Le monde en questions - Comprendre le monde tel qu’il est et tel qu’il n’est pas

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Le monde en questions - Comprendre le monde tel qu’il est et tel qu’il n’est pas episodes

  • #14 – Alaa El Aswany
    Avec Alaa El Aswany
    Résumé :

    Il ne peut écrire sans écouter Oum Kalthoum ou Edith Piaf. Et cela donne une assez bonne idée non seulement de ses deux amours, son pays et Paris, mais aussi de l’exigence d’Alaa El Aswany vis de sa propre écriture et vis à vis de ses personnages de roman sculptés à l’aune de deux voix sublimes.

    Le plus célèbre des écrivains égyptiens ne vit plus au Caire, mais à New-York, depuis que le Parquet général militaire a porté plainte, en mars 2019, contre lui pour insultes contre le « Président, les forces armées et les institutions judiciaires égyptiens ».

    En cause, ses articles critiques publiés en arabe sur Deutsche Welle et son dernier roman sorti fin 2018, J’ai couru vers le Nil (Actes Sud), dont l’action se déroule Place Tahrir, en 2011, pendant ces journées révolutionnaires qui chassèrent Hosni Moubarak du pouvoir et dans la ferveur desquelles le mot peuple, soudain, n’était plus une abstraction. Le roman polyphonique mettant en scène riches et pauvres, privilégiés, démunis, arrivistes, héros et bourreaux, hypocrisie religieuse, tractations entre l’armée et les islamistes, exactions du régime, est interdit en Égypte et dans le monde arabe, à l’exception du Liban, de la Tunisie et du Maroc.

    Pendant longtemps le succès planétaire de L’immeuble Yacoubian a protégé le romancier. Ce n’est plus le cas désormais. Depuis 2014, Alaa El Aswany, militant engagé en faveur de la démocratie et de la justice, qui, en 2011 par exemple, organisait chaque jour un point presse pour les journalistes notamment étrangers suivant les événements de la place Tahrir, ne peut plus chroniquer dans les journaux égyptiens comme il le faisait auparavant régulièrement. Il ne peut plus paraître à la télévision et même le séminaire de littérature qu’il animait depuis 20 ans est interdit à partir de 2015.

    Il enseigne donc désormais dans les universités américaines. Car ce parfait francophone, ayant étudié au lycée français du Caire, ayant grandi dans la culture arabe et la culture française, dentiste de surcroît, ne peut enseigner en France, faute de pouvoir attester de la possession des titres universitaires requis pour être admis à tenir un séminaire.

    De passage à Paris, et pour Radio Cause commune, il parle de l’Égypte d’aujourd’hui et d’hier, de la recherche de la troisième voie – qui ne soit ni dictature militaire ni extrémisme religieux – les deux faces d’un même malheur historique dans lequel est enfermée la société égyptienne depuis des décennies-de la place et du rôle déterminant des femmes durant la Révolution, de la jeunesse de son pays qui n’oublie pas ce qu’elle a vécu en 2011, qui rêve de liberté, qui veut construire l’Égypte de demain dans le respect de la dignité de chaque être humain. Pour mémoire, 60% de la population a moins de 40 ans.

    S’il évoque aussi ses projets d’écriture, Alaa El Aswany se réjouit de l’émergence d’une nouvelle génération d’écrivains égyptiens qui par son talent et son courage, malgré la répression, contribue à faire naître un monde nouveau, tolérant et humaniste.

    Il salue ainsi l’attribution du prix de la littérature arabe 2019 (créé par l’Institut du monde arabe et la Fondation Jean-Luc Lagardère) à l’écrivain Mohammed Abdelnabi pour son roman La chambre de l’araignée (Actes Sud/Sindbad).

    Pauses musicales :
    • Oum Kalthoum
    • Edith Piaf – La foule
    • Pour aller plus loin :
      • Alaa El Aswany, J’ai couru vers le Nil, roman traduit de l’arabe (Egypte) par Gilles Gauthier, Actes Sud, 2018 / Prix transfuge du Meilleur roman arabe – 2018
      • Alaa El Aswany, Automobile Club d’Egypte, 2014, Babel n°1344
      • Alaa El Aswany, Extrémisme religieux et dictature, Actes Sud, 2014
      • Alaa El Aswany, Chroniques de la révolution égyptienne, 2011, Babel n°1170
      • Alaa El Aswany, L’immeuble Yacoubian, Actes Sud, 2006, Babel n°843
      • Mohammed Abdelnabi, La chambre de l’araignée, roman traduit de l’arabe par Gilles Gauthier, (Egypte) Actes Sud/Sindbad, 2019 – Prix de la littérature arabe 2019
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      • #13 – Opinion et médias, la défiance et après ?
        Contexte :

        Économiste de formation et journaliste free-lance spécialisée dans les alternatives écologiques, Anne-Sophie Novel s’interroge sur la défiance de l’opinion vis à vis des médias. Le phénomène est-il nouveau ? Quelles sont les causes ou les facteurs aggravant de cette crise de confiance ? Ne généralise-t-on pas trop vite ?

        Et que faire une fois qu’on a campé le décor entre d’un côté un public ne faisant plus confiance aux médias et de l’autre des journalistes confrontés à la profonde transformation de leur métier, devant produire de plus en plus vite du contenu standardisé et soumis à des contraintes économiques et financières.

        Quelle alternative possible ? l’émergence d’une presse alternative est-elle réellement possible et sur quelles bases ?

        Anne-Sophie Novel place l’urgence écologique au cœur de sa réflexion. Elle sonde l’impensé écologique. Pourquoi l’un des enjeux majeurs pour l’avenir de la planète et de l’humanité, a-t-il tant de mal à s’imposer comme un sujet central, repéré comme tel depuis la fin des années 60 ?

        Notre maison brûle et nous regardons ailleurs

        Disait Jacques Chirac en 2002. Pourquoi continuons-nous de détourner le regard ?

        Produire et consommer différemment s’applique aussi à l’information.

        À l’oreille :
        • Gauvin Sers – Y a plus de saisons
        • Mercedes Sosa – Todo cambia
        • Pour aller plus loin :
          • Anne-Sophie Novel, Les médias, le monde et nous, Actes-Sud, 2019
          • Les médias, le monde et moi, à propos du premier film documentaire d’Anne-Sophie Novel
          • On pourra (ré-)écouter sur radio Cause commune l’émission n°6 du Monde du travail en question intitulée « Quel avenir pour les métiers du journalisme ? »
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          • #10 – “Par des femmes”
            Avec la participation de Taline Kortian. Invitée Tiziana De Carolis
            Contexte :

            Femme compositeur, pianiste et professeur de composition, Tiziana De Carolis nous parle de son travail de créatrice, mais aussi de son engagement pour faire connaître l’histoire oubliée des compositrices et de leurs œuvres.

            Peu encouragées à la création, peu initiées à la composition, des femmes ont néanmoins de tout temps produit, parfois sous le nom de leur mari ou de leur frère, des œuvres musicales qui furent souvent par préjugé, lors de leur réception, considérées comme mineures, peu ou jamais jouées, et dont les partitions furent perdues ou jamais rééditées.

            Tiziana de Carolis nous invite à partir à la rencontre de ce répertoire musical quasiment inconnu, en pointant le silence de l’histoire de la musique au sujet des compositrices.

            Clara Schumann est l’un des rares noms à être passé à la postérité.

            Mais, qui a entendu parler de Rita Strohl, de Claude Arrieu, d’Elsa Banaine, d’Amy Beach ou de Mel Bonis ? Et si, de manière générale, il est difficile pour les compositeurs contemporains de faire jouer leurs œuvres, la difficulté redouble quand il s’agit de faire entendre l’œuvre d’une femme.

            Quant à la programmation des salles de concert et spectacles, elle compte à peine 4% d’œuvres féminines.

            Pourtant, les choses bougent.

            Grâce notamment à l’association Présences féminines, au festival du même nom qui a lieu chaque année depuis 2011 et dont la prochaine édition aura lieu du 17 au 28 mars 2020. Sa directrice artistique Claire Bodin intervient en ligne au cours de l’émission pour nous en dire davantage.

            Grâce aussi au projet de production discographique intitulé Voies(x) de Femmes, lancé par Tiziana De Carolis et Théodora Cottarel afin de mettre en lumière la richesse et la qualité des œuvres vocales des compositrices du XXème siècle comme Lili Boulanger, Régine Poldowski et Germaine Tailleferre, et celles du XXIème siècle telles que Isabelle Aboulker, Graciane Finzi sans oublier celle de Tiziana de Carolis.

            Grâce aussi à l’éducation, la pédagogie ainsi qu’à la possibilité désormais offerte aux jeunes enfants d’une initiation et d’un apprentissage de la composition musicale.

            Enfin, si la musique est l’art des sons, les œuvres vocales nous amènent à nous interroger sur la voix, sur son timbre et sa tessiture, ainsi que sur le rapport que chacun d’entre nous entretient avec sa propre voix.

            À l’oreille :
            • Un extrait de la fin du premier mouvement du Concerto pour piano orchestre intitulé Dualité déconcertante, écrit et interprété au piano par Tiziana de Carolis
            • Dualities, Black & White, écrit et interprété au piano par Tiziano de Carolis
            • Pour aller plus loin, deux concerts et deux albums :
              • Par des femmes, concert du 22 novembre 2019 à 20H à Saint Germain en Laye. Œuvres musicales de compositrices du 19ème au 21ème siècle.
              • Lors de ce concert sera joué et interprété pour première fois Linea riflessa, œuvre pour chœur et piano de Tiziana de Carolis, écrite en 2018 à l’occasion du centenaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, sur un poème de l’écrivain et vidéaste italien Manolo Luppichini.
              • Par des femmes, concert du 24 novembre 2019 à Rueil Malmaison. Œuvres musicales de compositrices du 19ème au 21ème siècle.
              • Se procurer l’album
              • Dualities de Tiziana de Carolis, éditions Soldano
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              • #08 – Le monde en questions
                Résumé :

                Géographe et enseignant-chercheur à l’Université Lyon 2, Fabrice Balanche est un spécialiste de la Syrie, du Liban et du Proche-Orient en général.

                Sa grande connaissance du terrain et la cartographie à la fois originale et innovante qui en résulte, font de lui l’un des grands experts internationalement reconnus de la région. Ses cartes de géographie politique donnent à voir et ses propos rendent intelligibles des questions complexes. Fabrice Balanche nous invite dans le cadre d’une analyse géopolitique à ne négliger ni le terrain ni la géographie pour appréhender de façon pertinente le réel et tenir à distance autant que possible les lectures idéologiques du réel qui pourraient nous le faire manquer ou altérer notre jugement.

                De retour du Nord-Est de la Syrie, où il se trouvait lors de l’annonce du retrait effectif des forces américaines des régions contrôlées par les Kurdes, il parle de l’offensive de l’armée turque que ce retrait rend possible.

                Sont abordées les questions relatives aux milices supplétives en première ligne dans l’offensive turque, au retrait des Kurdes des territoires qu’ils avaient contribué à libérer de l’État islamique avec l’appui militaire américain et européen, au cynisme des puissances abandonnant les Kurdes à leur sort après les avoir utilisés et laissés bernés d’illusions, au positionnement de l’armée syrienne au fur et à mesure du retrait des forces combattantes kurdes.

                Retour sur huit années de guerre qui n’auront pas vu le régime syrien s’effondrer, contrairement aux prédictions de nombreux analystes. Sont abordés dans cette émission les questions et thématiques suivantes :

                • Quelle stratégie contre-insurrectionnelle fut mise en place par le régime pour reconquérir progressivement la quasi-totalité du pays ? Comment la Russie, l’Iran et la Turquie restent seuls acteurs présents en Syrie, après le retrait américain et européen.
                • Le retour de la Russie sur la scène internationale à la faveur du conflit syrien.
                • Les négociations entre la Russie et la Turquie. Zone de sécurité. Carrefours énergétiques. Tracé des gazoducs et oléoducs. D’où viennent les hydrocarbures transitant par la Turquie ?
                • L’alliance stratégique entre la Russie et l’Iran, au-delà de la Syrie, sur la question des hydrocarbures pour contrebalancer le rôle de l’Arabie saoudite notamment dans la détermination du prix du baril de pétrole.
                • Les nouvelles routes de la Soie.
                • À l’oreille :
                  • Fairuz, Sa’altak Habibi
                  • Jean Ferrat, Le bilan
                  • Pour aller plus loin :
                    • Fabrice Balanche, La région alaouite et le pouvoir syrien, éditions Karthala, 2006
                    • Fabrice Balanche, Atlas du Proche-Orient arabe, PUPS, RFI, 2012
                    • Fabrice Balanche, La géopolitique du Moyen Orient, La Documentation française, 2014
                    • Fabrice Balanche, Sectarianism in Syria’s civil war, The Washington Institute for Near East Policy, 2018. Texte et cartes disponibles en pdf sur internet.
                    • 1 hr 23 min
                    • #09 – La question libanaise
                      Invitée : Aurélie Daher
                      Contexte :

                      Enseignante-chercheuse à l’Université Paris-Dauphine et Sciences Po Paris, Aurélie Daher est une spécialiste du Liban et notamment du Hezbollah.

                      Depuis le 17 octobre 2019, des manifestations pacifiques se déroulent au Liban, dans la capitale, à Beyrouth comme dans les principales villes du pays, pour dénoncer la corruption de la classe politique dirigeante et son incurie. Un quart de la population du pays, toutes confessions confondues, serait descendu dans la rue pour appeler au renouvellement des élites dirigeantes issues des partis confessionnels.

                      Aurélie Daher explique les raisons du mécontentement de chacune des communautés sunnite, chrétienne et chiite vis-à-vis de leurs leaders respectifs. Ces raisons sont multiples et peuvent différer d’une communauté à l’autre, chacune n’ayant pas le même poids démographique ni les mêmes intérêts à une remise en cause de l’équilibre confessionnel ou la promulgation d’une nouvelle loi électorale.

                      Dans ces conditions, la déconfessionnalisation du paysage politique libanais est-elle possible ? Une citoyenneté libanaise est-elle en train de naître ?

                      Les vieux réflexes communautaires vont-ils au contraire l’emporter à la suite d’incidents ou d’affrontements ? Les trois principaux partis communautaires vont-ils lâcher du lest pour mieux se maintenir au pouvoir ?

                      Si, le 24 octobre, le discours du Président Aoun n’a rien changé à la détermination des manifestants, le discours du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le lendemain, appelait les chiites à rentrer chez eux. La démission du Premier ministre Saad Hariri, le 29 octobre, ne signifie ni la fin de la crise ni qu’il ne puisse être le prochain Premier ministre, dans un pays où, conformément à la Constitution en vigueur, le président du Liban doit être maronite, le premier ministre sunnite et le président de la Chambre des députés chiite.

                      La mobilisation faiblira-t-elle ou se renforcera-t-elle dans un contexte économique difficile? S’agit-il d’une parenthèse destinée à se refermer ou bien tout retour en arrière, à l’identique, est-il désormais devenu inacceptable ?

                      Malgré le ras-le-bol exprimé par les manifestants et l’usure d’un système semblant à bout de souffle, la société civile sera-t-elle en mesure de présenter un projet alternatif ? Des nouvelles personnalités émergeront-elles pour imaginer un nouveau contrat social et le mettre en œuvre, cent ans après la création du Liban ?

                      Pour l’heure, le Hezbollah, né en 1982, est devenu un acteur majeur de la scène politique libanaise et régionale. Aurélie Daher revient sur la montée en puissance du mouvement chiite (dirigé depuis 1992 par Hassan Nasrallah), sur son action sociale et politique, sur ses capacités militaires considérablement renforcées à la faveur de sa participation déterminante à la guerre en Syrie aux côtés du régime d’Assad.

                      À l’oreille :
                      • Majida El Roumi – Ya Beirut (Majida El Roumi in concert Dubaï Classics 2014, Café World Music)
                      • Marcel Khalifé – Ommi
                      • Dalida – Helwa Ya Baladi
                      • Pour aller plus loin :
                        • Aurélie Daher, Le Hezbollah : mobilisation et pouvoir, PUF, 2014
                        • Aurélie Daher, « Parrainages régionaux et polarisations belligènes : la rivalité entre l’Iran et l’Arabie saoudite au Liban », in Critique internationale, 2018-3 (n°80)
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                        • #07 – Le monde en questions
                          Avec la participation de Taline Kortian
                          Résumé :

                          Joumana Haddad, invitée de ce nouveau numéro de Le monde en questions, est une intellectuelle libanaise et une militante qui, dans ses livres comme dans sa vie de femme et de citoyenne, déconstruit avec patience et passion les représentations aliénantes de la femme arabe, de l’homme arabe, de la rue arabe. Solaire, elle dénonce l’hypocrisie des sociétés moyen-orientales, la corruption, l’incurie des pouvoirs publics. Incandescente, elle brise les tabous, notamment sur le corps et la sexualité des femmes, que les sociétés patriarcales veulent contrôler.

                          Elle fonde en 2009 Jasad (le Corps), la première revue trimestrielle consacrée à l’érotisme dans les arts et la littérature arabes. Elle relève un à un les défis, avec courage et détermination, sans céder aux menaces ou pressions.

                          Sa force, elle la puise dans la littérature, dans l’écriture et l’action politique, ainsi que dans ce mot de liberté qu’elle découvre, écolière, dans le poème homonyme de Paul Eluard. Car Joumana Haddad est aussi poétesse. Et pour elle, la poésie n’est pas seulement le puissant vecteur de sa révolte face à l’injustice et aux discriminations, elle est au commencement de toute chose, dans ce pouvoir inaliénable que possède tout être humain de dire oui ou bien de dire non.

                          Son engagement culturel et social pour la liberté d’expression et l’éducation fait d’elle l’une des figures les plus influentes de la société civile libanaise et du monde arabe. Fille des Lumières, sa voix transcende les frontières, tisse des liens entre les humains en donnant corps au combat universel de chacun et chacune pour la reconnaissance et le respect de son inviolable dignité. Par-delà la diversité des temps et des lieux, des personnes et des cultures. Quel que soit l’héritage reçu à sa naissance.

                          Après avoir écrit de nombreux essais, de la poésie et du théâtre, Joumana Haddad se lance dans l’écriture romanesque avec Le Livre des Reines, son premier roman. Une hallucinante saga familiale mettant en scène quatre femmes et un siècle de violences. Quatre générations de femmes à la même chevelure rouge, prises dans le tourbillon tragique de l’histoire d’un Orient compliqué et meurtri, de 1915 à nos jours.

                          Une plongée dans un volcan en activité.

                          À l’oreille :
                          • Mashrou’ Leila – Lil Watan
                          • Tania Saleh – I, Lilith
                          • Pour aller plus loin :
                            • Joumana Haddad, J’ai tué Shéhérazade, confessions d’une femme arabe en colère, essai traduit de l’anglais par Anne-Laure Tissut, Babel
                            • Joumana Haddad, Superman est arabe, essai traduit de l’anglais par Anne-Laure Tissut, Babel
                            • Joumana Haddad, Le Retour de Lilith, poème traduit de l’arabe par Antoine Jockey, Babel
                            • Joumana Haddad, Le livre des Reines, roman traduit de l’anglais par Arnaud Bihel, Editions Jacqueline Chambon
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                            • #06 – Ahmet Altan ou l’éloge de la liberté
                              Résumé :

                              Je ne reverrai plus le monde, textes de prison, traduits du turc par Julien Lapeyre de Cabanes, Actes Sud, 2019

                              Ahmet Altan, est un écrivain et journaliste turc, connu pour son engagement démocratique et ses prises de position courageuses. L’ancien rédacteur en chef du journal Taraf est emprisonné depuis 3 ans, accusé d’avoir participé au putsch raté du 15 juillet 2016. Le 5 juillet 2019, la Cour suprême a cassé sa condamnation à perpétuité aggravée, estimant qu’il n’avait pas commis l’infraction de « violation de la Constitution », mais retînt contre lui celle « d’aide à un groupe terroriste sans en être membre » et décida de son maintien en détention. Décision confirmé le 8 octobre dernier par la 26ème chambre pénale d’Istanbul : Ahmet Altan restera en prison jusqu’à son prochain procès, dont le verdict devrait être rendu le 4 novembre.

                              Je ne reverrai plus le monde sont des textes qu’Ahmet Altan a rédigés en prison. Avec une puissante ironie et un profond humanisme, le romancier, âgé de 70 ans, analyse la nature contradictoire et volatile des accusations portées contre lui, qui peuvent néanmoins lui valoir une condamnation à perpétuité. Il médite sur l’univers carcéral et la cohabitation avec d’autres détenus, sur la condition humaine, sur le dénuement extrême engendré par la privation de liberté, sur la force miraculeuse puisée en soi pour résister à l’anéantissement de sa propre personne ainsi que sur le rôle salvateur de la littérature, de la lecture et de l’écriture.

                              Le livre parait en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne, mais pas en Turquie.

                              Invités :
                              • Timour Muhedine, professeur de littérature turque à l’Inalco, traducteur et directeur de la collection « Lettres turques » aux éditions Actes Sud
                              • Ahmet Insel, économiste, éditeur, ancien directeur du département d’économie de l’Université Galatasaray (Istanbul, Turquie) et vice-Président de l’Université Paris-Panthéon-La Sorbonne
                              • Pierre Haski, chroniqueur à L’Obs ainsi que dans la matinale de France Inter et Président de Reporters sans frontières (RSF)
                              • Pour aller plus loin :
                                • Ahmet Altan, Comme une blessure de sabre, Actes Sud (2000) et L’Amour au temps des révoltes, Actes Sud (2008).
                                • Ahmet Insel, La nouvelle Turquie d’Erdogan, du rêve démocratique à la dérive autoritaire, éditions La Découverte, 2017
                                • Timour Muhedine, Istanbul rive gauche, CNRS éditions, 2019
                                • 0 min
                                • #05 – Le monde en questions
                                  Avec la participation de Taline Kortian
                                  Résumé :

                                  L’écrivain Daniel Arsand est l’invité de ce cinquième numéro de Le monde en questions. Daniel Arsant fut libraire, conseiller littéraire, attaché de presse avant de devenir l’éditeur bien connu de littérature étrangère chez Phébus.

                                  Formidable passeur de culture, il a fait connaître aux lecteurs francophones des auteurs irlandais, tels que William Trevor, Keith Ridgway, Hugo Hamilton, des auteures turques telles qu’Elif Shafak et Oya Baydar, l’auteure américaine d’origine japonaise, Julie Otsuka et bien d’autres encore. Beaucoup de ces auteurs qu’il a fait connaître furent récompensés par le prix Fémina étranger.

                                  Lui-même écrivain, il reçut le prix du premier roman pour La Province des ténèbres, le prix Jean Giono du deuxième roman pour En silence, le grand prix Tyde-Monnier pour Des amants, le Prix chapitre du roman européen pour Un certain mois d’avril à Adana et le prix du roman gay pour Je suis en vie et Tu ne m’entends pas.

                                  Grand connaisseur de littérature française, passionné notamment par George Sand, il a préfacé Les beaux messieurs de Bois doré, lors de la réédition de l’ouvrage.

                                  À l’oreille :
                                  • Yves Montant – Syracuse
                                  • Sylvie Vartant – Mon enfance
                                  • 1 hr 18 min
                                  • #04 – Le monde en questions

                                    Une émission proposée par Isabelle Kortian. Avec la participation de Taline Kortian.

                                    Invité :

                                    Pierre Haski. Chroniqueur à L’Obs ainsi que dans la matinale de France Inter, Pierre Haski est également Président de Reporters sans frontières (RSF).

                                    Résumé :

                                    Pierre Haski nous invite à un tour du monde géopolitique commençant par la Chine, avec son livre paru aux éditions Arte et le film (réalisé avec le producteur Hikari) qu’il consacre à Liu Xiaobo, l’homme qui a défié Pékin.

                                    Trente ans après le printemps de Pékin et le massacre de la place Tienanmen, le 4 juin 1989, la mémoire de ce vaste rassemblement pour la démocratie est devenue un tabou. A quoi ressemble la Chine d’aujourd’hui, premier pays de la planète par son poids démographique, deuxième puissance économique et militaire après les États-Unis.

                                    Qui était Liu Xiaobo, cet intellectuel chinois qui échappa à la répression en 1989, qui refusa l’exil, et fut l’un des principaux rédacteurs de la Charte 08 signée par plus de 300 personnalités prônant une libéralisation de la Chine en 2008 (sur le modèle de la Charte 77 initiée par Vaclav Havel) ?

                                    Le prix Nobel de la paix lui fut attribué en 2010. Il mourut en prison en juillet 2017.

                                    Le Président de Reporters sans frontières (RSF) revient aussi sur les évolutions et les difficultés du métier de journalistes. Il rappelle qu’en dix ans, plus de 700 journalistes sont morts dans l’exercice de leur profession dont 2 récemment assassinés en Europe. En outre, de nombreux journalistes sont emprisonnés un peu partout dans le monde pour avoir simplement informé leurs concitoyens. La montée des populismes ne facilite pas la tâche des journalistes. Pierre Haski souligne aussi les nouveaux défis auxquels l’organisation est confrontée, face notamment à la désinformation, ce qui l’amène à ouvrir de nouveaux chantiers de réflexion.

                                    Auteur de nombreux livres, dont la rédaction fut souvent suscitée par les postes de correspondant qu’il a occupés en Afrique du Sud, à Jérusalem et en Chine, Pierre Haski en évoque quelques-uns et en particulier l’exception que constitue dans sa bibliographie Le droit au bonheur.

                                    L’Europe quant à elle, dans un monde incertain et précaire, représente un espoir.

                                    Musiques :
                                    • Cui Jian – Nothing To My Name
                                    • Miles Davis – A Night in Tunisia
                                    • 1 hr 22 min
                                    • #03 – Avril, mois des génocides
                                      Invité.e.s :
                                      • Yves TERNON, membre du Conseil scientifique du Mémorial de la Shoah, Président du Conseil scientifique international sur l’étude du génocide des Arméniens, Yves Ternon a contribué dès septembre 1994, aux côtés d’autres historiens et juristes à l’étude du génocide des Tutsi au Rwanda.
                                      • Résumé de l’émission :

                                        En avril, les Tutsi, les Juifs et les Arméniens se recueillent en souvenir de leurs morts, victimes du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, victimes de la Shoah en Europe durant la Seconde guerre mondiale et victimes du génocide de 1915 dans l’Empire ottoman durant la Première guerre mondiale.

                                        Yves Ternon, chirurgien et historien, spécialiste des violences de masse et des génocides, évoque les combats de sa vie et surtout son engagement exceptionnel dans l’étude des génocides du XXème siècle dont il s’est fait en France le passeur de mémoire.

                                        Dernier ouvrage publié :

                                        Frère arménien, Frère juif, Frère Tutsi. Mémoires.

                                        Éditions de l’Archipel, avril 2019, 192 pages, 18 €.

                                        0 min

                                      About Le monde en questions - Comprendre le monde tel qu’il est et tel qu’il n’est pas

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