Le Nouvel Esprit Public

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  • Si vous l’avez manquée : « Jamais frères », Ukraine - Russie, une tragédie post-soviétique (thématique)

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 octobre 2022.


    Avec cette semaine :

    • Anna Colin Lebedev, chercheuse spécialiste des questions post-soviétiques, maîtresse de conférences à l’université Paris-Naterre.
    • Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.
    • Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.
    • Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

    JAMAIS FRÈRES ? UKRAINE ET RUSSIE : UNE TRAGÉDIE POSTSOVIÉTIQUE

    Six mois après l’invasion russe en Ukraine, Anna Colin Lebedev, chercheuse française « d'origine soviétique », comme vous aimez à vous présenter, maîtresse de conférences à l'université Paris-Nanterre et spécialiste des sociétés post-soviétiques, dans votre ouvrage « Jamais frères ? (Le d’interrogation est important) Ukraine et Russie : une tragédie postsoviétique », vous vous attachez à déconstruire le mythe des « frères » slaves. Vous décryptez les similarités entre les sociétés russe et ukrainienne, le poids des traumatismes du XXe siècle et les trajectoires de plus en plus divergentes que les deux pays ont suivies depuis 1991.

    À l’époque de l’Union soviétique, vous rappelez-vous, la Russie était le centre, et l’Ukraine une périphérie. L’homogénéisation s’est faite en écrasant un certain nombre de différences, l’histoire commune avait été écrite en gommant certains aspects gênants qui ne rentraient pas dans le récit officiel. Les trajectoires contraires suivies par les sociétés russe et ukrainienne ne sont pas un argument suffisant pour expliquer la guerre entre les deux pays, observez-vous. Mais un certain nombre de sujets aident à comprendre ce qui se joue aujourd’hui. Sujets que vous passez au crible : rapport à l’histoire soviétique, construction d’une mémoire de la grande famine et de la Seconde Guerre mondiale, place des communautés juives et de la mémoire de la Shoah, rapport au pouvoir politique, rapport à la violence, place des langues. Votre livre décrit également la fracture entre les deux sociétés, lorsque Russes et Ukrainiens ont cessé, en 2014, de partager la même vision de ce qui se joue entre les deux pays, en Crimée et dans le Donbass. En 2022, la fracture s’est transformée en rupture.

    Ce qu’on présentait comme une fraternité, disent les Ukrainiens, s’est révélé un rapt. Côté russe, l’Ukraine serait une Russie transformée en anti-Russie par l’Occident hostile. La ligne de fracture que dessinent les deux discours montre bien, soulignez-vous, la nature existentielle d’une guerre qu’on ne peut réduire à une volonté de conquête territoriale ou d’accès à des ressources naturelles ou économiques. Existentielle, car pour l'Ukraine : soit elle parvient à vaincre la Russie - ce qui veut dire que Moscou renonce à toute prétention territoriale et d'influence sur l'Etat ukrainien - soit elle cesse d'exister. Contrairement à la société ukrainienne, la société russe, en grande partie aveugle à cette guerre conduite en son nom, n’a pas l'expérience de protestations qui auraient réussi. Vous dressez le portrait d'une société russe convaincue de son impuissance et soutenant sans enthousiasme une guerre qu'elle ne peut pas ou peu critiquer et qui ne réalise pas encore la profondeur de la déchirure, qui est pourtant entérinée du côté de l’agressé, l’Ukraine. Pour les Ukrainiens, désormais, tout ce qu’il pourrait y avoir de commun avec les Russes – la langue, les références culturelles partagées, la mixité, les souvenirs de l’époque soviétique - n’est plus vu que comme l’effet d’une domination ou d’une oppression. On avait pensé, à tort, les comptes de l’Union soviétique soldés lorsqu’elle s’était dissoute sans conflictualité majeure en 1991 écrivez-vous, le vrai prix à payer nous est donné aujourd’hui.

    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    1 hr 2 min
  • Bada : Si vous l’avez manqué : Bertrand Tavernier par Frédéric Bourboulon (1/3)

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    Hommage à Bertrand Tavernier. Tout au long de l’été, nous consacrons les rediffusions de nos badas à Bertrand Tavernier, les 23, 30 juillet et 6 août avec Frédéric Bourboulon, producteur de Bertrand Tavernier le 13 août avec Sophie Brunet, Monteuse, les 20 et 27 août avec Laurent Heynemann, Cinéaste et ancien assistant de Bertrand Tavernier, le 3 septembre  avec Jean Ollé-Laprune, historien du cinéma.

    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    31 min
  • Thématique : « Georges Pompidou l’intemporel », avec Jérémie Gallon

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 28 mai 2025.

    Avec cette semaine :

    • Jérémie Gallon, avocat, auteur de Georges Pompidou l’intemporel.
    • Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l’Intérieur.
    • Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.
    • Lucile Schmid, vice-présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.

    GEORGES POMPIDOU, L’INTEMPOREL

    En 1969 Georges Pompidou s’interrogeait sur la place que pourrait conserver la France dans l’avenir du monde et de la société et dans Georges Pompidou, l’intemporel, vous montrez qu’il n’a cessé de se battre pour maintenir la capacité de la France à rester maîtresse de son avenir. Pour lui, cette maîtrise de l’avenir ne pouvait se réduire à la quête du bien-être matériel. Ni le progrès technique, ni la hausse du niveau de vie ne pouvaient suffire à donner du sens à une nation. L’homme, écrivez-vous, a besoin d’une espérance collective, d’un horizon moral et politique.

    Vous expliquez aussi que Pompidou avait saisi la portée des bouleversements de Mai 68. C’était pour lui le signe avant-coureur d’une transformation profonde : l’effondrement des grandes structures d’encadrement (la famille, Église, patrie) annonçant une société d’individus livrés à eux-mêmes. Il redoutait que ce désengagement moral, combiné à une domination croissante de la science et de la technique, crée un vide politique et ouvre la voie à l’autoritarisme. Une intuition qui résonne fortement aujourd’hui.

    Mais vous montrez que Pompidou n’était pas un nostalgique. Il voulait moderniser la France, encourager l’innovation et l’industrialisation, mais sans jamais renoncer à la culture ni à l’exigence morale. Il appelait les Français à regarder en face leurs fragilités, non pour s’en plaindre, mais pour retrouver leur ambition. Pourtant, à la fin de sa vie, marqué par la maladie, il semble frappé par une inquiétude plus intime : et si, après avoir échappé à l’effondrement de 1940 et à la guerre civile de 1958, la France avait renoncé à la grandeur ?

    À travers votre livre, vous dessinez le portrait d’un homme d’État dont l’héritage interroge notre époque. Vous insistez sur son autorité morale, sa culture, son enracinement hors des grandes machines technocratiques. Pompidou, selon vous, incarne une époque où la politique pouvait encore être portée par ceux qui avaient le désir de servir et l’ambition d’élever leurs concitoyens.

    Vous soulignez aussi combien Pompidou attachait de l’importance à l’autorité politique fondée sur la culture, la responsabilité, et la compréhension du peuple. L'époque paraît si éloignée de cette conception et de cette réalité de l'autorité, la défiance envers les élites et la fragmentation démocratique sont si grandes que la première question qu'on est amené à vous poser en reprenant votre titre c'est  : « Georges Pompidou l'intemporel », ne serait-ce pas un oxymore ?

    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    59 min
  • Bada : Nouveau retour du pays de Donald Trump, avec Richard Werly

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    Une conversation entre Richard Werly et Philippe Meyer, enregistrée le 24 juin 2025.

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    38 min
  • Justice et politique : conversation entre Jean-Louis Bourlanges et Éric Dupond-Moretti

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 27 juin 2025.

    Avec cette semaine :

    - Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

    - Éric Dupond-Moretti, avocat, ancien Garde des Sceaux.

    JUSTICE ET POLITIQUE

    La condamnation de Marine Le Pen, le 31 mars dernier, à cinq ans d’inéligibilité immédiate et à quatre ans de prison, dont deux fermes, a marqué l’actualité des derniers mois et a suscité de nombreux débats sur la judiciarisation de la vie politique. L’ancienne candidate aux élections présidentielles avait en effet recueilli 41% des suffrages au second tour de 2022, preuve de son poids politique et de sa capacité à être élue en 2027. Cette éventualité achoppe désormais sur la décision des juges. De « certains juges » aiment à souligner ceux qui évoque un « gouvernement des juges » pour qualifier l’emprise des magistrats sur la vie politique du pays et donc une dégradation de la démocratie.

    Notons que l’on rappelle rarement que l’évolution du rôle des tribunaux a son origine dans une volonté de moralisation de la vie politique liée à de nombreuses affaires de corruption. Le mouvement actuel de remise en cause des décisions judiciaires est mondial, il est aussi divers, puisque ce « gouvernement des juges » est également dénoncé en Israël ou aux États-Unis, qu’il est fréquent dans les régimes illibéraux comme la Hongrie ou l’Argentine, mais il dépasse les frontières de ces États pour devenir un enjeu important dans toutes les démocraties et susciter d’importants débats dans les médias, mais aussi dans le monde universitaire ou chez les magistrats eux-mêmes.

    En France, le rapport du Sénat du 29 mars 2022 soulignait à la fois le renforcement de l’État de droit et un certain affaiblissement du système démocratique, en rappelant notamment qu’une majorité des Français estime que les juges sont « plutôt politisés et laxistes ». Cette majorité était de 70% en novembre 2023. Pour ouvrir cette conversation, je propose de nous arrêter sur un sujet de société plutôt que sur un sujet politique. C’est-à-dire sur la récente censure par le Conseil constitutionnel de cinq articles d’une loi (dite loi Attal) qui entendait durcir la justice des mineurs. Ces cinq articles censurés portaient sur l’instauration d’une procédure de comparution immédiate pour les mineurs de 16 ans et plus déjà connus de la justice ayant commis une infraction punie de plus de trois ans de prison, sur l’extension des possibilités de recours à une audience unique. Sur l’inversion, pour les mineurs de 16 ans et plus récidivistes, du régime en matière d’atténuation des peines, c’est-à-dire l’excuse de minorité, en faisant de l’atténuation des peines l’exception et non plus le principe. Sur l’allongement de la durée de la détention provisoire à un an pour les mineurs de plus de 16 ans poursuivis pour certains délits et crimes terroristes ou commis en bande organisée. Et enfin, sur la possibilité de placer en rétention un mineur n’ayant pas respecté une mesure éducative judiciaire provisoire. Éric Dupond-Moretti, comment analysez-vous cette censure au regard de la question de la judiciarisation de la vie politique ?

    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    1 hr 4 min
  • Bada : Timothé Guillotin, éditeur (3/3)

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    Une conversation entre Timothé Guillotin et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 16 mai 2025.

    Dans ce troisième épisode, Timothé Guillotin revient sur la création du prix du roman non publié, qui attire dès sa première édition plus de 500 manuscrits, en littérature blanche comme en littérature noire. Il insiste sur l’importance, pour les auteurs, de bien cibler les maisons d’édition avant d’envoyer leur texte, défend une ligne éditoriale ouverte à des romans qui sortent des sentiers battus, permettant à sa jeune maison de se démarquer des grandes structures par la créativité plutôt que par la notoriété. Il évoque également la collaboration avec David Baverez, dont le livre, publié dans des délais très courts pour des raisons de promotion, a bénéficié d’une écoute et d’une réactivité que l’auteur aurait eu des difficultés à trouver ailleurs.

    Il évoque les enjeux logistiques et commerciaux de l’édition, en particulier la distribution. Il raconte le parcours des éditions Novice, d’un premier partenariat avec un diffuseur indépendant à la collaboration actuelle avec Geodif, du groupe Eyrolles, rendue possible grâce aux premiers succès de la maison. Il souligne l’importance des campagnes en ligne et des réseaux sociaux pour atteindre un large public avec un petit budget. Il revient aussi sur un paradoxe du métier : beaucoup souhaitent être publiés, mais peu lisent. Pour lui, tout repose sur la capacité à aller chercher les lecteurs et à susciter leur curiosité. Il insiste sur l’intérêt d’être parmi les premiers sur un sujet pour créer l’événement. Enfin, il dresse un aperçu de l’équipe : six associés, une vingtaine de prestataires, et dix livres publiés en 2024, dont six essais et quatre romans.

    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    35 min
  • « C’est Nicolas qui paie » : l’amorce d’un conflit intergénérationnel

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 4 juillet 2025.

    Avec cette semaine :

    • Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
    • Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l’Intérieur.
    • Antoine Foucher, consultant, spécialiste des questions sociales, auteur de Sortir du travail qui ne paie plus.
    • Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.

    C’EST NICOLAS QUI PAIE » : L’AMORCE D’UN CONFLIT INTERGÉNÉRATIONNEL

    Travail, écologie, sexualité, politique, racisme, laïcité, tant autour des questions sociales que dans le champ des valeurs, tout séparerait les jeunes de leurs aînés. Les « boomers » auraient « cramé la caisse » et la planète. Leurs successeurs seraient paresseux, instables, égoïstes, trop radicaux. L’expression « OK, boomer », apparue en 2018 et largement répandue sur les réseaux sociaux, résume à elle seule ce « clash intergénérationnel ». En cause : la montée de l’individualisme, l’accélération des changements technologiques et l’inversion opérée dans la transmission traditionnelle des savoirs. Avec le Covid, la génération Z - née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010 – se serait sentie sacrifiée pour protéger les boomers. La crise écologique a créé des éco-anxieux qui demandent des comptes. C’est sur le front des conditions économiques que les tensions sont les plus vives : dans un État consacrant plus de budget à la retraite (379 milliards d’euros en 2023, 13,4 % du PIB, selon le rapport du Conseil d’orientation des retraites) qu’à sa jeunesse (190 milliards d’euros pour l’éducation en 2023, 6,7 % du PIB), celle-ci est contrainte de composer avec un chômage structurel, des inégalités sociales croissantes et un État de moins en moins providence et protecteur, constate Salomé Saqué, dans son livre Sois jeune et tais-toi.

    Alors que la CFDT comme le Medef commencent à s’inquiéter d’un risque de conflit intergénérationnel, dans son rapport d’avril, la Cour des comptes a alerté sur la nécessité de veiller à l'équité intergénérationnelle des systèmes de retraites. Compte tenu du vieillissement de la population et de la baisse de la natalité, pour éviter que les écarts ne se creusent, la Cour note l'intérêt de mieux piloter le système global avec des clauses de revoyure. Le rapport entre actifs et retraités ne cesse de se dégrader : de trois actifs pour un retraité au début des années 1980, ce ratio est passé à 2,1 actifs pour un retraité en 2000 et à 1,7 cotisant pour un retraité en 2021. Il devrait encore décliner d’ici à 2050 pour passer à 1,5 cotisant pour un retraité. Dans un tel contexte, le système de retraites par répartition apparaît de moins en moins à même de générer un niveau de pensions suffisant.

    Depuis quelques mois, Nicolas, trente ans, un personnage fictif devenu un mème populaire sur les réseaux sociaux incarne le « ras-le-bol fiscal » d'une partie de la jeune génération. Notamment sur X et à droite, dès qu'un article de presse relaie une information impliquant une dépense de l'État, le commentaire surgit : « C'est Nicolas qui paie. » Nicolas (prénom le plus donné aux garçons en 1995) se veut emblématique de la génération des jeunes actifs trentenaires, supposés écrasés d'impôts pour financer les croisières de « Bernard et Chantal », retraités de 70 ans, et le RSA de « Karim », jeune immigré de 25 ans, autres personnages fictifs. « Il n'y a pas de caractère inédit concernant les contestations fiscales, souligne l'économiste Erwann Tison. Ce qui est nouveau, c'est le côté générationnel ».

    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    1 hr 2 min
  • Bada : Timothé Guillotin, éditeur (2/3)

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    Une conversation entre Timothé Guillotin et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 16 mai 2025.

    Dans ce deuxième épisode, Timothé Guillotin raconte la création de sa maison d’édition, Novice. Il revient sur les discussions menées avec le patron du Cherche-Midi et d’autres figures du monde de l’édition, ainsi que sur l’influence décisive de Pascal Grégoire. Il présente sa vision d’une maison ouverte, généraliste et grand public, articulée autour de l’événementiel, de la communication et du lien direct avec les auteurs. Il revient enfin sur le lancement du prix du roman non publié, son partenariat avec les espaces culturels Leclerc, et les premiers succès éditoriaux, notamment les guides et carnets d’écriture.

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    18 min
  • Le conclave sur les retraites / La guerre USA-Iran

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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 27 juin 2025.

    Avec cette semaine :

    • Jean-Louis Bourlanges, essayiste.
    • Antoine Foucher, consultant, spécialiste des questions sociales, auteur de Sortir du travail qui ne paie plus.
    • Lucile Schmid, vice-présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.
    • Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

    LE CONCLAVE SUR LES RETRAITES

     

    Le « conclave » sur les retraites, voulu par le Premier ministre pour désamorcer les tensions autour de la réforme de 2023, s'est soldé par un « échec » a annoncé lundi la CFDT, marquant la fin de quatre mois de discussions infructueuses entre partenaires sociaux. Les discussions au sein de ce conclave, qui réunissait le Medef, la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises), la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC, visaient à adoucir l'impopularité de la réforme Borne de 2023, qui a relevé l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Au-delà des considérations sociales, l'objectif était également d'assurer la pérennité financière d'un système qui anticipe un déficit de 6,6 milliards d'euros en 2030. Pour les organisations patronales, toute concession sur la pénibilité devait s'inscrire dans un cadre garantissant cet équilibre, tandis que les syndicats insistaient sur la nécessité de compenser les carrières hachées et les impacts physiques des métiers les plus exigeants. Sur la question de l'âge, sujet sensible de la réforme Borne, l'hypothèse d'un retour de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans avait pourtant été enterrée par les syndicats. Dans le texte rédigé par l'animateur des débats, les représentants de salariés avaient obtenu le recul de l'âge de la décote (celui à partir duquel les assurés ont droit à une pension à taux plein, même s'ils n'ont pas le nombre de trimestres requis pour y être éligibles) à 66 ans et demi (contre 67 ans aujourd'hui).

    Selon l'étude Elabe réalisée pour l'Association française de la gestion financière (AFG) dévoilée mardi, les ménages semblent prêts à une vraie évolution du système : 47 % des Français se déclarent en faveur de la généralisation de plans d'épargne retraite par capitalisation en complément du système de retraite par répartition. Les « cadres » sont favorables à cette idée à 65 %, tout comme les ménages avec « une forte capacité d'épargne » à 64 % et les « investisseurs » à 56 %. Seules 18 % des personnes interrogées se montrent réfractaires à l'idée.  L'enjeu financier des retraites est considérable : les pensions représentent près de 14% du PIB, 40% de la dépense sociale et un quart de la dépense publique. Le Conseil d'orientation des retraites indique, dans son rapport de juin, que l'évolution des dépenses de retraites « explique à elle seule une grande partie de la progression des dépenses publiques depuis 2002 ». Si le pays peine à financer ses services publics, c'est parce qu’il a préféré ses retraites alors que les évolutions démographiques ont bouleversé l'équilibre : il n'y a plus que 1,7 actif pour 1 retraité, tandis que le ratio était de 4 pour 1 en 1950. Le COR en tire la conclusion qu'il faudra reculer encore l'âge de la retraite.

    Mercredi, François Bayrou a affirmé que le conclave n’était « pas un échec » et présenté jeudi le résultat des discussions après avoir « tranché » sur« les désaccords ».

    LA GUERRE USA-IRAN

     

    L'attaque américaine, menée dans la nuit de samedi à dimanche derniers sur l'Iran, a été « intentionnellement limitée » à des cibles nucléaires et ne visait pas un changement de régime, a déclaré dimanche le Pentagone. Avec l'opération Midnight Hammer (Marteau de minuit), Donald Trump a exploité une fenêtre d'opportunité après qu'Israël a presque réduit à néant les alliés régionaux de l'Iran (Hamas, Hezbollah) puis les défenses iraniennes. S'il proclame toujours vouloir la paix, Donald Trump n'hésite pas dégainer. Il l'avait fait à trois reprises au cours de son premier mandat : contre la Syrie, après des attaques chimiques, en avril 2017 puis en avril 2018, enfin en ordonnant un assassinat ciblé à Bagdad contre le général iranien Soleimani, chef des forces spéciales des Gardiens de la Révolution, en janvier 2020. Toutefois, jusqu'à dimanche, il s'agissait d'opérations limitées.

    Dimanche, le président américain a annoncé que les trois sites de Natanz, Fordo et Ispahan avaient été « totalement anéantis ». Une affirmation difficile à confirmer, les cibles étant souterraines. Le général Dan Caine, chef d'état-major des armées américaines s'est montré plus prudent, comme le vice-président JD Vance. Selon les « premières évaluations du champ de bataille », a dit le soldat, les sites visés ont subi « de sévères dommages et destructions ».  Un document classé confidentiel du renseignement américain, relayé par CNN et le  New York Times, suggère que  les frappes américaines sur l'Iran  auraient retardé son programme nucléaire de seulement quelques mois, sans le détruire complètement. Jeudi, l’ayatollah Khamenei a affirmé que Donald Trump a « exagéré » l’impact des frappes américaines sur le territoire iranien.

    En représailles, lundi, l’Iran a attaqué la base aérienne américaine d’Al-Udeid, au Qatar. Treize missiles ont été interceptés sans difficulté selon l’armée, tandis qu’un autre s’écrasait sans dégâts. La base, qui en temps normal accueille près de 10 000 soldats, était très largement dépeuplée. Pour Téhéran, « la priorité était de retrouver les voies de la négociation afin de sauver le régime », estime le chercheur Bernard Hourcade, spécialiste de la République islamique. Selon lui, « les dirigeants iraniens ne voulaient pas couper les ponts avec Donald Trump, car ils savent que c'est lui qui peut arrêter la guerre avec Israël ». Via le Qatar et probablement Oman, Téhéran avait averti les États-Unis de ses tirs de missiles contre la base aérienne américaine, afin qu'il n'y ait pas de victimes. Ce fut le cas.

    Mardi, Israël et l’Iran ont déclaré accepter l’initiative américaine de cessez-le-feu.Tandis que les membres de l’administration Trump revendiquent une réussite totale, les questions s’accumulent sur le sort des quelque 400 kg d’uranium hautement enrichi dont disposait l’Iran. Cette question sera au centre des négociations qui devraient s'ouvrir prochainement entre l'Iran et les Occidentaux, via l'Agence internationale à l'énergie atomique (l’AIEA), dans l'espoir de tourner durablement la page de la guerre.

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  • Bada : Timothé Guillotin, éditeur (1/3)

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    Une conversation entre Timothé Guillotin et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 16 mai 2025.

    Dans ce premier épisode, Timothé Guillotin revient sur son parcours atypique, de sa jeunesse en Bretagne à la fondation des éditions Novice, maison spécialisée dans la publication de manuscrits refusés. Il évoque son passage par une école de théâtre, son expérience de comédien, puis son orientation vers le journalisme culturel. Il raconte comment il est devenu éditeur, partage sa vision du métier, son regard critique sur le rôle des attachés de presse, et insiste sur l’importance d’un vrai dialogue entre auteur et éditeur.

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