidèles de la première heure, les fans se multiplient à une allure ahurissante. Et c’est la Belgique qui est une fois de plus en tête du mouvement. Après avoir été le premier pays étranger à accueillir Genesis et leur faire la fête, en 1971, voici que six ans plus tard, elle leur offre leur premier album N°1. Et encore, c’est un double et un live, mais porté par une voix admirable, présente et chantante, mariant les pirouettes de Peter Gabriel avec une musicalité qu’on ne soupçonnait pas. Alors voilà qu’en pleine période new wave, hip hop et funk, un artiste qui devrait appartenir au passé, à ces années 70 désormais tellement lointaines, publie début 1985, un troisième album solo qui restera dans de nombreux pays dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, un des disques les plus vendus de leur histoire. Il s’appelle No Jacket required et il incarne tellement ce qu’était le son, et la vie, dans les années 80.

    17 min

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Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Ce podcast incontournable vous fait voyager à travers les époques, en…

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