Lionel Baier tombe très jeune dans la marmite du cinéma: cinéphile, programmateur du cinéma Rex dʹAubonne, passionné aussi par la critique, il tourne depuis son adolescence. Mais il ne fera pas dʹécole. Jacqueline Veuve, la grande documentariste suisse, lui apprend tout, sur le tas. Son premier acteur et son premier sujet? Son père, pasteur, figure centrale de "Celui au pasteur" (2000), un être "exotique, dit-il, si loin et si proche de moi". Suivent "La parade", documentaire sur la première Gay Pride organisée à Sion, puis "Garçon stupide", récit dʹapprentissage dʹun jeune prostitué. Très vite, Lionel Baier devient lʹune des figures à suivre du nouveau cinéma suisse. Il fonde la société de production Bande à part en 2009 avec Jean-Stéphane Bron, Frédéric Mermoud et Ursula Meier. De "Comme des voleurs" à "Un autre homme", des "Grandes Ondes" à "Prénom Mathieu" en passant par "La Vanité", Lionel Baier avoue un penchant irrépressible pour la comédie. Juste avant de repartir en tournage en Italie pour son prochain long métrage, le cinéaste nous reçoit à Lausanne, dans sa cuisine.
5/5: Quatre ans sans tournage depuis "Prénom Mathieu", un laps de temps "trop long, presque douloureux". Lionel Baier a donc hâte de se retrouver sur un plateau, en mai, auprès des acteurs. Car, bien plus que lʹécriture ou le montage, le tournage est le moment quʹil préfère.