Mission encre noire

Mission encre noire

By CHOQ.caArtsBooks
Download on the App Store

Mission encre noire episodes

  • Émission du 11 avril 2017

    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 247 Le Tsar de Peshawar de Mario Bolduc paru en 2017 aux éditions Libre Expression dans la collection Expression Noire. «Nous sommes acteurs et spectateurs dans l'arène/Stupéfaits de nos actes et de l'action du monde/petits jouets entre les mains du temps/Sur l'air qu'un autre joue, nous dansons.» Le roman s'ouvre sur cette citation du dernier grand poète classique perse, Khalilullah Khalili, né dans la région de Kaboul. Nous sommes en 1980 du côté d'Islamabad, au Pakistan. Malgré les réticences de sa femme Joan, il embarque toute sa famille, avec pour objectif: devenir le meilleur fournisseur d'Oriental Rugs & Carpets, le champion rabatteur de l'Asie centrale. Depuis l'invasion russe, la région bouillonne, y affluent des réfugiés, des intellectuels, des politiques, des marchands d'arme, des espions...Tenez-vous prêt pour une fresque qui couvre 40 ans d'histoire, en passant par la chute du régime mis en place par les russes, l'attentat du 11 septembre, le djihad d'Oussama Ben Laden...Mario Bolduc quitte un instant son héros vedette, l'escroc Max O' Brien, pour mettre en lumière un angle inédit de ces années tragiques, alors que le destin du monde s'apprête à négocier un virage des plus délicat. Mario Bolduc est l'invité de Mission encre noire pour nous en dévoiler plus.

    Extrait:«Depuis trois ans, grâce aux réfugiés afghans, les choses se sont améliorées pour mon père. Les tapis de Peshawar prennent le chemin de Karachi, puis de Montréal de façon régulière, Richard accompagnant parfois un chargement, histoire de s'assurer que la cargaison ne soit pas détournée en cours de route. Ce qui n'arrive jamais, mon père n'ayant pas cessé de soigner ses contacts politiques à Islamabad, et à Karachi, surtout. Des relations privilégiées qui lui coûtent cher, mais le résultat en vaut la peine. Oriental Rugs & Carpets a renoué avec le profit, Travis jubile, Frank aussi, même s'il a horreur d'admettre que la prospérité de l'entreprise dépend en grande partie de ce casse-cou du commerce, de ce beau-frère intrépide qui s'est imposé à l'autre bout du monde en pleine guerre civile.»

    Punir, une passion contemporaine de Didier Fassin paru en 2017 aux éditions du Seuil. Qu'est-ce que punir? Pourquoi punit-on? Qui punit-on? Le lien entre crimes et châtiment connaît beaucoup d'exception à travers le temps. À travers de nombreux exemples, cet essai ambitieux puise ses réflexions à la source de la philosophie morale et de la théorie juridique. Après dix ans de recherche, Didier Fassin s'efforce de saisir les fondements de l'acte de punir dans nos sociétés modernes. Très accessible, cette enquête s'appuie sur plusieurs études de cas pour proposer une salutaire révision des préceptes qui nourrissent notre vision de la justice et repenser la place du châtiment dans le monde contemporain.

    Extrait:«Punition ou vengeance? Les philosophes ont depuis longtemps essayé de les opposer, jugeant celle-ci mauvaise et illégitime, celle-là bonne et légitime. Déjà, Thomas d'Aquin considérait que la distinction entre les deux résidait dans l'intention de celui qui corrige la faute:« si son intention se porte principalement sur le mal de celui dont il se venge», c'est qu'il en tire du plaisir, et donc la rétorsion est illicite; «mais si l'intention se porte sur un bien que doit procurer le châtiment», qu'il s'agisse de l'amendement du coupable ou de la sécurité des autres, alors la rétorsion est licite.»

    Un pont sur la brume de Kij Johnson paru en 2016 aux éditions Le Bélial. Entre Fantasy et conte fantastique, laissez-vous envoûter par les volutes délicates et menaçantes de la brume et d'un texte aux propriétés autant poétiques que magiques. Kit Meinem d'Atyar est l'architecte d'un pont qui doit relier les deux rives d'un monde étrange. Une zone de brume corrosive, mystérieuse, instable et sinistre régule la traversée. On glisse, on flotte, on dérive comme dans un rêve dans cette remarquable novella qui narre la construction du pont sur cinq ans. À l'instar des tragédies grecques, la menace n'est jamais loin, celle des géants, celle des poissons brumes et peut-être aussi celle des hommes. Kij Johnson vous réserve quelques délicieux frissons. Ce texte fabuleux, entre magie et superstition, impose une plume sinueuse et subtile dont on devrait reparler. Une superbe première traduction de l'oeuvre de Kij Johnson pour les éditions Le Bélial.

    Extrait:«Rasali ramait moins qu'elle ne barrait. Dans toutes les directions, on n'y voyait guère, mais peut-être la brume lui parlait-elle pour de bon, car la pilote semblait savoir d'instinct comment placer le bateau pour que l'élément le fasse avancer. Elle suivit une petite vallée jusqu'à ce qu'elle s'aplatisse, puis forme une nouvelle butte. La traversée s'inclina en glissant à babord sur quelques dizaines de centimètres. La courrière émit un petit bruit qu'elle étouffa aussitôt. Le terme de «brume» convenait mal ; le matériau se révélait beaucoup plus dense qu'on pouvait l'imaginer, et le bateau paraissait se déplacer davantage à sa surface qu'en son sein.»

    1 hr
  • Émission du 11 avril 2017
    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 247 Le Tsar de Peshawar de Mario Bolduc paru en 2017 aux éditions Libre Expression dans la collection Expression Noire. «Nous sommes acteurs et spectateurs dans l'arène/Stupéfaits de nos actes et de l'action du monde/petits jouets entre les mains du temps/Sur l'air qu'un autre joue, nous dansons.» Le roman s'ouvre sur cette citation du dernier grand poète classique perse, Khalilullah Khalili, né dans la région de Kaboul. Nous sommes en 1980 du côté d'Islamabad, au Pakistan. Malgré les réticences de sa femme Joan, il embarque toute sa famille, avec pour objectif: devenir le meilleur fournisseur d'Oriental Rugs & Carpets, le champion rabatteur de l'Asie centrale. Depuis l'invasion russe, la région bouillonne, y affluent des réfugiés, des intellectuels, des politiques, des marchands d'arme, des espions...Tenez-vous prêt pour une fresque qui couvre 40 ans d'histoire, en passant par la chute du régime mis en place par les russes, l'attentat du 11 septembre, le djihad d'Oussama Ben Laden...Mario Bolduc quitte un instant son héros vedette, l'escroc Max O' Brien, pour mettre en lumière un angle inédit de ces années tragiques, alors que le destin du monde s'apprête à négocier un virage des plus délicat. Mario Bolduc est l'invité de Mission encre noire pour nous en dévoiler plus.
    Extrait:«Depuis trois ans, grâce aux réfugiés afghans, les choses se sont améliorées pour mon père. Les tapis de Peshawar prennent le chemin de Karachi, puis de Montréal de façon régulière, Richard accompagnant parfois un chargement, histoire de s'assurer que la cargaison ne soit pas détournée en cours de route. Ce qui n'arrive jamais, mon père n'ayant pas cessé de soigner ses contacts politiques à Islamabad, et à Karachi, surtout. Des relations privilégiées qui lui coûtent cher, mais le résultat en vaut la peine. Oriental Rugs & Carpets a renoué avec le profit, Travis jubile, Frank aussi, même s'il a horreur d'admettre que la prospérité de l'entreprise dépend en grande partie de ce casse-cou du commerce, de ce beau-frère intrépide qui s'est imposé à l'autre bout du monde en pleine guerre civile.»
    Punir, une passion contemporaine de Didier Fassin paru en 2017 aux éditions du Seuil. Qu'est-ce que punir? Pourquoi punit-on? Qui punit-on? Le lien entre crimes et châtiment connaît beaucoup d'exception à travers le temps. À travers de nombreux exemples, cet essai ambitieux puise ses réflexions à la source de la philosophie morale et de la théorie juridique. Après dix ans de recherche, Didier Fassin s'efforce de saisir les fondements de l'acte de punir dans nos sociétés modernes. Très accessible, cette enquête s'appuie sur plusieurs études de cas pour proposer une salutaire révision des préceptes qui nourrissent notre vision de la justice et repenser la place du châtiment dans le monde contemporain.
    Extrait:«Punition ou vengeance? Les philosophes ont depuis longtemps essayé de les opposer, jugeant celle-ci mauvaise et illégitime, celle-là bonne et légitime. Déjà, Thomas d'Aquin considérait que la distinction entre les deux résidait dans l'intention de celui qui corrige la faute:« si son intention se porte principalement sur le mal de celui dont il se venge», c'est qu'il en tire du plaisir, et donc la rétorsion est illicite; «mais si l'intention se porte sur un bien que doit procurer le châtiment», qu'il s'agisse de l'amendement du coupable ou de la sécurité des autres, alors la rétorsion est licite.»
    Un pont sur la brume de Kij Johnson paru en 2016 aux éditions Le Bélial. Entre Fantasy et conte fantastique, laissez-vous envoûter par les volutes délicates et menaçantes de la brume et d'un texte aux propriétés autant poétiques que magiques. Kit Meinem d'Atyar est l'architecte d'un pont qui doit relier les deux rives d'un monde étrange. Une zone de brume corrosive, mystérieuse, instable et sinistre régule la traversée. On glisse, on flotte, on dérive comme dans un rêve dans cette remarquable novella qui narre la construction du pont sur cinq ans. À l'instar des tragédies grecques, la menace n'est jamais loin, celle des géants, celle des poissons brumes et peut-être aussi celle des hommes. Kij Johnson vous réserve quelques délicieux frissons. Ce texte fabuleux, entre magie et superstition, impose une plume sinueuse et subtile dont on devrait reparler. Une superbe première traduction de l'oeuvre de Kij Johnson pour les éditions Le Bélial.
    Extrait:«Rasali ramait moins qu'elle ne barrait. Dans toutes les directions, on n'y voyait guère, mais peut-être la brume lui parlait-elle pour de bon, car la pilote semblait savoir d'instinct comment placer le bateau pour que l'élément le fasse avancer. Elle suivit une petite vallée jusqu'à ce qu'elle s'aplatisse, puis forme une nouvelle butte. La traversée s'inclina en glissant à babord sur quelques dizaines de centimètres. La courrière émit un petit bruit qu'elle étouffa aussitôt. Le terme de «brume» convenait mal ; le matériau se révélait beaucoup plus dense qu'on pouvait l'imaginer, et le bateau paraissait se déplacer davantage à sa surface qu'en son sein.»
    0 min
  • Émission du 4 avril 2017
    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 246 Cadavre expo paru en 2017 aux éditions du Seuil de Hassan Blasim est le premier livre traduit en français de l'auteur. Né à Bagdad en 1973, il vit aujourd'hui en Finlande depuis 2004. Déchiré par la guerre et la terreur, l'écrivain compose un recueil de quinze nouvelles, qui témoigne du voile de noirceur sans fond qui s'est abattu sur son pays d'origine. L'Irak est tombé dans un grand trou, son humanité avec, à l'image d'un personnage, condamné à vivre piégé et à se nourrir sur le cadavre de son prédecesseur en attendant la prochaine victime. Dans tout ce carnaval des horreurs rien ne vous sera épargné. Aucune apologie du cannibalisme ici, même s'il s'avère que les morsures des hommes peuvent nous condamner à une triste fin. Hassan Blasim, en digne sorcier/sourcier insuffle de la vie dans toute cette inhumanité. Cette mélopée rêche qui saura se lover, sinueuse et obsédante, au bord de votre lecture, est cette «part diabolique (...) notre capacité à tenir tête à un homme qui voudrait précipiter sa propre humanité dans l'abîme».
    Extrait:«Un jour, il m'a déclaré ceci: «Le sang versé et la superstition sont les fondements de notre monde. L'homme n'est pas le seul à tuer pour sa subsistance, pour l'amour ou pour le pouvoir. Les animaux de la jungle le font aussi de mille manières. En revanche, il est le seul à pouvoir tuer au nom de ses croyances.» Comme souvent, il concluait son laïus par une grande phrase qu'il prononçait en levant l'index vers le ciel, pour donner une note théâtrale:«Entretenir la terreur est la seule réponse possible au problème de l'humanité.»»
    Révolution de Sébastien Gendron paru en 2017 aux éditions Albin Michel. C'est le soir du grand soir pour George Berchanko et Pandora Guaperal. Face à elle, à la sortie du tunnel, le premier véhicule approche alors qu'elle se tient, corps dressé au milieu d'un pont routier sur la route des vacances, un Glock 23 posé sur la tempe, chien relevé, index sur la queue de détente. La révolution sera féminine ou rien ! Follement amoureux, le couple improbable, décide que c'est assez ! Assez, les vexations quotidiennes, assez la France qui ronfle ! Un flingue ! Une idée ! Et envoye la révolution ! Dialogues hilarants, une écriture qui va vite et transfuse une bonne dose d'adrénaline en ces temps troubles et mous, Sébastien Gendron maîtrise parfaitement son récit. Trempée dans le meilleur esprit contestataire qui soit, aiguisée comme un couteau, la plume de l'auteur de l'excellent Road tripes est un dérapage contrôlé pour un livre excitant et malcommode. Révolution mon amour ?
    Extrait:«Quentin raccroche, rentre au galop dans le studio, passe derrière son ordinateur, réduit et déplace la fenêtre sur laquelle Vanishing Point est gelé depuis cinq minutes, ouvre son navigateur et tape: «Autoroute A53 + femme + flingue + révolution». Le moteur de recherche affiche aussitôt une vidéo relayée par une pléiade de réseaux sociaux. Il clique sur le lien. Cent cinquante-neuf mille vues. Il clique sur la vidéo. On voit cette femme, le visage en sang qui gueule: «Je ne bougerai pas d'ici tant que les gens n'auront pas commencé la révolution! Oui, vous, les gens...».
    Transcolorado de Catherine Gucher paru en 2017 aux éditions Gaia. Le Transcolorado est un vieux bus qui sillonne l'état du Colorado d'est en ouest. Il circule au milieu de nulle-part, exactement là ou parfois l'attend cette fille un peu cabossée par la vie. C'est dans ce seul engin à parcourir la route 55 au sud-ouest de Denver, qu'elle va croiser, Tommy, ce type qui marche comme un apache. Lui et sa large cicatrice sur la joue gauche gratte des tickets de la chance et boit des cafés-wiskys, tôt le matin avec elle. Lui, il rêve de sapins Douglas. Elle, elle aime s'occuper des bêtes, un Appaloosa peuple ses songes. Transcolorado c'est la route, ce sont les grands espaces, le silence brutal en écho, des plaines immenses en sursis. Sous tout ce ciel bleu tragique, la voix de Catherine Gucher est riche et généreuse. Un premier roman qui vous brinquebalera sur des chemins rugueux et pas moyen de s'échapper par un bout ou un autre de l'horizon.
    Extrait:«C'est sûrement à cause de la nuit précédente si tourmentée, et aussi de l'éther que j'avais ingurgité, que j'ai dormi si longtemps. Quand j'ai soulevé la carriole pour voir la couleur du ciel, le vent était tombé. Il ne restait de la pluie que les mares de boue où je pataugeais. À ce moment-là, j'ai vraiment souhaité le soleil et un torchon de ciel bleu. Les arbres tout autour s'étaient pliés sous les coups de boutoir du vent. J'ai sorti la carriole de l'ornière et nous nous sommes mis en route. Le pire n'était pas encore derrière.»
    Moebius 153 est arrivé en librairie ! Son thème: Ses plaisirs n'ont pas de remède, et ses joies restent sans espoir. C'est une phrase tirée de Albert Camus, «L'été à Alger», Noces, paris, Gallimard, 1959, p.34. À vous de découvrir les inspirations d'une formidable brochette d'écrivain.e.s d'ici, au Québec. Gaza, Bob Dylan, la Place rouge, de la relish et des amours industriels et bien d'autres au menu, un must à lire au rayon magazines culturels !
    Extrait:«Tu rôdes dans ma bouche/comme un rescapé de l'histoire/je m'assois en indien pour te flatter/la perestroïka a le charme discret/des Mohawks en colère dans la télévision.» Dominic Marcil, Depuis la place Rouge, Moebius 153.
    0 min
  • Émission du 4 avril 2017

    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 246 Cadavre expo paru en 2017 aux éditions du Seuil de Hassan Blasim est le premier livre traduit en français de l'auteur. Né à Bagdad en 1973, il vit aujourd'hui en Finlande depuis 2004. Déchiré par la guerre et la terreur, l'écrivain compose un recueil de quinze nouvelles, qui témoigne du voile de noirceur sans fond qui s'est abattu sur son pays d'origine. L'Irak est tombé dans un grand trou, son humanité avec, à l'image d'un personnage, condamné à vivre piégé et à se nourrir sur le cadavre de son prédecesseur en attendant la prochaine victime. Dans tout ce carnaval des horreurs rien ne vous sera épargné. Aucune apologie du cannibalisme ici, même s'il s'avère que les morsures des hommes peuvent nous condamner à une triste fin. Hassan Blasim, en digne sorcier/sourcier insuffle de la vie dans toute cette inhumanité. Cette mélopée rêche qui saura se lover, sinueuse et obsédante, au bord de votre lecture, est cette «part diabolique (...) notre capacité à tenir tête à un homme qui voudrait précipiter sa propre humanité dans l'abîme».

    Extrait:«Un jour, il m'a déclaré ceci: «Le sang versé et la superstition sont les fondements de notre monde. L'homme n'est pas le seul à tuer pour sa subsistance, pour l'amour ou pour le pouvoir. Les animaux de la jungle le font aussi de mille manières. En revanche, il est le seul à pouvoir tuer au nom de ses croyances.» Comme souvent, il concluait son laïus par une grande phrase qu'il prononçait en levant l'index vers le ciel, pour donner une note théâtrale:«Entretenir la terreur est la seule réponse possible au problème de l'humanité.»»

    Révolution de Sébastien Gendron paru en 2017 aux éditions Albin Michel. C'est le soir du grand soir pour George Berchanko et Pandora Guaperal. Face à elle, à la sortie du tunnel, le premier véhicule approche alors qu'elle se tient, corps dressé au milieu d'un pont routier sur la route des vacances, un Glock 23 posé sur la tempe, chien relevé, index sur la queue de détente. La révolution sera féminine ou rien ! Follement amoureux, le couple improbable, décide que c'est assez ! Assez, les vexations quotidiennes, assez la France qui ronfle ! Un flingue ! Une idée ! Et envoye la révolution ! Dialogues hilarants, une écriture qui va vite et transfuse une bonne dose d'adrénaline en ces temps troubles et mous, Sébastien Gendron maîtrise parfaitement son récit. Trempée dans le meilleur esprit contestataire qui soit, aiguisée comme un couteau, la plume de l'auteur de l'excellent Road tripes est un dérapage contrôlé pour un livre excitant et malcommode. Révolution mon amour ?

    Extrait:«Quentin raccroche, rentre au galop dans le studio, passe derrière son ordinateur, réduit et déplace la fenêtre sur laquelle Vanishing Point est gelé depuis cinq minutes, ouvre son navigateur et tape: «Autoroute A53 + femme + flingue + révolution». Le moteur de recherche affiche aussitôt une vidéo relayée par une pléiade de réseaux sociaux. Il clique sur le lien. Cent cinquante-neuf mille vues. Il clique sur la vidéo. On voit cette femme, le visage en sang qui gueule: «Je ne bougerai pas d'ici tant que les gens n'auront pas commencé la révolution! Oui, vous, les gens...».

    Transcolorado de Catherine Gucher paru en 2017 aux éditions Gaia. Le Transcolorado est un vieux bus qui sillonne l'état du Colorado d'est en ouest. Il circule au milieu de nulle-part, exactement là ou parfois l'attend cette fille un peu cabossée par la vie. C'est dans ce seul engin à parcourir la route 55 au sud-ouest de Denver, qu'elle va croiser, Tommy, ce type qui marche comme un apache. Lui et sa large cicatrice sur la joue gauche gratte des tickets de la chance et boit des cafés-wiskys, tôt le matin avec elle. Lui, il rêve de sapins Douglas. Elle, elle aime s'occuper des bêtes, un Appaloosa peuple ses songes. Transcolorado c'est la route, ce sont les grands espaces, le silence brutal en écho, des plaines immenses en sursis. Sous tout ce ciel bleu tragique, la voix de Catherine Gucher est riche et généreuse. Un premier roman qui vous brinquebalera sur des chemins rugueux et pas moyen de s'échapper par un bout ou un autre de l'horizon.

    Extrait:«C'est sûrement à cause de la nuit précédente si tourmentée, et aussi de l'éther que j'avais ingurgité, que j'ai dormi si longtemps. Quand j'ai soulevé la carriole pour voir la couleur du ciel, le vent était tombé. Il ne restait de la pluie que les mares de boue où je pataugeais. À ce moment-là, j'ai vraiment souhaité le soleil et un torchon de ciel bleu. Les arbres tout autour s'étaient pliés sous les coups de boutoir du vent. J'ai sorti la carriole de l'ornière et nous nous sommes mis en route. Le pire n'était pas encore derrière.»

    Moebius 153 est arrivé en librairie ! Son thème: Ses plaisirs n'ont pas de remède, et ses joies restent sans espoir. C'est une phrase tirée de Albert Camus, «L'été à Alger», Noces, paris, Gallimard, 1959, p.34. À vous de découvrir les inspirations d'une formidable brochette d'écrivain.e.s d'ici, au Québec. Gaza, Bob Dylan, la Place rouge, de la relish et des amours industriels et bien d'autres au menu, un must à lire au rayon magazines culturels !

    Extrait:«Tu rôdes dans ma bouche/comme un rescapé de l'histoire/je m'assois en indien pour te flatter/la perestroïka a le charme discret/des Mohawks en colère dans la télévision.» Dominic Marcil, Depuis la place Rouge, Moebius 153.

    1 hr
  • Émission du 21 mars 2017
    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 245 Infirmes de Yoan Lavoie paru en 2017 aux éditions Triptyque. Martin est handicapé moteur asocial, l'autre, Yoan, dans la dèche, vivote à la recherche d'émotions fortes. Ils se rencontrent dans les couloirs de l'université. Alors qu'il tente d'obtenir un diagnostic de TDAH, Yoan aide Martin dans son périple d'étudiant inadapté. Tout est affaire de handicap ici. Du haut de son vaisseau amiral roulant, fusant à la vitesse de la lumière dans les couloirs, Martin percute l'astéroide Yoan de plein fouet. Entre l'étoile noire du No future de l'un et le sans espoir de l'autre, cette rencontre presque héroique, de deux grandes gueules de la vie, va se sublimer malgré les attitudes et les regards misérabilistes. Dialogues dans ta face, une collection de punchs sales qui déroutent parfois, l'écriture impudique de Yoan Lavoie fait l'effet d'un alcool fort. La justesse du propos sur ces éclopés de la vie ne s'embarrasse pas de fioritures, l'efficacité des situations ne fait pas défaut dans ce premier roman surprenant. Laissez votre pudeur de côté, Mission encre noire accueille Yoan Lavoie en entrevue pour un dialogue téléphonique intersidéral.
    Extrait:«C'est grave comme ce gars-là me fait penser à un gars chaud. La mimique, le manque d'articulation, le chambranlement, le radotage...tu lui mets une grosse bière dans la main et l'illusion est parfaite. Il sacre comme un gars de taverne, pue comme un gars de taverne, mange comme un soûlon à 3 heures du matin. Au fond, Martin est un peu comme un vieux chum de brosse. Le genre de vieux chum devant qui on se voit toujours mieux que ce qu'on est pour de vrai.»
    La chair de Rosa Montero paru en 2017 aux éditions Métailié. Soledad, soixante ans, se rebelle contre la tyrannie du temps qui passe. Et pourtant, cette éternelle séductrice a tout pour elle: un bel appartement à Madrid, des amitiés qui comptent dans le milieu culturel, un métier valorisant de commissaire des expositions pour la bibliothèque nationale. Sa peau se flétrit, ses conquêtes se conjuguent au passé et pardessus tout son amant la quitte pour une plus jeune et lui fait un enfant. Folle de rage, elle trouve, à ses risques et périls, une parade des plus inédite. La chair goûte le fruit défendu, un roman clair-obscur fait de passion pour la vie, pour les mots/jouir, qui apaisent, séduisent et peuvent faire perdre la tête. L'auteure madrilène nous charme une fois encore avec une écriture épicurienne et succulente dans un thriller érotico-sentimental à croquer avec concupiscence.
    Extrait:«Ce n'était pas vrai que cela ne comptait pas pour elle, à quel point Adam était beau, ce corps puissant qui frôlait le miracle. Elle recommençait déjà à se raconter un stupide conte de fées. Soledad, malheureusement, n'aimait que les beaux garçons. Elle voyait parfois dans la rue des couples risibles en train de se câliner. Des types aux fesses tombantes et affreusement bedonnants que leur petites amies contemplaient avec éblouissement, ou bien d'horribles géantes aux pattes gélatineuses auxquelles de minuscules petits amis très aimants se collaient, comme des rémoras accrochés à l'échine d'un cétacé. Soledad les enviait. C'est-à-dire qu'elle enviait leur capacité de résignation. Le portable vibra. Il y avait une réponse:«Quelle joie ton message. J'ai envie de te voir. Quand tu veux.»
    Le manifeste des femmes: pour passer de la colère au pouvoir paru en 2015 aux éditions Québec Amérique. Alors que les conservatismes de tout bord, de par le monde, nous menacent d'un avenir qui se conjuguerait au passé compliqué, 16 auteures(s) bouscule l'ordre établi. Une trentaine de pages salutaires à consommer sans modération, un manifeste dont la lecture devrait être obligatoire. Voici un rappel de lecture nécessaire pour apprendre à conduire en terrain accidenté, dans une société qu'il nous tarde à toutes et tous d'humaniser.
    Extrait:«Nous sommes nombreuses, nous sommes jeunes et vieilles, autochtones et immigrantes, nous sommes des villes et des villages, d'abord citoyennes. Nous sommes Québécoises et nous exigeons de partager la direction du Québec, nous voulons en inspirer l'avenir et le nourrir à notre façon. Nous en appelons à tous et à toutes, à ceux qui tiennent les rênes des pouvoirs, à celles qui n'osent pas encore lever la voix et la main.»
    Serial Krimes de Stéphane Bourgoin paru en 2017 aux éditions Grasset. Un ovni, que ce livre, ni roman, ni essai, ni encyclopédie, 193 assassins et plus de 5700 meurtres, cela peut donner le tournis et faire froid dans le dos. Tout l'intérêt d'un tel ouvrage réside dans la personnalité de son auteur. Témoin malgré lui du meurtre se sa petite amie dans les années 70, Stéphane Bourgoin est devenu une sorte de spécialiste mondial, reconnu, des tueurs en série. Il faut avoir le coeur bien accroché pour approcher ses pages imprégnées d'une réalité brute. Les sériel killers sont un phénomène réel, aussi bien que médiatique. Pour ne pas oublier ce qui les rends humains après tout, ces personnalités cassées que l'on qualifie de monstres, Stéphane Bourgoin a fouillé ses archives pour nous les présenter sans fard.
    Extrait:«1er Août 1966: installé au sommet d'une tour qui surplombe l'université du Texas, à Austin, l'étudiant Charles Whitman tue, en une heure et quarante-six mnutes, seize personnes et en blesse quarante autres, avant d'être abattu par la police. Dans une note laissée chez lui, auprès des cadavres de sa mère et de son épouse, Whitman déclare:«Je suis prêt à mourir. Après ma mort, je souhaite qu'on effectue une autopsie de mon corps pour voir si je souffrais de désordres mentaux. La vie ne vaut pas le coup d'être vécue.» Son souhait est exaucé: l'autopsie montre que Whitman possédait une tumeur dans la région de l'hypothalamus du cerveau.»
    0 min
  • Émission du 21 mars 2017

    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 245 Infirmes de Yoan Lavoie paru en 2017 aux éditions Triptyque. Martin est handicapé moteur asocial, l'autre, Yoan, dans la dèche, vivote à la recherche d'émotions fortes. Ils se rencontrent dans les couloirs de l'université. Alors qu'il tente d'obtenir un diagnostic de TDAH, Yoan aide Martin dans son périple d'étudiant inadapté. Tout est affaire de handicap ici. Du haut de son vaisseau amiral roulant, fusant à la vitesse de la lumière dans les couloirs, Martin percute l'astéroide Yoan de plein fouet. Entre l'étoile noire du No future de l'un et le sans espoir de l'autre, cette rencontre presque héroique, de deux grandes gueules de la vie, va se sublimer malgré les attitudes et les regards misérabilistes. Dialogues dans ta face, une collection de punchs sales qui déroutent parfois, l'écriture impudique de Yoan Lavoie fait l'effet d'un alcool fort. La justesse du propos sur ces éclopés de la vie ne s'embarrasse pas de fioritures, l'efficacité des situations ne fait pas défaut dans ce premier roman surprenant. Laissez votre pudeur de côté, Mission encre noire accueille Yoan Lavoie en entrevue pour un dialogue téléphonique intersidéral.

    Extrait:«C'est grave comme ce gars-là me fait penser à un gars chaud. La mimique, le manque d'articulation, le chambranlement, le radotage...tu lui mets une grosse bière dans la main et l'illusion est parfaite. Il sacre comme un gars de taverne, pue comme un gars de taverne, mange comme un soûlon à 3 heures du matin. Au fond, Martin est un peu comme un vieux chum de brosse. Le genre de vieux chum devant qui on se voit toujours mieux que ce qu'on est pour de vrai.»

    La chair de Rosa Montero paru en 2017 aux éditions Métailié. Soledad, soixante ans, se rebelle contre la tyrannie du temps qui passe. Et pourtant, cette éternelle séductrice a tout pour elle: un bel appartement à Madrid, des amitiés qui comptent dans le milieu culturel, un métier valorisant de commissaire des expositions pour la bibliothèque nationale. Sa peau se flétrit, ses conquêtes se conjuguent au passé et pardessus tout son amant la quitte pour une plus jeune et lui fait un enfant. Folle de rage, elle trouve, à ses risques et périls, une parade des plus inédite. La chair goûte le fruit défendu, un roman clair-obscur fait de passion pour la vie, pour les mots/jouir, qui apaisent, séduisent et peuvent faire perdre la tête. L'auteure madrilène nous charme une fois encore avec une écriture épicurienne et succulente dans un thriller érotico-sentimental à croquer avec concupiscence.

    Extrait:«Ce n'était pas vrai que cela ne comptait pas pour elle, à quel point Adam était beau, ce corps puissant qui frôlait le miracle. Elle recommençait déjà à se raconter un stupide conte de fées. Soledad, malheureusement, n'aimait que les beaux garçons. Elle voyait parfois dans la rue des couples risibles en train de se câliner. Des types aux fesses tombantes et affreusement bedonnants que leur petites amies contemplaient avec éblouissement, ou bien d'horribles géantes aux pattes gélatineuses auxquelles de minuscules petits amis très aimants se collaient, comme des rémoras accrochés à l'échine d'un cétacé. Soledad les enviait. C'est-à-dire qu'elle enviait leur capacité de résignation. Le portable vibra. Il y avait une réponse:«Quelle joie ton message. J'ai envie de te voir. Quand tu veux.»

    Le manifeste des femmes: pour passer de la colère au pouvoir paru en 2015 aux éditions Québec Amérique. Alors que les conservatismes de tout bord, de par le monde, nous menacent d'un avenir qui se conjuguerait au passé compliqué, 16 auteures(s) bouscule l'ordre établi. Une trentaine de pages salutaires à consommer sans modération, un manifeste dont la lecture devrait être obligatoire. Voici un rappel de lecture nécessaire pour apprendre à conduire en terrain accidenté, dans une société qu'il nous tarde à toutes et tous d'humaniser.

    Extrait:«Nous sommes nombreuses, nous sommes jeunes et vieilles, autochtones et immigrantes, nous sommes des villes et des villages, d'abord citoyennes. Nous sommes Québécoises et nous exigeons de partager la direction du Québec, nous voulons en inspirer l'avenir et le nourrir à notre façon. Nous en appelons à tous et à toutes, à ceux qui tiennent les rênes des pouvoirs, à celles qui n'osent pas encore lever la voix et la main.»

    Serial Krimes de Stéphane Bourgoin paru en 2017 aux éditions Grasset. Un ovni, que ce livre, ni roman, ni essai, ni encyclopédie, 193 assassins et plus de 5700 meurtres, cela peut donner le tournis et faire froid dans le dos. Tout l'intérêt d'un tel ouvrage réside dans la personnalité de son auteur. Témoin malgré lui du meurtre se sa petite amie dans les années 70, Stéphane Bourgoin est devenu une sorte de spécialiste mondial, reconnu, des tueurs en série. Il faut avoir le coeur bien accroché pour approcher ses pages imprégnées d'une réalité brute. Les sériel killers sont un phénomène réel, aussi bien que médiatique. Pour ne pas oublier ce qui les rends humains après tout, ces personnalités cassées que l'on qualifie de monstres, Stéphane Bourgoin a fouillé ses archives pour nous les présenter sans fard.

    Extrait:«1er Août 1966: installé au sommet d'une tour qui surplombe l'université du Texas, à Austin, l'étudiant Charles Whitman tue, en une heure et quarante-six mnutes, seize personnes et en blesse quarante autres, avant d'être abattu par la police. Dans une note laissée chez lui, auprès des cadavres de sa mère et de son épouse, Whitman déclare:«Je suis prêt à mourir. Après ma mort, je souhaite qu'on effectue une autopsie de mon corps pour voir si je souffrais de désordres mentaux. La vie ne vaut pas le coup d'être vécue.» Son souhait est exaucé: l'autopsie montre que Whitman possédait une tumeur dans la région de l'hypothalamus du cerveau.» 

    1 hr
  • Émission du 7 mars 2017
    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 244 Les clefs du silence de Jean Lemieux paru en 2017 aux éditions Québec Amérique. Le sergent-détective de l'escouade des crimes majeurs André Surprenant enquête sur un meurtre des plus sordide commis dans une clinique de psychiatrie Toxicomanie du CHUM de Montréal. La victime a été poignardée puis scalpée. Plus intrigant encore, des blocs de bois ont été disposés évoquant le FLQ, un ordinateur a été nettoyé et un patient a disparu. Nous sommes en 2009, les rumeurs de corruption autour de la mairie de Montréal et du chantier du superhôpital font les choux gras des médias. Quel lien invisible relie donc le nouveau CHUM et la crise d'octobre 1970? André surprenant est septique, la scène du crime est trop limpide. Pour le cinquième roman des enquêtes du sergent détective, Jean Lemieux joue les équilibristes sur le fil de l'histoire du Québec, un parti pris qu'il va prendre le temps de nous jaser, il est notre invité à Mission encre noire. 
    Extrait:«Ce que je veux te dire, c'est que le FLQ a été infiltré à partir de 64 par les services de renseignement canadiens. Les petits gars étaient fichés, suivis, connus comme Barabbas dans la Passion. Pour revenir à Laporte, il s'était fait piquer la chefferie du Parti libéral par Bourassa. Il était endetté, il avait des liens avec la mafia. Trudeau et Bourassa n'ont rien fait pour le sauver. Ils ont laissé pourrir la crise pour justifier la Loi sur les mesures de guerre. Mieux que ça, les Américains étaient dans le coup. Un nommé Darcy Haller, membre de la cellule Libération, n'a pas fait grand prison. Les Fleury étaient au Texas une semaine avant l'enlèvement de Laporte. Lis là-dessus, les cheveux vont te raidir sur le coco.»
    Cured, Two imaginary boys de Lol Tolhurst paru en 2017 aux éditions Le mot et le reste. Bâti aux premières heures du punk outre atlantique, The cure est avant tout un pojet musical émanant de la rencontre de Lol Tolhurst et Robert Smith sur les bancs du bus de l'école. Lol Tolhurst, membre fondateur, lève le voile sur l'ascension fulgurante d'un groupe qui a toujours occupé une place à part dans l'univers du rock. Cet unique témoignage, en forme de mémoires, revient sur le parcours personnel du coparolier et ami de longue date du leader Robert Smith, de sa descente aux enfers jusqu'à sa rédemption. Un livre qui vous surprendra une fois retombée la poussière du désert du Mojave ou la détresse profonde de l'auteur l'aura mené.
    Extrait:«On a tourné le clip pour la chanson «The love cats» avec à nouveau aux commandes, Tim Pope. Le tournage s'est déroulé dans une maison vide du nord de Londres au cours d'une nuit totalement dingue. Il y avait des chats habillés en cow-boys et d'autres bizarreries. Tim voulait filmer différentes scènes. Pour l'une d'entre elles, je devais être déguisé en chat, rôder dans une rue à la tombée de la nuit dans cet accoutrement et me cacher derrière des boîtes aux lettres et des panneaux de signalisation en faisant semblant d'être un félin. Un matou de plus d'un mètre quatre-vingt-cinq. C.était un peu surréaliste, et c'est peu dire. J'ai fait très peur à un vieux rasta qui marchait dans la rue à 6 heures du matin. Il se baladait tranquillement, perdu dans ses pensées, quand un homme habillé en chat avait surgi de nulle part. Le pauvre gars avait dû croire qu'il avait eu une hallucination.»
    Moebius 152 hiver 2017 «Sel» «Cheveu la critique», Il y a du nouveau à la revue Moebius. À l'occasion du changement de direction et de rédaction, l'équipe expérimente une nouvelle formule et un nouveau format. De quoi vous inspirer lors de votre prochaine hésitation devant le comptoir aux revues de votre libraire préféré peut-être ?
    Extrait:«Toute expérience du sens est l'expérience d'un récit que le corps élabore pour lui-même.» Jean-Simon Desrochers
    0 min
  • Émission du 7 mars 2017

    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 244 Les clefs du silence de Jean Lemieux paru en 2017 aux éditions Québec Amérique. Le sergent-détective de l'escouade des crimes majeurs André Surprenant enquête sur un meurtre des plus sordide commis dans une clinique de psychiatrie Toxicomanie du CHUM de Montréal. La victime a été poignardée puis scalpée. Plus intrigant encore, des blocs de bois ont été disposés évoquant le FLQ, un ordinateur a été nettoyé et un patient a disparu. Nous sommes en 2009, les rumeurs de corruption autour de la mairie de Montréal et du chantier du superhôpital font les choux gras des médias. Quel lien invisible relie donc le nouveau CHUM et la crise d'octobre 1970? André surprenant est septique, la scène du crime est trop limpide. Pour le cinquième roman des enquêtes du sergent détective, Jean Lemieux joue les équilibristes sur le fil de l'histoire du Québec, un parti pris qu'il va prendre le temps de nous jaser, il est notre invité à Mission encre noire. 

    Extrait:«Ce que je veux te dire, c'est que le FLQ a été infiltré à partir de 64 par les services de renseignement canadiens. Les petits gars étaient fichés, suivis, connus comme Barabbas dans la Passion. Pour revenir à Laporte, il s'était fait piquer la chefferie du Parti libéral par Bourassa. Il était endetté, il avait des liens avec la mafia. Trudeau et Bourassa n'ont rien fait pour le sauver. Ils ont laissé pourrir la crise pour justifier la Loi sur les mesures de guerre. Mieux que ça, les Américains étaient dans le coup. Un nommé Darcy Haller, membre de la cellule Libération, n'a pas fait grand prison. Les Fleury étaient au Texas une semaine avant l'enlèvement de Laporte. Lis là-dessus, les cheveux vont te raidir sur le coco.»

    Cured, Two imaginary boys de Lol Tolhurst paru en 2017 aux éditions Le mot et le reste. Bâti aux premières heures du punk outre atlantique, The cure est avant tout un pojet musical émanant de la rencontre de Lol Tolhurst et Robert Smith sur les bancs du bus de l'école. Lol Tolhurst, membre fondateur, lève le voile sur l'ascension fulgurante d'un groupe qui a toujours occupé une place à part dans l'univers du rock. Cet unique témoignage, en forme de mémoires, revient sur le parcours personnel du coparolier et ami de longue date du leader Robert Smith, de sa descente aux enfers jusqu'à sa rédemption. Un livre qui vous surprendra une fois retombée la poussière du désert du Mojave ou la détresse profonde de l'auteur l'aura mené.

    Extrait:«On a tourné le clip pour la chanson «The love cats» avec à nouveau aux commandes, Tim Pope. Le tournage s'est déroulé dans une maison vide du nord de Londres au cours d'une nuit totalement dingue. Il y avait des chats habillés en cow-boys et d'autres bizarreries. Tim voulait filmer différentes scènes. Pour l'une d'entre elles, je devais être déguisé en chat, rôder dans une rue à la tombée de la nuit dans cet accoutrement et me cacher derrière des boîtes aux lettres et des panneaux de signalisation en faisant semblant d'être un félin. Un matou de plus d'un mètre quatre-vingt-cinq. C.était un peu surréaliste, et c'est peu dire. J'ai fait très peur à un vieux rasta qui marchait dans la rue à 6 heures du matin. Il se baladait tranquillement, perdu dans ses pensées, quand un homme habillé en chat avait surgi de nulle part. Le pauvre gars avait dû croire qu'il avait eu une hallucination.»

    Moebius 152 hiver 2017 «Sel» «Cheveu la critique», Il y a du nouveau à la revue Moebius. À l'occasion du changement de direction et de rédaction, l'équipe expérimente une nouvelle formule et un nouveau format. De quoi vous inspirer lors de votre prochaine hésitation devant le comptoir aux revues de votre libraire préféré peut-être ?

    Extrait:«Toute expérience du sens est l'expérience d'un récit que le corps élabore pour lui-même.» Jean-Simon Desrochers

    1 hr
  • Émission du 21 février 2017
    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 243 Je ne suis pas de ceux qui ont un grand génie de Sévryna Lupien paru en 2017 aux éditions Stanké. Auguste, même s'il s'appelle Victor sur son certificat d'achat, n'aime pas son prénom et encore moins la vie à l'orphelinat de Sainte-Marie-des-Cieux. Plus grave encore, il est persuadé qu'il est arrivé quelque chose de grave à son meilleur ami, Gustave, qui a disparu. S'ensuit une fuite en avant dans la vie pour partir à sa recherche et découvrir le monde...s'il existe ! Lui qui n'avait jamais connu la grande ville, arrive à New York. Il y rencontre une autre famille d'adoption, Georges et Marie, avec qui il va vivre dans des boîtes de carton aux allures de huttes africaines, jusqu'à ce que l'inimaginable survienne...Si le bonheur est une chanson triste comme dit la rengaine, l'imagination peut la rendre parfois tendre, imprévisible, provocante et merveilleuse. Quelle belle surprise que la lecture de ce premier roman, j'ai le plaisir de recevoir, à Mission encre noire,  l'auteure Sévryna Lupien pour en discuter.
    Extrait:«J'ai marché vers la gauche parce que j'aime la gauche. À l'orphelinat, on m'interdisait d'utiliser ma main gauche parce que Dieu est contre les gauchers. Une fois, la soeur supérieure m'a surpris à faire mes devoirs sous le lit avec ma main gauche et j'ai eu droit à vingt coups de règle en bois sur la main, Ce jour-là, j'ai compris que Dieu était droitier et qu'à cause de ça nous devions tous l'être. Depuis cet incident, je n'utilisais plus ma main gauche, mais aujourd'hui je sais que Dieu ne me regarde pas.»
    Pourvu que ça brûle de Caryl Férey paru en 2017 aux éditions Albin Michel. Zulu, Haka, Utu, Mapuche et Condor, qui n'a pas encore flairé la prose acérée de cet auteur français devenu le fer de lance incontournable de la collection Série noire des éditions Gallimard ? Cet auteur vise «droit dans le soleil» depuis ses débuts. Il sera écrivain ou rien. Caryl Férey vous invite à suivre ses pas dans une autobiographie survoltée. Son speed c'est l'amour, l'amitié, la révolte, une attitude sans compromis ou presque qui prend sa source dans des lectures inspirantes (Kessel, Djian, Ellroy) et la découverte de l'énergie punk rock (Clash, Bowie). Subjugué par un tour du monde initiatique, il se jette sur les routes du voyage, un cuir sur le dos, Fante, Kerouac, Harrison ou Crumley dans les poches. Ce récit enflammé va vous faire «brûler d'une possible fièvre, partir où personne ne part» (Brel), il se lit d'un trait, la rage aux mots comme son auteur. Vous êtes invités des marches du palais au festival de Cannes aux coulisses du brouillon de ses polars, Caryl Férey signe ici, un carnet de route furieux et passionné.
    Extrait:«J'ai tendance à agir de la même façon dans la vie, et dans mes romans. Mes personnages s'affinent à mesure que je rencontre leur avatar dans le réel: je ne les quitte jamais. Du moins le temps du livre. Certains surgissent au hasard du voyage, d'autres se construisent petit à petit. Mes héros en particulier. D'abord ébauches, ils deviennent mouvants, mobiles, puis familiers, presque réels. Quand le personnage est réussi, ce n'est plus le cerveau qui dicte les mots, mais les mains. Un moment rare. Une quête.»
    L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir de Rosa Montero paru en 2013 aux éditions Métailié. Marie Curie entre dans la vie de Rosa Montero, endeuillée par la perte de son compagnon, alors qu'elle est à rédiger une préface au journal que celle-ci a tenu après la mort de son mari Pierre Curie. Brisées par une commune douleur, les deux femmes entament un dialogue intime qui donne chair, subtilement, à travers les mots, à un récit imprégné d'une profonde humanité. Rosa Montero vous donne à lire un texte sobre et poignant, qui nous révèle des angles inédits autour du portrait d'une femme unique, prix Nobel en 1903 et 1911.
    Extrait:«Manya Sklodowska a été poursuivie par sa légende. Le mythe qui existe aujourd'hui autour de sa mémoire, bien qu'énorme, est probablement moins exagéré que celui qu'elle dut supporter de son vivant. Qui plus est, sa célébrité passa par toutes sortes d'avatars: elle fut d'abord considérée comme une sainte, puis une martyre et ensuite une putain, et tout ça de façon ardente et retentissante.»
    0 min
  • Émission du 21 février 2017

    Mission encre noire Tome 19 Chapitre 243 Je ne suis pas de ceux qui ont un grand génie de Sévryna Lupien paru en 2017 aux éditions Stanké. Auguste, même s'il s'appelle Victor sur son certificat d'achat, n'aime pas son prénom et encore moins la vie à l'orphelinat de Sainte-Marie-des-Cieux. Plus grave encore, il est persuadé qu'il est arrivé quelque chose de grave à son meilleur ami, Gustave, qui a disparu. S'ensuit une fuite en avant dans la vie pour partir à sa recherche et découvrir le monde...s'il existe ! Lui qui n'avait jamais connu la grande ville, arrive à New York. Il y rencontre une autre famille d'adoption, Georges et Marie, avec qui il va vivre dans des boîtes de carton aux allures de huttes africaines, jusqu'à ce que l'inimaginable survienne...Si le bonheur est une chanson triste comme dit la rengaine, l'imagination peut la rendre parfois tendre, imprévisible, provocante et merveilleuse. Quelle belle surprise que la lecture de ce premier roman, j'ai le plaisir de recevoir, à Mission encre noire,  l'auteure Sévryna Lupien pour en discuter.

    Extrait:«J'ai marché vers la gauche parce que j'aime la gauche. À l'orphelinat, on m'interdisait d'utiliser ma main gauche parce que Dieu est contre les gauchers. Une fois, la soeur supérieure m'a surpris à faire mes devoirs sous le lit avec ma main gauche et j'ai eu droit à vingt coups de règle en bois sur la main, Ce jour-là, j'ai compris que Dieu était droitier et qu'à cause de ça nous devions tous l'être. Depuis cet incident, je n'utilisais plus ma main gauche, mais aujourd'hui je sais que Dieu ne me regarde pas.»

    Pourvu que ça brûle de Caryl Férey paru en 2017 aux éditions Albin Michel. Zulu, Haka, Utu, Mapuche et Condor, qui n'a pas encore flairé la prose acérée de cet auteur français devenu le fer de lance incontournable de la collection Série noire des éditions Gallimard ? Cet auteur vise «droit dans le soleil» depuis ses débuts. Il sera écrivain ou rien. Caryl Férey vous invite à suivre ses pas dans une autobiographie survoltée. Son speed c'est l'amour, l'amitié, la révolte, une attitude sans compromis ou presque qui prend sa source dans des lectures inspirantes (Kessel, Djian, Ellroy) et la découverte de l'énergie punk rock (Clash, Bowie). Subjugué par un tour du monde initiatique, il se jette sur les routes du voyage, un cuir sur le dos, Fante, Kerouac, Harrison ou Crumley dans les poches. Ce récit enflammé va vous faire «brûler d'une possible fièvre, partir où personne ne part» (Brel), il se lit d'un trait, la rage aux mots comme son auteur. Vous êtes invités des marches du palais au festival de Cannes aux coulisses du brouillon de ses polars, Caryl Férey signe ici, un carnet de route furieux et passionné.

    Extrait:«J'ai tendance à agir de la même façon dans la vie, et dans mes romans. Mes personnages s'affinent à mesure que je rencontre leur avatar dans le réel: je ne les quitte jamais. Du moins le temps du livre. Certains surgissent au hasard du voyage, d'autres se construisent petit à petit. Mes héros en particulier. D'abord ébauches, ils deviennent mouvants, mobiles, puis familiers, presque réels. Quand le personnage est réussi, ce n'est plus le cerveau qui dicte les mots, mais les mains. Un moment rare. Une quête.»

    L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir de Rosa Montero paru en 2013 aux éditions Métailié. Marie Curie entre dans la vie de Rosa Montero, endeuillée par la perte de son compagnon, alors qu'elle est à rédiger une préface au journal que celle-ci a tenu après la mort de son mari Pierre Curie. Brisées par une commune douleur, les deux femmes entament un dialogue intime qui donne chair, subtilement, à travers les mots, à un récit imprégné d'une profonde humanité. Rosa Montero vous donne à lire un texte sobre et poignant, qui nous révèle des angles inédits autour du portrait d'une femme unique, prix Nobel en 1903 et 1911.

    Extrait:«Manya Sklodowska a été poursuivie par sa légende. Le mythe qui existe aujourd'hui autour de sa mémoire, bien qu'énorme, est probablement moins exagéré que celui qu'elle dut supporter de son vivant. Qui plus est, sa célébrité passa par toutes sortes d'avatars: elle fut d'abord considérée comme une sainte, puis une martyre et ensuite une putain, et tout ça de façon ardente et retentissante.»

    1 hr

About Mission encre noire

From the publisher's feed

Mission encre noire parle de littérature tous les mardis soir en direct à 19h00 sur Choq.ca et vous donne l'envie de lire

More shows like Mission encre noire

Mutations by CHOQ.ca

Mutations

1 Listeners

Les Oubliettes by CHOQ.ca

Les Oubliettes

1 Listeners

Histoire de passer le temps by CHOQ.ca

Histoire de passer le temps

0 Listeners

Du Vanguard au Savoy by CHOQ.ca

Du Vanguard au Savoy

0 Listeners

Ouïedire by CHOQ.ca

Ouïedire

0 Listeners

Le grand maître des jeux by CHOQ.ca

Le grand maître des jeux

0 Listeners

Les petites pépites by CHOQ.ca

Les petites pépites

0 Listeners

Opération beurre de cinoche by CHOQ.ca

Opération beurre de cinoche

0 Listeners

D'amour et de sexe by CHOQ.ca

D'amour et de sexe

1 Listeners

2fxfslematin by Pivot

2fxfslematin

1 Listeners

Génération 1.5 by CHOQ.ca

Génération 1.5

0 Listeners

AcademiA by CHOQ.ca

AcademiA

0 Listeners

Album Club by CHOQ.ca

Album Club

0 Listeners

La 3ème demie by CHOQ.ca

La 3ème demie

0 Listeners

Questions de Feeling by CHOQ.ca

Questions de Feeling

0 Listeners

Tout le monde en jazz by CHOQ.ca

Tout le monde en jazz

0 Listeners

Du fleuve à la mer by CHOQ.ca

Du fleuve à la mer

0 Listeners

Sortie de route by CHOQ.ca

Sortie de route

0 Listeners

Dans les coulisses de l'histoire by CHOQ.ca

Dans les coulisses de l'histoire

0 Listeners

L'UQAM en info by CHOQ.ca

L'UQAM en info

0 Listeners