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En octobre 2022, Annie Ernaux a reçu le prix Nobel de littérature, en tant que première femme française, « pour le courage et l'acuité clinique avec lesquels elle découvre les racines, les étrangetés et les contraintes collectives de la mémoire personnelle ». Avec des livres comme Les Années, Une femme et L'Événement, qui font tomber les barrières entre autobiographie, fiction et sociologie, Ernaux a gagné un large lectorat dans le monde entier, et a agrandi ce qui est considéré comme un langage littéraire. D'une écriture économique et non sentimentale, elle fait émerger des expériences collectives à travers des histoires personnelles, et montre comment la classe, le genre et les structures sociales nous façonnent, et comment des événements apparemment mineurs peuvent changer toute une vie.
Les livres d'Ernaux sont à la fois une archéologie personnelle et une analyse sociologique, et montrent comment ce qui est profondément personnel, aussi toujours est politique. La double conscience de classe occupe une place centrale dans son expérience et son œuvre. Elle s'est décrite comme une « émigrante de classe » ou une « transfuge de classe », quelqu'un qui a quitté le monde de la classe ouvrière sans pour autant trouver complètement sa place dans la bourgeoisie.
Cet automne, Ernaux a deux nouvelles publications en norvégien, toutes deux traduites par Henninge Margrethe Solberg. L'Autre fille est écrite comme une lettre à la sœur qu'elle n'a jamais rencontrée, un texte sur le manque, la culpabilité et comment le silence familial peut être aussi formateur que ce qui est effectivement dit. Dans Les Armoires vides, le premier roman d'Ernaux de 1974, s'établit la voix implacable et profondément existentielle qui devait marquer toute son œuvre. Y est racontée l'histoire d'une jeune femme qui tente de surmonter l'expérience d'un avortement illégal, et qui doit démêler le passé pour comprendre comment son éducation a façonné son identité.
De retour à la Maison de littérature, Ernaux a rencontré Kjerstin Aukrust, maître de conférences en littérature française à l’Université d’Oslo, pour une conversation sur la classe, le travail de mémoire et sur comment l'écriture peut devenir une forme d'archéologie de sa propre vie.
La conversation a eu lieu dans la Salle des fêtes de l'Université d’Oslo.
Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.
By The House of Literature in Oslo - Litteraturhuset5
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En octobre 2022, Annie Ernaux a reçu le prix Nobel de littérature, en tant que première femme française, « pour le courage et l'acuité clinique avec lesquels elle découvre les racines, les étrangetés et les contraintes collectives de la mémoire personnelle ». Avec des livres comme Les Années, Une femme et L'Événement, qui font tomber les barrières entre autobiographie, fiction et sociologie, Ernaux a gagné un large lectorat dans le monde entier, et a agrandi ce qui est considéré comme un langage littéraire. D'une écriture économique et non sentimentale, elle fait émerger des expériences collectives à travers des histoires personnelles, et montre comment la classe, le genre et les structures sociales nous façonnent, et comment des événements apparemment mineurs peuvent changer toute une vie.
Les livres d'Ernaux sont à la fois une archéologie personnelle et une analyse sociologique, et montrent comment ce qui est profondément personnel, aussi toujours est politique. La double conscience de classe occupe une place centrale dans son expérience et son œuvre. Elle s'est décrite comme une « émigrante de classe » ou une « transfuge de classe », quelqu'un qui a quitté le monde de la classe ouvrière sans pour autant trouver complètement sa place dans la bourgeoisie.
Cet automne, Ernaux a deux nouvelles publications en norvégien, toutes deux traduites par Henninge Margrethe Solberg. L'Autre fille est écrite comme une lettre à la sœur qu'elle n'a jamais rencontrée, un texte sur le manque, la culpabilité et comment le silence familial peut être aussi formateur que ce qui est effectivement dit. Dans Les Armoires vides, le premier roman d'Ernaux de 1974, s'établit la voix implacable et profondément existentielle qui devait marquer toute son œuvre. Y est racontée l'histoire d'une jeune femme qui tente de surmonter l'expérience d'un avortement illégal, et qui doit démêler le passé pour comprendre comment son éducation a façonné son identité.
De retour à la Maison de littérature, Ernaux a rencontré Kjerstin Aukrust, maître de conférences en littérature française à l’Université d’Oslo, pour une conversation sur la classe, le travail de mémoire et sur comment l'écriture peut devenir une forme d'archéologie de sa propre vie.
La conversation a eu lieu dans la Salle des fêtes de l'Université d’Oslo.
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