Le Nouvel Esprit Public

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Le Nouvel Esprit Public episodes

  • Comment le terrorisme a transformé la société française depuis dix ans / La guerre au Soudan

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 novembre 2025.

    Avec cette semaine :

    • Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.
    • Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.
    • Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.
    • Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.

    COMMENT LE TERRORISME A TRANSFORMÉ LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DEPUIS DIX ANS ?

     

    Voilà bientôt dix ans qu'un commando terroriste a semé la terreur dans les rues de Paris, le 13 novembre 2015, assassinant 130 personnes et en blessant plusieurs centaines d'autres. Trois rescapés se sont depuis donné la mort, succombant à leurs blessures psychiques. Ces attentats ont profondément impacté la société française. Les médias jouent un rôle central lors de tels événements. Difficile d’informer avec précision dans un climat de peur et d'incertitude après un attentat. Le 9 janvier 2015 notamment, des chaînes d'information en continu ont divulgué la présence d’otages cachés dans la chambre froide de l'Hypercacher de Vincennes, mettant leur vie en danger. Les médias servent de caisse de résonance aux terroristes, qui, pour la plupart sont avides de spectacle. Face à la sidération après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hypercacher, la société française s’est immédiatement massivement mobilisée comme en témoigne la grande manifestation du 11 janvier 2015. La vie quotidienne a été transformée, bouleversée par les dispositifs de surveillance, de prévention et de lutte antiterroriste. Le terrorisme provoque également des effets perturbateurs comme la montée de sentiments xénophobes, antimusulmans ou antisémites et leurs réponses politiques. Il a induit des progrès considérables de la recherche, en particulier, depuis 2015, sur la question des traumatismes. Il impacte les procédures judiciaires. En France, depuis 2019, le nombre de procès criminels pour terrorisme a été multiplié par sept : la raison principale en est non seulement la création d'un parquet national antiterroriste, mais aussi la volonté de donner réparation à toutes les victimes et leur offrir la possibilité de s'exprimer dans le lieu symbolique d'une cour de justice.

    Procureur de la République de Paris en charge de la lutte contre le terrorisme entre 2011 et 2018, François Molins a vécu les événements les plus dramatiques qui se sont succédé pendant cette période, des attentats de Mohamed Merah en 2012, au 13 novembre 2015, en passant par le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo. Insistant sur le fait qu’il a fallu trouver une juste mesure entre le durcissement de la réponse et le respect des libertés et droits fondamentaux, François Molins considère que « dans l'ensemble, la France y est parvenue » : L'état d'urgence décrété au lendemain du 13 Novembre a duré un peu moins de deux ans, jusqu'au 1er novembre 2017. Il a rassuré les gens et permis une amplification de la lutte - assignations à résidence, perquisitions, interdictions de séjour, fermeture de mosquées radicalisées -, toujours sous le contrôle de la justice administrative et du Parlement. Mais le risque de dérive est réel, met en garde François Mollins. En octobre 2025, cinq actes terroristes d'inspiration djihadiste ont été réalisés ou projetés, dans quatre pays européens, rappelle l'ancien procureur antiterroriste Jean-François Ricard. Ces faits, insiste-t-il, doivent nous alerter sur la persistance d'une menace qui prend des formes nouvelles.

    LA GUERRE AU SOUDAN

     

    Au Soudan, le 26 octobre la ville d’El-Facher, capitale de la province du Darfour du Nord est tombée aux mains des Forces de soutien rapide (FSR) qui assiégeaient la ville depuis plus de dix-huit mois. C’était le dernier bastion, au Darfour, des Forces armées soudanaises (FAS). La guerre au Soudan a commencé en avril 2023 lorsque les tensions autour du projet d’intégration des FSR à l’armée régulière ont éclaté en un conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé de 12 à 13 millions de personnes. Deux acteurs qui s'étaient partagé le pouvoir après la chute du dictateur Omar el-Béchir, renversé en 2019 s’affrontent : l'armée soudanaise, héritière de l'ancien régime, avec à sa tête le général Abdel Fattah al-Burhane ; et les FSR, une unité paramilitaire dissidente dirigée par le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemetti. En début d'année, l'armée soudanaise et ses supplétifs miliciens ont reconquis la capitale, Khartoum, ainsi que la région agricole de la Jézira, le long du Nil. Depuis, ils contrôlent toute la moitié orientale du Soudan. A l'ouest, en revanche, les RSF dominent. Le noyau dur des hommes de Hemetti est composé d'anciens combattants arabes jenjawids employés, à l'époque d'El-Béchir, pour effectuer les sales besognes du régime et écraser les mouvements rebelles du Darfour. Ils sont eux-mêmes originaires de cette région, grande comme la France métropolitaine.

    Situé à la lisière de la partie subsaharienne de l'Afrique et du Moyen-Orient, le Soudan concentre une multitude de richesses et d'avantages géostratégiques suscitant toutes sortes de convoitises et d’ingérences : d'immenses terres arables, les eaux du Nil, des mines d'or, du pétrole, l'accès à la mer Rouge face à l'Arabie saoudite, des frontières avec huit pays africains. Soutenues par une partie des Émirats arabes unis, les FSR contrôlent les mines d'or du Darfour, les circuits de contrebande vers la Libye et la Centrafrique, et finance une armée privée plus riche que l'État soudanais, tandis que les FAS ont bénéficié de l'appui de l'Égypte, de l'Arabie saoudite, de l'Iran et de la Turquie, selon des observateurs. Tous nient toute implication.

    Les réactions internationales demeurent d'une discrétion gênée. Lundi, toutefois, le bureau du procureur de la Cour pénale internationale a averti que les atrocités commises par les FRS à El-Fasher « pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ». Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme mentionne des « massacres massifs de civils et de combattants désarmés ». La région, déjà extrêmement affaiblie depuis les massacres de Geneina en 2023, s'enfonce dans un nouveau cycle de violences entre communautés, où vengeance et désordre remplacent toute stratégie politique. Le pays s'est disloqué en zones d'influence : le Darfour aux mains des FSR, le Nord et l'Est sous commandement militaire, le Sud livré au chaos. L'État soudanais, déjà amputé du Soudan du Sud en 2011, se délite à nouveau.

    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    1 hr 3 min
  • Bada : les questions du public (examen du budget)

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 2 novembre 2025.

    Avec cette semaine :

    • Akram Belkaïd, journaliste au Monde diplomatique.
    • Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
    • Antoine Foucher, consultant, spécialiste des questions sociales, auteur de Sortir du travail qui ne paie plus.
    • Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.

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    31 min
  • Bilan de l’examen du Projet de Loi de Finances

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 2 novembre 2025.

    Avec cette semaine :

    • Akram Belkaïd, journaliste au Monde diplomatique.
    • Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
    • Antoine Foucher, consultant, spécialiste des questions sociales, auteur de Sortir du travail qui ne paie plus.
    • Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.

    BILAN DE L’EXAMEN DU PLF

    Les députés ont commencé le 24 octobre l'examen de la partie recettes du projet de loi de finances (PLF), à l'Assemblée nationale.

    Après les trois premiers jours de débat à l’Assemblée nationale, les députés ont dégradé d'environ 4 Mds d’€ l'équilibre de la copie initiale. Lundi, la hausse de 2 Mds d’€ de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises a été votée à l'initiative du gouvernement, mais contre son camp. Les députés ont également adopté une mesure plus favorable aux entreprises, en votant l'article 11 du PLF, qui prévoit de reprendre l'an prochain la baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, dont l'exécutif souhaite la suppression progressive pour « soutenir la dynamique de réindustrialisation ». Mercredi, les députés ont continué à détricoter la copie budgétaire du gouvernement avec l’adoption de deux amendements déposés par LFI : l’un pour élargir le champ d’application de l’impôt minimum de 15% sur les bénéfices des multinationales, l’autre pour instaurer une taxe exceptionnelle sur les superdividendes. De son côté, le RN a fait adopter grâce à l’abstention de la gauche une taxe de 33% sur les rachats d’actions qui, selon lui, rapporterait 8 Mds d’€. Face à ces revers pour le gouvernement, le bloc central a dénoncédepuis mardi une « surenchère fiscale ». Vendredi, l’article 3 du projet de loi sur le budget : la taxation des holdings a été adoptée par 224 députés, contre 10. La gauche s’est abstenue. La taxe Zucman sur les très hauts patrimoines a été largement rejetée, ainsi que sa version allégée, malgré la pression du PS. Vendredi soir, les députés ont lesté le budget Lecornu près de 45Mds€ de taxes supplémentaires (notamment la taxation proportionnelle des multinationales : 25Mds€, l’extension de la taxe sur les rachats d'actions : 8Mds€, la surtaxe de l'Impôt sur les Sociétés : 6Mds€, et dans la nuit un impôt sur la fortune improductive ...) Le Premier ministre a annoncé de nouvelles discussions avec les différents groupes parlementaires durant ce week-end. Les débats reprendront lundi.

    Les députés arrêteront leurs discussions sur le PLF lundi soir, avant de s’attaquer au projet de loi de financement de la Sécurité sociale à partir de mardi. Après son vote, prévu le 12 novembre, les débats pourront reprendre sur les recettes de l’État, pour enchaîner sur la deuxième partie du PLF, concernant les dépenses. Les projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale doivent être adoptés avant le 31 décembre. Les délais sont serrés, entre promesse de ne pas recourir au 49-3 et débats sur la réforme des retraites.

    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    1 hr 2 min
  • Bada : Stéphane-Antoine Therene, « monsieur LinkedIn » (3/3)

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    Une conversation entre Stéphane-Antoine Therene et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 10 octobre 2025.

    Pour cet épisode, Stéphane-Antoine Therene nous propose de mieux comprendre les spécificités de LinkedIn et notamment l'importance du statut "Top Voice". Ce badge bleu est donné aux plus influents et aux plus méritants des utilisateurs de la plateforme : on découvre avec lui les noms d'influenceurs français que nous connaissons pour d'autres fonctions, et qui ont pourtant un rôle essentiel dans la formation des opinions, et donc des actions. Il conclut sur l'aboutissement de son parcours, et revient sur la notion de "confiance numérique", qui lui semble essentielle aujourd'hui.

    Juriste venu au numérique au cours de sa carrière pour ne plus le quitter, Stéphane-Antoine Therene a travaillé pendant presque cinq ans pour le réseau social incontournable qu'est devenu aujourd'hui LinkedIn. Fort de cette expérience au sein des rouages de la machine, il revient avec nous sur les transformations qu'a connues la plateforme depuis la crise Covid, notamment un processus d'incarnation des entreprises par leurs dirigeants, qui se mettent toujours plus en avant. Agora calme et professionnelle, arène d'émulation et d'ambition, LinkedIn est également la vitrine de cette individualisation de la société, marquée par l'importance de figures singulières, les "Top voices", cumulant des fonctions économiques, sociales et politiques. Il s'agit peut-être de totems rassurants dans un monde vacillant, il est certain en tout cas qu'elles ne sont pas près de disparaître, pas plus que le réseau qui assure leur présence et leur démonstration quotidiennes à un public de plus d'un milliard de membres.

    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    25 min
  • Le vol du Louvre et la protection du patrimoine / Le mouvement « No Kings »

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 24 octobre 2025.

    Avec cette semaine :

    - Nicolas Baverez, essayiste et avocat.

    - David Djaïz, entrepreneur et essayiste.

    - Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.

    - Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

    LE VOL DU LOUVRE ET LA PROTECTION DU PATRIMOINE

    Au musée du Louvre, dimanche dernier, une série de bijoux datant du XIXe siècle ont été dérobés en quelques minutes par plusieurs malfaiteurs dans la galerie d'Apollon. Huit pièces manquent à l'appel. Le butin a été estimé à 88 millions d'euros par la conservatrice du musée, a annoncé mardi la procureure de Paris. La couronne de l'impératrice Eugénie, d'abord volée, a été retrouvée près du site, vraisemblablement égarée par les voleurs dans leur fuite. Très fréquenté, le musée a accueilli 8,7 millions de visiteurs en 2024. Il s’étend sur 73.000 mètres carrés et contient environ 35.000 œuvres issues de collections du monde entier. Le dernier vol recensé au Louvre a eu lieu en 1998 : une toile de Camille Corot, volée en pleine journée et jamais retrouvée.

    Lors de son audition mercredi au Sénat, la présidente du musée Laurence des Cars a indiqué qu’aucune caméra ne couvrait le balcon de la galerie d’Apollon, où sont passés les braqueurs, mais a réfuté tout « retard » dans la mise en œuvre du plan de sécurisation, contestant les observations de la Cour des comptes. Elle a confirmé avoir présenté sa démission, « refusée » par la ministre de la culture, et a notamment souhaité solliciter le ministère de l’intérieur pour étudier la possibilité d’installer un commissariat de police au sein du musée.

    Alors que le Louvre a rouvert ses portes mercredi matin, The Economist rappelle, étude scientifique à l’appui, que le vol d’œuvres dans les grands musées est presque une routine : on en recense 40 dans le monde depuis 1990 (majoritairement en Europe)… plus d’un par an. Dans quasiment un cas sur cinq, la valeur des objets dérobés dépasse les 100 millions d’euros avec un record à 450 millions d’euros pour le Van Gogh Museum d’Amsterdam en 1991. Moins d'une fois sur deux les œuvres volées ont finalement été récupérées.

    La portée symbolique de ce cambriolage n’est pas sans rappeler, pour Le Figaro, celui de l'incendie de Notre-Dame de Paris, en 2019, ou du vol de La Joconde en 1911. L’incendie de Notre-Dame avait mis en lumière la vulnérabilité d’autres édifices religieux. Un plan « sécurité » avait été lancé en 2020 pour les 87 cathédrales dépendant de l’État qui ont renforcé depuis leurs dispositifs de sécurité par des formations aux secours, des caméras thermiques, des porte coupe-feu… Selon la Direction nationale du renseignement territorial, 401 faits antichrétiens ont été recensés entre janvier et juin 2025, soit + 13 % par rapport à la même période en 2024. Une hausse significative qui intervient après deux ans de baisse. Mais pour l'Observatoire du patrimoine religieux, association indépendante qui effectue une veille en temps réel, ces chiffres sont « sous-estimés, parce qu'il n'y a pas toujours des plaintes ». Selon son vice-président, il y aurait aujourd'hui « trois à cinq fois plus de vandalisme touchant les édifices catholiques qu'il y a dix ans ».

    LE MOUVEMENT NO KINGS

    De Washington à San Francisco, en passant par New York, Tampa ou Los Angeles, samedi 18 octobre dans 2.700 villes, près de sept millions d’Américains ont manifesté pacifiquement, contre Donald Trump et son usage autoritaire du pouvoir. Un mouvement lancé par un collectif de 300 associations regroupées derrière le slogan « No Kings » « pas de rois ». Ce collectif d’associations de défense des libertés civiles, dont certaines sont proches du Parti démocrate annonce la couleur sur la page d’accueil du site Internet qui coordonne les manifestations : « Pas de trônes, pas de couronnes, pas de rois : le pouvoir appartient au peuple. » Le mouvement qui dit vouloir s’opposer aux « abus de pouvoir », déplore « l’envoi d’agents militarisés » dans des villes démocrates et les « cadeaux aux milliardaires ». Il entend « défendre la démocratie » face à « la dictature ». Dans les cortèges, les manifestants qui revendiquent la défense des valeurs américaines, ont concentré leurs critiques sur les attaques contre la liberté de la presse, le droit de vote des minorités ou la séparation des pouvoirs. Le déploiement de la garde nationale dans plusieurs villes américaines, ainsi que les rafles opérées par la nouvelle police anti-immigration nourrissent l’indignation. Cette deuxième contestation d’ampleur, a été trois fois plus suivie qu’un événement similaire à la mi-juin.

    Né de la société civile, ce mouvement a reçu le soutien public de plusieurs personnalités politiques. Il a notamment été relayé par l’ancienne candidate démocrate Kamala Harris. Dans les cortèges, on a pu voir le leader de l’aile gauche démocrate Bernie Sanders, ou le sénateur de New York Chuck Schumer. Le mouvement a été également soutenu par des artistes comme Robert De Niro. Cette nouvelle journée de mobilisation survient par ailleurs en pleine paralysie budgétaire de l’État fédéral et alors que Donald Trump a déployé des militaires dans plusieurs fiefs démocrates pour, selon lui, lutter contre l’immigration illégale et la criminalité.

    La droite a fustigé un mouvement de « haine de l’Amérique », tandis que plusieurs membres de l’administration Trump ont accusé les manifestants d’être des « extrémistes ». Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a ainsi jugé que le mouvement était animé par « des partisans du Hamas et des antifas ». Un qualificatif qui pourrait ouvrir la voie à des poursuites, le président Donald Trump ayant récemment signé un décret qui classe le mouvement « antifa » comme étant une « organisation terroriste ». À ses yeux, ce mouvement serait une « entreprise militarisée et anarchiste qui appelle explicitement au renversement du gouvernement des États-Unis ».  En réponse à ces manifestations, Donald Trump a publié sur les réseaux sociaux, depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, une vidéo réalisée grâce à l’intelligence artificielle. On y voit le président américain aux commandes d’un avion, la tête coiffée d’une couronne, en train de bombarder les cortèges de manifestants avec des excréments.

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    1 hr 4 min
  • Bada : Stéphane-Antoine Therene, « monsieur LinkedIn » (2/3)

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    Une conversation entre Stéphane-Antoine Therene et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 10 octobre 2025.

    Stéphane-Antoine Therene nous explique aujourd'hui comment LinkedIn a dépassé le monde des affaires pour devenir un réseau pour tous ceux et toutes celles qui cherchent à accomplir leurs ambitions professionnelles, et peut-être même personnelles. La marque d'une domination du travail sur le privé ? LinkedIn montre en tout cas que le vieil adage est vrai : savoir ce que font les autres, c'est pouvoir faire mieux.

    Juriste venu au numérique au cours de sa carrière pour ne plus le quitter, Stéphane-Antoine Therene a travaillé pendant presque cinq ans pour le réseau social incontournable qu'est devenu aujourd'hui LinkedIn. Fort de cette expérience au sein des rouages de la machine, il revient avec nous sur les transformations qu'a connues la plateforme depuis la crise Covid, notamment un processus d'incarnation des entreprises par leurs dirigeants, qui se mettent toujours plus en avant. Agora calme et professionnelle, arène d'émulation et d'ambition, LinkedIn est également la vitrine de cette individualisation de la société, marquée par l'importance de figures singulières, les "Top voices", cumulant des fonctions économiques, sociales et politiques. Il s'agit peut-être de totems rassurants dans un monde vacillant, il est certain en tout cas qu'elles ne sont pas près de disparaître, pas plus que le réseau qui assure leur présence et leur démonstration quotidiennes à un public de plus d'un milliard de membres.

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    17 min
  • Qu’attendent les Français des hommes politiques ?

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 17 octobre 2025.

    Avec cette semaine :

    • Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
    • Antoine Foucher, consultant, spécialiste des questions sociales, auteur de Sortir du travail qui ne paie plus.
    • Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.
    • Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.

    QU’ATTENDENT LES FRANÇAIS DES HOMMES POLITIQUES ?

    Après la nouvelle nomination de Sébastien Lecornu à Matignon le 10 octobre, 56 % Français ne souhaitaient pas que l'une des motions de censure déposées par La France insoumise et le Rassemblement national soit votée, selon une enquête "L'Opinion en direct" menée par Elabe pour BFMTV, publiée mercredi. Ils ont été exaucés, avec le rejet des deux motions de censure jeudi matin. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, a annoncé dans sa déclaration de politique générale qu'il proposerait au Parlement la suspension de la réforme de 2023 sur les retraites « jusqu'à l'élection présidentielle ». Selon le sondage Elabe, 67 % des Français sont pour cette suspension et 29 % s'y disent même « très favorables » et 38% «  plutôt favorables ». 33 % des Français sont contre cette suspension, dont 13 % de Français qui se disent « très opposés » à cette annonce du chef du gouvernement. Toutefois, 64 % des Français sont mécontents de la composition du gouvernement et 51 % des personnes interrogées sont même favorables à une dissolution et à de nouvelles élections législatives.

    Dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027, Jordan Bardella et Marine Le Pen se maintiennent en tête des personnalités suscitant le plus de satisfaction si elles remportaient l’élection présidentielle (33 % dans les deux cas), selon le baromètre politique Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs pour La Tribune Dimanche. Pour la première fois, la troisième place du podium est occupée par une personnalité du même bord : Marion Maréchal, avec 24 % des Français qui seraient satisfaits. Cette progression de Marion Maréchal dans le classement s’explique par une baisse importante pour les autres personnalités, situées à droite et au centre, comme Bruno Retailleau qui enregistre une forte baisse (20 %, -7 points en un mois). Au centre, on observe aussi des baisses importantes pour Edouard Philippe (22 %, -3 points), Gabriel Attal (19 %, -5 points) et Gérald Darmanin (19 %, -5 points). Le pouvoir d’achat demeure la première préoccupation des Français (50 %, -1 point), devant l’avenir du système social, cité par 44 %. La préoccupation pour l’avenir du système social progresse de 3 points en un mois et de 9 points depuis juillet.  88 % des Français sont pessimistes sur la situation économique du pays et 67 % sur leur propre situation économique. Ils ont notamment le sentiment que la situation du pouvoir d’achat va se détériorer (78 %), tout comme celle du niveau de la dette publique (77 %) ou encore du niveau de la fiscalité (70 %).

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    1 hr 4 min
  • Bada : Stéphane-Antoine Therene, « monsieur LinkedIn » (1/3)

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    Une conversation entre Stéphane-Antoine Therene et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 10 octobre 2025.

    Dans cet épisode, Stéphane-Antoine Therene nous raconte son parcours, comment il a rejoint LinkedIn il y a cinq ans et comment il l’a vu évoluer. Il détaille les spécificités de ce réseau social plus apaisé, plus lent, mais aussi peut-être plus favorable à l’auto-censure, en raison de l’absence d’anonymat.

    Juriste venu au numérique au cours de sa carrière pour ne plus le quitter, Stéphane-Antoine Therene a travaillé pendant presque cinq ans pour le réseau social incontournable qu'est devenu aujourd'hui LinkedIn. Fort de cette expérience au sein des rouages de la machine, il revient avec nous sur les transformations qu'a connues la plateforme depuis la crise Covid, notamment un processus d'incarnation des entreprises par leurs dirigeants, qui se mettent toujours plus en avant. Agora calme et professionnelle, arène d'émulation et d'ambition, LinkedIn est également la vitrine de cette individualisation de la société, marquée par l'importance de figures singulières, les "Top voices", cumulant des fonctions économiques, sociales et politiques. Il s'agit peut-être de totems rassurants dans un monde vacillant, il est certain en tout cas qu'elles ne sont pas près de disparaître, pas plus que le réseau qui assure leur présence et leur démonstration quotidiennes à un public de plus d'un milliard de membres.

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    18 min
  • Le chamboule-tout français / Le mouvement GenZ au Maroc et dans le monde

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 10 octobre 2025.

    Avec cette semaine :

    • François Bujon de l’Estang, ambassadeur de France.
    • Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.
    • Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.
    • Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.

    LE CHAMBOULE-TOUT FRANÇAIS

    Quatre gouvernements en treize mois, un président affaibli, une Assemblée fragmentée : la France semble prise dans un tourbillon sans fin. La présentation, dimanche soir, par Sébastien Lecornu d'une équipe « resserrée » de 18 membres, dans laquelle les traces de la rupture annoncée n’étaient pas très apparentes a été vivement critiquée à droite comme à gauche. Lundi, en quelques heures, les Français ont assisté à la démission d’un Premier ministre, Sébastien Lecornu, nommé vingt-sept jours plus tôt, puis, en fin d’après-midi, à la désignation par le président de la République du même Sébastien Lecornu pour une mission de quarante-huit heures ayant pour but de « définir une plateforme d’action et de stabilité »., soit précisément ce que Le Premier ministre démissionnaire n’avait pas réussi à faire. M. Lecornu a accepté tout en faisant savoir qu’il ne redeviendrait pas chef du gouvernement, même dans le cas, très hypothétique, d’une réussite des discussions.

    Estimant qu’il existe « une majorité absolue » de députés opposés à la dissolution, Sébastien Lecornu a affirmé mercredi sur France 2 que les conditions étaient réunies pour que le président nomme un nouveau premier ministre « dans les 48 heures ». La première option pour le président de la République est donc de nommer un nouveau Premier ministre. En cas d'échec, un deuxième scénario serait une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale et un retour aux urnes. Le troisième scénario est celui d'une démission du président de la République. Une demande exprimée par l’extrême-droite, LFI, mais aussi, après l’adoption d’un budget par l’ancien Premier ministre Edouard Philippe.

    La situation est inédite, puisque les passations de pouvoir n'ont pas eu lieu entre les deux gouvernements démissionnaires. Dans ces cas-là, le décret publié au Journal officiel fait foi. Il a été publié dimanche soir, les ministres démissionnaires sont donc bien ceux qui ont été nommés le 5 octobre. Cette équipe devra gérer les « affaires courantes ». Aucun texte n'indique ce que peut faire, ou pas, un gouvernement démissionnaire, mais ses prérogatives sont limitées. Il s'agit de faire face aux urgences, d'assurer le fonctionnement minimal de l'État ainsi que sa continuité. Ce gouvernement peut mettre en application des lois déjà votées mais pas déposer de nouveaux projets de loi. Généralement, le Conseil des ministres ne se réunit pas en période démissionnaire.

    Si l’incertitude politique ne se traduit pas, à ce stade, par une crise économique aiguë, elle a toutefois déjà provoqué deux cassures dont les effets se feront sentir sur le long terme : le déclassement de la France sur les marchés, et la panne des investissements.

    LE MOUVEMENT GENZ AU MAROC (ET AU MADAGASCAR, AU NÉPAL …)

    Le Maroc est le théâtre depuis le 27 septembre de rassemblements quotidiens de jeunes protestataires − parfois mineurs − réclamant de meilleurs services d’éducation et de santé. Début octobre, des débordements violents à proximité d’Agadir ont causé la mort de trois manifestants. Face à une fièvre contestataire comme le Maroc n’en avait pas connu depuis la révolte du Rif en 2016-2017, le gouvernement semble pris de court. Parmi les jeunes urbains de 15-24 ans, la moitié est sans emploi et un quart a déserté l’école. Des marches spontanées avaient déjà eu lieu, début juillet, dans le Haut-Atlas pour l’accès à l’eau, poussant le roi Mohammed VI à manifester son refus d’un « Maroc à deux vitesses », lors de son discours du trône le 29 juillet.

    Le mouvement actuel est spontané, sans tête d'affiche et assez flou sur le plan des revendications. Il n’a pas de plateforme ni de programme politique, mais défend des grands thèmes sociaux. Né d’une indignation générale face à la mort de huit femmes à la mi-septembre dans un hôpital d’Agadir après des accouchements par césarienne, il s’est structuré une dizaine de jours plus tard sur le réseau social Discord sous la bannière d’un collectif GenZ 212. Une déclinaison locale (212 est l’indicatif téléphonique du Maroc) d’une génération Z − née entre 1997 et 2012 − qui a déjà fait vaciller le pouvoir au Sri Lanka, au Bangladesh et au Népal, et enfiévré plus récemment Madagascar. Connexion numérique, aspiration à la dignité et rejet de la vieille politique : la jeunesse marocaine se met au diapason d’un soulèvement transnational. Les jeunes Marocains se gardent toutefois bien de franchir une ligne rouge : la sacralité de l’institution royale. Si nombre d’entre eux réclament la démission du chef de gouvernement Aziz Akhannouch, un homme d’affaires richissime, symbole d’une oligarchie conquérante, nul n’appelle à la fin de la monarchie, malgré l’acuité des doléances sociales.

    Déjà électrique, le climat social n’a cessé de se tendre, à mesure que les prestigieux projets lancés dans la perspective de la Coupe d’Afrique des nations de football, qui s’ouvre fin décembre, et de la Coupe du monde de 2030 − que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal −détournaient les financements des priorités sanitaires et éducatives. Le régime espérait désamorcer le ressentiment populaire dans le patriotisme sportif : il s’est trompé. « Des écoles et des hôpitaux, plutôt que des stades ! », clame en substance la jeunesse soulevée. La GenZ 212 braque une lumière crue sur l’envers de la vitrine scintillante d’un Maroc « émergent ». Le coup est rude pour l’image que le royaume aime à projeter de lui-même à l’étranger. Le roi Mohammed VI doit faire un discours d’ouverture de la session parlementaire, ce vendredi.

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 5 octobre 2025.

    Avec cette semaine :

    • Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
    • David Djaïz, entrepreneur et essayiste.
    • Antoine Foucher, consultant, spécialiste des questions sociales, auteur de Sortir du travail qui ne paie plus.
    • Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.

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