Magali Koenig est photographe, depuis 45 ans. Cʹest un parcours singulier que le sien. On la trace dans tous les coins du monde, à peu près, elle est ce quʹon appelle une grande voyageuse. Une personne douée dʹun humour qui parvient à éclairer les zones sombres traversées, à la surface du globe et intérieurement. Elle est une mine dʹanecdotes, de petites scènes cinématographiques qui alimentent sa mémoire et quʹelle aime à partager.
Elle est également dʹune humanité aussi grande que pudique: elle travaille pour la fondation Théodora qui organise des visites de clowns dans les hôpitaux pour les enfants malades; elle effectue des reportages sur des sujets sensibles, dans des bidonvilles; elle enseigne la photographie au Mali pour Helvetas, au Rwanda, au Pakistan… Ses photos sont le reflet de sa sensibilité, et même quand les gens nʹy apparaissent pas (cʹest souvent le cas), ils sont là au cœur de ses recherches, de ses précautions, de son regard.
Actuellement nominée pour le prestigieux prix de lʹElysée, parmi 8 artistes triés sur le volet, cʹest lʹensemble de sa carrière quʹelle observe avec nous.
4/5: La Russie, cʹest LE pays dont Magali Koenig est amoureuse. Ses écrivains, Tchékhov surtout, ses espaces presque infinis, ses pétroliers qui remontent les fleuves, lʹabandon, lʹâme de Tarkovski qui plane un peu partout…