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Or


Trois ans après son adaptation remarquée de L'Art de la joie, Ambre Kahan signe à 40 ans sa première mise en scène d'opéra : Macbeth de Verdi, qui ouvre la saison de l'Opéra de Rouen le 25 septembre, avant d'enchaîner avec une nouvelle production de Pinocchio de Philippe Boesmans à Compiègne, le 5 novembre.
Robert Carsen commence cette saison avec impatience, car chaque nouvelle mise en scène est pour lui comme une première fois : "Le rôle du metteur en scène est de créer un pont entre l’œuvre et le public, en retrouvant ce qui, dans une œuvre ancienne, peut encore résonner aujourd’hui". Il revient notamment sur Les Noces de Figaro, qu’il remet en scène 30 ans après sa première version, et qui est l'occasion pour lui de mettre en lumière les questions de pouvoir et de rapports hommes-femmes présentes dans l’œuvre. Actuellement au Lido pour sa mise en scène de Singin' in the Rain, il exprime à notre micro son enthousiasme pour cette œuvre qu'il considère comme un "petit miracle", toujours d'actualité : "La base de l'histoire, c'est que même si le temps est moche et s'il y a de la pluie, si on est heureux dans son cœur, on peut sourire et on a besoin de ça autour de nous, on a même responsabilité puisque la vie, même si elle peut être parfois impossible, est belle et on a la responsabilité de partager ça."
Après presque 30 ans à la tête du centre chorégraphique de Biarritz et de la compagnie de danse qui porte son nom, Thierry Malandain va laisser sa place à la fin de l'année. Comme une tournée d'adieu, le chorégraphe et ses danseurs sont à Paris, au Théâtre des Champs-Elysées cette semaine. Il y présentera trois pièces emblématiques de son style inventif, néoclassique, assumé et fou de musique : L'Oiseau de feu de Stravinsky, le Boléro de Ravel et une chorégraphie intitulée "Minuit et demi ou le coeur mystérieux", sa dernière création en date, sur la musique de Saint-Saëns.
Le Mandalin Ballet Biarritz, à voir jusqu'au 25 septembre au Théâtre des Champs-Élysées.
Enfant, Stanislas Merhar découvre le piano avec une cassette de Bach par Wilhelm Kempff, un "premier grand choc affectif" qui le poussera à apprendre le piano à l'École normale avant d'abandonner, ayant "plus la flemme sacrée que le feu sacré !".
Lorsqu'il se souvient de sa rencontre avec la cinéaste Chantal Akerman, Stanislas Merhar évoque une véritable évidence : "On s'est vus, on s'est regardés, je pense que ça a été un petit coup de foudre". S'en suivent deux collaborations, pour La Captive en 2000 et La Folie Almayer en 2011, et surtout une profonde amitié jusqu'à sa disparition en 2015. Sur la scène du Théâtre de l'Athénée, dans une mise en scène intimiste, le comédien redonne vie à deux textes de la cinéaste adaptés des films Chantal Akerman par Chantal Akerman (1992) et Le Déménagement (1996).
"Chantal Akerman par Chantal Akerman" et "Le Déménagement", deux textes de la cinéaste interprétés par Stanislas Merhar au Théâtre de l'Athénée à Paris jusqu'au 26 septembre.
Hôtel Balkan, qui vient de paraître chez Actes Sud, est un récit autobiographique dans lequel Mathias Énard raconte un voyage fluvial de 158 kilomètres, en canoë de résine rouge, qu'il a effectué un été sur la Sèvre niortaise, du Marais poitevin de son enfance jusqu'à l'Atlantique. Un périple sur ce fleuve « banal », écrit-il, qui devient peu à peu un pèlerinage intérieur, au fil de ses souvenirs. C'est le deuxième volume du cycle « Mélancolie des confins » — après Nord, voici Est : lors de cette descente au fil de l'eau, l'écrivain laisse remonter à la surface ses souvenirs de voyage - direction les Balkans, l'Orient, Trieste, Sarajevo, Istanbul... "J'aime beaucoup les fleuves, nous confie-t-il. D'abord parce qu'on ne se baigne jamais deux fois dans le même, semble-t-il : même en restant au même endroit, on voit passer l'eau et l'on se baigne, en quelque sorte, dans beaucoup d'endroits différents. Et puis parce qu'ils nous amènent d'un point à un autre. Les fleuves ont été des moyens de transport, qui n'ont pas seulement charrié des bateaux ou des poissons, mais aussi des musiques, des livres, des femmes et des hommes. Ce sont d'immenses artères qui ont construit et façonné ce qui les entoure."
De la Sèvre niortaise, le voyage nous mène donc jusqu'aux Balkans, un territoire qui fascine Mathias Énard : "Les Balkans représentent, pour moi, une certaine façon de voir l'Europe : une Europe de la mixité, des mélanges de langues, de religions. Malheureusement aussi une Europe douloureuse, celle du souvenir de la guerre, doublement déchirée par la Seconde Guerre mondiale bien sûr, mais aussi par les guerres d'indépendance, la fin de l'ex-Yougoslavie. Cette trace de la guerre est un souvenir extrêmement violent, mais il y a aussi la joie de la musique, de la poésie, de la rencontre et des plaisirs qui y sont attachés. Cette Europe du Sud, depuis Trieste jusqu'à Istanbul, est une région absolument fascinante."
4 Seasons Of Buenos Aires / Acongua / Oblivion, Xavier Phillips, Lausanne Soloists, chez La Dolce Volta. Sortie en septembre 2026
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