Les nouveaux rythmes scolaires ne font pas encore l’unanimité. À la veille des vacances de la Toussaint, l’opinion reste divisée sur la question, tant en Wallonie, qu’à Bruxelles et en Flandre. C’est l’un des enseignements de notre sondage, le choix des Belges en réalité avec l’institut Kantar. Grande réforme Oui, c’est l’une des réformes du pacte d’excellence les plus visibles. Celle qui change les rythmes des enfants, des enseignants, des parents et, derrière, l’organisation de la société. Une réforme portée par la ministre de l’Enseignement, la PS Caroline Désir. En gros, un tiers des Belges est pour, un tiers est contre et un tiers ne sait pas. Premier enseignement, l’opinion est divisée, deuxième enseignement elle est divisée là où la mesure est appliquée, côté francophone autant que là où elle ne l’est pas, côté flamand. Il y a de légères différences seulement, 35% des Wallons sont pour, 32% des Bruxellois et 30% des Flamands. Notons donc aussi qu’un gros tiers de la population n’a pas d’avis, dans toutes les régions. Divisions partisanes Une opinion encore divisée donc, et cette division est aussi partisane. En fonction du parti pour lequel on vote. Oui, ce sont les électeurs socialistes qui soutiennent le plus la mesure, ils sont 50% à la soutenir en Wallonie et à Bruxelles. Les électeurs Ecolo ne sont qu’un tiers à le faire, dans la moyenne donc. Par contre, au sein de la majorité, les électeurs du MR sont plus réticents que la moyenne, en Wallonie et surtout à Bruxelles. De quoi expliquer sans doute les hésitations de certains députés libéraux au moment du vote. Par contre, on trouve l’opposition la plus franche, dans l’opposition. Signe que la mesure est perçue encore comme une mesure partisane. Du côté du PTB, ils sont 43% à s’y opposer. Chez Les Engagés, c’est là qu’on trouve la plus forte polarisation en interne. En Wallonie, les électeurs des Engagés sont les plus favorables à la mesure, 61%, mais par contre à Bruxelles, ils ne sont que 17%, un gouffre que l’on retrouve aussi chez Défi. Ces trois partis avaient critiqué la mesure avançant le souhait de se coordonner avec l’enseignement flamand. Pouvoir d’achat et immigration Autres enseignements de notre sondage, les priorités des électeurs. Le pouvoir d’achat arrive loin devant mais avec des différences régionales qui ne sont pas minces. Le pouvoir d’achat est la priorité numéro 1 des Belges. Mais c’est surtout marqué en Wallonie et à Bruxelles. 40% des Wallons et 36% des Bruxellois le placent en numéro 1. Ce chiffre tombe à 29% en Flandre, où cette priorité est quasiment placée au même niveau que l’immigration, 28%. L’immigration est la deuxième priorité des Flamands, alors que c’est seulement la quatrième à Bruxelles et la 12e en Wallonie. On remarque là une différence régionale très marquée. Il est intéressant aussi d’observer les différences partisanes. Le pouvoir d’achat ou la fiscalité sont les thèmes numéro 1 dans tous les partis, du PTB au MR. Sauf Ecolo, qui dénote très nettement. Les électeurs écologistes sont les seuls à mettre en numéro 1 le climat, 47% des électeurs écologistes en font leur priorité 1 sur 2 ! Une nature de vote qui montre que même si Ecolo est un parti généraliste qui intervient dans tous les domaines de la vie publique, c’est sur ce thème qu’il est attendu au tournant par les électeurs. Notons que le thème du climat est aussi important chez Défi, 36% des électeurs, et chez Les Engagés, 30%, ce qui valide la stratégie des Engagés de miser sur ce positionnement. Par contre, le climat n’est cité que par 17% des électeurs MR, bien loin derrière d’autres thèmes, que 15% des électeurs PS, l’Écosocialisme est resté dans un livre de Paul Magnette, et par seulement 9% des électeurs du PTB, montrant que la fin du mois et la fin du monde, il y a encore un énorme gouffre…