Les Coulisses de l'économie

Les Coulisses de l'économie

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Les Coulisses de l'économie episodes

  • La théorie de la valeur : pourquoi une bouteille d’eau peut valoir de l’or

    Aujourd'hui dans les "Classiques de l'économie", Nathalie Janson se penche sur une question fondamentale qui a occupé les économistes pendant des siècles : qu'est-ce qui détermine la valeur d'un bien ?

    Elle retrace l'évolution de la pensée économique sur cette question. Jusqu'à la révolution marginaliste de la fin du 19e siècle, la théorie dominante était celle de la valeur-travail, selon laquelle la valeur d'un bien était liée à la quantité de travail nécessaire pour le produire. Mais cette théorie montrait rapidement ses limites, comme le souligne Nathalie Janson à travers l'exemple d'un artisan qui passerait des mois à fabriquer une chaise que personne ne voudrait acheter.

    C'est la révolution marginaliste, portée par des économistes comme Jevons, Menger et Walras, qui va résoudre cette apparente incohérence. Ils montrent que la valeur ne dépend pas du travail incorporé dans le bien, mais de l'utilité que ce bien procure à celui qui le désire au moment où il le désire. Le concept clé est celui d'utilité marginale : ce qui compte, ce n'est pas l'utilité totale de l'eau en général, mais l'utilité de l'unité supplémentaire que l'on consomme, dans des conditions précises.

    Cela explique pourquoi l'eau, pourtant indispensable à la vie, peut être très bon marché en temps normal et devenir très chère en situation de rareté. Le prix n'est pas arbitraire, mais résulte de la rencontre entre des préférences subjectives et des contraintes objectives comme la rareté du bien, son coût de production ou la concurrence.

    Cette théorie subjective de la valeur a également des implications sur la lecture du rapport entre salaires et profits. Là où la théorie marxiste voyait le profit comme une part prélevée sur le travail du salarié, la théorie marginaliste montre que le salaire dépend de la productivité marginale du travail, tandis que le profit rémunère la prise de risque, l'anticipation, l'investissement et l'innovation.

    Comme le souligne Nathalie Janson, la valeur n'est donc pas dans les choses, mais dans le signal qu'elle envoie sur les désirs des individus ici et maintenant.

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    5 min
  • Modèles bancaires européens et américains : le choix entre stabilité et dynamisme

    Dans cet épisode du podcast "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson explore les différences fondamentales entre les modèles bancaires européen et américain.

    Elle commence par expliquer les deux principaux modèles à l'œuvre : le modèle « originate-to-hold », où la banque accorde un crédit et le conserve jusqu'à son remboursement, et le modèle « originate-to-distribute », où la banque revend les crédits qu'elle a accordés à des investisseurs sur les marchés financiers.

    Elle explique que l'évolution des banques américaines vers ce second modèle s'est produite dans les années 1980, face à une concurrence croissante des marchés monétaires qui ont permis aux grandes entreprises et aux ménages de se financer directement sans passer par les banques. Celles-ci ont dû alors trouver de nouvelles sources de revenus, notamment à travers la titrisation, qui consiste à transformer des crédits en titres financiers négociables.

    Nathalie Janson souligne que ce modèle a permis d'augmenter le volume de crédits accordés, mais peut aussi créer des problèmes d'incitation pour les banques, qui peuvent être tentées de se montrer moins attentives à la qualité des emprunteurs si elles savent qu'elles vont revendre les crédits. C'est l'une des leçons de la crise des subprimes.

    La professeure compare ensuite les performances des deux modèles. Si le modèle américain est généralement plus rentable, avec un ROE moyen de 12% contre 10% en Europe, le modèle européen est souvent plus stable, reposant sur une relation bancaire de long terme avec le client. Cependant, il est aussi moins agile et plus consommateur de capital.

    En conclusion, la professeure d'économie souligne que les deux modèles présentent des avantages et des inconvénients : le modèle européen est plus résilient et stable, tandis que le modèle américain accélère le financement de l'économie, au risque parfois de faire des sorties de route.

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    5 min
  • La vision pionnière de François Quesnay, le médecin derrière les premières représentations d'ensemble de l'économie

    Aujourd'hui dans "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson dresse le portrait de François Quesnay, médecin du roi Louis XV. Il n'était pas économiste de profession, et pourtant, cet homme du XVIIIe siècle a eu une intuition remarquable sur le fonctionnement de l'économie.

    Avec son fameux « tableau économique », il a proposé l'une des premières représentations d'ensemble de l'économie, bien avant les tableaux entrées-sorties et le calcul du PIB. Il a compris que l'économie n'est pas seulement une addition de fortunes individuelles, mais un véritable circuit où la richesse se crée, circule, se distribue, puis revient alimenter la production.

    Contrairement à l'idée reçue, François Quesnay n'était pas un simple théoricien. Confronté aux difficultés économiques de la France de son époque, il a cherché à comprendre pourquoi un pays aussi vaste et fertile ne s'enrichissait pas davantage. C'est ainsi qu'il a développé la théorie physiocrate, selon laquelle seule l'agriculture produit un « produit net », c'est-à-dire un surplus créateur de richesse réelle.

    Bien que cette vision soit aujourd'hui dépassée, l'intuition du médecin reste essentielle : il faut distinguer le chiffre d'affaires de la valeur ajoutée, cette richesse nette créée par chaque entreprise. C'est ce concept de valeur ajoutée qui est au cœur de la comptabilité nationale et du calcul du PIB.

    Au-delà de cette découverte fondamentale, le médecin économiste a aussi eu l'idée révolutionnaire de représenter l'économie comme un système interdépendant, où la dépense des uns devient le revenu des autres dans un flux circulaire. Une vision qui a inspiré de nombreux autres économistes, d'Adam Smith à John Maynard Keynes.

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    5 min
  • Cryptomonnaie : peut-on vraiment parler de Far West ?

    Dans cet épisode du podcast "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson fait le point sur la cryptomonnaie, les nouvelles devises utilisées par les milieux criminels.

    Elle explique que malgré les idées reçues, les cryptomonnaies ne sont pas l'outil privilégié des activités illégales, qui préfèrent encore l'argent liquide. Cependant, elle souligne l'émergence de nouvelles tendances inquiétantes comme la hausse des arnaques et le rôle grandissant des États sous sanctions. La journaliste revient également sur les efforts de régulation en cours pour encadrer ce secteur et lutter contre les dérives.

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    6 min
  • Chômage : le marché du travail se dégrade-t-il vraiment ?

    Dans ce nouvel épisode du podcast "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson décrypte les chiffres du chômage en France.

    Bien que le taux de chômage soit reparti à la hausse, le taux d'emploi reste stable, proche de son plus haut historique. Cela s'explique par une augmentation du taux d'activité, notamment chez les seniors. Elle explique pourquoi le chômage n'est pas le seul indicateur à prendre en compte pour évaluer la santé du marché du travail.

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    5 min
  • Pourquoi la natalité est-elle devenue un sujet économique central ?

    Aujourd'hui dans "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson pour évoquer la baisse de la natalité en France et ses implications économiques.

    La professeure d'économie commence par expliquer que la démographie n'est pas seulement une affaire privée, mais aussi un enjeu macroéconomique essentiel. Avec moins d'enfants aujourd'hui, c'est moins d'actifs demain, ce qui se traduit par une baisse de la production, des cotisations et des financements pour les retraites, la santé et la dette publique. La France, longtemps exception européenne avec un taux de natalité dynamique, voit désormais ce phénomène s'effriter.

    Quels sont les principaux freins à la natalité ? Elle identifie plusieurs facteurs, notamment sociologiques : les études plus longues, l'entrée tardive dans l'emploi stable, les aspirations professionnelles des femmes, l'incertitude économique, l'éco-anxiété et la difficulté de former des couples. Mais un facteur concret se dégage également : le manque de mètres carrés disponibles pour accueillir de nouvelles familles.

    C'est dans ce contexte que le groupe parlementaire LIOT a proposé un prêt à taux zéro pour aider les familles à acheter ou agrandir leur logement dès le test de grossesse positif et jusqu'aux 5 ans de l'enfant. Nathalie Janson analyse cette mesure avec un regard d'économiste. Si elle reconnaît que cette proposition a le mérite de prendre en compte la problématique du logement, elle souligne également ses limites.

    En effet, cette mesure agit sur la demande, mais ne crée pas de nouveaux logements. Dans un marché immobilier tendu, où l'offre est rigide, cela risque de faire monter les prix, au détriment des familles que l'on voulait aider. Selon elle, la vraie solution passe par une politique volontariste de construction et de libération de l'offre de logements, avant même de faciliter le financement.

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    4 min
  • Pourquoi la question du chemin de fer au Royaume-Uni est-elle si compliquée ?

    Aujourd'hui dans "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson évoque l'histoire mouvementée du rail britannique, passant de la privatisation à la nationalisation, avec des résultats mitigés. Elle revient sur les enjeux de la gestion des chemins de fer en Grande-Bretagne.

    Au 19ème siècle, le rail est une véritable aventure industrielle. Mais très vite, un problème apparaît : le rail est considéré comme un monopole naturel, car il est difficile de construire plusieurs lignes parallèles. C'est pourquoi de nombreux pays ont nationalisé le rail au 20ème siècle, comme la France avec la création de la SNCF en 1938 ou le Royaume-Uni avec la British Rail en 1948.

    Cependant, le monopole public a aussi ses défauts. Sans concurrence, une entreprise publique peut perdre en efficacité, les coûts augmentent, l'innovation ralentit et la qualité de service se dégrade. C'est pourquoi dans les années 90, le Royaume-Uni a choisi de reprivatiser son rail, en séparant l'infrastructure des services de transport. L'objectif était de discipliner les coûts et d'améliorer la qualité de service.

    Mais ce système a rapidement montré ses limites. Quand tout est fragmenté, chacun optimise son contrat mais personne ne pilote vraiment l'ensemble. L'accident de Hatfield en 2000 a ainsi révélé une maintenance trop externalisée et des responsabilités éclatées.

    La nationalisation n'est pas non plus la solution miracle, comme le montre l'exemple de l'Allemagne où la Deutsche Bahn, pourtant largement publique, est devenue le symbole du train en retard en Europe. Le sous-investissement, la bureaucratie et les mauvais choix de gouvernance peuvent aussi impacter la gestion publique.

    Alors, existe-t-il un modèle privé qui fonctionne ? Oui, dans une certaine mesure, comme au Japon où les grandes compagnies régionales ont intégré le rail et le train, en exploitant les trains, les gares et les infrastructures. Elles captent ainsi une partie de la valeur créée par le train.

    Finalement, le Royaume-Uni semble revenir vers une renationalisation du rail, un choix complexe qui illustre bien les défis de la gestion des chemins de fer.

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    5 min
  • Ben Bernanke, l'économiste aux commandes de la Fed pendant la crise des subprimes en 2008

    Dans ce nouvel épisode du podcast "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson dresse le portrait de l'économiste Ben Bernanke, l'ancien président de la Réserve fédérale américaine, dont il a été aux commandes au moment de la crise des subprimes en 2008.

    Comment a-t-il réussi à éviter une nouvelle dépression dans un contexte de panique bancaire ? Quels ont été les outils non conventionnels mis en place par la Fed pour relancer le crédit et sauver l'économie ? Son action a-t-elle fait consensus ou fait-elle encore débat aujourd'hui ?

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    5 min
  • Pourquoi le SMIC devient-il un plafond de verre ?

    Aujourd'hui dans "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson analyse les raisons pour lesquelles le salaire minimum en France tend à devenir un plafond de verre.

    Elle explique comment les mécanismes de revalorisation automatique du SMIC, combinés à une faible progression de la productivité, ont conduit à une compression de l'échelle des salaires, avec le SMIC devenant un point d'ancrage pour une part importante des rémunérations. Elle aborde également les conséquences de ce phénomène sur l'emploi et les incitations pour les entreprises.

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    5 min
  • Incidence fiscale à Biarritz : la taxe qui rapporte moins que prévu

    Aujourd'hui dans "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson analyse les conséquences inattendues d'une taxe sur les résidences secondaires à Biarritz.

    Malgré une augmentation du taux, la commune a en réalité subi un manque à gagner d'un million d'euros. Une leçon sur l'importance de l'incidence fiscale et la capacité des contribuables à s'adapter aux changements de réglementation.

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    5 min

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Vous adorez l'économie et vous souhaitez en savoir plus ? Découvrez les Coulisses de l'économie à 6h15 du lundi au vendredi. L’économiste Emmanuel Combe vous fait traverser le miroir et livre une…

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