L'invité(e) du jour

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L'invité(e) du jour episodes

  • L'invitée du jour : Charlotte Gauthier
    La cheffe Charlotte Gauthier dirige au Théâtre du Palais Royal à Paris "Le guide du parfait gentleman assassin", adaptation française de la comédie musicale de Steven Lutvak et Robert L. Freedman. Rencontre avec une musicienne très prisée sur les scènes françaises de comédie musicale.
    19 min
  • Jean-Christophe Maillot : « La musique est toujours le moteur de l’écriture chorégraphique »

    À l’occasion de son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris avec Vers un pays sage, Jean-Christophe Maillot revient sur les rencontres, les blessures et les musiques qui ont façonné son parcours de chorégraphe. De ses débuts chez John Neumeier à la direction des Ballets de Monte-Carlo, il raconte une trajectoire placée sous le signe de la rencontre : « La chorégraphie ne m’intéresse pas suffisamment en soi pour pouvoir la différencier de ceux avec qui je la fais. Ce qui m’intéresse, moi, c’est avec qui je fais le travail chorégraphique. » La musique, elle, demeure au cœur de son écriture : « C’est toujours le moteur de l’écriture chorégraphique » et même, pour lui, « l’art suprême ».

    De Bartók à Ravel, de Mahler à Britten, il évoque ces découvertes souvent fortuites qui provoquent « une espèce de flash, de nécessité à rencontrer la musique parce qu’elle va me parler ». Une écoute qui guide jusqu’au mouvement : « Pour moi, le mouvement ne peut venir que de l’écoute. […] Quand on compte les huit temps de la danse, on n’écoute plus la musique. » Avec Vers un pays sage, créé en 1995 après la disparition de son père, le peintre Jean Maillot, il reconnaît « presque [sa] naissance de chorégraphe » et voit dans sa reprise par les danseurs de l’Opéra une nouvelle étape de la vie de l’œuvre. Quant à son arrivée à Paris, longtemps redoutée après l’accueil douloureux réservé à l’un de ses premiers ballets au Théâtre de la Ville, elle prend aujourd’hui une autre dimension avec l'entrée au répertoire de l'Opéra de Paris de son ballet : « Ce n’était pas le moment. Mais aujourd'hui c'est le moment. »

    37 min
  • Sandrine Kiberlain : « Une vie sans musique, je trouve ça triste »

    Sandrine Kiberlain a grandi dans une famille où la musique était très présente. Son grand-père jouait de la clarinette et son père de la flûte traversière. Pour Mademoiselle Chambon de Stéphane Brizé, elle a appris le violon pendant huit mois, en travaillant jusqu’à trois heures par jour. « J’ai mis un mois à sortir un son du violon », se souvient-elle. Depuis toujours, la musique irrigue son travail de comédienne mais aussi de réalisatrice.

    À l’écoute de la Pavane pour une infante défunte de Ravel, qu'on entend dans le nouveau film de Marc Fitoussi, dans lequel elle donne la réplique à Isabelle Huppert, elle voit aussitôt des images : « un couple qui se retrouve, qui n’arrive pas à s’aimer, un amour impossible ». Et certaines chansons la ramènent directement à son adolescence : « Je trouve que la musique apporte vraiment ça comme rien d’autre. Des émotions, des choses qui remplacent les mots, qui remplacent les gestes, qui remplacent les regards… »

    Elle s’en sert aussi lorsqu’elle travaille. Sur ses tournages, elle peut faire écouter une musique aux comédiens pour les aider à entrer dans une scène. Pour son prochain film, elle dit même avoir écrit certaines séquences en pensant à des morceaux. Et puis il y a la chanson, qu’elle a elle-même enregistrée sur deux albums. Parmi les voix qui lui sont chères, celle de Françoise Hardy tient une place particulière : « Je la reconnaîtrais entre mille. » Ses chansons, ainsi que celles de Barbara ou encore Jane Birkin, l’ont accompagnée toute sa vie, comme des guides, l'enjoignant à rester « singulière » et à suivre sa propre voie.

    Ni vue ni connue, un film de Marc Fitoussi. Avec Sandrine Kiberlain, Isabelle Huppert, Anne Marivin, Vincent Dedienne, Ana Girardot... En salle le 7 octobre 2026

    27 min
  • Pierre Adrian : « La musique, c’est une rencontre avec l’instant présent »

    Avec Le Pays des étés, Pierre Adrian retourne dans la grande maison familiale où il a passé ses vacances d’enfance, en Bretagne. Une maison qui disparaît avec la mort de sa grand-mère et qu’il faut désormais vendre. Derrière cette histoire très intime, l’écrivain parle surtout de ce que l’on perd : « Quand les êtres chers viennent à nous manquer, quand ils partent, [on ressent] au plus profond, au plus intime, cette fragilité : ce qu’on a toujours connu peut nous être arraché à n’importe quel moment », raconte-t-il. Quitter une maison peut alors ressembler à un deuil : « Apprendre à quitter un lieu qu’on a toujours connu, c’est une expérience très proche du deuil. » La maison reste pourtant là, comme un témoin silencieux : « Elle était là avant nous, elle sera là après ». Et avec elle, ce sont les souvenirs qu’il cherche à retenir. « J’ai de grandes interrogations sur la mémoire », confie-t-il, évoquant sa « grande crainte de la disparition, de l’évaporation des choses » et surtout « la disparition des souvenirs ». Écrire, pour lui, c’est aussi chercher comment « continuer à vivre dans le souvenir de ceux qui ne sont plus là » et « continuer à habiter les lieux qu’on a toujours connus et dont on a dû se séparer ». Une réflexion qui explique aussi la place de la mélancolie dans son livre : « Je suis un grand mélancolique, je n’ai pas peur de le dire. »

    C'est aussi la musique qui est partout dans ces étés bretons : le vent, le ressac, l’orgue de Barbarie de sa grand-mère qui jouait La Mer de Charles Trenet, les chants de marins de son grand-père, puis Schubert, Ravel, Keith Jarrett ou Jeff Mills. Certaines musiques ramènent à un souvenir précis, d’autres sont simplement liées à une période de sa vie. Mais Pierre Adrian lui accorde surtout un pouvoir bien particulier : celui de nous sortir du temps. « Je trouve que la musique est peut-être l’expression artistique la plus forte, celle qui nous touche immédiatement », dit-il. Lui qui écrit « dans le silence total » explique que la musique lui permet de faire une pause dans une vie très cérébrale : « Je ne m’arrête jamais de penser, de réfléchir, et donc peut-être que justement la musique, c’est un moment qui m’arrête dans le temps. » Dans un quotidien où « on est toujours projeté, toujours à faire dix choses à la fois », elle offre une pause rare : « La musique, c’est une rencontre avec l’instant présent ».

    40 min

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Un(e) ou invité(e) artiste - musicien mais aussi cinéaste, comédien, écrivain, plasticien... - tous les jours à 12h dans Autour de midi