Les oubliés d’oncle Jo, à la découverte ou redécouverte d’artistes laissés sur le chemin de l’oubli...
J. J CALE
Créateur du style laid-back marqué par un usage savant et parcimonieux de la guitare blues et un chant marmonné, comme endormi, qui a fait la fortune de Dire Straits comme de la carrière américaine d'Eric Clapton, ce guitariste reclus et peu productif de Tulsa a créé un style musical à part entière.
À la mort de J.J. Cale, le 26 juillet 2013, Eric Clapton déclarait de son aîné qu'il était une des deux personnes à laquelle il devait sa carrière. Figure capitale du rock américain, l'initiateur du Tulsa sound a pourtant davantage brillé par la simplicité de son mode de vie (une "vie normale" que Clapton lui enviait) que par ses excentricités. À de nombreux égards, il déjoue les stéréotypes de la rockstar : comme s'il mettait sa personne en retrait pour mieux s'exprimer par la musique.
Même si son répertoire a inspiré des personnalités aussi diverses que Santana, Freddie King, Bryan Ferry ou Bill Wyman, J.J. Cale a toujours choisi de rester dans une relative et rassurante pénombre. Et même si son apparente nonchalance reste un trait déterminant, il n'en enregistra pas moins régulièrement depuis près de trente-cinq ans et se produisit toujours sur scène avec le même plaisir apparent. Exemple pratiquement unique de la discrétion élevée à hauteur d'une discipline de vie, le chanteur n'a jamais perdu sa vie (ni son intégrité, son talent et son inspiration) à la gagner. Pour ce, il reste l'une des personnalités les plus attachantes, de ce qu'il ne peut que nommer sans esquisser une grimace, le show-business.