Le Nouvel Esprit Public

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  • Macron : inventaire avant bilan / La désindustrialisation en France et en Europe

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 16 mai 2025.

    Avec cette semaine :

    • Nicolas Baverez, essayiste et avocat.
    • François Bujon de l’Estang, ambassadeur de France.
    • Antoine Foucher, spécialiste des questions sociales, auteur de Sortir du travail qui ne paie plus.
    • Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

    MACRON : INVENTAIRE AVANT BILAN …

    Interrogé mardi sur TF1, le président de la République a croisé le fer avec plusieurs personnalités de la société civile sur toute une série de sujets : Ukraine, défense, politique sociale, sécurité, dépenses, santé mentale, fin de vie, salaires, Gaza ... Peu d'annonces concrètes lors de cette intervention de plus de trois heures. A deux ans de la fin de son deuxième quinquennat, Emmanuel Macron s’est surtout attaché à défendre sa présidence, et notamment sa ligne économique : travailler plus, produire plus, ne pas augmenter les impôts. Le chef de l’État refuse de nationaliser Arcelor Mittal, alors que le sidérurgiste vient d’annoncer la suppression de plus de 600 postes en France. Il a demandé au gouvernement de lancer dans les prochaines semaines une « conférence sociale » sur le financement de notre modèle social. Tout en prétendant ne pas « préempter » les termes du débat à venir, il a indiqué que l’une des principales options à explorer consisterait à réduire les cotisations pesant sur les salaires et à mettre davantage à contribution « d’autres facteurs, en particulier la consommation ». Il s’est défendu toutefois de plaider en faveur d’une « TVA sociale ». Rejetant l'idée d'une taxation nationale des grandes fortunes, il a plaidé pour une approche mondiale face à l'exil fiscal.

    Attendu sur une annonce de référendum, Emmanuel Macron a déclaré opter pour une « consultation multiple » dans le cadre de l’article 11 de la Constitution. C’est-à-dire viades référendums en bonne et due forme et non via un outil purement consultatif créé pour l’occasion. Ceux-ci devraient intervenir « dans les mois qui viennent » et pourraient porter sur de « grandes réformes économiques, éducatives ou sociales ». Un spectre très large, sur lequel il entend réfléchir avec le gouvernement. Il pourrait recourir à un référendum sur l'aide à mourir comme une arme de déblocage qu'il ne dégainera qu'en solution de dernier recours, en privilégiant d'abord la poursuite du débat parlementaire. Ouvert à ce que des « réformes » du premier ministre François Bayrou, sur le « plan économique et social » fassent l’objet d’une consultation, le président de la République ne « voit pas », en revanche, de référendum possible sur l’immigration, demandé par la droite, ni sur la réforme des retraites, comme le lui a suggéré la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.

    Le président de la République s’est dit favorable à l'interdiction des mariages de personne sous obligation de quitter le territoire français (OQTF), et souhaite un accroissement du pouvoir des polices municipales. Il a confirmé vouloir que soit imposée aux adolescents une vérification de leur âge pour s'inscrire sur les réseaux sociaux, estimant qu'il y a « une jeunesse qui a été percutée » par ces plateformes.

    Interrogé pour finir sur un troisième mandat en 2032, Emmanuel Macron n'en a pas écarté l'idée en déclarant : « Quand j’aurai fini, je réfléchirai à la suite. »

    LA DÉSINDUSTRIALISATION EN FRANCE ET EN EUROPE

    Depuis quarante ans, la France a été confrontée à un important processus de désindustrialisation. Le poids de la valeur ajoutée du secteur manufacturier est passé de 22 à 15% de 1983 à 2023. Seuls 13% des actifs français étaient, employés dans l'industrie en 2023, contre près de 40% quarante ans auparavant. La désindustrialisation française est la conséquence d'une vague de faillites qui a frappé les secteurs du textile, de la machine-outil et de l'automobile, et du choix de certains grands groupes de délocaliser. La production industrielle française a souffert de son positionnement « gamme moyenne ». Elle a été concurrencée frontalement par celle des pays émergents quand l'Allemagne et les pays d'Europe du Nord ont opté pour le haut de gamme. Le manque de capitaux, d'ingénieurs, de techniciens, la faiblesse de la recherche et une préférence donnée aux services expliquent ce mauvais positionnement de l'industrie française qui est, en outre, confrontée à des impôts de production plus élevés que ses concurrentes. Le poids de l'industrie manufacturière représente aujourd'hui 10 % du PIB en France, contre 15 % en Italie et 16 % en Allemagne.

    La désindustrialisation touche l’ensemble de l’Europe. En 2000, la part de l’Europe dans la production mondiale de l'industrie était de 22,5%, contre 21% pour les Etats-Unis. Vingt ans plus tard, elle est tombée à 14,5% et celle des Etats-Unis à 16%. La part de la Chine est passée de 10 à 28%. Dans la sidérurgie, ArcelorMittal vient d’annoncer 600 suppressions de postes en France et son concurrent allemand, ThyssenKrupp, en supprimera 11.000 d'ici 2030. A côté de la baisse européenne de la production d'acier, les ventes de véhicules en Europe restent inférieures de 25% à leur niveau de 2019 et tous les analystes s'accordent sur le même étiage ces prochaines années. En Allemagne Volkswagen, prévoit 35.000 suppressions d'emplois d'ici à 2030. Chez Stellantis, les effectifs en Italie sont passés de 55.000 salariés en 2021 à 38.000 en 2025 et, en France, de 53.000 en 2017 à 42.000 aujourd'hui.

    Face à cette crise, la Commission européenne a présenté fin mars leplan acier de l'Europe. En plus d'une réduction immédiate de 15% du quota d'importations d'acier autorisées sur le sol européen, il prévoit une nouvelle clause de sauvegarde à partir de juin 2026, dispositif qui encadre les imports d'acier sur son territoire selon son origine. La Commission européenne a également annoncé 47 projets miniers pour couvrir une partie de ses besoins en minerais stratégiques. Ainsi, l'UE ambitionne d'ici 2030 d'avoir 10% de sa consommation annuelle extraites localement et 40% de sa consommation annuelle issue du raffinage local.

    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    1 hr 5 min
  • Bada : Nicolas Verot, charcutier (2/3)


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    Une conversation entre Nicolas Vérot et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 3 février 2025.

    Ce deuxième épisode de notre série sur Nicolas Verot, charcutier, nous plonge dans le pari de ses parents, qui décident de changer leur manière de travailler avec les éleveurs. Il nous parle ici de la démarche de sincérité de la maison pour perpétuer la charcuterie traditionnelle et des difficultés auxquelles ils ont pu faire face.

    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    23 min
  • Thématique : l’économie de guerre, avec David Baverez

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 25 avril 2025.

    Avec cette semaine :

    • David Baverez, essayiste et investisseur.
    • Antoine Foucher, spécialiste des questions sociales, auteur de Sortir du travail qui ne paie plus.
    • Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.
    • Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

    L’ÉCONOMIE DE GUERRE

     

    Dans votre ouvrage Bienvenue en économie de Guerre, David Baverez, vous proposez une réflexion profonde sur les transformations économiques et géopolitiques récentes, mettant en lumière un tournant majeur dans l'histoire du monde. Selon vous, nous assistons à la fin d’un cycle de mondialisation qui a débuté en 1989 avec la chute du Mur de Berlin et la consolidation d’une économie mondiale fondée sur le libre-échange. Ce cycle se termine aujourd’hui, avec l’émergence d’un nouveau paradigme que vous qualifiez « d’économie de guerre », marqué par la confrontation ouverte entre grandes puissances.

    Pour vous, la rupture a été précipitée par des événements clefs survenus en 2022, notamment l'invasion de l'Ukraine par la Russie et le 20ème  congrès du Parti communiste chinois. Ces événements ont révélé la fin d’une époque de coopération relative entre les nations et la montée des tensions géopolitiques, où les dépendances énergétiques et industrielles deviennent des instruments de pouvoir stratégique. Dans ce contexte, la guerre économique s’annonce comme un terrain incontournable de confrontation entre puissances.

    Votre analyse repose sur un constat alarmant : les grandes puissances du monde semblent se réorienter vers une logique de repli stratégique, où les enjeux de souveraineté nationale et d'autonomie économique dominent. L'impact de cette transition se fait particulièrement sentir en Europe, que vous voyez à un tournant décisif. Si le continent ne prend pas la mesure de cette évolution, il risque de devenir un simple terrain d'affrontement géopolitique, tiraillé entre les influences croissantes des États-Unis et de la Chine, un peu à l’image d'autres régions déjà fragilisées comme le Yémen.

    Vous mettez ainsi en garde contre le risque de marginalisation de l'Europe dans ce nouveau monde en mutation, et vous plaidez pour une refonte de son approche stratégique. Selon vous, l’Europe doit impérativement se doter d’une souveraineté plus affirmée, capable de défendre ses intérêts dans des domaines clefs comme l’énergie, la défense, et les technologies. Pour cela, il est essentiel de se détacher des dépendances extérieures et d’investir dans des industries stratégiques pour assurer une autonomie véritable.

    Aujourd'hui, plus que jamais, la question se pose : comment l’Europe peut-elle éviter de devenir un simple spectateur de cette transformation mondiale et, au contraire, jouer un rôle moteur dans la reconstruction de l’ordre mondial, tout en évitant les pièges d’une mondialisation débridée ? Comment le continent peut-il, sans délaisser ses principes démocratiques et ses valeurs, s’affirmer comme un acteur incontournable dans cette nouvelle économie de guerre ?

    Enfin, dans cette dynamique, vous évoquez régulièrement la question de la souveraineté économique. Quelles sont, selon vous, les bases les plus solides sur lesquelles l’Europe pourrait construire sa souveraineté économique face à la montée des tensions internationales ? Et comment l’Europe peut-elle s’y préparer concrètement sans tomber dans le piège du nationalisme destructeur, qui risquerait de la diviser davantage au lieu de la renforcer ?

    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    1 hr 2 min
  • Bada : Nicolas Verot, charcutier (1/3)

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    Une conversation entre Nicolas Vérot et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 3 février 2025.

    Dans ce premier épisode, Nicolas Verot, quatrième génération de charcutier dans sa famille, nous parle de l’histoire de ce métier et de sa formation. Il évoque les difficultés rencontrées par la charcuterie face aux groupes industriels et souligne l’importance d’une formation d’excellence pour conserver sa qualité traditionnelle. Il revient sur l’histoire de sa famille, de son grand-père meilleur ouvrier de France et de la maison Verot à Saint-Etienne puis à Paris.

    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    24 min
  • Thématique : les territoires, avec Éric Hazan

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 mars 2025.

    Avec cette semaine :

    • Éric Hazan, co-auteur de Révolution par les territoires, aux éditions de l’Observatoire.
    • Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l’Intérieur.
    • Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.
    • Lucile Schmid, vice-présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.

    LES TERRITOIRES

    Éric Hazan, avec Frédéric Salat-Baroux dans Révolution par les territoires, vous soutenez que le phénomène délocalisations et de désindustrialisation des années 80 a plongé les classes moyennes dans une forme de détresse sociale et politique, laissant le champ libre aux extrémismes qui ont su capter le ressentiment des populations délaissées. Dans la remise en cause des valeurs occidentales, la montée des communautarismes et la résurgence de l’antisémitisme vous voyez des signes avant-coureurs de nouvelles crises sociales et politiques majeures.

    Pour vous, la France risque une « tiers-mondialisation » si elle ne prend pas le virage technologique. Pour éviter un déclin irrémédiable, il ne suffit pas d’embrasser l’innovation : il faut la penser politiquement, comme un levier de transformation sociale et de réenracinement territorial. L’intelligence artificielle, en particulier, pourrait être un outil puissant pour relancer l’économie et structurer un modèle de croissance durable.

    Les territoires constituent pour vous la clé d’une refondation nationale. Ils restent des espaces où l’on parle encore, où la nature a sa place, et où la sobriété peut être mise en œuvre pour lutter contre le réchauffement climatique. Ils permettraient aussi de revitaliser la démocratie et d’expérimenter de nouveaux modèles économiques et sociaux. En s’appuyant sur un maillage territorial fort et sur des initiatives locales innovantes, il serait possible de reconstruire un lien social solide et de donner une nouvelle impulsion à l'économie nationale. Cette révolution territoriale nécessite toutefois une réorganisation des pouvoirs publics et la reconstruction d’une élite républicaine, capable de piloter ces transformations.

    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    57 min
  • Bada : Charlotte Hellman-Cachin (3/3)

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    Une conversation entre Charlotte Hellman-Cachin et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 21 mars 2025.

    Pour conclure cette série sur la manière de faire vivre un artiste, Charlotte Cachin évoque ses projets de publication de la correspondance de son arrière grand-père Paul Signac avec Félix Fénéon. Elle souligne également l'importance de la question de la provenance et de la restitution des œuvres, un engagement déjà porté par sa mère, Françoise Cachin, lorsqu’elle dirigeait le Musée d'Orsay et collaborait avec les Musées Nationaux Récupération (MNR). Enfin, elle insiste sur l'importance de faire connaître le Signac écrivain et diariste, au-delà du peintre reconnu sur le marché de l'art.

    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    18 min
  • La France et le contrôle de ses finances publiques / Bilan de l’action diplomatique du pape

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 25 avril 2025.

    Avec cette semaine :

    • Nicolas Baverez, essayiste et avocat.
    • Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.
    • Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.
    • Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

    LA FRANCE ET LE CONTRÔLE DE SES FINANCES PUBLIQUES

     

    Après une séquence de dérive des comptes publics « préoccupante », la Cour des comptes dans son rapport publié mi-février, chiffrait à 110 milliards d'euros l'effort à fournir pour ramener le déficit public à 3%. Les causes de ce déficit sont connues : des recettes fiscales inférieures de 40 milliards aux prévisions de la loi de finances et des dépenses plus élevées de 13 milliards, notamment du côté des collectivités locales. Selon le rapport de la Cour, la situation est due à des choix politiques. Tout d'abord, les experts reprochent au gouvernement des « hypothèses de croissance optimistes qu'il a fallu plusieurs fois réviser à la baisse ». Par ailleurs, ce dérapage est à mettre sur le compte de la mise en place, jusqu'en 2023, de baisses d'impôts « non financées » et de « l'absence d'économies structurelles sur le cœur de la dépense publique ». Ces facteurs combinés se sont traduits, selon le gendarme des comptes, par une « perte de contrôle de la dépense publique ». Face à ce constat, le premier président de la Cour des comptes Pierre Moscovici menace : « Nous pourrions ne pas certifier les comptes 2025. »

    Fin mars, l’Insee a annoncé que l’écart entre les recettes et les dépenses publiques a atteint 5,8% du PIB en 2024. Il s’agit du déficit public le plus massif depuis la guerre en valeur absolue, à l’exception de celui de l’année 2020, au pic de la pandémie de Covid-19. En atteignant 3.305 milliards d’euros, l’endettement public est monté à 113% du PIB fin 2024, a annoncé l’Insee. La dette publique française avait passé le cap des 100 milliards d’euros en 1981, celui des 1.000 milliards en 2003, puis celui des 3.000 milliards en 2023.

    Dans son rapport sur le dérapage des finances publiques publié le 15 avril,la commission d'enquête de l'Assemblée nationale rappelle que pour 2024, la prévision initiale de déficit public du gouvernement Borne était de 4,4% du PIB, revue à 5,1% en avril dernier par le gouvernement Attal, puis à 6,1% par celui de Barnier. Au final, ce déficit public pour 2024 s'est établi à 5,8% du PIB. Les deux rapporteurs, le macroniste Mathieu Lefèvre et le président de l’Union des droites pour la République, allié du Rassemblement national, Éric Ciotti, ont des visions opposées sur ces chiffres. Le premier attribue ces erreurs aux services de Bercy, le deuxième les lie à des dissimulations politiques.

    Malgré les discours, et même si le déficit budgétaire s’atténue peu à peu, la dette ne va pas diminuer de sitôt. Dans le budget 2025, il est prévu qu’elle monte à 115,5% du PIB en fin d’année. Dans un scénario jugé réaliste par la Cour des comptes, le ratio d’endettement pourrait dépasser 125% du PIB en 2029 et s’approcher des 130% dès 2031. D’autres économistes évoquent des ratios de 160% voire 170%, si l’État choisit d’investir massivement, notamment dans la transition énergétique ou l’armement. « Il est plus que temps de freiner et de reprendre le contrôle de nos finances publiques. Faute de quoi, nous risquons la paralysie, puis l'accident », met en garde Pierre Moscovici.

    BILAN DE L’ACTION DIPLOMATIQUE DU PAPE

    Pape « du bout du monde », contrairement à ses prédécesseurs européens, Jorge Mario Bergoglio a déplacé l'axe diplomatique du Vatican vers les pays du Sud. De la dénonciation du système économique mondial, à la défense des migrants en passant par ses plaidoyers pour l'écologie, la paix, le dialogue avec l'islam, ou la lutte contre l'arme nucléaire, le pape François a été porté par une vision, inspirée de celui dont il avait choisi le nom, François d'Assise. À l'échelle internationale, appuyé sur un solide réseau diplomatique, ce dont rêvait François, c'était, « le renforcement du multilatéralisme, expression d'une coresponsabilité mondiale renouvelée, d'une solidarité fondée sur la justice et sur la réalisation de la paix et de l'unité de la famille humaine, projet de Dieu sur le monde ». Lui-même issu d'une famille de migrants - ses parents ont quitté l'Italie pour l'Argentine - François, dès le début de son pontificat, a pointé avec vigueur les drames de la migration. Son premier déplacement a eu lieu en juillet 2013, à Lampedusa, où il s'est indigné de la « mondialisation de l'indifférence », un thème clef de ce pontificat. Ce qui lui valu de sérieuses tensions avec l’Occident et en particulier les États-Unis.

    Partisan de la paix à tout prix et de la politique de l'apaisement, le pape considérait que « toute guerre est une défaite ». Même les guerres de libération ou de légitime défense. Car « il n'existe pas de guerre juste ». Pas même en Ukraine où François n’a eu de cesse jusqu’en mai 2022, d’appeler à l’arrêt des combats, se refusant à reconnaître la responsabilité de Vladimir Poutine et de la Russie, avançant que la « colère » du Kremlin avait pu être « facilitée » par « les aboiements de l’OTAN à la porte de la Russie ». Au Moyen-Orient, depuis le massacre du 7 octobre 2023, les relations entre le Saint-Siège et Israël étaient devenues de plus en plus difficiles. Le pape s’est vu notamment reprocher d’avoir tardé à exprimer son horreur face au massacre perpétré par le Hamas.

    Dans le droit fil de la tradition jésuite, le pape François a porté une attention très particulière aux 12 millions de catholiques de la République populaire de Chine. Sous son autorité, un accord secret a été signé en 2018 avec Pékin sur la nomination des évêques. Un accord qui a fait débat. Au chapitre des avancées diplomatiques, François a œuvré au rapprochement historique entre les États-Unis et Cuba et joué un rôle dans la réconciliation en Colombie ainsi que dans la libération d'enfants ukrainiens capturés par les Russes, tandis que le dialogue interreligieux aura progressé, notamment avec l’université al-Azhar du Caire.

    En revanche, bousculant l’Europe, « grand-mère stérile » et égoïste à ses yeux, le pape n'a réalisé aucune visite officielle dans les grands pays européens de tradition catholique, comme la France, l'Espagne ou l'Allemagne.

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  • Bada : Charlotte Hellman-Cachin (2/3)

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    Une conversation entre Charlotte Hellman-Cachin et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 21 mars 2025.

    Dans ce deuxième épisode, Charlotte Cachin explore la reconnaissance artistique de Paul Signac, chef de file de la peinture d’avant-garde, reconnu de son vivant en France et à l’étranger. Elle insiste sur son rôle de collectionneur passionné, mais aussi sur son engagement politique, soutenant notamment les artistes antifascistes. Elle évoque aussi la vie privée de Signac, longtemps restée dans l’ombre mais qu’elle met en avant dans son livre Glissez, Mortels, et son projet de mise à jour du catalogue raisonné pour mieux documenter l’œuvre de son arrière grand-père.

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    19 min
  • Thématique : le Caucase, avec Thorniké Gordadzé

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 février 2025.

    Avec cette semaine :

    • Thorniké Gordadzé, chercheur, universitaire, spécialiste du Caucase.
    • Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.
    • Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.
    • Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.

    THÉMATIQUE : LE CAUCASE, AVEC THORNIKÉ GORDADZÉ

    Thorniké Gordadzé est chercheur et universitaire. Franco-géorgien, il a dirigé le centre de recherche et d’études de l’Institut des hautes études de défense nationale ; il a également joué un rôle politique, comme ministre d’État pour l’intégration européenne et euro-atlantique de la République de Géorgie. Il enseigne actuellement à l’Institut d’études politiques de Paris et est chargé de programme pour le voisinage oriental et la mer Noire à l’Institut Jacques Delors.

    Le Caucase a toujours fait partie des zones d’influence russes puis soviétiques. L’intégration dans l’URSS des Républiques soviétiques de Géorgie, d’Arménie et d’Azerbaïdjan a ensuite permis à la Russie de contrôler entièrement cette région, gagnant ainsi un précieux accès à la mer Noire. Depuis la chute de l’Union soviétique, l’influence russe est partout remise en cause, en particulier sous la pression de révolutions populaires : révolution des roses en Géorgie, révolution orange puis de Maïdan en Ukraine. Le pays maintient néanmoins des liens forts avec ses anciens protecteurs, notamment par le biais de l’Organisation du traité de sécurité collective.

    Face à une population supportant de plus en plus mal le joug de Moscou, de nombreux pays ont fait le choix d’un tournant autoritaire pro-russe. Dans un entretien accordé en octobre 2024 au journal Libération, l’ex-présidente de la Géorgie, Salomé Zourabichvili, déclarait que le pays « [faisait] face au vol manifeste des élections », après la victoire contestée du parti pro-russe au pouvoir Rêve géorgien lors des élections législatives d’octobre 2024. Depuis, Mme Zourabichvili mène la contestation face au pouvoir en place. Depuis près de deux mois, de nombreux Géorgiens manifestent tous les soirs à Tbilissi, la capitale, pour protester contre un scrutin entaché d’irrégularités. Alors que la Russie occupe toujours militairement environ 20% de l’ancienne République soviétique, le Rêve géorgien, dirigé par le milliardaire Bidzina Ivanichvili, continue de promulguer des lois de plus en plus restrictives, éloignant un peu plus la perspective d’une adhésion à l’Union européenne.

    La Géorgie n’est pas le seul pays caucasien où l’influence de la Russie décline. La conquête du plateau du Haut-Karabakh par l’Azerbaïdjan en 2020, au cours d’une guerre brève mais sanglante, a révélé la faiblesse de Moscou qui n’a pas su protéger son traditionnel allié arménien. Le grand vainqueur de cette guerre a été l’Azerbaïdjan, qui a profité de son partenariat avec la Turquie pour prendre le dessus sur son voisin. Les relations entre Moscou et Bakou se sont encore dégradées avec la destruction en vol, par un tir russe, d’un avion de la compagnie Azerbaijan Airlines. Cet incident a été l’occasion pour Bakou de réaffirmer son rôle de puissance régionale, le pays étant riche de ses ressources pétrolières et gazières qu’elle exporte notamment vers l’Union européenne.

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  • Bada : Charlotte Hellman-Cachin (1/3)

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    Une conversation entre Charlotte Hellman-Cachin et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 21 mars 2025.

    Dans ce premier épisode, Charlotte Cachin raconte la jeunesse de son arrière-grand-père, Paul Signac, le célèbre peintre néo-impressionniste. Elle explore son parcours artistique, marqué par son intérêt pour les jeunes peintres et sa curiosité pour de nouvelles techniques. Elle met en avant un homme heureux et un anarchiste pacifiste, qui partage sa vie entre Paris et Saint-Tropez. Enfin, elle évoque sa vie privée, notamment sa relation avec Jeanne Selmersheim-Desgrange et son épouse Berthe Roblès, ainsi que la naissance de sa fille avec Jeanne.

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