Midi Bascule

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Midi Bascule episodes

  • S2E9 Chronique de José - Vendre son art au diable

    Il y a des matins comme ça, on se lève, c’est vendredi, on prend son café, la matinée se passe à peu près, tout va bien. Et puis, vient midi, on allume la radio pour écouter Midi Bascule bien sûr, et on tombe sur le sujet : Vendre son art c’est tout un art. Mais qu’est-ce qu’il s’est passé ? J’me suis planté de radio ? J’ai mis par erreur La 1ère ? Je suis tombé sur un sujet culture de la RTS ?



    Non non, vous êtes bien sur Midi Bascule et le sujet c’est vraiment ça... rassurez-vous, ou rassurez-vous pas, à ce stade, c’est plus de mon ressort.



    Chèr.e.s auditeurices, je ne vous cache pas que déjà avec le changement de saison, l’heure d’hiver, la faible luminosité, les baskets qui font splotch splotch à cause de la pluie quand on va faire son jogging, le moral est mis à rude épreuve. Mais là, si on veut achever l’individu encore un tant soit peu sensible dans ce monde de brutes et finissant, y’a qu’à lui concocter pareil programme radio…



    Alors bon, déjà que c’est pas donné de pratiquer son art avec art… Mais maintenant, si en plus t’es pas bon dans : l’art de vendre ton art, alors t’as beau être bon dans ton art, ça le fera pas, on te dit. Limite vaut mieux être bon dans l’art de vendre ton art que dans ton art lui-même. Quelle époque fantastique, quand même…



    Alors, puisqu’on en est là, je me dois de poser le constat que personne ici, dans l’équipe de Bascule ni même chez les invités, n’a pour l’heure de résultats dans l’art de vendre son art dont on puisse dire qu’ils sont – comment dire – extrêmement significatifs en terme de répercussions, d’impact. J’entends, vraiment significatifs.  Je veux dire au niveau de, je sais pas, Lady Gaga, Jean-Claude Van Damme, Jef Koons, Mireille Mathieu ou même Michel Sardou. Eh oui, même Michou nous bat à plates coutures dans la discipline.



    Faut croire que dans l’équipe artistique de Bascule, on s’est pas trop bien démerdés jusqu’à présent dans l’art de vendre son art. On a pas été trop artistes de ce côté là… Pour l’autre côté, il y a encore un p’tit suspense. Qui sait ? Une fois qu’on sera morts… Mais pour ce qui est de l’art de le vendre, son art, de son vivant… C’est même un peu la loose dès qu’on se met à citer des vrais noms et comparer les résultats.



    A Genève, faut l’admettre, on tient plus des pages jaunes que du Who’s Who, en général, question art et art de la vente de l’art… Mais, rien à battre, nous à Bascule, on vous fait quand même un sujet d’une heure dessus : On en touche pas une dans le domaine, mais on y va ! A la romande…



    Sérieux, ici, dans la région – je veux dire à part Joël Dicker - on a quand même toutes et tous de sérieux progrès à faire dans l’art de vendre son art. Enfin, si, comme Joël Dicker on s’en fout au final de faire un tort immense à l’art… Passons. Joël Dicker, en voilà un qui a pas attendu les activistes du climat pour saloper son œuvre… Eh oui mais ici vous êtes sur Vostok pas sur la 1ère, si vous voulez des vannes à la tranquilou, allez sur la radio d’Etat ! Voilà, ça c’est dit. Tant pis, Charles et Anne, on perd des auditeurices, je me fâche avec des collègues, mais la liberté ça n’a pas de prix.



    Oui, je sais, la liberté, bien sûr, c’est comme dans le dicton sur l’argent, ça se mange pas. Dommage, tous les problèmes seraient réglés d’un coup. Il suffirait d’avoir de la liberté pour bouffer et on n’aurait pas à faire cette émission tellement suspecte.



    A propos de crève-la-faim et d’art, il me semble que le moment est venu de parler du plus incompétent de nous tous pour vendre son art, j’ai nommé : Vincent Van Gogh. Il a eu de l’actu récemment. Pas mal pour un mec qui est mort en 1890, et qui savait pas vendre son art. Il aurait entendu cette émission… mais c’est deux oreilles qu’il se serait coupé pas une, histoire de plus entendre des conneries pareilles.



    Pauvre Vincent, si on lui avait dit qu’en 2022 l’avenir de la planète passerait par le jet de sauce tomate sur une de ses toiles... Mais le gars, il les aurait directement peintes à la sauce tomate, ses toiles. Déjà qu’éclabousser de la couleur, c’est assez son style. Des tournesols en rouge ? Allez, pourquoi pas… Si ça peut sauver la planète.



    Déjà qu’il avait pas le budget pour se payer de la peinture à l’huile, qu’il crevait la dalle, justement pour pouvoir peindre... Eh, avec de la sauce tomate il aurait pu peindre et manger à la fois… Malin ! Et pis contribuer à sauver le monde, puisque c’est comme ça qu’on fait. Et sans énerver personne, ce qui n’est pas un moindre avantage.



    Bon, j’espère après ça que les budgets qui vont devoir être dépensés dans les musées pour foutre une vitre devant chaque œuvre d’art et encore plus de flics dans les musées seront pas pris dans l’enveloppe écolo pour sauver le monde.



    Je vous le dis cash, moi, lancer l’accompagnement pour les pâtes sur des œuvres d’art, c’est pas trop mon truc. Je veux dire, ça me prendrait pas de lancer de la sauce tomate par exemple sur Marie-Eve ou sur Candice. Même si elles peuvent se prendre une douche après et que les fringues ça se lave, et qu’en vrai, ce serait pas grave, du moment que ça bouge les choses.



    Et si je le fais, Patrick Drahi va moindre prendre son jet ? Elon Musk va bloquer Space X au sol ? Ou plus modestement, à l’échelle de nous autres, la masse : « Oh, quelqu’un a lancé de la sauce tomate sur les tournesols de Van Gogh, cette fois c’est décidé, j’arrête de prendre Easy Jet. Fini les streams sur le web. Tant pis, pour la fin de la saison 5 de Handmaid’s tale. J’déchire mes billets pour le Mondial au Qatar et j’arrête le foot, promis juré… Mais putaaaaain, arrêtez de balancer de la sauce sur Van Gogh, deudieu ! »



    C’est pas sûr. Y’a comme un doute là quand même. Faut être honnête, des fois, en plus de désespérer, c’est pas incompatible. Et qui sait, ça peut aussi contribuer à faire bouger les choses.



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    Emission diffusée en direct sur Radio Vostok, le 4 novembre 2022

    Publié le 7 novembre 2022

    Crédits photo: © Anne Bouchard



     



     

    6 min
  • S2E9 Chronique de Candice - «Les Kardashians» : l'art de pousser un chariot en ce faisant filmer

    On parle de TikTok, Instagram, Snapchat et autres, mais le meilleur moyen de vendre reste quand même la sexe tape. Paris Hilton, Britney, Kim Kardashian ont toutes la même clef du succès et de l’ultra médiatisation: la vidéo coquine tournée avec un amoureux qui fuite accidentellement sur internet.



    On est en 2007, Kim Kardashian sort avec le chanteur de R’nB Ray J, leur sextape sort sur les réseaux, Kim devient mondialement connue. On apprendra plus tard que c’était une idée de sa mère, Kris Jenner — si si la famille — qui avait même fait signer un contrat à Ray J. Donc déjà rien de spontané dans la vidéo, tout était prémédité. Si ça se trouve c’est même la maman qui tenait la caméra. Si si la famille.



    Ces débuts dans l’audiovisuel grand public permettent aux Kardashian de signer un contrat avec une chaine de télé américaine pour une émission de télé-réalité sur… eux-même. Donc l’émission c’est juste filmer les Kardashians dans leurs villas luxueuses, et ça suffit. Ça dure quand même pendant 20 saisons sur 15 ans. Il y a eu 7 séries dérivées en tout. Ils ont arrêté en 2021 mais en fait c’était pour mieux revenir en avril 2022 avec un nouveau titre «Les Kardashian». J’espère qu’ils ont payé cher leur conseiller en communication.



    Alors je me dis, si ça marche, c’est que ça doit être passionnant, il doit se passer plein de choses, je vais regarder.  



    Qu'est-ce que ça donne? À part le fait que j’ai bousillé mon algorithme Youtube, pas grand-chose. Non mais en vrai, il se passe des trucs de ouf, par exemple à un moment elles vont faire des courses dans un supermarché. Mais c’est vraiment un truc de ouf. Elles sont surexcitées de pousser un chariot et de passer à la caisse, parce que c’est après le Covid donc ça fait longtemps, mais surtout parce que d’habitude elles payent des gens pour ça. Après elles vont mettre de l’essence et nettoyer la voiture au car wash et là j’ai dû arrêter de regarder, c’était trop d’émotions.



    Des scènes de la vie de tous les jours en somme. Comme faire la vaisselle à poil, vomir au mariage de sa sœur, faire semblant d’être vegan, se disputer pour des fringues, apprendre les fiançailles de sa mère et son nouveau mec sur TikTok… Le tout dans des décors luxueux, des villas sans caractère avec des canapés XXL et des salles de sport, des énormes frigos remplis de yaourts et de légumes verts, des jet privés...



    Alors bien sûr, ce n’est pas leur vraie maison, c’est un lieu de tournage, tout est écrit à l’avance, il y a des scripts, les scènes sont tournées plusieurs fois, bref tout est fake, comme la sexetape.



    Si ça marche, c’est qu’il y a des émotions: ça chiale, ça crie, ça s’énerve, ça se réconcilie, on peut s’identifier. Comme dans toute émission de télé-réalité qui se respecte, il y a un confessionnal. Une pièce pour les interviews face caméra, où elles peuvent se lâcher. Je dis elles parce qu’en fait c’est que des filles. Le père est mort, le frère a été éloigné du show, le père des deux dernières est devenu une femme et a sa propre émission.



    Donc on a 6 femmes de pouvoir à l’écran, la mère et ses 5 filles, qui occupent toute la place, qui décident de tout, et qui foncent. Et c’est assez beau. Parce qu’au final c’est assez rare. Sororité et matriarcat. Alors c’est sûr que quand on est une des familles les plus influentes d’Amérique c’est plus simple. Mais elles nous montrent tout : les grossesses difficiles, les post partum, les transferts d’embryon, les FIV. Fake ou pas fake, ça a le mérite d’exister et de montrer ce que d’habitude on cache. La caméra les suit jusque dans leurs rendez-vous médicaux et leurs chambres d’hôpital.



    Et c’est ça qui est chouette, un show qui est regardé par des millions de personnes, et surement majoritairement des jeunes filles, qui permet de montrer, un peu, l’intimité des stars et des modèles de femmes fortes et indépendantes.



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    Emission diffusée en direct sur Radio Vostok, le 4 novembre 2022

    Publié le 7 novembre 2022

    5 min
  • S2E9 Intégrale - Vendre son art, c'est tout un art

    Il y a quelques années, certaines institutions culturelles considéraient encore qu’une approche marketing – qui vise bassement à augmenter les recettes – allait à l’encontre de la mission artistique d’une œuvre. Si la démarche commerciale d’un fabricant d’aspirateurs semblait éloignée de celle d’une salle de spectacle, les temps et les approches changent. Pour attirer et fidéliser un public au milieu d’une offre croissante, les lieux de culture engagent maintenant des spécialistes en communication. Comment les artistes eux-même réagissent? Si les écoles de théâtres enseignent technique corporelle, jeu scénique et dramaturgie, qu’en est-il de l’art de se vendre? 



    Depuis peu, le nombre d’abonnées instagram pèse dans la balance lorsqu’il s’agit d’engager tel acteur ou telle actrice pour la prochaine série Netflix, des maisons de disques ont désormais des équipes dédiées à la recherche de nouveaux talents sur le réseau social TikTok. Dans ces conditions, pour se démarquer, la virtuosité compterait moins qu’un certain savoir-faire dans l’auto-promotion. Mais quelles sont les meilleures techniques?

    Quel est le juste équilibre entre méthode marketing et touches artistiques? Dans un monde où la course aux likes et aux clics prime, comment ne pas se perdre? Et comment rester en accord avec son univers et les valeurs qu’on défend?



    Pour aborder le sujet, nous recevons en plateau la productrice et agent d’artistes Aurélie Candaux. Par téléphone, nous avons le plaisir d'échanger avec la musicienne Alizé Oswald du duo suisse Aliose. Et tout au long de l'émission, nous découvrons également l’expérience de l’humoriste Lord Betterave à travers différents messages vocaux qu’il nous a envoyés. Du côté des chroniqueureuses, cette semaine c'est Candice Savoyat et José Lillo qui sont avec nous. 

     



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    Emission diffusée en direct sur Radio Vostok, le 4 novembre 2022

    Publié le 4 novembre 2022

    Crédits photo: © DR

    53 min
  • S2E8 Interview - Stéphane Mitchell et la place des femmes dans le monde du cinéma suisse

    Dans la littérature comme au cinéma ou dans le domaine de la musique, les artistes féminines sont constamment invisibilisées. Heureusement, des structures se créent pour les mettre en avant. Le temps d’un monde plus égalitaire serait-il arrivé ?



    Pour en parler, la scénariste genevoise Stéphane Mitchell passe cette heure d'émission avec nous. Scénariste pour la télévision et le cinéma, elle est l'auteure princpale et dialoguiste de la série jeunesse Heidi, succès européen qui réactualise le personnage mythique de Johanna Spyri. Elle a également travaillé, entre autres, pour les séries Quartier des Banques, T'es pas la seule !, ou encore Déchaînées avec Adèle Haenel et Irène Jacob, qui a remporté de nombreuses distinctions, dont le prix Swissperform 2009 du meilleur téléfilm suisse. Egalement cofondatrice de SWAN : Swiss Women’s Audiovisual Network, Stéphane Mitchell siège actuellement au conseil d’administration de la SSA, la Société Suisse des Auteurs, et au comité de l’Académie du Cinéma Suisse. 



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    Emission diffusée en direct sur Radio Vostok, le 21 octobre 2022

    Publié le 24 octobre 2022

    Crédits photo: © Delphine Luchetta

    15 min
  • S2E8 Messages Vocaux - Cinzia Cattaneo

    Pour notre émission sur l’invisibilité des artistes féminines dans les différents domaines culturels, l’humoriste suisse Cinzia Cattaneo nous a envoyé des messages vocaux sur la situation dans le milieu de l’humour.



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    Emission diffusée en direct sur Radio Vostok, le 21 octobre 2022

    Publié le 24 octobre 2022

    Crédits photo: © DR

    1 min
  • S2E8 Interview - Evita Koné, nouvel espoir de la scène neo soul

    Evita Koné nous parle de son parcours en tant qu'artiste féminine dans le milieu musical. Après avoir fait ses débuts au sein du groupe Captains of the Imagination, l'autrice, compositrice et interprète, lance désormais son projet solo Break. 



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    Emission diffusée en direct sur Radio Vostok, le 21 octobre 2022

    Publié le 24 octobre 2022

    Crédits photo: © Drapeau Noir, Régis Phares Kacou

    8 min
  • S2E8 Chronique de Candice - Female gaze VS male gaze: vous allez voir les images différemment

    Souvent dans ses chroniques cinéma, Candice parle de ce concept encore trop obscur de female gaze, qui méritait bien une chronique à lui tout seul. Désormais, ce sera pratique, dès qu'elle parlera de female gaze, on pourra renvoyer le lien de ces 3 minutes 30 d’explications. En mode autopromo.



    Alors qu’est-ce que le female gaze ? Encore un anglicisme qu’on a du mal à traduire. Parce que si on part sur le gaz de la femelle, c’est sûr qu’on a pas du tout envie de s’intéresser au concept. Ça vend pas du rêve. Pas très facile de populariser l’idée. Et pourtant elle est essentielle à comprendre aujourd’hui. Bon allez, fin du teasing (enfin l’effet d’annonce en français).    



    Le gaze en anglais c’est le regard. Donc si on traduit female gaze ça donne «le regard féminin». C’est la théoricienne du cinéma et cinéaste américaine Laura Mulvey qui est à l’origine de ce concept en 1975. Elle a été traduite en français en 2017. 42 ans pour une traduction universitaire qui dit mieux ? 



    Malheureusement pour bien comprendre le female gaze, il faut d’abord parler du male gaze, le regard masculin. Encore lui. C’est par là qu’a commencé Laura Mulvey. C’est l’idée qu’une très grande partie des images que nous consommons sont pensées et conçues selon un regard masculin. Exemple: La robe de Marilyn qui se soulève au-dessus de la bouche de métro et laisse découvrir ses jambes, ses fesses et sa culotte. Tout le monde a cette image en tête. Et bien c’est du male gaze. Une image qui a été pensée par un homme pour un homme et qui objectifie la femme.



    Alors bien sûr le male gaze peut aussi objectifier le corps des hommes. Mais c’est plus rare. Beaucoup plus rare. Exemple: Brad Pitt qui enlève son teeshirt dans le dernier Tarantino. Autre exemple : Now Appocalypse, série de Gregg Araki, les acteurs sont moins connus donc ça ne vous dit sûrement rien. Mais Candice a fait une chronique dessus, disponible en ligne. En mode autopromo.



    En gros, la théorie de Laura Mulvey nous dit que depuis toujours, les femmes sont filmées comme objet de désir, passives, avec des gros plans sur certaines parties de leur corps et des travelling de bas en haut façon relooking pervers. Le problème c’est que toutes ces images ont façonné notre façon de voir le monde et de l’appréhender. Elles ont construit l’imaginaire de plusieurs générations. Exemple: Un rapport sexuel est défini par la pénétration et se termine par l’orgasme masculin. Ou pire: Finalement le viol ça a pas l’air si terrible, il y en a un dans chaque épisode de Game of Thrones et c’est même excitant à regarder. Vous voyez le problème ?



    En opposition à tout ça, il existe un regard féminin, qui va placer la femme, et tous les autres personnages, comme sujet et non comme objet. En France, c’est Iris Brey, qui théorise le concept dans un ouvrage sorti en 2020. Elle parle d’un regard qui adopte le point de vue d’un personnage féminin. Un regard qui nous fait ressentir l’expérience d’un corps féminin à l’écran. La vraie expérience, pas celle fantasmée par les hommes ou au contraire effacée car taboue. Exemple: Les règles. Dans les 94 épisodes de Sex and the City, combien de fois Carrie Bradshow a eu ses règles ? Zéro. Super réaliste.



    Alors attention, regard féminin ne veut pas dire film de femmes. Exemple: Titanic, de James Cameron. 3ème film au box office mondial. On n’est clairement pas sur du petit film féministe de niche et pourtant, c’est le point de vue et le regard de Rose que l’on suit tout du long. C’est elle qu’on entends en voix off, c’est elle qui est socialement supérieure à lui, c’est elle qui lui demande de la peindre nue, la scène de sexe ne montre ni ses seins ni ses fesses, mais juste sa main contre la vitre embuée d’une voiture, on comprend qu’elle prend du plaisir, et à la fin, Di Caprio est essoufflé et elle le prend dans ses bras. Comme quoi, en 1997, Cameron avait déjà tout compris.



    Alors bien sûr c’est quand même majoritairement un concept utilisé par les femmes cinéastes, et de plus en plus aujourd’hui, notamment dans les séries. La liste est longue, mais on peut conseiller Fleabag, The Handmaid’s Tale et I may destroy you, que Candice a chroniqué sur Radio Vostok. En mode autopromo toujours. 



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    Emission diffusée en direct sur Radio Vostok, le 21 octobre 2022

    Publié le 24 octobre 2022

    Crédits photo de Une: © Titanic / James Cameron / 20th Century Fox

    Bibliographie: Iris Brey, Le regard féminin, une révolution à l'écran, éditions Points, 2020

    Laura Mulvey, « Visual Pleasure and Narrative Cinema », Screen, vol. 16, n°3, automne 1975. Paru en France sous le titre : Au delà du plaisir visuel, trad. de F. Lalache et M. Monteiro, éditions Mimésis, 2017.



     

    6 min
  • S2E8 Intégrale - (in)visibles, les femmes artistes?

    Le six octobre dernier, le prix Nobel de littérature a été décerné à l’écrivaine française Annie Ernaux.

    Cette attribution a déclenché des réactions d’une rare violence. Elle a été qualifiée par certains «d’imposture». 

    Le Nobel – instance suprême de validation – ne pourrait-il donc pas être remis à une femme? Pour rappel, depuis son lancement en 1901, c’est la toute première fois qu’une autrice française est lauréate. Pourquoi lorsqu’une personne de sexe féminin écrit dans ce pays, elle est accusée de «dégrader l’identité nationale» ? 



    La littérature n’est pas le seul domaine artistique a être gouverné par la gent masculine. Dans le monde du cinéma suisse, une enquête a été menée: entre 2010 et 2014, 88% des films sortis en salles et soutenus par des fonds publics ont été réalisés par des hommes. Du côté de la musique, l'association Helvetiarockt dénonce que dans les domaines du jazz, rock et pop, les scènes sont occupées à 89 % par des hommes. Il n’existe pas de chiffres officiels concernant le monde de l’humour, mais en tapant «humoristes suisses» dans sa barre de recherche on tombe sur un article paru en 2021 réunissant une partie des protagonistes romands de ce milieu pour une séance photos. Sur les images: 10 hommes et une seule femme. Pourtant elles existent, le prix nouveau talent humour SSA de cette même année avait désigné une lauréate. Simplement elle n’a pas été invitée à prendre la pose. 



    Heureusement, associations et fédérations se créent pour que les artistes féminines soient également mises en avant. Un désir de changement se fait sentir. Le temps d’un monde plus égalitaire serait-il arrivé?



    Pour aborder ce sujet délicat, la scénariste genevoise Stéphane Mitchell passe cette heure avec nous, et la musicienne Evita Koné rejoindra la discussion par téléphone. Tout au long de l'émission, on entendra les messages vocaux que la standupeuse genevoise Cinzia Cattaneo a laissé sur la boite vocale de Midi Bascule. Quant aux chroniqueureuses de la semaine, pour cette émission on retrouve Candice Savoyat et José Lillo.



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    Emission diffusée en direct sur Radio Vostok, le 21 octobre 2022

    Publié le 21 octobre 2022

    Crédits photo: © DR

    55 min

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En 2020, Radio Vostok, la chaîne indé qui décape les oreilles, et le Théâtre Forum Meyrin, une scène qui porte haut l’étendard du spectacle vivant, créaient Radio Bascule, plateforme de podcasts plus accueillante encore qu’une auberge espagnole. Et comme l’appétit vient en mangeant, il n’était pas question de s’arrêter en si bon chemin. Pourquoi ne pas lancer une émission?