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Or


Francis Huster est une légende du théâtre. Petit frère d'âme de Gérard Philipe, du cinéma - chez Lelouch notamment -, et de la télévision - son commissaire Keller dans la série "Zodiaque" a fait son grand retour sur TF1 cet été -, il avait juré il y a quelques années qu'il ne monterait plus sur scène, furieux que Molière n'entre pas au Panthéon. Mais l'appel des planches a été plus fort : dans quelques jours, il sera sur la scène du Théâtre du Gymnase Marie Bell à Paris, dans une adaptation théâtrale du Discours d'un roi - le film oscarisé de Tom Hooper sur un scénario de David Seidler - signée Patrick Haudecoeur et Gérald Sibleyras et mise en scène par Jérémie Lippmann.
Dans cette nouvelle adaptation théâtrale du Discours d'un roi, Francis Huster interprète le thérapeute face à Philippe Torreton en Duc d'York, futur souverain. Une rencontre entre deux grands acteurs de théâtre :
"Ce qui est formidable dans cette rencontre, c'est que nous sommes tout à fait différents. Philipe Torreton est un acteur dans la tradition dramatique, qui se nourrit du texte qu'il nous livre à 100%, et qui laisse le texte s'emparer de son âme. On ne peut pas douter une seule seconde de sa vérité humaine. De mon côté, c'est tout le contraire : je me fiche du texte. Ce qui compte pour moi, c'est l'âme, c'est d'être complètement à côté de la plaque."
"Ce qui est passionnant dans la mise en scène de Lippmann, c'est que l'on va à l'intérieur de ces êtres qui ont sauvé le monde. Il faut bien comprendre que le roi qui précède George VI, Edouard VIII, a été un traître, un pro-nazi, un ami d'Hitler, et que si son jeune frère George VI n'était pas arrivé au pouvoir, nous aurions perdu la guerre puisque jamais l'Angleterre n'aurait déclaré la guerre à l'Allemagne. C'est uniquement grâce à ce duo improbable et miraculeux - et grâce, bien sûr, à Winston Churchill - que la guerre a pu être gagnée."
A propos de son livre et de son spectacle en hommage à Sacha Guitry, Francis Huster déclare :
"J'ai tenté d'écrire exactement comme Sacha, le cancre, écrirait lui-même : dans son style, dans son phrasé, dans sa pensée, alors que dans le spectacle, c'est moi, Francis, qui suis là et qui raconte sa vie." Une vie et une oeuvre qui, dès 2027, tomberont dans le domaine public : "A l'école, on nous parle de Marivaux, de Beaumarchais, de La Biche et de Feydeau comme s'ils avaient été adorés, mais ils ont été détestés jusqu'à ce qu'ils soient dans le domaine public. Ce sera la même chose pour Pagnol, et pour Guitry ! Il y a deux sortes d'œuvres théâtrales : celles ancrées dans leur époque, et qui y meurent, enterrées dans le cimetière de leur siècle, et puis les autres, celles de tous les cancres qui vivent et qui appartiennent au public, aux acteurs. Ces oeuvres renaissent et sont totalement différentes. J'appelle tous les jeunes d'aujourd'hui à révolutionner, à recréer à chaque fois les œuvres de ces maîtres : l'œuvre vous appartient, c'est celle du cancre."
Icône du cinéma, elle exècre ce que l'on nomme "la bien-pensance", aime les excès, le chocolat et l'opéra, et c'est justement dans The Opera ! qui sort aujourd'hui qu'elle est à l'affiche. Fanny Ardant incarne le personnage de Proserpine dans ce film de Davide Livermore et Paolo Gep Cucco, qui revisite lyriquement, façon pop et baroque, le mythe d'Orphée et Eurydice.
"J'aime le fait que l'on ne se résout pas à la mort, surtout à la mort de ceux qu'on aime, qu'on est prêt à n'importe quelle expérience pour retrouver l'amour qu'on a perdu. Ne pas oublier. Ça me plaît qu'Orphée ait tout tenté. Les gens qu'on a aimés ne meurent pas vraiment, ils restent vivants parce qu'on continue de les aimer."
Férue de musique classique, passionnée d'opéra et de piano sur lequel elle continue de jouer des inventions de Bach ou du Mozart, Fanny Ardant évoque ce qui la touche à l'opéra, elle qui a mis en scène plusieurs oeuvres lyriques : "L'émotion, la beauté, dit-elle. On est bouleversé parce que la musique amplifie l'émotion, elle met une forme à quelque chose qui, quelquefois, est obscur en soi. Je suis très sensible à l'émotion amoureuse ou à la perte, au chagrin, et la musique magnifie cela, elle fait passer cela à un degré supérieur."
En quelques années, Théotime Langlois de Swarte s'est imposé comme l'un des violonistes baroques les plus en vue de sa génération. Avec l'ensemble Le Consort, sa récente version des Quatre saisons de Vivaldi a remporté la Tribune des critiques de disques de France Musique. Il s'affirme désormais aussi comme chef, avec ou sans son instrument : c'est en chef et violoniste qu'il a signé, avant l'été, un disque-portrait du compositeur guadeloupéen Le Chevalier de Saint-Georges. Et c'est au violon, cette fois aux côtés de son mentor William Christie au clavecin, qu'il publie en cette rentrée un nouvel album chez Harmonia Mundi, Le Violon de Rameau.
"Le seul portrait que l'on connaît aujourd'hui de Jean-Philippe Rameau est un portrait où il figure, non pas avec un clavecin, non pas avec sa plume de compositeur, mais avec un violon", rappelle Théotime Langlois de Swarte. Ce tableau, conservé au musée des Beaux-Arts de Dijon, a nourri le projet : "C'est la vocalité instrumentale, l'imitation du chant au violon, et la magnifique musique de Rameau transcrite pour violon et clavecin qui nous ont donné envie de faire ce programme." Le disque fait aussi une place à des compositeurs restés dans l'ombre : "On trouve aussi des œuvres signées par des violonistes contemporains de Rameau, qui jouaient dans son orchestre, des figures que plus personne ne connaît aujourd'hui, qui ont écrit de magnifiques sonates qui n'ont jamais été enregistrées jusqu'à ce disque."
A 68 ans, Peter Sellars n'a rien perdu de son regard malicieux d'enfant. Il est l'un de ces hommes de théâtre qui ont révolutionné l'approche de l'opéra : ses mises en scène de Mozart dans les années 1980-1990, ancrées dans notre époque, ont été tantôt applaudies, tantôt huées. Mais il est aussi devenu le compagnon de route fidèle de John Adams, dont il a écrit plusieurs livrets, et de Kaija Saariaho. Peter Sellars est aujourd'hui de retour à l'Opéra de Paris, au Palais Garnier, avec Perle noire : méditations pour Joséphine, un spectacle de théâtre musical autour de Joséphine Baker interprétée par Julia Bullock, sur une musique de Tyshawn Sorey, du 9 au 19 septembre.
"Notre spectacle évoque toutes les choses que Joséphine Baker n'a pas pu dire ou faire pendant sa carrière. Ce qui est fort aujourd'hui, c'est que l'on peut parler différemment de sa vie et de musique noire, pas simplement le jazz mais la musique de gospel, la musique de résistance, la musique qui possède une force, une honnêteté, un témoignage et qui vient, dans le cas de Joséphine Baker, d'un cœur endommagé."
Peter Sellars revient sur la figure particulièrement actuelle qu'est devenue Joséphine Baker, elle qui a trouvé en France une forme de liberté qu’elle n’avait pas aux États-Unis, avant de s'engager dans la Résistance et dans la lutte contre le racisme.
" Ce spectacle parle des Etats-Unis de l'époque mais aussi des Etats-Unis aujourd'hui, où énormément de gens sont virés, des milliers de personnes disparaissent chaque jour dans les nouveaux camps de concentration en construction. Tout cela se passe exactement comme à la période nazie. En tant qu'artistes, il faut rester aux Etats-Unis, faire beaucoup de bruit et s'engager."
L'ensemble La Chacana, dirigé par Pierre Hamon, sort son premier disque consacré aux musiques d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale. Intitulé Incas et Conquistadores, il s’inspire de la musique qu’il avait composée pour le film Pachamama : « Je trouvais ça plus intéressant de prendre les musiques qui sont, à l’origine, les racines musicales de mon inspiration », explique le compositeur. Le disque raconte la rencontre entre les civilisations précolombiennes et espagnoles au XVIe siècle. Pierre Hamon voulait explorer le contraste entre ces deux univers musicaux. Pour réaliser ce projet, le musicien utilise des instruments anciens, dont certains datent de plusieurs milliers d’années. Et s'il est conscient que l'on ne peut "prétendre savoir comment était jouée la musique précolombienne", il a souhaité accorder une grande importance au son de ces instruments, qui, dans la culture amérindienne, possèdent une place particulière : « Chaque instrument a une âme, une personnalité et c’est aux musiciens de se mettre au service de l’âme de cet instrument. Ce qui m’a touché dans la musique amérindienne, ajoute-t-il, c'est justement cette absence de performance et cette importance du son. »
Les 29 et 30 août prochains, Pierre Hamon participera au Festival Voix et Route Romane, en Alsace, dans deux programmes différents autour des musiques anciennes. La musique médiévale occupe en effet une place importante dans son parcours : « Je viens vraiment de la musique médiévale, c’est même elle qui m’a amené à m’intéresser aux musiques traditionnelles ! » Parmi les œuvres qu’il interprètera à cette occasion, se trouve Le Remède de Fortune de Guillaume de Machaut, "un poème vraiment extraordinaire sur l’amour courtois" :
Lorsqu'on l'interroge sur les origines de cette passion pour la musique ancienne, le musicien fait le lien entre la musique et le travail de recherche : "La musique demeure pour moi un mystère profond : au départ, je suis autodidacte ! Donc je suis guidé par une recherche, celle de l'origine de la musique. Je suis curieux d'aller visiter le passé des civilisations, qui me touche et m'émerveille toujours autant. Par exemple, dans la musique amérindienne, l'absence de performance et l'importance du son a été une véritable découverte ! Le son, c'est vraiment une porte d'entrée dans d'autres états de conscience, ça n'a rien à voir avec la musique au sens occidental du terme ; c'est ça que j'ai trouvé assez extraordinaire de creuser."
Actualités de Pierre Hamon :
Les 29 et 30 Août: Concerts au Festival Voix et Route Romane
Le 18 Septembre : L'ensemble La Chacana à l’Abbaye de Gellone à Saint-Guilhem-le-Désert, Incas et Conquistadors
Le 18 Octobre : L'ensemble La Chacana à l’Abbaye Fondation de Royaumont , Incas et Conquistadors
Nommé “Artiste instrumental” aux Victoires du Jazz 2025, Arnaud Dolmen est un artiste très demandé. Le batteur revient d'un été de festivals, de Marciac à Nice, en passant par la Guadeloupe et la Réunion. Dès dimanche, il remonte sur scène avec son collectif The Getdown pour célébrer la 25e édition du Festival Jazz à la Villette à Paris, dans une musique festive et groovy.
Originaire de la Guadeloupe, Arnaud Dolmen étudie à l'origine le tambour ka dès l’âge de cinq ans et est imprégné de la musique gwoka dès son plus jeune âge, sous la tutelle de Georges Troupé, "le guide de toute ma vie". Il s'oriente ensuite vers la batterie, et rentre à l'école Dante Aligheri à Toulouse à sa majorité. Dès lors, il ne cesse de collaborer avec des artistes de tous horizons, et tente de fusionner le gwoka avec le jazz dans son jeu de batteur : "Je joue une batterie classique, explique-t-il, mais comme je viens vraiment de la tradition gwoka, la musique guadeloupéenne traditionnelle, je la transcris naturellement sur la batterie, avec les sept rythmes du gwoca notamment." Le musicien veut partager son amour pour cette musique traditionnelle, "la musique précieuse de la Guadeloupe, l'héritage de nos ancêtres ; le seul moyen de communication des Africains qui ont été déportés et réduits en esclavage ! Nous, on hérite de ça, c'est un peu notre raison de vivre en Guadeloupe, tous les jours, c'est une fierté de porter cet héritage."
Biberonné également à la musique caribéenne et le zouk, le batteur en retient particulièrement "le sens du groove, le sens de la danse, car faire du zouk, c'est de voir des gens danser, faire la fête". Et s'il aime le mélange des styles, Arnaud Dolmen parle surtout de sa volonté de s'ouvrir au monde par la musique. Il s'est d'ailleurs récemment mis au piano et à l'étude de la musique classique : "Je suis très curieux. Je vis pour progresser, je vis pour faire de nouvelles rencontres et c'est ce qui m'anime. Je prends des cours avec un professeur classique, pour ma connaissance musicale personnelle mais aussi pour l'amour de la musique. Cette ouverture d'esprit me permet de penser et de composer différemment, par rapport à mes autres projets."
Avec Laurent Coulondre à l'orgue Hammond B3 et Grégory Privat au piano, Arnaud Dolmen se met en quête de nouvelles sonorités et fait paraitre le projet The Getdown en octobre 2025. Il raconte leur rencontre en trio : "On était tous les trois finalistes au concours Django Reinhardt, on fait un morceau ensemble et la magie a opéré. Un coup de foudre ! Et on s'est dit pourquoi pas enregistrer un album ? Laurent avait carte blanche au Duc des Lombards, alors on y a joué nos propres compositions. a fait des morceaux à nous des compositions. A partir de là, on s'est dit qu'il fallait vraiment enregistrer !"
Désireux de continuer ce projet, Arnaud Dolmen et Laurent Coulondre décident de transformer le projet en un collectif à géométrie variable, en plaçant la musique caribéenne, des Antilles françaises et de Cuba au centre du projet : "Désormais, on a des invités tels que Mario Canonge au piano, Rolando Luna au piano, Melody Spartacus à la flûte, et d'autres musiciens géniaux ; on s'est dit, pourquoi ne pas élargir cette fête ? The Get Down c'est un terme utilisé à New York pour faire la fête pour le partage. Pourquoi ne pas utiliser cette alchimie et cette énergie ?"
Actualités :
La violoncelliste, Astrig Siranossian sort le 21 août un nouvel album intitulé Sir !, consacré au Concerto pour violoncelle et orchestre du compositeur anglais Sir Edward Elgar. Le titre fait également référence au violoncelle sur lequel elle joue, qui appartenait à Sir John Barbirolli : un instrument de Gennaro Gagliano de 1756. L’artiste a déjà plusieurs albums à son actif. En 2022, elle publiait Dear Mademoiselle et, plus récemment, en 2024, Invisibles. Elle revient sur ses collaborations et ce qui l’a nourrie pour ce nouveau disque.
Dans cet album, on retrouve le Concerto pour violoncelle en mi mineur et Salut D’amour d’Edward Elgar, la Sonate pour violoncelle en do majeur de Benjamin Britten ainsi que le Kol Nidrei de Max Bruch. Astrig Siranossian raconte l’origine de cet album : "Ce projet d'album est né de la rencontre d'un violoncelle que j'ai la chance de jouer qui a appartenu à Sir John Barbirolli," explique-t-elle avant de poursuivre " j'ai voulu imaginer un projet autour de l'histoire de ce violoncelle et notamment avec le mythique concerto de Elgar que j'ai écouté toute mon enfance avec Jacqueline Dupré au violoncelle." Pour l’artiste, le violoncelle de John Barbirolli occupe une place centrale et elle a dû apprendre à se familiariser avec lui : "Lorsque nous sommes face à un instrument qui date de 1756, qui a tellement de vécu, c'est impressionnant. Il faut d'abord essayer de comprendre la personnalité de l'instrument, c'est réellement une rencontre comme une rencontre humaine."
Depuis plus de dix ans Astrig Siranossian travaille avec le pianiste Nathanël Gouin. C’est donc tout naturellement qu’ils ont collaboré ensemble pour ce nouvel opus : "c’est une collaboration extrêmement enrichissante de polir un travail de sonate, c’est un vrai travail de collaboration." confie-t-elle. Pour ce disque, elle joue également pour la première fois avec le London Symphony Orchestra et réalise ainsi un rêve d’enfant : " je n’aurais jamais imaginé réellement enregistrer avec eux un jour. J'ai eu vraiment beaucoup d'émotions lors du premier jour d'enregistrement."
Astrig Siranossian vient d’une famille de musiciens. Sa sœur Chouchane est violoniste tandis que son père est pianiste et chef d’orchestre. Ensemble, ils ont réenregistré le CD Miniatures Arméniennes composé par Komitas et arrangé par SergueÏ Askamazian, avec l’ensemble Serenata. Une première version avait été enregistrée par son père, au lendemain de l’Indépendance de l’Arménie : " notre père a fait venir ces musiciens qui avaient vécu toute leur vie dans l'époque soviétique en France, pour des tournées de concerts. Et moi, j'ai vécu enfant dans la camionnette de cet orchestre. Cela a bercé mon enfance et je pense que cela a aussi forgé ma personnalité musicale."
Astrig Siranossian garde un lien fort avec l’histoire du pays dont elle est originaire. En 2019, elle a créé Spidak-Sevane, une association pour venir en aide aux réfugiés au Liban et en Arménie à travers la musique : " j'ai découvert très tôt la chance que j'avais d'être française. J'avais 6 ans la première fois que je suis allée en Arménie, ce fut un choc. Je me suis toujours dit qu’il fallait que je fasse quelque chose de ma vie pour pouvoir un jour avoir la possibilité d’aider."
La violoncelliste sera du 11 au 13 septembre au Sable d'Olonne, dans le cadre du festival Les Classiques de la Villa Charlotte, puis le 17 septembre à Beaulieu-sur-Mer pour le Beaulieu Classic Festival.
Actualités de Astrig Siranossian :
Les Sables-d’Olonne
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