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C'est une journée test pour le gouvernement. Les agriculteurs ciblent désormais Rungis et permettent "le siège de Paris".
Dimanche 28 janvier 2024, une cellule de crise interministérielle a été créée pour faire face à la gronde des agriculteurs. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a décidé de mettre en place un dispositif XXL : 15 000 membres des forces de l'ordre seront mobilisés pour « garantir que les tracteurs ne se rendent pas à Paris et dans les grandes villes pour ne pas créer des difficultés extrêmement fortes ». Aux abords de Rungis et de l'aéroport de Roissy, des blindés de la gendarmerie ont pris place en début de soirée pour empêcher le blocage.
Loi immigration, droite cocue ?
Invités :
Daïc Audouit, éditorialiste politique
Rachel Binhas, journaliste au service société de Marianne
Stéphane Zumsteeg, directeur du département Politique et Opinion à l’institut IPSOS
Jeudi 25 janvier, le Conseil constitutionnel a annoncé la censure partielle mais importante de la loi immigration, adoptée fin décembre dans un contexte politique très tendu. Au total 35 des 86 mesures ont ainsi été censurées par Les Sages. Parmi elles? L’article 3, sur le resserrement du regroupement familial, l'article 11, qui prévoyait une caution pour les étudiants étrangers ou encore l’article 19 qui visait à durcir l’accès à certaines aides sociales. Des mesures principalement imposées par la droite lors du débat parlementaire. « C’est un hold-up démocratique », dénonce le chef de file des Républicains Eric Ciotti. De son côté, Gérald Darmanin se félicite que la majorité des grandes mesures portées par la majorité soient maintenues comme la mesure qui facilite la régularisation des étrangers qui travaillent dans les métiers en tension ou encore la facilitation des OQTF (obligation de quitter le territoire français). « On sent bien qu’il s’agit d’une habileté politique, d’avoir piégé les LR, pour pouvoir adopter un projet de loi, sans passer par un 49.3, en sachant que les amendements de la droite allaient être révoqués par le Conseil Constitutionnel », commente Daïc Audouit.
Alors que le projet de loi était largement soutenu par la population française, les barons de la droite sont vent debout. « Ce sont les Français qui sont cocus », a déclaré Pierre Henri Dumont, député LR du Pas-de-Calais. « Le piège s’est totalement refermé sur les LR », commente Stéphane Zumsteeg. « Les Français sont favorables à une politique migratoire plus stricte, à un renforcement d’un certain nombre de mesures. (…) La fureur des responsables LR est surprenante. Il y a une dérive populiste », précise-t-il. Ce vendredi 26 janvier, le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius a rappelé les principes fondamentaux du Conseil constitutionnel, ciblant ainsi Laurent Wauquiez.
Invités :
Olivia Détroyat, journaliste économique au Figaro
Ivan Logvenoff, journaliste-pigiste, spécialiste des questions agricoles
Jean-Marc Daniel, économiste, professeur émérite à l’ESCP Business School
Pas moins de 85 départements sont désormais en proie à la colère agricole. Cela fait maintenant huit jours que le mouvement, soutenu par la FNSEA, a débuté. Les agriculteurs multiplient les barrages sur les routes de France, pour exiger des mesures concrètes du gouvernement. Ce jeudi 25 janvier, la colère gagne l’Ile de France. Dans les Yvelines, des tracteurs ont entamé une opération escargot entre Montfort l'Amaury et Rocquencourt. Des actions sont également prévues en Essonne et en Seine-et-Marne. « Il y a un vrai sentiment de solitude, de frustration et d’incompréhension par rapport à l’accumulation de normes, de difficultés économiques. Ce n’est pas nouveau. Il y a une étincelle mais cela fait déjà plusieurs mois que cette colère agricole monte à bas bruit », commente Olivia Détroyat. L’enjeu est d’éviter l’embrasement.
Et ce mouvement, soutenu par 9 Français sur 10 prend désormais une dimension politique. Il y a quelques jours, le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, a officialisé le report de la grande loi de programmation agricole qui devait être présentée hier. De son côté, Gabriel Attal doit réunir certains ministres ce jeudi 25 janvier en vue de faire des annonces très prochainement. « Politiquement, Gabriel Attal s’est rendu compte très vite d’ouvrir un front social du côté des agriculteurs. (…) Après la réforme des retraites et de l’immigration qui ont beaucoup clivé, il y a une volonté de ne pas relancer les divisions à l’Assemblée nationale et de réfléchir en profondeur sur ce nouveau modèle agricole », explique
Invités :
Alban Mikoczy, grand reporter, spécialiste des questions internationales
Anne Deysine, juriste et professeur des universités, spécialiste des Etats-Unis
Loïc de la Mornais, grand reporter, ancien correspondant
Donald Trump enregistre sa deuxième victoire dans la course à l’investiture. Mardi 23 janvier, lors des primaires républicaines du New Hampshire, l’ancien président américain a obtenu 54% des votes, contre 44% pour son opposante chez les Républicains Nikki Haley. Cette victoire confirme l’avance que les sondages lui donnent depuis trois mois, mais reste loin des 30% d’avance obtenus par Donald Trump dans l’Iowa. En face, son unique rivale Nikki Haley entend bien rester dans la course. « Elle pourra tenir même si ses chances sont minces. Une partie de l’establishment républicain ne veut pas de Trump et se dit qu’il peut encore se passer des choses, malgré les sondages », explique Anne Deysine. Peut-on croire à une petite révolte dans le camp républicain ? « Donal Trump amène tout le parti avec lui. Mais, tout le monde a peur de lui. Il suffirait de peu pour que certains se désolidarisent de lui », souligne Loïc de la Mornais.
De son côté, Nikki Haley, ancienne gouverneur de l’Etat de Caroline du Sud et ambassadrice aux Nations Unies, entend bien faire de l’ombre à Donald Trump. Ses partisans voient en elle une alternative raisonnable à Donald Trump. « Son suffrage lui permet d’aller à l’étape suivante, en Caroline du sud. Donald Trump est agacé. Elle présente une alternative. Il suffirait d’un incident dans la campagne pour que les choses puissent basculer. Elle s’offre la possibilité d’avoir du temps pour faire basculer les choses. De plus, elle vient de l’aile conservatrice, elle ne fait pas peur aux conservateurs », précise Alban Mikoszy.
Nos invités :
Corruption, addiction, décrochage scolaire et des règlements de compte toujours plus violents, la drogue ne cesse de s’enraciner dans le pays, y compris dans les villes moyennes. Alors que le Parisien titrait les « Cités de la peur » sur la couverture de son édition du 22 janvier 2024, le trafic de drogues en France serait en hausse. Les bénéfices générés par le narcotrafic sont les plus élevés jamais enregistrés, les homicides également en hausse de 57% selon le directeur général de la police Frédéric Veaux. La faute au décrochage scolaire, à la précarité, à la tentation de la délinquance pour les plus jeunes des quartiers enclavés ? Pour Frédéric Ploquin, il s’agit d’une question de recherche « d’argent facile et de la promesse d’une ascension sociale ». Quelles solutions existent pour lutter contre ce trafic ? La répression policière dans les quartiers, si elle aide les résidents à vivre plus sereinement, ne traite pas le problème à la racine. Pour Driss Aït Youssef, à chaque quartier libéré par les forces de l’ordre, le trafic ne fait que se déplacer. Audrey Goutard ajoute que « la seule solution, c’est de s’attaquer aux têtes de réseaux », qui, pour la plupart, ne vivent pas en France. Si police et gendarmerie redoublent de zèle pour lutter contre les dealers, ces derniers organisent la résistance, entraînant une mutation du marché, des modes de livraison et de consommation.
Nos invités :
Premier test pour Gabriel Attal. Confronté à la colère des agriculteurs, le tout sur fond de hausse de près de 10% du prix de l’électricité, et toujours la polémique Oudéa-Castéra, bref, les ennuis commencent pour le premier ministre !
Concernant la colère des agriculteurs, elle est, selon Jannick Alimi, tout à « fait justifiée et explicable » par divers facteurs, notamment l’inflation et la concurrence d’autres pays où les mêmes normes ne sont pas respectées. La transition écologique et ses modifications structurelles auront également des « conséquences vitales » sur les agriculteurs. Cette crise est néanmoins « justifiable et anticipable » pour le gouvernement, précise la spécialiste. Va-t-il y répondre autrement que par des mots ?
Ce mouvement de protestation pourrait-il réveiller d’autres colères ? Comme le rappelle Jean-Jérôme Bertolus, la grogne se fait voir dans d’autres pays. En Allemagne, par exemple, les agriculteurs se sont vus soutenir dans leurs manifestations par des artisans et des commerçants. Une concordance des colères : c’est justement exactement ce que craint Emmanuel Macron. Dans ce contexte, l’extrême droite et sa figure de proue Jordan Bardella ont « les deux pieds dans la boue » pour tenter de récupérer et d’instrumentaliser ce mouvement. Il s’agit donc d’un dossier plus que prioritaire pour le Gouvernement.
Nos invités :
Et si Vladimir Poutine l’emportait dans la guerre russo-ukrainienne débutée début février 2022 ? Sans le dire, les chancelleries européennes envisagent le scénario d’une victoire Russe tant la situation s’enlise sur le terrain militaire.
Si, au début, la population Ukrainienne apte à combattre, et notamment les jeunes, était motivée par le patriotisme et l’adrénaline, l’épuisement et la lassitude, au bout de deux ans de guerre, se font désormais ressentir. « Et c’est un très grand problème pour l’armée Ukrainienne », note Tatiana Kastoueva-Jean, invoquant le manque insuffisant de rotations pour certains soldats présents dans les tranchées depuis plus d’un an. Le même problème de capital humain se pose d’ailleurs du côté de l’armée Russe, mais la possibilité de rotation est trois fois supérieure dans le pays de Vladimir Poutine. Logiquement, l’écart se creuse. D’autant que, comme le rappelle Isabelle Lasserre, au problème de manque de population pour combattre en Ukraine s’ajoute celui de l’armement, les pays Occidentaux ayant fourni au pays de Zelenski des armes en quantité nécessaire pour permettre de résister aux Russes, mais pas suffisamment pour leur permettre de gagner. La correspondante diplomatique pour Le Figaro évoque les raisons de cette limitation en plateau.
Nos invités :
Plus de 7 millions de français ont suivi la prise de parole du président Emmanuel Macron en direct de l’Élysée mardi 16 janvier 2024. Il a notamment été question d’uniforme, de rémunération des fonctionnaires, et d’apprendre la Marseillaise aux élèves d’école primaire. À propos de ce dernier sujet, le Chef de la République a déclaré que ce chant faisait « partie de notre histoire » et que c’est en cela qu’il était « très favorable » à ce que les jeunes élèves l’apprennent. Ces propos sont-ils symptomatiques d’une certaine sémantique au sein de la présidence ? Invités à donner leur avis en plateau, nos experts ont en tout cas jugé que ce discours renvoie à des « messages appuyés sur l’ordre, l’autorité, et la droite. » La ficelle, «assez limpide », selon Gaël Sliman, serait de « récupérer des électeurs RN » après la récupération déjà importante d’électeurs LR. Cette stratégie va-t-elle fonctionner ? Interpellé, voire « stupéfait » par cette prise de parole quelque peu « anachronique », Richard Werly parle en tout cas d’une forme de « monarchie républicaine ». Jean Garrigues, lui, tempère ces réactions « extrêmement sévères » et « parfois un peu injustes » : « pourquoi lui reprocher que l’exercice ait duré plus de deux heures ? » Pour lui, cet exercice s’est avant tout inscrit dans la tradition de la Vème République. Ni plus, ni moins.
Nos invités :
Donald Trump a remporté la victoire des Républicains hier soir dans l’Iowa. Élu à une majorité de 51% des voix, il s’agit d’une première victoire encourageante pour l’ancien Président qui laisse présager une issue ayant un goût de déjà-vu pour novembre prochain. Les estimations mènent à penser que les électeurs vont une seconde fois devoir faire un choix entre Donald Trump et l’actuel Président Joe Biden. Une seconde fois ayant plus le goût d’un barrage contre l’ancien entrepreneur que celui d’un réel engouement pour le représentant des Démocrates. Biden, le seul candidat qui semble pouvoir rivaliser avec Trump. Une fois encore, les deux vétérans risquent de s’affronter, l’un friand d’une escalade de provocations, l’autre représentant les vestiges d’une politique à l’ancienne. Un second affrontement également placé sous le signe de la gérontophilie affichée de la politique américaine, qui détonne en France, qui connaît le plus jeune Président et le plus jeune Premier ministre de son histoire. A eux deux, Macron et Attal ont presque l’âge de Biden : est-ce que la politique française est infusée d’un renouveau que la concurrence outre-Atlantique peine à connaître ? La campagne des présidentielles états-uniennes promet en tout cas un show comme les américains savent si bien les faire, plein de pirouettes et d’esbroufes, qui risque de masquer le réel enjeu politique et ses conséquences si Trump reprenait ses quartiers à la Maison Blanche.
Nos invités :
Première polémique du gouvernement Attal. La nouvelle ministre de l’Éducation nationale, Amélie Oudéa-Castéra, s’est attiré les foudres en expliquant vendredi 13 janvier 2023 au micro de BFMTV avoir retiré ses enfants de l’école publique à cause de « paquets d’heures pas sérieusement remplacées ». Suite à ces propos, les syndicats appellent à une grève le 1er février.
Invité pour discuter de ce tollé en plateau, Gilles Bornstein a constaté un « chantier de l’Éducation nationale qui ne pouvait pas plus mal partir dans le gouvernement de Gabriel Attal » et a parlé d’une « extraordinaire erreur de communication ». Stéphane Zumsteeg corrobore mais soumet une hypothèse : les propos tenus par la ministre de l’Éducation étant préparés, ne s’agissait-il pas d’un choix délibéré, « par ces mots de maman plutôt que de ministre », de s’adresser aux parents d’élèves ? En tout cas, « quand on connaît la susceptibilité du corps enseignant sur le sujet de la concurrence entre l’école privée et l’école publique, c’est évidemment une bourde monumentale », juge-t-il aussi. Comment la nouvelle ministre de l’Éducation parviendra-t-elle à rattraper les choses ? Cela promet, en tout cas, d’être « vraiment compliqué », prévient Élizabeth Pineau.
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Dans "L"info s'éclaire", Axel de Tarlé décrypte, en compagnie de journalistes de France Télévisions et d'experts, l'actualité du jour en France ou dans le monde, à travers des reportages et des…
Ce débat, réalisé en direct sur un thème précis de l'actualité politique, sociale, économique ou culturelle, permet aux quatre invités, spécialistes du sujet, de partager leurs analyses et au public de comprendre l'information dans sa globalité.
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