Mission encre noire

Mission encre noire

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Mission encre noire episodes

  • Émission du 14 février 2017
    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 242 Dans les brumes du mal de René Manzor paru en 2017 aux éditions Calmann-Lévy. Le territoire des Basses Terres en Caroline du sud est en proie à la douleur, il est le théatre sanglant d'une série de meurtres non élucidés. Une mère est découverte affreusement torturée et mutilée, son corps est couvert d'étranges scarifications rituelles. Les enquêteurs déduisent que son fils a aussi disparu. Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels va prendre en charge cette enquête. Non seulement, s'agit-il de l'enlèvement de son neveu, mais encore, l'atmosphère lugubre des cérémonies sacrificielles qui entoure les meurtres lui rappelle les raisons pour lesquelles, elle refusait de remettre un jour les pieds dans sa région natale. René Manzor est l'invité de Mission encre noire pour nous en dire plus sur ce roman, et bien sûr nous raconter son passage du cinéma (Steven Spielberg, George Lucas, alain Delon, Vanessa Paradis, Jean Reno, Hollywood) à l'écriture de thrillers à succès. (Celui dont le nom n'est plus a reçu le prix du polar du festival de Cognac en 2014).
    Extrait:«La Cadillac bleu métal filait sur la route US17 en direction de St. Helena. Durant la première moitié du voyage, Dahlia et Luke n'vaient pas échangé un mot, comme si ce silence entre eux était le langage qu'ils maîtrisaient le mieux. Les Basses Terres qui défilaient tout autour n'avaient pas changé depuis leur enfance. Les vastes marais d'eau salée au parfum de spartines et de vase noire, les colverts gemmés d'émeraude et les grands hérons bleus guettant les douze fluctuations de marée, toute cette mémoire odorante du Sud les rapprochait plus qu'aucune parole prononcée.»
    Heimska (La stupidité) d'Eirikur Orn Norddahl paru en 2017 aux éditions Métailié. Dans un futur proche, la société islandaise bascule en plein chaos. Songez-y un instant ! Un système video surVeillance permet de se divertir de l'intimité totale et impudique de vos voisins à travers un réseau de webcams et d'images satellites, à priori impossible à déconnecter. Ajouter à cela un couple d'écrivains, séparés, qui ne vit que pour se harceler, un gang terroriste étrange qui s'inspire d'un de leur livre, plantez-y une panne majeure d'électricité suspecte, secouez le tout, qu'est-ce qu'il reste ? Un roman qui fait sensation et qui vous permettra sans doute de lever le pied sur vos connections en rafale sur votre réseau favori peut-être ?
    Extrait:«Ils appellent ça surVeillance tandis que nous parlons de mélodie du futur - dystopie ou probablement cauchemar - mais en réalité c'est un phénomène plutôt banal et il n'y a sans doute pas grand-chose à en dire. Les gens ne passaient tout de même pas leurs journées sans bouger à observer leur prochain. Ils avaient mieux à faire. Ils devaient s'occuper de leur foyer. Ils devaient travailler. Or, ça n'avait rien de distrayant de regarder les autres trimer - décortiquer des crevettes, vendre du poisson, encaisser des dettes, donner des médicaments ou changer des pneus Vesuvio flambant neufs. Et chacun gérait sans doute aussi ses publications sur Facebook. Bref, la pression ne pouvait pas être plus importante.»
    Le diable dans les détails de Leila Slimani paru en 2017 aux éditions de l'Aube. Ce recueil de six textes est le résultat de chroniques, de nouvelles, d'autofictions publiées de 2014 à 2016 pour l'hebdomadaire français le 1 sous la direction de l'écrivain Éric Fottorino. Leila Slimani a produit, dans l'urgence des événements survenus dans l'hexagone, des textes engagés, enragés et forts. Elle a pris la mesure de l'impératif à prendre la parole pour défendre un mode de vie devant l'invasion des barbares. Vous tenez ici, à mon avis, une démarche des plus saine qu'il soit: donner à lire sur l'ambiguité du monde avec détermination et style.
    Extrait:«Cette année, en Normandie, au milieu des rires et des discussions, je me suis demandé ce que ma génération allait être capable de faire de ce monde. Serons-nous à la hauteur de ceux qui se sont battus pour pouvoir fêter Noel ensemble? Saurons-nous nous définir par autre chose que nos dieux, nos origines? Faudra-t-il encore et toujours prouver nos allégeances?»
    0 min
  • Émission du 14 février 2017

    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 242 Dans les brumes du mal de René Manzor paru en 2017 aux éditions Calmann-Lévy. Le territoire des Basses Terres en Caroline du sud est en proie à la douleur, il est le théatre sanglant d'une série de meurtres non élucidés. Une mère est découverte affreusement torturée et mutilée, son corps est couvert d'étranges scarifications rituelles. Les enquêteurs déduisent que son fils a aussi disparu. Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels va prendre en charge cette enquête. Non seulement, s'agit-il de l'enlèvement de son neveu, mais encore, l'atmosphère lugubre des cérémonies sacrificielles qui entoure les meurtres lui rappelle les raisons pour lesquelles, elle refusait de remettre un jour les pieds dans sa région natale. René Manzor est l'invité de Mission encre noire pour nous en dire plus sur ce roman, et bien sûr nous raconter son passage du cinéma (Steven Spielberg, George Lucas, alain Delon, Vanessa Paradis, Jean Reno, Hollywood) à l'écriture de thrillers à succès. (Celui dont le nom n'est plus a reçu le prix du polar du festival de Cognac en 2014).

    Extrait:«La Cadillac bleu métal filait sur la route US17 en direction de St. Helena. Durant la première moitié du voyage, Dahlia et Luke n'vaient pas échangé un mot, comme si ce silence entre eux était le langage qu'ils maîtrisaient le mieux. Les Basses Terres qui défilaient tout autour n'avaient pas changé depuis leur enfance. Les vastes marais d'eau salée au parfum de spartines et de vase noire, les colverts gemmés d'émeraude et les grands hérons bleus guettant les douze fluctuations de marée, toute cette mémoire odorante du Sud les rapprochait plus qu'aucune parole prononcée.»

    Heimska (La stupidité) d'Eirikur Orn Norddahl paru en 2017 aux éditions Métailié. Dans un futur proche, la société islandaise bascule en plein chaos. Songez-y un instant ! Un système video surVeillance permet de se divertir de l'intimité totale et impudique de vos voisins à travers un réseau de webcams et d'images satellites, à priori impossible à déconnecter. Ajouter à cela un couple d'écrivains, séparés, qui ne vit que pour se harceler, un gang terroriste étrange qui s'inspire d'un de leur livre, plantez-y une panne majeure d'électricité suspecte, secouez le tout, qu'est-ce qu'il reste ? Un roman qui fait sensation et qui vous permettra sans doute de lever le pied sur vos connections en rafale sur votre réseau favori peut-être ?

    Extrait:«Ils appellent ça surVeillance tandis que nous parlons de mélodie du futur - dystopie ou probablement cauchemar - mais en réalité c'est un phénomène plutôt banal et il n'y a sans doute pas grand-chose à en dire. Les gens ne passaient tout de même pas leurs journées sans bouger à observer leur prochain. Ils avaient mieux à faire. Ils devaient s'occuper de leur foyer. Ils devaient travailler. Or, ça n'avait rien de distrayant de regarder les autres trimer - décortiquer des crevettes, vendre du poisson, encaisser des dettes, donner des médicaments ou changer des pneus Vesuvio flambant neufs. Et chacun gérait sans doute aussi ses publications sur Facebook. Bref, la pression ne pouvait pas être plus importante.»

    Le diable dans les détails de Leila Slimani paru en 2017 aux éditions de l'Aube. Ce recueil de six textes est le résultat de chroniques, de nouvelles, d'autofictions publiées de 2014 à 2016 pour l'hebdomadaire français le 1 sous la direction de l'écrivain Éric Fottorino. Leila Slimani a produit, dans l'urgence des événements survenus dans l'hexagone, des textes engagés, enragés et forts. Elle a pris la mesure de l'impératif à prendre la parole pour défendre un mode de vie devant l'invasion des barbares. Vous tenez ici, à mon avis, une démarche des plus saine qu'il soit: donner à lire sur l'ambiguité du monde avec détermination et style.

    Extrait:«Cette année, en Normandie, au milieu des rires et des discussions, je me suis demandé ce que ma génération allait être capable de faire de ce monde. Serons-nous à la hauteur de ceux qui se sont battus pour pouvoir fêter Noel ensemble? Saurons-nous nous définir par autre chose que nos dieux, nos origines? Faudra-t-il encore et toujours prouver nos allégeances?»

    1 hr
  • Émission du 7 février 2017
    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 241 Il était une fois Calamity Jane de Natalee Caple paru en 2017 aux éditions Boréal. Nous sommes dans le deuxième partie du XIX siècle, Miette, vient de perdre son père adoptif. Sur son lit de mort, il lui fait promettre de partir à la recherche de sa véritable mère: Martha Canary dit Calamity Jane. Qui est-elle ? Existe-t-elle vraiment ? Ce personnage légendaire, icône incontournable des westerns aux côtés de Billy the kid et Jesse james sert de mètre étalon à Natalee Caple pour nous raconter sa version d'une histoire de l'Amérique. Cruel et sensible, ce troisième roman est à la fois une odyssée mystique et un voyage intérieur des plus riche et passionnant. Et si l'ouest vous était conté au féminin ?
    Extrait:«De quoi a l'air ta mère ? a-t-il demandé. Je ne l'ai jamais vue. Ben, dans ce cas-là, tu vas pas la reconnaître. Ça pourrait être n'importe qui. Je sais comment elle s'appelle. Et comment qu'elle s'appelle? Martha. Mais tout le monde l'appelle Calamity Jane. Il s'est arrêté de marcher et m'a regardée. Le vent s'est levé de très étrange façon. J'ai entendu des roulements de tonnerre puis, après un souffle, il s'est mis à grêler. Allez, ai-je dit. Ne restons pas là. Drôle de temps.»
    Le feu aux poudres de Philippe huet paru en 2016 aux éditions Rivages est le troisième roman d'un triptyque entamé avec Les quais de la colère et Les émeutiers. 1936, le Front populaire s'apprête à prendre le pouvoir en France. Les forces de gauche triomphent enfin ! Il reste cependant du chemin à parcourir pour convertir un patronat plutôt récalcitrant à l'idée de perdre ses privilèges. L'usine Breguet, fleuron de l'industrie aéronautique française devient le terrain d'affrontements entre les forces ouvrières et les ligues nationalistes des Croix de feu, férocement hostiles aux bolcheviques. Une page d'Histoire va se tourner sous vos yeux, la grève va être votée et pour la première fois, une usine va être occupée. Outre son aspect documentaire, ce roman noir du début du XX ème siècle va vous enjôler. Utilisant les recettes du feuilleton de l'époque, il fourmille d'intrigues et de personnages réels et fictionnels qui reflètent à merveille l'atmosphère de décadence d'une époque charnière. 
    Extrait:«Les verres de rouge défilaient, le débat s'enflammait sur la grande nappe à carreaux. Surtout quand Bosco s'en mêlait. Ce qui n'était pas fréquent puisqu'il n'arrêtait pas de bouffer. Mais il parlait aussi la bouche pleine. Seuls les nantis faisaient l'unanimité. Contre eux, bien entendu. Les gors industriels renâclaient à l'augmentation de salaires, hurlaient à la ruine de l'entreprise. On disait également qu'ils regardaient ailleurs quand on leur mettait des feuilles de salaire faméliques sous le nez. «Ce n'est pas chez moi», qu'ils disaient...On leur dévoilait alors le nom de la société. C'était chez eux.»
    Ground Zero de Jean-Marie Pottier paru en 2016 aux éditions Le mot et le reste. Voici un essai ambitieux et très réussi, qui se propose, comme le précise son sous titre de vous dévoiler une histoire du 11 septembre. Le rédacteur en chef de Slate.fr, le magazine d'enquête français analyse comment la musique est-elle affectée par la violence ? Comment les plus graves attentats de ces dernières années viennent frapper les imaginaires? 240 pages d'anecdotes et de références qui relie la musique à un point tournant dans l'histoire occidentale. Enjoy the silence entonne Depeche mode ce soir là du côté de Vienne, alors que la sortie de l'album Love and theft de Bob Dylan précipite ses fans dans les magasins de Mahattan en matinée...
    Extrait:«Et que peut faire le prophète quand la prophétie s'est révélée vraie, si ce n'est replonger dans le passé? Discutant avec ses fans en octobre 2001, Cohen explique que «dans le flux d'écriture, tout ce qui est écrit voit sa signification changée par ce qui est écrit ensuite. (...) D'une certaine façon, «First we take Manhattan» est une meilleure chanson maintenant qu'elle n'était avant.»
    0 min
  • Émission du 7 février 2017

    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 241 Il était une fois Calamity Jane de Natalee Caple paru en 2017 aux éditions Boréal. Nous sommes dans le deuxième partie du XIX siècle, Miette, vient de perdre son père adoptif. Sur son lit de mort, il lui fait promettre de partir à la recherche de sa véritable mère: Martha Canary dit Calamity Jane. Qui est-elle ? Existe-t-elle vraiment ? Ce personnage légendaire, icône incontournable des westerns aux côtés de Billy the kid et Jesse james sert de mètre étalon à Natalee Caple pour nous raconter sa version d'une histoire de l'Amérique. Cruel et sensible, ce troisième roman est à la fois une odyssée mystique et un voyage intérieur des plus riche et passionnant. Et si l'ouest vous était conté au féminin ?

    Extrait:«De quoi a l'air ta mère ? a-t-il demandé. Je ne l'ai jamais vue. Ben, dans ce cas-là, tu vas pas la reconnaître. Ça pourrait être n'importe qui. Je sais comment elle s'appelle. Et comment qu'elle s'appelle? Martha. Mais tout le monde l'appelle Calamity Jane. Il s'est arrêté de marcher et m'a regardée. Le vent s'est levé de très étrange façon. J'ai entendu des roulements de tonnerre puis, après un souffle, il s'est mis à grêler. Allez, ai-je dit. Ne restons pas là. Drôle de temps.»

    Le feu aux poudres de Philippe huet paru en 2016 aux éditions Rivages est le troisième roman d'un triptyque entamé avec Les quais de la colère et Les émeutiers. 1936, le Front populaire s'apprête à prendre le pouvoir en France. Les forces de gauche triomphent enfin ! Il reste cependant du chemin à parcourir pour convertir un patronat plutôt récalcitrant à l'idée de perdre ses privilèges. L'usine Breguet, fleuron de l'industrie aéronautique française devient le terrain d'affrontements entre les forces ouvrières et les ligues nationalistes des Croix de feu, férocement hostiles aux bolcheviques. Une page d'Histoire va se tourner sous vos yeux, la grève va être votée et pour la première fois, une usine va être occupée. Outre son aspect documentaire, ce roman noir du début du XX ème siècle va vous enjôler. Utilisant les recettes du feuilleton de l'époque, il fourmille d'intrigues et de personnages réels et fictionnels qui reflètent à merveille l'atmosphère de décadence d'une époque charnière. 

    Extrait:«Les verres de rouge défilaient, le débat s'enflammait sur la grande nappe à carreaux. Surtout quand Bosco s'en mêlait. Ce qui n'était pas fréquent puisqu'il n'arrêtait pas de bouffer. Mais il parlait aussi la bouche pleine. Seuls les nantis faisaient l'unanimité. Contre eux, bien entendu. Les gors industriels renâclaient à l'augmentation de salaires, hurlaient à la ruine de l'entreprise. On disait également qu'ils regardaient ailleurs quand on leur mettait des feuilles de salaire faméliques sous le nez. «Ce n'est pas chez moi», qu'ils disaient...On leur dévoilait alors le nom de la société. C'était chez eux.»

    Ground Zero de Jean-Marie Pottier paru en 2016 aux éditions Le mot et le reste. Voici un essai ambitieux et très réussi, qui se propose, comme le précise son sous titre de vous dévoiler une histoire du 11 septembre. Le rédacteur en chef de Slate.fr, le magazine d'enquête français analyse comment la musique est-elle affectée par la violence ? Comment les plus graves attentats de ces dernières années viennent frapper les imaginaires? 240 pages d'anecdotes et de références qui relie la musique à un point tournant dans l'histoire occidentale. Enjoy the silence entonne Depeche mode ce soir là du côté de Vienne, alors que la sortie de l'album Love and theft de Bob Dylan précipite ses fans dans les magasins de Mahattan en matinée...

    Extrait:«Et que peut faire le prophète quand la prophétie s'est révélée vraie, si ce n'est replonger dans le passé? Discutant avec ses fans en octobre 2001, Cohen explique que «dans le flux d'écriture, tout ce qui est écrit voit sa signification changée par ce qui est écrit ensuite. (...) D'une certaine façon, «First we take Manhattan» est une meilleure chanson maintenant qu'elle n'était avant.»

    1 hr
  • Émission du 31 janvier 2017
    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 240 Les mauvais garçons de Dans ta Bulle nous refont le coup du putsch et proposent une fois de plus une Mission Encore Noire exclusivement Bande dessinée ! Au menu, le très attendu S'enfuir de Guy Delisle (Dargaud), Le Club de chats de Yoon-sun Park (Misma), et Quoi de plus normal quinfliger la vie d'Oriane Lassus (LA mauvaise tête).
    0 min
  • Émission du 31 janvier 2017

    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 240 Les mauvais garçons de Dans ta Bulle nous refont le coup du putsch et proposent une fois de plus une Mission Encore Noire exclusivement Bande dessinée ! Au menu, le très attendu S'enfuir de Guy Delisle (Dargaud), Le Club de chats de Yoon-sun Park (Misma), et Quoi de plus normal quinfliger la vie d'Oriane Lassus (LA mauvaise tête).

    1 hr
  • Émission du 17 janvier 2017
    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 239 La bête et sa cage de David Goudreault paru en 2016 aux éditions Stanké. Deuxième tome d'une trilogie initialisée en 2015 par La bête à sa mère et qui s'achèvera par Abattre la bête, ce roman détonne par son style direct, coup de poing même. La bête s'est fait mettre en cabane dans l'aile psychiatrique, en cellule d'isolement. Dans cette jungle du milieu carcéral, il faut savoir nager en eau profonde, éviter les écueils et les gros prédateurs. La bête s'en sort très bien, qui sait jusqu'où les opportunités le mèneront ? Humour noir tordant et histoire d'amour détraquée sont à l'affiche de La bête et sa cage, David Goudreault dégaine un texte brûlant: «les livres, c'est comme le cochon: tout est bon. Surtout quand c'est gras».
    Extrait:«Avant que les agents n'arrivent à les séparer, Timoune s'appliquait à dévisager Giuseppe à coups de talon. Sifflets, alarme stridente et gaz lacrymogène ont sonné la fin du round. On nous a forcés à nous coucher au sol, le temps de maîtriser et de menotter l'agresseur. Deux agents ont réussi à relever Giuseppe, toujours conscient grâce à l'adrénaline. Il s'évanouirait dans le corridor. Mais avant de franchir la porte, dans le reflet du miroir de la guérite, il nous a jeté un dernier regard plein de promesses de vengeance. Son oeil rouge, injecté de sang d'Italien humilié hurlait, comme Rocky dans Terminator 2: Je reviendrai!»
    Viens avec moi de Castle Freeman Jr. paru en 2016 aux éditions Sonatine. Nous sommes au fond des bois du Vermont, un endroit bien fréquenté par les randonneurs pour son charme typique et sauvage. Le shérif Wingate se débarrasse d'un cas gênant, Lilian est persécutée par un sombre personnage, Grizzli Blackway. Il lui conseille de s'adresser à une bande d'anciens bûcherons dont Whizzer, en chaise roulante est le chef. Une seule solution s'offre à elle, supprimer Blackway, un homme puissant et influent dans la région. Whizzer décide de l'aider et lui offre les services de deux anges gardiens peu ordinaires. Vous qui avez peur du noir, lacez vos bottes ! Bienvenue dans l'état dont la devise est Freedom and Unity, le temps d'une randonnée inoubliable autant que terrifiante.
    Extrait:«À l'intérieur du Fort, il y avait un long bar, six box, et huit tables. Il n'y avait pas de table de billard, pas de flipper. Il y avait un Jukebox dans le coin, mais il était débranché. Vous n'alliez pas au Fort pour jouer à des jeux, vous n'y alliez pas pour écouter de la musique. Au Fort, vous laissiez de côté ces choses puériles. Le Fort était un endroit simple et sérieux, une usine où l'on fabriquait et entretenait les ivrognes. Il n'avait pas bonne réputation, mais c'était à l'époque le seul établissement de son genre dans le district.»
    Un monde nouveau de Joël Casséus paru en 2016 aux éditions Leméac. Montréal terre d'accueil, Montréal terre d'exil, le portrait d'un Québec vécu autrement, du point de vue d'une famille recomposée et meurtrie s'esquisse dans ce roman envoûtant et puissant. Malik a trois ans lorsque son père se suicide. Comment devient la vie, des années plus tard, pour cette famille tiraillée entre Port-au-Prince et Montréal?Comment envisager l'héritage d'un père, d'un fils, d'un amant, qui laisse en testament, un étrange manuscrit constitué de paysages luxuriants et d'un monde magique?Joël Casséus est avec nous, pour échanger autour de ce roman ténébreux et fascinant. Le monde bouge sous la plume de cet auteur, un monde nouveau semble à portée de main et pourtant...
    Extrait:«Oui, j'te l'ai jamais dit parce que ça semblait bien mineur comparativement à ce qui s'est passé par la suite, mais c'est bien ça. Quand y est parti, y m'a affirmé qu'y le faisait pour que toi, toi, tu puisses rêver, que t'aies pas à le faire. Que t'aies pas à y aller. Quand j'ai compris qu'y avait pas l'intention de rester, j'y ai dit de partir. Ce qui s'est passé là-bas, j'le sais pas. Maintenant, j'sais qu'y en a écrit une partie dans le manuscrit. Mais quand y est revenu, quand y est revenu, y avait perdu l'éclat dans ses yeux. C'est pas juste les enfants, m'avait-il dit alors, personne peut encore rêver après avoir vu ça. Personne.»
    0 min
  • Émission du 17 janvier 2017

    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 239 La bête et sa cage de David Goudreault paru en 2016 aux éditions Stanké. Deuxième tome d'une trilogie initialisée en 2015 par La bête à sa mère et qui s'achèvera par Abattre la bête, ce roman détonne par son style direct, coup de poing même. La bête s'est fait mettre en cabane dans l'aile psychiatrique, en cellule d'isolement. Dans cette jungle du milieu carcéral, il faut savoir nager en eau profonde, éviter les écueils et les gros prédateurs. La bête s'en sort très bien, qui sait jusqu'où les opportunités le mèneront ? Humour noir tordant et histoire d'amour détraquée sont à l'affiche de La bête et sa cage, David Goudreault dégaine un texte brûlant: «les livres, c'est comme le cochon: tout est bon. Surtout quand c'est gras».

    Extrait:«Avant que les agents n'arrivent à les séparer, Timoune s'appliquait à dévisager Giuseppe à coups de talon. Sifflets, alarme stridente et gaz lacrymogène ont sonné la fin du round. On nous a forcés à nous coucher au sol, le temps de maîtriser et de menotter l'agresseur. Deux agents ont réussi à relever Giuseppe, toujours conscient grâce à l'adrénaline. Il s'évanouirait dans le corridor. Mais avant de franchir la porte, dans le reflet du miroir de la guérite, il nous a jeté un dernier regard plein de promesses de vengeance. Son oeil rouge, injecté de sang d'Italien humilié hurlait, comme Rocky dans Terminator 2: Je reviendrai!»

    Viens avec moi de Castle Freeman Jr. paru en 2016 aux éditions Sonatine. Nous sommes au fond des bois du Vermont, un endroit bien fréquenté par les randonneurs pour son charme typique et sauvage. Le shérif Wingate se débarrasse d'un cas gênant, Lilian est persécutée par un sombre personnage, Grizzli Blackway. Il lui conseille de s'adresser à une bande d'anciens bûcherons dont Whizzer, en chaise roulante est le chef. Une seule solution s'offre à elle, supprimer Blackway, un homme puissant et influent dans la région. Whizzer décide de l'aider et lui offre les services de deux anges gardiens peu ordinaires. Vous qui avez peur du noir, lacez vos bottes ! Bienvenue dans l'état dont la devise est Freedom and Unity, le temps d'une randonnée inoubliable autant que terrifiante.

    Extrait:«À l'intérieur du Fort, il y avait un long bar, six box, et huit tables. Il n'y avait pas de table de billard, pas de flipper. Il y avait un Jukebox dans le coin, mais il était débranché. Vous n'alliez pas au Fort pour jouer à des jeux, vous n'y alliez pas pour écouter de la musique. Au Fort, vous laissiez de côté ces choses puériles. Le Fort était un endroit simple et sérieux, une usine où l'on fabriquait et entretenait les ivrognes. Il n'avait pas bonne réputation, mais c'était à l'époque le seul établissement de son genre dans le district.»

    Un monde nouveau de Joël Casséus paru en 2016 aux éditions Leméac. Montréal terre d'accueil, Montréal terre d'exil, le portrait d'un Québec vécu autrement, du point de vue d'une famille recomposée et meurtrie s'esquisse dans ce roman envoûtant et puissant. Malik a trois ans lorsque son père se suicide. Comment devient la vie, des années plus tard, pour cette famille tiraillée entre Port-au-Prince et Montréal?Comment envisager l'héritage d'un père, d'un fils, d'un amant, qui laisse en testament, un étrange manuscrit constitué de paysages luxuriants et d'un monde magique?Joël Casséus est avec nous, pour échanger autour de ce roman ténébreux et fascinant. Le monde bouge sous la plume de cet auteur, un monde nouveau semble à portée de main et pourtant...

    Extrait:«Oui, j'te l'ai jamais dit parce que ça semblait bien mineur comparativement à ce qui s'est passé par la suite, mais c'est bien ça. Quand y est parti, y m'a affirmé qu'y le faisait pour que toi, toi, tu puisses rêver, que t'aies pas à le faire. Que t'aies pas à y aller. Quand j'ai compris qu'y avait pas l'intention de rester, j'y ai dit de partir. Ce qui s'est passé là-bas, j'le sais pas. Maintenant, j'sais qu'y en a écrit une partie dans le manuscrit. Mais quand y est revenu, quand y est revenu, y avait perdu l'éclat dans ses yeux. C'est pas juste les enfants, m'avait-il dit alors, personne peut encore rêver après avoir vu ça. Personne.»

    1 hr
  • Émission du 10 janvier 2017
    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 238 Je vous souhaite une belle année de lectures et de découvertes en tout genre en 2017. Chloé Savoie Bernard publie Des femmes savantes en 2016 aux éditions triptyque. Un recueil de plusieurs nouvelles et autant de portraits de femmes, qui savent beaucoup de choses sur elles, et sur l'autre, celui qui les blesse, celui qui les asservit. Des récits de peau, par la peau, de dessous la peau alors que l'amour fait mal, et que dans ce vide existentiel qui habite les grandes villes telle que Montréal, on veut vivre, plus que survivre. Ces femmes ont bien appris la leçon, elle la connaisse. Habitées par les sons et les langues de Montréal ces nouvelles dévoilent une écriture féministe qui ausculte avec un talent incisif jusqu'à l'écoeurement ce qui nous sépare de l'autre.
    Extrait:«Lorsque tu es apparu, je me suis incarnée dans tout ce que je pressentais de moi mais n'avais pu circonscrire, je savais que j'étais cette fille-là d'une manière floue et informe avant de te connaître, mais en t'aimant j'ai laissé tomber plusieurs mues et j'ai surgi dans toute ma splendeur, vulnérable, scarifiée, tu m'as prise et placée au coeur de ma douleur.»
    Une mort en vaut la peine de Donald Ray Pollock paru en 2016 aux éditions Albin Michel. Déjà porté par le succès retentissant de son précédent ouvrage: Le diable tout le temps, Donal Ray Pollock renoue avec le roman épique, sauvage et grotesque. Nous sommes en 1917, l'armée américaine embarque pour l'Europe. Les frères Jewett profite de la mort de leur père dévot, pour rompre avec la misère en braquant des banques. À l'heure du journalisme à sensation naissant, ils deviennent rapidement les hommes à abattre pour tout un coin de pays. Donald Ray Pollock retourne une fois plus sur ses terres, si connu, pour un roman bien dans la tradition de la littérature du sud. Grotesque, absurde parfois, l'univers de ces hommes et de ces femmes est sauvage. Comment survivre à une amérique moderne qui nait dans le chaos ? Une mort en vaut la peine est une oeuvre vibrante et tragique qui vous laissera sans voix.
    Extrait:«Il était plus de minuit lorsqu'ils quittèrent la cabane pour s'engager dans la pinède en direction de la propriété de Tardweller. Ils avaient décidé d'abandonner derrière eux la plupart de leurs affaires et de n'emporter, en plus des deux livres ou encore de leurs couvertures, que le vieux fusil Pearl, ainsi que son rasoir et les deux machettes. Une demi-lune d'un jaune cireux leur éclairait le chemin. Une fois parvenus à l'orée du jardin, ils s'immobilisèrent dans un boqueteau pour guetter d'éventuels signes de vie en provenance de la demeure plongée dans le noir. À l'exception du chant des grillons et du gargouillis de leurs intestins, le silence était absolu. «J'ai jamais rien volé de ma vie», geignit Cob d'un air malheureux.» 
    Born to run de Bruce Springsteen paru chez Albin Michel en 2016. Bruce Frederick Joseph Springsteen est né en septembre 1949 à Long Branch (New Jersey). Je ne sais pas pour vous, pour ma part j'ai toujours eu une relation ambigu avec le personnage. Champion des grands stades, il est aussi l'interprète des albums Nebraska, de Darkness on the edge ot town (Badlands) et de Born to run. Entre récits intimes et confessions, Bruce Springsteen se livre à l'exercice de l'autobiographie avec le style direct qu'on lui connaît dans ses chansons. Un livre pour tout ceux et celles qui se demandent encore comment cela se fabrique une rock star, surtout quand il se pose encore lui-même la question.
    Extrait:«Dans ma vie de jeune musicien, une vie de bohème que m'imposaient les circonstances, il n'y avait, comme je l'ai dit, ni drogue ni alcool. Un de mes anciens colocataires, un guitariste, mettrait un terme à sa déchéance en se tirant une balle dans la tête ; après une courte existence passée à intégrer des susbstances chimiques, il avait gâché son talent et fini clodo. J'avais trop vu de gens mentalement délabrés, à la ramasse, et qui ne reviendraient jamais à une vie normale. Alors m'empoisonner l'organisme avec des saloperies, même pas en rêve. J'avais besoin de contrôler ce qui se passait, j'avais besoin de ces limites qui avaient déjà tendance à trop facilement s'estomper. J'avais peur de moi, de ce que je risquais de m'infliger, de faire ou de ce qui risquait de m'arriver.»
     
    Revue Liberté #314 Hiver 2017 est en kiosque ! Dossier: Prendre la littérature au sérieux
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  • Émission du 10 janvier 2017

    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 238 Je vous souhaite une belle année de lectures et de découvertes en tout genre en 2017. Chloé Savoie Bernard publie Des femmes savantes en 2016 aux éditions triptyque. Un recueil de plusieurs nouvelles et autant de portraits de femmes, qui savent beaucoup de choses sur elles, et sur l'autre, celui qui les blesse, celui qui les asservit. Des récits de peau, par la peau, de dessous la peau alors que l'amour fait mal, et que dans ce vide existentiel qui habite les grandes villes telle que Montréal, on veut vivre, plus que survivre. Ces femmes ont bien appris la leçon, elle la connaisse. Habitées par les sons et les langues de Montréal ces nouvelles dévoilent une écriture féministe qui ausculte avec un talent incisif jusqu'à l'écoeurement ce qui nous sépare de l'autre.

    Extrait:«Lorsque tu es apparu, je me suis incarnée dans tout ce que je pressentais de moi mais n'avais pu circonscrire, je savais que j'étais cette fille-là d'une manière floue et informe avant de te connaître, mais en t'aimant j'ai laissé tomber plusieurs mues et j'ai surgi dans toute ma splendeur, vulnérable, scarifiée, tu m'as prise et placée au coeur de ma douleur.»

    Une mort en vaut la peine de Donald Ray Pollock paru en 2016 aux éditions Albin Michel. Déjà porté par le succès retentissant de son précédent ouvrage: Le diable tout le temps, Donal Ray Pollock renoue avec le roman épique, sauvage et grotesque. Nous sommes en 1917, l'armée américaine embarque pour l'Europe. Les frères Jewett profite de la mort de leur père dévot, pour rompre avec la misère en braquant des banques. À l'heure du journalisme à sensation naissant, ils deviennent rapidement les hommes à abattre pour tout un coin de pays. Donald Ray Pollock retourne une fois plus sur ses terres, si connu, pour un roman bien dans la tradition de la littérature du sud. Grotesque, absurde parfois, l'univers de ces hommes et de ces femmes est sauvage. Comment survivre à une amérique moderne qui nait dans le chaos ? Une mort en vaut la peine est une oeuvre vibrante et tragique qui vous laissera sans voix.

    Extrait:«Il était plus de minuit lorsqu'ils quittèrent la cabane pour s'engager dans la pinède en direction de la propriété de Tardweller. Ils avaient décidé d'abandonner derrière eux la plupart de leurs affaires et de n'emporter, en plus des deux livres ou encore de leurs couvertures, que le vieux fusil Pearl, ainsi que son rasoir et les deux machettes. Une demi-lune d'un jaune cireux leur éclairait le chemin. Une fois parvenus à l'orée du jardin, ils s'immobilisèrent dans un boqueteau pour guetter d'éventuels signes de vie en provenance de la demeure plongée dans le noir. À l'exception du chant des grillons et du gargouillis de leurs intestins, le silence était absolu. «J'ai jamais rien volé de ma vie», geignit Cob d'un air malheureux.» 

    Born to run de Bruce Springsteen paru chez Albin Michel en 2016. Bruce Frederick Joseph Springsteen est né en septembre 1949 à Long Branch (New Jersey). Je ne sais pas pour vous, pour ma part j'ai toujours eu une relation ambigu avec le personnage. Champion des grands stades, il est aussi l'interprète des albums Nebraska, de Darkness on the edge ot town (Badlands) et de Born to run. Entre récits intimes et confessions, Bruce Springsteen se livre à l'exercice de l'autobiographie avec le style direct qu'on lui connaît dans ses chansons. Un livre pour tout ceux et celles qui se demandent encore comment cela se fabrique une rock star, surtout quand il se pose encore lui-même la question.

    Extrait:«Dans ma vie de jeune musicien, une vie de bohème que m'imposaient les circonstances, il n'y avait, comme je l'ai dit, ni drogue ni alcool. Un de mes anciens colocataires, un guitariste, mettrait un terme à sa déchéance en se tirant une balle dans la tête ; après une courte existence passée à intégrer des susbstances chimiques, il avait gâché son talent et fini clodo. J'avais trop vu de gens mentalement délabrés, à la ramasse, et qui ne reviendraient jamais à une vie normale. Alors m'empoisonner l'organisme avec des saloperies, même pas en rêve. J'avais besoin de contrôler ce qui se passait, j'avais besoin de ces limites qui avaient déjà tendance à trop facilement s'estomper. J'avais peur de moi, de ce que je risquais de m'infliger, de faire ou de ce qui risquait de m'arriver.»

     

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