Mémoires d’Outre-Pop

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Mémoires d’Outre-Pop episodes

  • 00's - #41 - 2000 : Pop Revival

    Sur les dix joyaux de l’année, deux sont des confirmations. Eminem montre l’étendue de son talent et Britney Spears l’ampleur de son charme. Deux autres sont de nouveaux venus, destinés à marquer leur temps. Mais on ne le sait pas encore. Coldplay vient de Londres et Linkin Park de Californie, les deux mamelles de la pop music. Une pop music revivifiée par les jeunes pousses de l’électro, au potentiel sans limite. Daft Punk et Modjo, les French kids de la nouvelle French Touch se paient même le luxe d’être dansant, sans sacrifier à la dance music ! Non seulement, elle apporte un sang neuf mais elle est capable de transfuser son énergie pour la résurrection inattendue d’un sexagénaire, un monument de la pop british des années 60 : Tom Jones. D’ailleurs le rock pur jus n’est pas mort. Sa version dure persévère avec le dernier gros succès de Bon Jovi.  Tandis que sa tendance Metal ne quitte pas sa caverne sous l’influence des Queens Of The Stone Age.  Enfin, les jeunots de Blink 182, aussi pop que punk, parviennent à séduire un public plus pop que punk, grâce à ces petites choses qui frappent un grand coup.

    49 min
  • 90's - #40 - 1999 : la relève

    A l’aube des années 2000, curieusement, apparait une portée de nouveaux artistes qui fait table rase du passé. Même chez un vieux de la vieille comme Santana, ce sont des petits jeunots qui vont lui permettre de renouer avec le succès grâce à l’album Supernatural. Mais en dehors du Mexicain, pas une vieille barbe à l’horizon. Dans ce renouveau, le Club Mickey montre son indéniable savoir-faire avec deux chanteuses à qui sourit le Billboard. Christina Aguilera avec son Génie dans la bouteille et surtout Britney Spears qui n’a pas fini de faire parler d’elle. Jennifer Lopez et les Destiny’s Child, pour leur part, assoient définitivement la tendance Rn’B. Si la Britpop s’essouffle déjà, le rock anglais retrouve un peu d’air avec le vivifiant Muse, emmené par Matthieu Bellamy. Mais c’est l’électro pop qui a le vent en poupe. Voilà d’abord Fat Boy Slim et son icônique Right Here Right Now. Voici encore Eiffel 65, un collectif italien et son entrainant Blue (Da Ba Dee) qui commença par un flop magistral. Et voilà surtout un Moby, renaissant de ses cendres, qui électrolyse le blues et le gospel, faisant sienne l’expression : c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe. Enfin, last but no least, le hip hop change de couleur avec l’arrivée d’Eminem dans ses rangs. Le XXIe siècle peut commencer.

    50 min
  • 90's - #39 - 1998 : la French Touch

    Dix ans auparavant, madame Tatcher a voulu enrayer cette espèce de second summer of love qui se développait autour des musiques répétitives, des raves et des techno-fêtes. Nombre de Dj se sont donc exilés dans le reste de l’Europe dont la France qui a découvert cette house plurielle. Des jeunes gens, plutôt issus de la moyenne bourgeoisie, ont non seulement adhéré à ces musiques mais les ont également pratiquées en se faisant offrir à Noël ou pour leur anniversaire, des claviers ou des ordis dotés de séquenceurs numériques en lieu et place des traditionnelles guitares. Toutefois, par leur origine sociale, leur culture musicale était plus large et plus riche que celle de leur modèles anglais. D’où des compositions très électro se distinguant de la house et de la techno, avec une sorte de house rive gauche dont St Germain, Dimitri From Paris, Etienne de Crécy puis Daft Punk sont les fers de lance de la French Touch. Une appellation, teintée d’admiration, créée par les british pour désigner cette métamorphose de la house musique. En 1998, l’expression passe dans le grand public avec trois succès planétaires. L’album de Air, Moon safari, Music Sounds Better With You par Stardust et Gym Tonic, crédité à Bob Sinclair. Le terme french touch ne recouvrant aucun genre mais plus une origine commune, la France, il fut vite abandonné. Mais l’électro à la française intégrait, à quelques encablures du XXI siècle, l’histoire de la pop musique par la grande porte. 



    47 min
  • 90's - #38 - 1997 : La symphonie des paradoxes

    Voilà une année à paradoxes. Blur qui déteste le grunge, la considérant comme une musique de bourrins, en fait une sorte de pastiche. Raté, ce sera leur plus gros hit. Les Anglais se gaussent de ce duo français électro et les traite de punks stupides. Merci pour le nom, Daft Punk les ridiculise avec une compo qui fait le tour de monde. Chumbawamba vomit sur le système mais le système lui ouvre les portes de la fortune. The Verve compose le tube de l’année mais ce sont les Rolling Stones qui empochent les royalties. White Town est un groupe formé d’un seul gars et qui plus est très brun puisqu’il est d’origine indienne. Puff Daddy signe un titre qui fait un carton mais dont il n’a rien composé ni écrit. Grace à Aqua, Barbie devient un être sexué bien avant le film. A quoi, il convient de rajouter Radiohead qui, avec trois chansons sans relief ni envergure, en font une seule qui décoiffe les charts. Restent à citer deux nouveaux venus. Prodigy qui transforme le courant électro hard  en bombe nucléaire que l’on appellera désormais le Big Beat. Et, les All Saints dont la chanson Never Ever est un modèle de production

    45 min
  • 90's - #37 - 1996 : Girl Power

    Sur le marché du Boys Band, c’est une véritable inflation. Les Boyz II men, les Take That sont rejoints par les Boyzone, les Worlds Apart et autres 2B3 ou Alliage. Un épiphénomène proche de l’attrape-nigaud qui prend beaucoup de place au détriment de vrais talents, relégués dans l’ombre. Ouf, un coup d’arrêt magistral va leur être porté par un groupe de filles, que l’on aurait pu croire leur alter égo au féminin, mais pas du tout. Les Spice Girls ont des atouts, le premier d’entre eux étant d’avoir bossé la musique, la danse, leurs voix et d’avoir viré ceux qui voulaient en faire un Girls Band. Que les garçons de salle aux physiques avantageux aient fait diversion se constatent dans la raréfaction de nouveaux artistes d’avenir. Les seuls à passer la rampe le font grâce à des hits de poids mais sans lendemain. No Doubt et Don’t Speak, Nada Surf et Popular, Gala et Freed from Desire, Robert Miles et Children resteront longtemps dans la mémoire collective mais ne permettront pas le démarrage d’une vraie carrière. A l’exception toutefois de trois groupes dans des genres très typés. Marilyn Manson dans un metal indus alterno. Bien aidé par Trent Reznor. Weezer, sous l’égide de Rivers Cuomo, et sa pop intellectuelle décalée. Jamiroquai qui abandonnant l’acid jazz de ses débuts pour pour une pop soul funk léchée décroche enfin la timbale avec Virtual Insanity.



    46 min
  • 90's - #36 - 1995 : Du paradis des citrouilles au mur des merveilles

    Ils sont jeunes, talentueux et drôles. Supergrass, leur nom, n’aurait pas pu être plus éloquent. Ils sont jeunes, talentueux et un brin tourmenté. Billy Corgan et ses Smashing Pumpkins s’installent d’emblée dans la cour des grands. Ils sont électro-pop mais musiciens et regrette le bon vieux temps du rock and roll. Alors ils vont faire les poubelles, c’est à dire créer Garbage. Elles sont encore jeunes, talentueuses l’évidence et savent ce qu’est bonne chanson. Joan Osbourne et Alanis Morissette le prouvent avec One Of Us et Ironic. Il a passé sa jeunesse dans les gangs avant de devenir crooner comme Iglésias,  Coolio Iglésias comme disait un de ses musiciens qui avait du mal à prononcer Julio. Donc le paradis des gangsters, il l’a vu de près et peut en parler savamment. Suffisamment pour être la meilleure vente de l’année avec plus de 6 millions de singles. En Jamaîque aussi, on voudrait ressembles à des gangsta mais au bout de quelques bédots ça tourne à la franche déconnade avec Ini Kamozé dont le gun tire du diabolo fraise. Une année franchement cool avec en prime deux albums renversants qui marqueront les esprits. Radiohead et Oasis sont alors au sommet de leur art. Et ça va durer quelque temps.



    50 min
  • 90's - #35 -1994 : Néopunk et nouvelle Britpop

    En astrophysique, les étoiles les plus lumineuses sont les supernovas. Elles brillent parce qu’elles meurent. Cette appellation n’est pas passée dans le vocabulaire du rock pourtant, depuis Hendrix et maintenant avec Kurt Cobain, elle aurait pu. Avec la fin de Nirvana, le grunge perd le souffle. Toutefois, l’un de ses groupes précurseurs Soundgarden rencontre enfin le succès après dix ans de galères. Mieux vaut tard que jamais.

    Si, aux Etats-Unis, le grunge quitte le devant de la scène c’est qu’il est repoussé vers le fond par des gamins pressés, aux tempos surgonflés comme un moteur de mobylette, qui enquillent des titres si courts qu’on se demande où finit l’un et où commence l’autre. Green Day et The Offspring épousent l’urgence de leur jeune public dans un néo-punk bien plus fun que l’ancien. A l’inverse Beck et Sheryl Crow font l’éloge des paumés un tantinet rêveurs mais ô combien attachants. On aurait pu en rester là, si de l’autre côté de l’Atlantique, ces sacrés Britishs, une fois de plus, remettaient tout en question avec le son Supersonic des frères Gallagher. Oasis réinventait la britpop. Une britpop avec un monde underground trip hop dont Portishead et son Glory Box, passe de l’ombre à la gloire, malgré son crédo antisystème

    48 min
  • 90's - #34 - 1993 : Le 45-tours passe son tour

    Cette année- la, disparaissent le 45-tours et Frank Zappa qui n’en aurait eu pas grand-chose à battre puisqu’il avait signé une quarantaine d’albums mais pas un seul 45-tours. C’est aussi la fin de Dire Straits et des Pixies en tant que groupe. Mais ni Mark Knopfler ni Frank Black ne mettent un terme à leur carrière. Deux groupes de moins mais trois cents de plus.

    J’ai compté le nombre de nouveaux groupes apparus en 1993. Seuls douze survivront assez longtemps pour voir la lumière dont All Saints, Garbage, Nada Surf et les Fugees. Et trois français, Daft Punk, Dionysos et Mass Hysteria. Un quart des survivants, c’est pas mal. En 1993, l’Eurodance maîtrise un peu mieux son sujet ce qui permet à What Is love, Mr Vain et I Like To move It de se distinguer d’une production stérile. Deux nouveaux entrants amènent un sang neuf. Dr Dre se veut le pape d’une nouvelle science musicale, la mixologie. Et, Bjork, une petite islandaise balance de grandes gerbes bouillantes pour réveiller une pop musique s’embourgeoisant. Le rock assure le minimum syndical mais haut de gamme avec Nirvana, Aerosmith et Lenny Kravitz. Quant aux Breeders, elle tire un boulet de canon qui atteint sa cible : meilleur titre de l’année

    51 min
  • 90's - #33 - 1992 : Premiers tomes pour Tom et Thom

    Pour qu’un groupe atteigne un certain niveau créatif, de deux choses l’une. Soit tous les membres s’entendent merveilleusement bien et ont le regard tourné vers un même horizon. Dans ce cas, de l’addition des bonnes volontés résulte, comme en arithmétique, d’une somme plus grande que le potentiel de chaque musicien. Souvent même, ils s’admirent l’un l’autre. Puis la vie, des aspirations différentes et un destin contrariant vont mettre un terme à la belle histoire. C’est rare mais ça existe  

    Pour preuve, Rage Against The Machine, l’un des deux groupes marquant de l’année 92 est un modèle du genre. On pourrait la même année et dans le même segment, citer Ugly Kid Joe et Les Spin Doctors. A l’inverse, il y a des groupes avec deux têtes, deux forts égos qui se frottent, qui se toisent, ne laissant rien passer à son alter égo ? C’est dans cette sorte de champ magnétique entre deux pôles qu’ont évolué Lennon et McCartney, Jagger et Richard, Robert Smith et Simon Gallup. Et Thom York et Johnny Greenwood, les deux maîtres à penser de Radiohead qui montrent le bout de leur talent en 1992, avec Creep, un titre tellement au-dessus du lot qu’il passe inaperçu cette année-là. Radiohead a duré un bout de temps. Ca n’a pas été le cas des Four Non Blondes où les orages magnétiques à répétition ont eu raison de la magnétosphère.



    52 min
  • 90's - #32 - 1991 : Une année monstrueuse

    Comme dans le Bordelais, il y a dans la pop musique des cuvées d’exception.

    En 1991, je suis tombé de ma chaise plus souvent qu’à mon tour. De tristesse quelquefois, en apprenant la mort de Freddie Mercury ou celle de Miles Davis. Leo Fender, le père de la guitare électrique a également fait ses adieux cette année-là. Vince Taylor aussi, mais lui je le croyais mort depuis longtemps vu l’invraisemblable quantité de produits toxiques qu’il avait ingurgités. Mais pour compenser ces quelques larmes, j’avais connu bien des bonheurs.

    Des émotions à répétitions. Dans quel ordre, je ne sais plus mais écoutez un peu ce qui déboula dan nos tympans cette année-là. Les Red Hot avec Under The Bridge, Give It Away et Breaking The Girl. Nirvana et son Nevermind, grave non ? Ajoutez Losing my Religion de Rem, Wind Of Change de Scorpions, Enter Sandman de Metallica. C’est déjà cossu mais c’est pas fini. Voila que les Guns transforment une chansonnette de Dylan en un morceau d’anthologie. Quant à U2, une fois encore, il nous transcende le cœur et l’estomac avec un One tombé du ciel. Ah, oui j’oubliais Pearl Jam et la découverte d’Eddie Vedder. Putain, pour mes 50 ans, la pop musique ne s’était pas foutu de ma gueule.



    59 min

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