Dans son souci de diversifier son propos et ses "objets", Matthieu Gafsou réalise trois séries autour de lʹangoisse et aux stratégies mises en place par les humains pour y faire face. Le premier projet, "Sacré" (2011-2012), élaboré dans le cadre de lʹEnquête photographique fribourgeoise, raconte lʹEglise catholique, ses apparats et ses "serviteurs". Dans des scènes illuminées au flash, les rituels religieux deviennent des scènes théâtrales, les corps se fondent dans lʹarchitecture et une nature morte dialogue avec un joyeux gisant, presque plus vivant que les humains qui évoluent dans ces lieux sacrés. Pour la première fois, dans sa pratique, Matthieu Gafsou aborde le portrait quʹil va développer dans sa série suivante "Only God Can Judge Me" (2012-2014) consacré à la scène de la drogue lausannoise ; une scène, dont il capte la magie, lʹenchantement, à rebours des stéréotypes associés à la représentation de la toxicomanie. Enfin, dans "H+" (2015-2018), le photographe pénètre dans lʹunivers des humains augmentés, entre exosquelettes, biohackers et groupes transhumanistes.