Tâcher d’y voir clair. Il se trouve que nos lectures, et spécialement notre péricope évangélique du 4e dimanche de Carême, tombent en des journées électorales, et dans une actualité confuse, incertaine et préoccupante, où il n’est ni inutile ni aisé de voir clair. Dans le long épisode johannique de la guérison de l’aveugle-né, tous les acteurs s’efforcent d’y voir clair. Les disciples de Jésus, pour qui la longue pédagogie divine, depuis le début de la Révélation, de la causalité du bien et du mal dans l’homme et dans le monde, n’a pas encore produit tous ses fruits, et qui s’interrogent sur l’imputation des péchés personnels d’un homme aveugle de naissance, ou de ses proches, dans son infirmité. Les pharisiens, décontenancés, comme tous, par cette libération de la cécité, divisés entre eux sur la possibilité qu’un tel miracle vienne de Dieu, et en peine, eux aussi, avec l’œuvre de Dieu. Les parents du mendiant aveugle guéri, qui, eux, ne veulent même pas savoir et n’aspirent qu’au confort de la pénombre.