Dans ses récits autobiographiques, Gilberte Favre a plusieurs fois évoqué son enfance valaisanne, entre un père illettré et une mère couturière. Rien ne la destinait à ressentir dès son plus jeune âge une attirance pour les livres. Elle en a fait sa vie. Initiée à 16 ans au journalisme, cette "hypersensible" a rencontré de nombreuses personnalités de la scène culturelle et politique à travers le monde. A commencer par Maurice Chappaz et Corinna Bille, devenus des intimes. A la vingtaine, un voyage initiatique à Charleville-Mézières sur les traces de Rimbaud, son "frère jumeau", puis la route du Moyen-Orient en 1967 qui la conduira au Liban, sa "patrie de cœur". Et quelques années plus tard, la rencontre avec Noureddine Zaza, intellectuel kurde exilé à Lausanne qui deviendra lʹhomme de sa vie et père de son fils. Au fondement de son œuvre - romans, récits, poèmes, articles de presse -, un motif essentiel: la fraternité, gage dʹhumanité.
En 1971, journaliste à LʹIllustré, Gilberte Favre fait la connaissance de Noureddine Zaza, intellectuel kurde exilé à Lausanne après avoir mené un long combat pour lʹindépendance du Kurdistan, au risque de sa vie. Coup de foudre, mariage et naissance dʹun fils. Noureddine Zaza a 26 ans de plus que la jeune journaliste, il disparaît en 1988 des suites dʹun cancer, laissant un vide abyssal dans le cœur de la veuve. Aujourdʹhui, Gilberte Favre se sent dépositaire de lʹhéritage de son mari, tout comme son fils qui est à lʹorigine dʹune réédition de lʹautobiographie de son père.