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Serge de Diaghilev, Vaslav Nijinski, Igor Stravinsky ou Léon Bakst, Michel Fokine, Tamara Karsavina… des noms, beaucoup de noms devenus légendes.
L’oiseau de feu, Shéhérazade, Le sacre du printemps… des œuvres devenues clefs d’un monde envoûtant et magnifié, celui de l’avant-guerre – de 1914/1918 – à Paris, le monde du spectacle qui est celui de l’art, de la pensée ; couleur et mouvement, révolution esthétique et surtout jeunesse et convergences d’exilés, Babel heureuse pour une ville où tout converge.
Je préfère dire « fragments », car je ne ferai pas le tour des saisons des Ballets Russes ni de leurs révolutions. Je vais nous poser sur quelques épisodes de leur arrivée à Paris ; quelques instantanés des années 1910, 1911…
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« Le vieux peintre Wang-Fô et son disciple Ling erraient le long des routes du royaume de Han. »
Ainsi commence la première des Nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar.
La Chine ancienne suscite devant nos yeux des images comme des effacements. Avec le vieux peintre Wang-Fô, nous allons partir sur ces bords, dans ces lointains de mondes créés parce que rêvés, où flotte la question du beau comme vérité. Le réel n’est rien. Seul ce qui entre les cils…
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Presque l’été, et déjà l’envie de ce qui court, s’échappe, rafraichit, fait sourire et roule. L’eau, non plus celle seulement, des rivages dont je parlais dans une émission récente, mais l’eau des ricochets pour le plaisir sans mélange, d’échappées, réellement. Images, chansons, deci-delà, comme ci et comme ça…
L’eau vive, quelle belle association de mots ! On y est, on en est, de cette vivacité vibrionnante, petit filet discret ou cascade sur les pierres. Une image du bonheur.
Un livre de Jean Giono, un film : « Des Alpes à Avignon, la Durance ne dort jamais dans son lit ». Pagnol aussi, la Manon des sources, fille de Jean de Florette. L’eau qui manque, l’effort sous le soleil. Et puis l’eau des fontaines nocturnes dans les villes, celle des fleuves emportés, les cours d’eau des peintres… Toute cette eau, la boire avec l’été qui vient.
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Ce qui fascine la nuit, ce dont nous avons besoin, c’est de percevoir la lumière, non pas celle, plein feu, de nos réalités charnelles, mais les trouées, les transparences, le lunaire en filet dans la masse liquide des bleus sombres. La nuit n’est pas noire, elle est miroitement du ciel sur la terre et sur nos profondeurs. Rêve, peurs, attirance. Cesser de voir pour entrevoir, de l’intérieur à l’espace sans fin de ce qui est mystère.
René Char, Georges de la Tour, La nuit transfigurée, l’aurore aux doigts de rose…la poésie est action, et la nuit, une attente.
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Quand on a 17 ans.
Une promenade qui oscille entre des états d’âges un peu flous, cette idée qu’on se fait de l’adolescence, ou de quelque chose en soi qui s’accroche à l’enfance, ou bien encore ce mal-être dont on parle sans le définir, qui résiste au temps qui passe, mais prend racine dans le désir fou de grandir et de se plonger dans les combats du monde. Un trop plein d’imaginaire.
17 ans, qu’est-ce que c’est ? Tout ça, quelque part. Cet âge-là ou un autre, ce flou du dessin qui contraste avec le tranché du vouloir, être, absolument. Alors les couleurs varient. Elles sont pleines d’air et de soleil, ou de sombre violence, ou de gris tendre et vague.
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Trois contes. Un cœur simple est le premier. L’incipit : Pendant un demi-siècle, les bourgeoises de Pont-l’Evêque envièrent à Mme Aubain sa servante Félicité. « La nature est à l’intérieur », disait Cézanne.
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Aujourd’hui je prends le risque d’un vaste pluriel de croisements possibles, d’œuvres et de personnages, dans cette échappée vers les rivages. A l’image du vent qu’on imagine, les falaises, les horizons larges, ou bien les verts au calme trompeur des rivières, des étangs… et devant, figées, happées, ou marchant à grands pas : des femmes.
Silhouettes des peintres, héroïnes tourmentées des récits romanesques. On les trouve Souvent au 19ème siècle, mais elles sont là déjà bien avant, et aussi après, et toujours… le féminin comme figure face à l’eau. Les cieux comme reflet d’elles ; le besoin de boire.
Elles se mélangent dans notre imaginaire. Elles sont le motif.
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Un tramway va de la ville à la plage, sur une distance de 15 kms, s’arrête sur le sable, et revient… Une ville et une côte méditerranéennes. Le rythme d’un ressac, aller-retour, les différents épisodes de l’enfance, de l’âge adulte, de la maladie et de l’approche de la mort. Mais le ressac est ce qui se mélange, va et vient, retient, se tisse et se tresse. Avec des espaces blancs. La délicatesse de ne pas aller au bout de chaque image, de la laisser venir, et disparaître. « Le tramway » est publié en 2001, Claude Simon a 88 ans. Ce livre, avant de mourir, comme d’autres écrivains, des peintres, qui ont délicatement tracé à rebours leur chemin, un dessin, œuvres bouleversantes, non pas parce qu’elles seraient fragiles, au contraire, parce qu’elles portent en elle l’épure, la pure résonance. Ces artistes âgés, tout près de partir, qui reprennent les tracés de leur début de route, avec simplicité, une calme plénitude des mots… là où le vacarme des images pour rien laisse la place.
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Une initiation, la première passion. Le début de la vie. Un lys, une reine : Madame de Mortsauf, Henriette, dans un murmure… Une femme qui s’est presque cloîtrée à la campagne, qui veille avec abnégation sur un mari à demi-fou et deux enfants fragiles. Une apparition.
Le portrait d' »une femme vertueuse par goût », dit Balzac, qui, dès le Père Goriot, pense à ce projet. Le titre rappelle le Cantique des cantiques : « Je suis la fleur des champs, le lys des vallées ». Désir refoulé. Amour courtois. « Histoire des Cent-Jours, vue d’un château de la Loire », selon le philosophe Alain. « Le lys dans la vallée » est tout cela et bien d’autres choses.
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