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Or


Un monde s’éteint à petits feux. Presley sous les sunlights de las Vegas, Janis pour avoir cramer la corde par les deux bouts et Jimi Hendrix a rejoint les étoiles du firmament. Woodstock finit sur un écran de cinéma comme un documentaire sur l’ère du Peace And Love. Les Beatles aussi jettent l’éponge mais aucun n’abandonne. Ils étaient un, ils seront désormais quatre. Paul Simon, tourné vers l’avenir franchit le pont tout seul. Quant à Clapton, le survivor, il joue désormais aux Dominos pour les beaux yeux de Layla. Car l’avenir commence ici et maintenant. Difficile de ne pas l’entendre tonner, dans les power chords d’un hard rock naissant, sous la bannière de Black Sabbath, de Deep Purple et de Free. Comment ne pas le voir apparaître dans la gravité que revêt, contre toute attente, la black musique avec un Marvin Gaye ou un Edwin Starr, abandonnant le registre pour midinettes au profit d’une vision engagée. Pourquoi, ces nouveaux arrivants qui se nomment Elton John ou Cat Stevens se montreraient-ils moins talentueux que les gloires du passé. En tout cas, ce présent du futur s’exprime avec un accent furieusement british. Et encore, on ne sait pas tout car, dans la pénombre, sont en train de se former les lumières de demain. Les Queen, les Electric Light Orchestra, les Emerson Lake and Palmer. Pour ne parler que des Anglais. Car de l’autre côté d l’Atlantique, also, on fourbit des lendemains qui chantent avec Aerosmith, Kansas ou Weather Report. Ce sont toujours les jeunes pousses qui font de grands arbres.
Playlist 1970
LADY D‘ARBANVILLE - CAT STEVENS
LET IT BE - THE BEATLES
INSTANT KARMA - PLASTIC ONO BAND
MY SWEET LORD - GEORGES HARRISON
PARANOID - BLACK SABBATH
ALL RIGHT NOW - FREE
WHAT‘S GOING ON - MARVIN GAYE
BRIDGE OVER TROUBLE WATER - SIMON&GARFUNKEL
YOUR SONG - ELTON JOHN
LAYLA - DEREK AND THE DOMINOS
Qui aurait dit que cette musique née dans les champs de coton branchée sur le courant électrique et articulée par des doigts agiles allait renvoyer Beethoven et Tchaikovski au musée du vieux monde, faire tomber le mur de Berlin et produire plus de milliards que toutes les industries réunies.
Dans cet épisode hors série de Mémoires d'outre-pop, retrouvez une sélection de morceaux des années 50 qui ont inspiré tous les grands groupes des décennies suivantes.
Playlist de l'épisode
CALDONIA - LOUIS JORDAN
ROCKET 88 - JACKIE BRENSTON
THAT’S ALL RIGHT MAMA - ELVIS PRESLEY
ROCK AROUND THE CLOCK - BILL HALEY
BO DIDDLEY- BO DIDDLEY
ROLL OVER BEETHOVEN - CHUCK BERRY
TUTTI FRUTTI - LITTLE RICHARD
BE BOP A LULA - GENE VINCENT
BLUES SUEDE SHOES - ELVIS PRESLEY
GREAT BALLS OF FIRE -JERRY LEE LEWIS
THAT’LL BE THE DAY - BUDDY HOLLY
C’MON EVERYBODY - EDDIE COCHRAN
A l’aube des années 70, la pop musique contemple confiante, un avenir radieux. Les Beatles, à la suite du Sergent Poivre ont récidivé avec le Double Blanc et viennent d’en rajouter une couche, grâce au miraculeux Abbey Road. De sommet en sommet, ils tutoient le céleste. Du côté du rock, l’évolution est remarquable à travers ce groupe au psychédélisme racé qui forge des sons kaléidoscopiques. Pink Floyd ouvre une voie dans laquelle on les sent nombreux à vouloir s’engouffrer comme Yes, Nice ou Soft machine.
La soul musique avec son contingent de vieux briscards comme Marvin Gaye et d’enfants prodiges comme Stevie Wonder n’est pas prêt de cesser de faire danser la planète. D’autant que des petits Blancs, tel Steve Winwood du Spencer Davis group où les furieux virtuoses du Chicago Transit Authority rajeunissent le genre en lorgnant vers le jazz rock. Quant aux valeurs sûres, Bob Dylan, les Stones, elles semblent indéboulonnables sans jamais se répéter. Mieux, les racines mêmes de la plus pure des musiques négro-américaines, le gospel revient à l’honneur en fracassant tout sur son passage grâce à Oh Happy Day, classé 63e des chansons du 20e siècle par la très officielle Association des Industrie du Disque Américain. Tout va pour le mieux. Or, l’avenir sera encore mieux que ce que l’on espérait.
Playlist de l'épisode
SPINNING WHEEL - BLOODY SWEET AND TEARS
LAY LADY LAY - BOB DYLAN
IT‘S A MAN - CHICAGO
GET BACK - THE BEATLES
THE BALLAD OF JOHN AND YOKO - THE BEATLES
COME TOGETHER - THE BEATLES
SOMETHING - THE BEATLES
THE COURT OF THE KING CRIMSON - KING CRIMSON
MORE - THE PINK FLOYD
OH HAPPY DAYS - EDWIN HAWKINS SINGER
La guerre du Viet-Nam occupe toutes les pensées. Ca ne date pas d’aujourd’hui mais aujourd’hui, les images télé, les témoignages des rescapés, l’inanité de cet engagement devient une évidence. Surtout pour les jeunes Américains qui n’ont aucune envie d’aller perdre leur vie pour une cause perdue et discutable. Bien entendu la musique s’en est déjà fait l’écho mais en abordant Broadway et le champ de la comédie musicale avec Hair, ce n’est plus seulement la jeunesse qui clame son opposition mais tout l’establishment. Quant à Creedence Clerwater Revival, il rappelle, avec Fortunate Son, que seule la jeunesse dorée échappe au carnage. Enfin, John Lennon le plus connu des musiciens, plus réputé que Jésus Christ, demande au monde de donner une chance à la paix.
Comme pour égayer cette sombre ambiance, c’est le moment où le funk commence à faire son intéressant sous la houlette de Sly and Family Stone qui fait un malheur à Woodstock. Autre grand moment de ce festival historique, Joe Cocker dans sa version dépouillée de With A Little Help From My Friends. Heureux public qui découvre également un guitariste éblouissant en la personne de Carlos Santana. Mais ce n’est ni à la guerre ni à Woodstock qu’apparait un Ovni british tout droit venu de l’espace. Il s’appelle David Bowie et sera l’étoile filante à travers le ciel des années 70.
Playlist de l'épisode
SUSPICIOUS MIND - ELVIS PRESLEY
LET THE SUNSHINE IN - THE 5TH DIMENSION
DANCE TO THE MUSIC - SLY AND THE FAMILY STONE
I WANT YOU BACK - THE JACKSON’S 5
WITH A LITTLE HELP FROM MY FRIEND - JOE COCKER
PROUD MARY - CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL
SOUL SACRIFICE - CARLOS SANTANA
FORTUNATE SON - CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL
GIVE PEACE A CHANCE - JOHN LENNON
SPACE ODDITY - DAVID BOWIE
Soyons clairs, quand les barricades s’élèvent, les barrières tombent. En 1968, à Paris, les pavés volent mais la révolution est dans tous les esprits de la planète. On veut changer le monde. Alors, Janis Joplin balaie la bienséance par un Summertime sensuel et ennivrant. Led Zeppelin bombarde le rock de sons surpuissants avec Whole Lotta Love. Les Who explosent les normes avec un opéra rock : Tommy. Et les Beatles, encore eux, toujours eux, explosent le sillon d’un Hey Jude de huit minutes qui n’en finit pas de durer. Sans oublier Arthur Brown qui incendie les charts britanniques. Le Summer of Love a réveillé les consciences et débouché sur un été chaud.
L’année suivante ce sera Woodstock où tous les incendiaires de la pop musique se trouveront réunis pour un ultime concert, un chant du cygne boueux et magnifique. Mieux, c’est aussi cette année là que des petits nouveaux destinés à un grand avenir font leur premier pas en sortant leurs premiers albums : Blood, Sweat and Tears, Creedence Clearwater Revival, Fairport Convention, Fleetwood Mac, Frank Zappa,The Move, Neil Young, Status Quo, Deep Purple, The Soft Machine, Joni Mitchell. Vu le barouf ambiant, on ne les entend pas. Mais ça viendra.
Playlist de l'épisode
GOING UP THE COUNTRY - CANNED HEAT
SUMMERTIMES - JANIS JOPLIN
MRS ROBINSON - SIMON & GARFUNKEL
RAIN & TEARS - THE APHRODITE ‘S CHILD
I HEARD IT THROUGH - THE GRAPEVINE
FIRE - ARTHUR BROWN
LADY MADONNA - THE BEATLES
HEY JUDE - THE BEATLES
I’M FREE - THE WHO
WHOLE LOTTA LOVE - LED ZEPPELIN
En studio, on travaille désormais sur huit pistes. Ça ne double pas les possibilités, ça les décuple. Les ondes aussi ont fait de sacrés progrès, la télé se diffuse en mondovision. Les premières radios libres plantent leurs piquets dans la manche. La musique rapporte tellement d’argent que Time Is Money en prend un coup dans l’aile. Rien n’empêche qu’on prenne son temps.
Cette sonorisation mondiale de la pop music résonne aux antipodes, chez les anglophones locaux. Notamment en Australie où les Easybeats et les Bee Gees pensent qu’eux aussi ont des choses à faire valoir. Ces progrès se déclinent également en courants progressifs dont les Moody Blues se présentent comme le premier jalon. Mais, la grande affaire, l’évènement majeur, c’est que les Beatles abandonnent la scène. Non pour prendre leur retraite mais dans l’intention de publier un album que l’on n’aura pas à reproduire en live. Les deux premiers titres sont prêts mais il en reste pas mal à écrire et à enregistrer. Or, les Stones, leur éternels concurrents, Cream le super groupe de cadors, sans parler de ces Bee Gees aux orchestrations beatlesques, inquiètent Brian Epstein, le manager des Fab Fours. Pour éviter de laisser le champ libre à la concurrence, il implore les Beatles de sortir les deux titres en urgence. Penny Lane et Strawberry Fields Forever annoncent Sergent Peppers mais personne ne s’en doute encore...
Playlist de l'épisode
MASSACHUSSETS - THE BEE GEES
FRIDAY ON MY MIND - THE EASY BEATS
NIGHT IN WHIT SATIN - MOODY BLUES
WHITE ROOM - CREAM
PENNY LANE - THE BEATLES
STRAWBERRY FIELDS FOREVER - THE BEATLES
ALL YOU NEED IS LOVE- THE BEATLES
SYMPATHY FOR THE DEVIL - THE ROLLING STONES
JUMPIN JACK FLASH - THE ROLLING STONES
BABY COME BACK - THE EQUALS
La résistance à l’invasion anglaise ne se fait pas attendre. L’une est volontaire et consciente : créons ou valorisons des clones des groupes anglais. Voilà comment on façonne de toutes pièces, les bien nommés Monkees singeant les Beatles. Mais la formule a ses limites.
En revanche, la jeune Amérique, suralimentée de matérialisme et d’American Way of Life, fait une crise de foi qui commence en Californie et se répand sur tout le territoire. Peace and Love devient le mantra de la beat génération. De sorte que l’industrie phonographique américaine, en quête de nouvelles idoles, dépêche ses agents dans toute la Californie pour signer, à prix d’or, tout chevelu revendicatif armé d’une guitare avec des fleurs dans les cheveux. Ces talents qui auraient mis des années à percer se voient propulser du jour au lendemain sur le devant de la scène.
Un mouvement qui fait tache d’huile chez les afro-américains qui ont, eux, pas mal de revendications sous le coude depuis l’abolition de l’esclavage. "Respect", un titre d’Otis Redding magnifié par Aretha Franklin, va cristalliser ce nouveau souffle. Toutefois, la musique soul n’est pas encore prête à mélanger sa voix à la révolution hippie. Pour l’heure, elle fourbit l’avenir en embauchant de jeunes recrues. Stevie Wonder aujourd’hui, Michael bientôt.
Playlist de l'épisode
I’M A BELIEVER - THE MONKEES
HEY JOE - JIMI HENDRIX
SOMEBODY TO LOVE - JEFFERSON AIRPLANE
LIGHT MY FIRE - THE DOORS
SAN FRANCISCO - SCOTT MCKENZIE
ODE TO BILLIE JOE - BOBBY GENTRY
THE DOCK OF THE BAY- OTIS REDDING
THE LETTER - THE BOX TOPS
RESPECT - ARETHA FRANKLIN
I WAS MADE TO LOVE HER - STEVIE WONDER
Les Etats-Unis sont protectionnistes. En matière de musique, ça se traduit par des mesures spécifiques. Par exemple, pour avoir le droit d’être distribué, un disque doit avoir été gravé aux States. Ce qui entraine des différences notables entre le disque original et sa version américaine. L’ordre des titres change et quelquefois une chanson disparait car jugée déplaisante aux oreilles yankees.
Parfois aussi, on modifie l’orthographe du titre ou sa ponctuation, et entraîner des contresens dommageables comme pour Paint it Black des Stones. Bien entendu, ces nouvelles gravures peuvent prendre un certain temps. Voilà comment l’industrie phonographique américaine entendait se préserver des importations concurrentes.
Mais à partir de 1966, le marché américain se voit ébranler par une véritable invasion des productions anglaises. Les Beatles, les Rolling Stones, les Kinks, Donovan sont plébiscités par la jeunesse américaine. Un signe qui en dit long.
Quand les Beatles entament leur tournée aux Etats-Unis, les salles prévues se révèlent si limitées pour les réservations qu’on est obligé d’organiser, en urgence et dans l’improvisation la plus totale, les concerts dans des stades, non prévus à cet effet, surtout niveau son, mais seuls capables d’accueillir le public sans risquer l’émeute. Des stades pour des musiciens, c’est du jamais vu ! Et des musiciens étrangers, de surcroît !
Playlist de l'épisode
Sunny afternoon - the kinks
mellow yellow - donovan
no milk today - herman hermit’s
summer in the city - lovin’ spoonful
i got you babe - sonny & cher
paint it black - the rolling stones
a wither shade of pale - procol harum
happy together - the turtles
a day in the life - the Beatles
Beck's Bolero - Beck
Un disque s’enregistre en studio. La chanson peut avoir toutes les qualités, les musiciens peuvent être les meilleurs dans leur partie, si la finalisation en studio n’est pas au top, il n’en sortira rien de bon.
Dans un studio d’enregistrement, le grand manitou c’est le producteur. D’autant plus qu’au milieu des années 60, les magnétophones passent de deux à quatre pistes. Ce qui permet non seulement l’enregistrement, instrument par instrument mais également l’ajout de parties musicales ou d’effets une fois la base de l’œuvre enregistrée, ce qu’on appelle les overdubs.
Du côté de la black music, l’élaboration du son en studio, que ce soit chez Stax ou à la Motown, était déjà primordiale et leur procurait une supériorité indéniable dans la réalisation de petits bijoux destinés à se vendre comme des petits pains. En revanche, pour les producteurs de culture européenne, voire académique, le son devenait non une qualité mais un instrument à part entière dont on pouvait expérimenter tous les possibles.
Au reste, que ce soit dans l’un ou l’autre cas, le son devient la poutre maitresse de toute l’industrie phonographique. Et le maître du son, c’est le producteur. Sans George Martin, les Beatles n’auraient pas quitté leur caverne. Sans Brian Wilson, les garçons de la plage n’auraient jamais entendu les bonnes vibrations.
Playlist de l'épisode
WHEN A MEN LOVES A WOMAN - PERCY SLEDGE
IT‘S A MAN‘S MAN‘S WORLD - JAMES BROWN
TRY A LITTLE TENDERNESS - OTIS REDDING
STOP IN THE NAME OF LOVE - THE SUPREMES
REACH OU I‘LL BE THERE - FOUR TOPS
YELLOW SUBMARINE - THE BEATLES
FOR WHAT IT WORTH - BUFFALO SPINGFIELD
WOULDN‘T IT BE NICE - THE BEACH BOYS
GOOD VIBRATIONS - THE BEACH BOYS
CALIFORNIA DREAMING - THE MAMAS AND THE PAPAS
En Amérique, on connait les rockers et le nom du groupe qui les accompagne. Mais pas toujours. Kif kif dans le rhythm and Blues.
Les Anglais vont innover en faisant du groupe la star. Or c’est bien connu, comme l’union fait la force, la créativité des groupes anglais tout comme leur anti-conformisme atavique va provoquer une onde de choc sur les musiques populaires, désormais baptisée musique pop.
Les Who, les Beatles, le Kinks, les Rolling Stones, les Them, les Shadows, aplanissent les frontières musicales entre les genres et instituent un nouveau paradigme. Ajoutez à cette révolution, celle des masses adolescentes qui se reconnaissent dans ces bandes, ces bands et vous comprenez le tsunami qui va déferler sur le monde.
Et en tout premier lieu aux Etats-Unis qui fort de son leadership en la matière, ne s’attendaient pas à une sorte de retour de manivelle qui non seulement les détrônait dans les charts mais tarissait leur royalties. Mais le pire était ailleurs. Car l’Anglais avait mis de l’esprit dans ses textes et ringardisait les chansonnettes proprettes pour midinettes.
Pour être honnête, et surtout chez les Beatles, Bob Dylan avait montré la voix. Une chanson peut aussi avoir du sens. Ca a même été longtemps, la raison d’être des chansons. Au moins depuis les troubadours
Playlist de l'épisode
SOUND OF SILENCE - SIMON&GARFUNKEL
YOU REALLY GOT ME - THE KINKS
WILD THING- THE TROGGS
LIKE A ROLLING STONES- BOB DYLAN
(i can‘T GET KNOW ) SATISFACTION - THE ROLLING STONES
GLORIA -THEM
EVE OF DESTRUCTION - BARRY MCGUIRE
YESTDERDAY - THE BEATLES
MY GENERATION - THE WHO
MY GIRL- THE TEMPTATIONS
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