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Protocoles est le titre du nouveau livre de l’écrivaine Constance Debré, autrice notamment de Play Boy, Nom, Offenses ou encore Love me tender tout récemment adapté à l’écran. Il est publié aux éditions Flammarion.
La petite fille de l’ancien premier ministre du général De Gaulle, Michel Debré, y poursuit son dézingage des règles et des codes de la société bourgeoise dont elle est issue et qu’elle a quittée en même temps que sa robe d’avocate pénaliste.
Comme dans son dernier livre, Offenses, l’écriture est toutefois moins autobiographique que dans ses premiers ouvrages, et se concentre sur la violence des lois qui organisent la société et plus particulièrement sur la façon dont elles punissent les déviations.
Mais Protocoles change de géographie en se focalisant sur les Etats-Unis et leurs façons d’administrer la mort puisque les « protocoles » dont il est question dans le titre sont ceux mis en œuvre pour exécuter les condamnés, protocoles qui varient selon les différents États et selon les époques, et que l’écrivaine nous donne à lire, saisir et voir même s’il n’en existe quasiment pas d’images : « Les hommes électrocutés par chaise électrique ne meurent pas de mort cérébrale lors de la première décharge mais de cuisson des organes au cours de la deuxième ou troisième décharge. (…) Les yeux sortent souvent de leurs trous, tombent et pendent sur les joues. »
« La meilleure manière de tuer est une quête » écrit encore Constance Debré dans ce livre qui juge que « la loi rend toute la littérature obsolète. J’ai lu j’ai traduit j’ai recopié le document. Il n’y avait rien à retrancher. Il n’y avait rien à ajouter. Ni Dante, ni Dostoïevski ni Camus ni Kafka, etc. »
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Deux livres sur l’Amérique proposés par des écrivains français et un ouvrage dont le personnage principal évolue des faubourgs d’une terne ville de Hongrie jusqu’aux quartiers huppés de Londres en passant par la guerre en Irak. Et des histoires du passé qui nous mènent aux problématiques du présent ou des phénomènes contemporains dont on cherche à saisir la généalogie.
Il est question dans « L’esprit critique » de ce jour de trois récits : Protocoles, le dernier ouvrage de Constance Debré publié chez Flammarion ; Les orphelins, le nouveau récit d’Éric Vuillard consacré à la figure de Billy the Kid qui sort chez Actes-Sud et enfin du nouveau roman du britannique David Szalay, intitulé Chair que font paraître les éditions Albin Michel.
Avec :
• Lise Wajeman, professeure de littérature comparée qui chronique l’actualité littéraire pour Mediapart
• Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama
• Copélia Mainardi qui écrit notamment pour Libération.
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« L’esprit critique » reprend ses activités en 2026 avec une émission consacrée au cinéma. On évoquera en premier lieu le long métrage du cinéaste Jim Jarmusch Father Mother Sister Brother qui a reçu le Lion d’or au dernier festival de Venise avec un film situé entre le jeu des 7 familles et le jeu des 7 différences.
Et ensuite, on prendra le temps, à partir de la sortie de la superproduction historique intitulée Palestine 36, signée de la réalisatrice Annemarie Jacir, de réfléchir à ce que le cinéma parvient – ou pas – à raconter de la Palestine depuis plus de deux ans que Gaza est anéantie et interdite d’accès.
Avec :
•Alice Leroy, qui écrit pour les Cahiers du Cinéma.
• Raphël Nieuwjaer qui écrit aussi pour les Cahiers du Cinéma ainsi que pour Etudes.
• Corentin Lê, critique de cinéma et chercheur en études visuelles, directeur éditorial d'Emitaï toute nouvelle revue de cinéma décolonial.
« L’esprit critique » est un podcast enregistré par Corentin Dubois et réalisé par Karen Beun.
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Father Mother Sister Brother est le titre du nouveau long-métrage du cinéaste Jim Jarmusch, doté d’un casting XXL avec notamment Adam Driver, Tom Waits, Cate Blanchett, Charlotte Rampling ou encore Vicky Krieps.
En forme de triptyque, le film, récompensé par le Lion d’or du dernier festival de Venise, évoque successivement trois moments familiaux situés dans des pays différents : Etats-Unis, Irlande et France.
Ces situations en apparence indépendantes les unes des autres, jouées par des acteurs et actrices différentes, sont néanmoins reliées entre elles par leur narration faite d’un parcours en voiture d’enfants adultes les menant jusqu’au domicile parental ; la mise en scène de malaises relationnels à l’intérieur de familles où semble circuler beaucoup de distance mais aussi pas mal d’amour ; des scènes qui se font écho puisqu’on trinque dans chaque histoire avec des récipients ne contenant pas d’alcool ; ou encore des clins d’œil avec, à chaque fois, l’apparition d’une montre Rolex à l’authenticité plus ou moins contestable, ou encore l’emploi de l’expression « Bob is you Uncle », une vieille expression britannique une traduction française pourrait être « et voilà ».
Dans la première histoire, un frère et une sœur, rendent visite à leur père, qui, en apparence, vit en ermite désargenté dans sa maison en bordel au bord d’un lac. Dans la seconde, deux sœurs aux apparences opposées rendent leur visite annuelle et rituelle à leur mère écrivaine pour un thé très chorégraphié. Dans la dernière, deux jumeaux se retrouvent à Paris dans l’appartement vide de leurs parents après l’accident qui a emporté ces derniers.
Father Mother Sister Brother est sorti sur les écrans le 7 janvier dernier.
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Palestine 36 serait rien de moins que le « film le plus ambitieux jamais réalisé en Palestine parce que des décorateurs aux créateurs de costumes, en passant par les accessoiristes, nous sommes tous Palestiniens » selon les mots de sa réalisatrice, la cinéaste Annemarie Jacir, née en 1974 à Bethléem et autrice notamment, avant cela, du long-métrage intitulé Le Sel de la mer.
Il s’agit en tout cas d’une grande coproduction internationale soutenue notamment par la BBC et la société française MK Production qui mélange images de fiction et archives pour nous ramener en 1936, aux origines de la révolte arabe contre le mandat britannique.
A l’origine, l’équipe, qui avait choisi des dizaines de lieux en Cisjordanie, fait coudre et broder des costumes traditionnels et collecté beaucoup d’accessoires anciens, restaurant même un village entier près de la ville de Salfit, devait commencer à tourner le 14 octobre 2023…
La production a alors dû se délocaliser au nord de la Jordanie même si la réalisatrice parvient, à l’automne 2024, à boucler le tournage en Palestine, notamment à Jérusalem et Bethléem parce que, pour la citer encore, elle ne voulait pas « faire un film d'exilée ».
Le film prend donc racine dans un moment où après la célèbre déclaration du secrétaire d’État britannique Lord Balfour prônant, en 1917, l'établissement d'un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine et à la suite des « accords » post-Première Guerre mondiale qui dépècent l’ancien Empire Ottoman, débute, en 1923, un mandat britannique sur les territoires aujourd’hui occupés par la Jordanie, de la Cisjordanie, d'Israël et de la bande de Gaza.
Une sortie qui est pour « L’esprit critique » l’occasion de réfléchir plus généralement aux films – très différents mais souvent ratés – qui ont pris la Palestine en général et Gaza en particulier depuis deux ans que la bande palestinienne subit une guerre génocidaire : From Ground Zero, La Voix de Hind Rajab, Put Your Soul on Your Hand and Walk, No Other Land, Chroniques d'Haïfa, Voyage à Gaza, Once Upon a Time in Gaza… Une réflexion appuyée notamment sur un récent dossier des Cahiers du Cinéma intitulé « Gaza. Et maintenant que fait le cinéma ? »
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Manga, tout un art ! est le titre- attirant tout un public de jeunes gens qui n’auraient pas forcément poussé autrement les portes du musée – d’une exposition en trois temps proposée par le Musée Guimet, musée national des arts asiatiques situé à Paris, dont la présidente, Yannick Lintz, vient de voir son mandat renouvelé à la tête de cette institution.
Le principe de cette exposition est de s’intéresser aux origines des fameuses BD japonaises qui concentrent l’essentiel des achats effectués par les jeunes avec le Pass Culture.
D’abord avec une section qui expose l’histoire du manga où des planches et des revues originales sont mises en regard avec des objets et des œuvres graphiques des collections du musée Guimet.
Ensuite en montrant comment, dès avant la fin du 19ème siècle, la société japonais a donné naissance à des œuvres graphiques dont certaines caractéristiques pourraient être qualifiées de « mangaeques » : intrication des mots et des images, représentation du mouvement, goût pour le fantastique et les créatures étranges…
Et comment aussi, à côté de cette tradition visuelle, les modes de production et de diffusion des livres illustrés présentent des parentés avec ceux des mangas : fidélisation par la feuilletonnisation, recours à des formes dérivés, diffusion recourant parfois à des matières de faible qualité…
Enfin en présentant une dernière section intitulée Sous la Grande Vague qui s’intéresse à la postérité graphique du fameux tableau du peintre japonais Hokusai datant de 1831.
Le commissariat de ces expositions qui ont ouvert à la mi-novembre et durent jusqu’au mois de mars prochain a été assuré par Estelle Bauer, conservatrice des collections Japon au musée Guimet et Didier Pasamonik, éditeur, journaliste et directeur de la rédaction d’ActuaBD.
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Coton, résine, bois, acier, fer, jute, laine, chiffons… Le musée Bourdelle, dans le 15ème arrondissement de Paris, consacre une rétrospective aux multiples matières de l’artiste polonaise Magdalena Abakanowicz, née en 1930 et morte en 2017. Cette dernière fut une représentante du renouveau de l’art textile, aux côtés de noms comme Olga de Amaral que nous avions évoquée dans ce podcast. Mais le parcours proposé ici nous révèle la dimension protéiforme d’une œuvre qui nous mène de gigantesques sculptures textiles rouges ou grenats qu’elle nomme « abakans » comme pour souligner qu’elles demeurent reliées à elle, jusqu’à des ensembles de silhouettes soit dansantes, soit sans tête, soit à genou et de dos, soit comme enfermées et à moitié effacées dans ce qui peut ressembler autant à un sarcophage qu’à un bas-relief… Tout cela en passant aussi par des dessins de mouches agrandies et dessinées au fusain ou des arbres enserrés dans du métal. L’exposition a ouvert le 20 novembre dernier et sera visible jusqu’au 12 avril prochain. Son commissariat est assuré par Ophélie Ferlier Bouat.
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Le musée du Jeu de Paume à Paris propose une rétrospective grand format à Luc Delahaye, l’un des noms importants de la photographie de guerre dans les années 1990, membre de l’agence Magnum, avant de délaisser le terrain de la photographie de presse pour intégrer avec un succès certain les murs des galeries et le marché de l’art, grâce à des photos toujours ancrées dans l’actualité mais présentées comme de larges tableaux et composées mais aussi recomposées grâce à des techniques particulières de post-production.
Autant dire que la rétrospective du photographe nous intéresse bien sûr parce que l’objectif de Luc Delahaye a capté certains grands moments de l’histoire mondiale, de la guerre d’Irak à la violence en Haïti, de l’explosion de la Syrie à la chute de Kadhafi en Libye ; de la guerre d’Ukraine à certaines conférences de l’OPEP ou de la COP.
Mais aussi parce que Luc Delahaye a poussé loin la réarticulation entre pratiques documentaires et artistiques, en utilisant des techniques spécifiques, qui ont d’ailleurs pu faire débat dans le monde du photoreportage.
Le commissaire de cette exposition, qui a ouvert en octobre dernier et sera visible jusqu’au début du mois de janvier, est Quentin Bajac.
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Comment un photoreporter de guerre en vient-il à bouleverser ses formats, modifier ses images par ordinateur et faire son entrée au musée ? Comment un alliage de coton, résine, jute ou chiffons peut-il susciter aussi bien des spectres que des figures dansantes ? Et que comprend-on des mangas contemporains en contemplant des emaki, ces longs rouleaux japonais, à la fois écrits et peints, datant des siècles précédents ?
On parle aujourd’hui de la rétrospective du photographe Luc Delahaye intitulée Le bruit du monde et présentée au musée du Jeu de Paume ; de celle que consacre le musée Bourdelle à la plasticienne polonaise Magdalena Abakanowicz connue pour ses sculptures textiles, et enfin de la plongée que propose le musée Guimet dans le monde du manga et notamment d’avant les mangas.
Avec :
• Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante
• Magali Lesauvage, rédactrice en cheffe de l’Hebdo, le numéro hebdomadaire spécial enquêtes du Quotidien de l’Art
• Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante.
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Sylphides, Revue des Tumerels, Fracas x 7, Radio Vinci Park, Romances incertios, un autre Orlando, Mirlitons… Les titres des spectacles présentés dans le cadre du portrait que le Festival d’Automne consacre au danseur et chorégraphe François Chaignaud indiquent que nous entrons dans un univers en soi, qui peut se déployer autant dans des parkings mal éclairés que dans la lumière du Grand Palais, avec une prédilection pour les collisions et les hybridations, par exemple entre un univers de garage homoérotique et un clavecin baroque.
Pour ce portrait en forme de constellation, François Chaignaud a écrit ses pièces en collaboration avec des artistes venus d’autres champs de la création : le plasticien Théo Mercier, le danseur de butō Akaji Maro, le beatboxer Aymeric Hainaux, la claveciniste Marie-Pierre Brébant ou encore la musicienne Nina Laisné. Mouvements de la danse classique, musique lyrique, créatures étranges, moto qui rugit et danse tout à la fois… Chaque spectacle proposé par François Chaignaud compose ainsi des images hybrides, étonnantes, portées des sons qui ne le sont pas toujours moins. François Chaignaud prendra à partir du 1er janvier prochain la direction du Centre Chorégraphique National de Caen.
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Cinéma, littérature, spectacles, expos : chaque semaine, L’esprit critique, c’est le nouveau podcast proposé par Mediapart pour inciser l’actualité culturelle, renouveler les voix qui…
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