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Le 28 août 2025, Mike Borowski abordait un sujet brûlant de la rentrée politique : le rôle stratégique joué par François Bayrou dans un contexte de tension institutionnelle croissante.
Le rôle sacrificiel de Bayrou
François Bayrou transforme le 8 septembre en ultimatum national. En posant un vote de confiance sur un programme d’austérité, il fait volontairement entrer le Parlement dans une logique de blocage. L’opposition, de l’extrême gauche à l’extrême droite, refuse de lui accorder sa confiance, transformant l’Assemblée en lieu de confrontation totale.
Cet affrontement est un calcul : prouver que la représentation nationale ne produit plus de majorité viable. Bayrou se pose en dernier rempart de la responsabilité, sachant que son échec servira à acter l’impuissance parlementaire.
Ce rôle sert directement l’exécutif. En échouant, Bayrou ne se discrédite pas seul : il emporte avec lui l’image d’une Assemblée incapable de gouverner. Le message devient clair : la politique classique ne répond plus à la gravité des enjeux.
Bayrou remplit donc une fonction précise, non celle de Premier ministre durable, mais celle de catalyseur d’une crise institutionnelle, construite pour justifier une réponse verticale. Le 8 septembre ne signe pas son échec personnel, mais permet à Macron de reprendre la main.
L’Assemblée mise en accusation
Le 8 septembre met en scène l’Assemblée comme un obstacle. Le débat dépasse le budget ou l’économie : il questionne la capacité des députés à produire un gouvernement stable.
En rejetant la confiance, les oppositions obtiennent une victoire immédiate mais confirment le récit d’une paralysie politique. L’image projetée est celle d’une institution fragmentée, incapable de garantir la continuité de l’État.
Ce processus de délégitimation est central dans la stratégie présidentielle. Plus l’Assemblée se divise, plus la présidence s’impose en garante de l’ordre. La logique s’inverse : le Parlement n’incarne plus la République, il devient le problème que seule une autorité supérieure peut résoudre.
L’échec de Bayrou ne rouvre pas le jeu démocratique, il le referme, installant l’idée que la solution se trouve ailleurs. Cette construction politique prépare l’activation de l’article 16.
L’article 16 comme conclusion logique
L’article 16 n’est plus une aberration juridique, mais le prolongement logique d’une séquence orchestrée. Il permet au président, en cas de menace grave et de paralysie des institutions, de concentrer les pleins pouvoirs.
Après le 8 septembre, toutes les conditions semblent réunies : crise sociale, tension économique, et surtout impuissance manifeste du Parlement. Macron peut se présenter comme le seul capable d’éviter l’effondrement de l’État.
L’activation de l’article 16 devient une conclusion préparée, non une réaction subie. Elle donne au président les moyens de gouverner sans contre-pouvoirs, d’imposer des réformes immédiates, et de neutraliser la contestation en l’enrobant de légalité constitutionnelle.
Le 8 septembre devient la scène fondatrice d’un basculement politique. Bayrou n’est qu’un pion. La véritable victoire se joue dans la capacité de Macron à imposer l’état d’exception comme nécessité nationale.
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https://geopolitique-profonde.com/
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Le rôle sacrificiel de Bayrou
François Bayrou transforme le 8 septembre en ultimatum national. En posant un vote de confiance sur un programme d’austérité, il fait volontairement entrer le Parlement dans une logique de blocage. L’opposition, de l’extrême gauche à l’extrême droite, refuse de lui accorder sa confiance, transformant l’Assemblée en lieu de confrontation totale.
Cet affrontement est un calcul : prouver que la représentation nationale ne produit plus de majorité viable. Bayrou se pose en dernier rempart de la responsabilité, sachant que son échec servira à acter l’impuissance parlementaire.
Ce rôle sert directement l’exécutif. En échouant, Bayrou ne se discrédite pas seul : il emporte avec lui l’image d’une Assemblée incapable de gouverner. Le message devient clair : la politique classique ne répond plus à la gravité des enjeux.
Bayrou remplit donc une fonction précise, non celle de Premier ministre durable, mais celle de catalyseur d’une crise institutionnelle, construite pour justifier une réponse verticale. Le 8 septembre ne signe pas son échec personnel, mais permet à Macron de reprendre la main.
L’Assemblée mise en accusation
Le 8 septembre met en scène l’Assemblée comme un obstacle. Le débat dépasse le budget ou l’économie : il questionne la capacité des députés à produire un gouvernement stable.
En rejetant la confiance, les oppositions obtiennent une victoire immédiate mais confirment le récit d’une paralysie politique. L’image projetée est celle d’une institution fragmentée, incapable de garantir la continuité de l’État.
Ce processus de délégitimation est central dans la stratégie présidentielle. Plus l’Assemblée se divise, plus la présidence s’impose en garante de l’ordre. La logique s’inverse : le Parlement n’incarne plus la République, il devient le problème que seule une autorité supérieure peut résoudre.
L’échec de Bayrou ne rouvre pas le jeu démocratique, il le referme, installant l’idée que la solution se trouve ailleurs. Cette construction politique prépare l’activation de l’article 16.
L’article 16 comme conclusion logique
L’article 16 n’est plus une aberration juridique, mais le prolongement logique d’une séquence orchestrée. Il permet au président, en cas de menace grave et de paralysie des institutions, de concentrer les pleins pouvoirs.
Après le 8 septembre, toutes les conditions semblent réunies : crise sociale, tension économique, et surtout impuissance manifeste du Parlement. Macron peut se présenter comme le seul capable d’éviter l’effondrement de l’État.
L’activation de l’article 16 devient une conclusion préparée, non une réaction subie. Elle donne au président les moyens de gouverner sans contre-pouvoirs, d’imposer des réformes immédiates, et de neutraliser la contestation en l’enrobant de légalité constitutionnelle.
Le 8 septembre devient la scène fondatrice d’un basculement politique. Bayrou n’est qu’un pion. La véritable victoire se joue dans la capacité de Macron à imposer l’état d’exception comme nécessité nationale.
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