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Mission encre noire Tome 19 Chapitre 252 La dernière guerre de Bertrand Gervais paru en 2017 aux éditions XYZ. Un couple s'en va t'en guerre ou presque. Lui est écrivain, avec Mathilde ils ne sont plus des amoureux à leur premier voyage, «mais des soldats ennemis ne parvenant pas à préserver une paix chèrement acquise.» Ils embarquent pour un périple aux États-Unis pour se sauver. Lors d'un arrêt à Washington, ils se rendent au Vietnam veterans Memorial, un mur de granit noir portant les noms gravés des victimes G.I du Vietnam. D'un simple frottis sur une feuille détachée au crayon noir, un nom surgit: Edward D Henry. Un simple nom décalqué et le fil de l'histoire se déroule...Passionné de littératures américaines, Bertrand Gervais est notre invité à Mission encre noire.
Extrait:«Nous étions arrivés à Washington étourdis par la route et la pluie. Et morts de fatigue. morts de nous être entre-déchirés tandis que les paysages défilaient à grande vitesse sur l'autoroute. Morts d'avoir cherché à réunir ce qui s'opposait. Morts d'être en train de mourir à petit feu, malgré les promesses et les remords. Je voulais lui faire découvrir les États-Unis, tandis que je revisitais des lieux de mon passé. La recette n'était pas au point, comme une expérience qui tourne mal en chimie. Au moindre choc, boum! On passait plus de temps à recoller les morceaux qu'à rêver de l'avenir. Mais la drogue était puissante, et l'accoutumance, maligne.»
Jewish gangsta de Karim Madani paru en 2017 aux éditions Marchialy. C'est à l'école de la rue que Karim Madani, reporter français pour le défunt journal l'Affiche, va se retrouver à New York City. Nous sommes dans les années 90, l'auteur va croiser les gens qu'il faut pour approcher la culture Goon (entendre ici les White trash, les enfants des quartiers pauvres). Gamins, bébés gangsters, dealers, clockers, anti gang, flics véreux, gang de filles revendeuses de crack, c'est le nouveau freestyle du visage pâle, juif, blanc, déclassé entre les gangs jamaicain et portoricains tout puissant. Il vous faudra respecter les codes de la rue et mettre un gilet par balle car ici Brooklyn, Queens, Long Island, LeFrak city ou Browsville C'est de la bombe bébé ! New york comme vous ne le vivrez jamais, New york pop culture trash ! Jewish Gangsta: une justice poétique.
Extrait:«Necro se pointe avec son bagou des égouts de Glenwood et de Farragut, ses rictus à la Bela Lugosi, Boris Karloff et Christopher Lee, trois acteurs de films d'horreur. Ses sujets tournent autour de la nécrophilie, du porno gonzo, du bondage, de l'esclavage sexuel, de la torture et de la profanation. Le public pousse des«oh» et des«ah» parce que le gonze choque leurs valeurs et leurs croyances. Ces types passent leur journée à dealer, mais vont quand même allumer un cierge à la bodega du quartier, à la mémoire de quelque saint salvateur, pour les protéger du mauvais oeil et du châtiment divin. Ils restent bouche bée quand le petit juif de Brooklyn aligne les axiomes nihilistes, les déclarations agnostiques et proclame être le fruit de l'union sexuelle entre Satan et une pute ukrainienne entrée illégalement dans le pays grâce à des petits voyous russes de Brighton Beach.»
La filière écossaise de Gordon Ferris paru en 2017 aux éditions du Seuil collection Policiers. Glasgow fait face au pire hiver du XXe siècle en 1947. Tout vient à manquer. Douglas Brodie, ex-flic avant la guerre, est désormais reporter au Glasgow Gazette. Il est chargé d'élucider une série de vol dans la communauté juive de Garnethill. Mal lui en prit, une nouvelle piste se dessine, un passé qu'il pensait enterré à jamais va ressurgir: les camps de concentration et les procès des tortionnaires nazis. Douglas Brodie part en guerre contre les ratlines, les filières d'extradition de criminels nazis fuyant vers l'Amérique du sud. Ce troisième volume du quatuor noir lève le voile sur un pan de l'histoire mal connu au nord de l'Europe. Gordon Ferris mérite sa comparaison avec Philipp Kerr ou Ian Rankin, l'auteur vous ficelle à une intrigue ancrée dans l'Histoire et très documentée de 400 pages.
Extrait:«Nous nous assîmes face à face autour d'une table branlante. J'avais l'impression de boire un coup avec un pirate. Un acteur de L'île au trésor. Borgne, balafré et les lèvres relevées par un sourire de dément, Mal - à supposer qu'il s'appelle bien ainsi - avait une tête de gibier de potence. Ou de quelqu'un qui s'était échappé d'une potence juste avant qu'on lui passe la corde au cou.
«''Mal''? demandai-je.
- Malachi. Mais par ici on m'appelle plutôt Mal.»
Il avait un accent scots-yiddish, mais sa grammaire était précise.»
Agenda Mission encre noire:
La 12 ème édition du MUFF, le Festival de Films Undergrounds de Montréal, présente plus de 100 films expérimentaux et undergrounds du 18 mai au 21 mai. Dès jeudi au Bar Le Ritz 179, rue Jean-Talon ouest, pour le reste au Microcinema Être 6029a ave. du Parc (coin Van Horne).
www.muff514.com
https://www.facebook.com/MUFF514/
Mission encre noire Tome 19 Chapitre 251 Les inquiétudes, L'année noire Tome 1 de Jean-Simon Desrochers paru en 2017 aux éditions Les herbes rouges. C'est l'histoire d'une disparition, Xavier, huit ans, parti faire un tour en vélo dans son quartier de l'est Montréalais, n'est pas rentré souper. Ses parents mobilisent les voisins, la police déclenche l'alerte AMBER Il apparaît bien vite que l'hypothèse de la fugue n'est pas plausible. Au fil des mois et des fausses pistes, c'est la vie des habitants qui va se modifier et se déplier sous nos yeux. Roman de la démesure, les inquiétudes forme le premier tome d'une architecture implacable et surprenante. Un être vous manque et tout est dépeuplé dit-on ? Assurément, la disparition de Xavier va modifier la cosmogonie humaine existante du quartier. Romancier prolifique, Jean-Simon Desrochers est l'invité de Mission encre noire pour nous parler de ce fascinant premier tome.
Extrait:«Bruno voit un agent marcher en direction de la rue de Courcy. Il hurle à s'en lacérer les cordes vocales. L'agent se retourne et lui intime de se calmer. Bruno sile comme un vieux cheval. Un épais crachat remonte de ses poumons. «Tabarnak.» Bruno crache, puis essuie sa bouche du revers de sa manche, pose les mains sur ses genoux et reprend son souffle. Il raconte l'histoire à deux reprises. Les détails sont les mêmes, aucune variante. Le policier appelle des confrères. Prise de notes. Bruno répète l'histoire. Toujours la même version. «C'est pas parce que j'bois que j'ai plus de cerveau, bâtard!». Les informations sont acheminées au superviseur de la battue. Il doit parler à voix basse, le père est avec lui. Il parvient à dire que les recherches dans les hôpitaux n'ont rien donné. Bruno écoute les échanges radio entre les policiers. Il commence à comprendre. Xavier s'est fait enlever. Pis C'est moi le témoin. L'agent demande s'il y aura une alerte AMBER. La réponse est positive.»
The Doors: ship of fools de Steven Jezo-Vannier paru en 2017 aux éditions Le mot et le reste. Cette biographie est le dixième livre de l'auteur pour les éditions Le mot et le reste, autant dire un gage de qualité assuré et l'assurance d'une approche concise et originale. Steven Jezo-Vannier accorde une large part à la génèse du groupe, à ses atermoiements, ses doutes et ses échecs des premières heures. Le chemin vers la gloire n'a pas été si simple. Certes L'époque des années 60-70 se prétent à merveille à toutes sortes d'expérimentations et de révolutions sensuelles. La comète The Doors illuminera brièvement, de 1965 à 1971, le ciel californien, pour s'éteindre avec la mort du roi lézard ; Jim Morrison. L'auteur tord l'imageun peu trop glamour et s'empare du myhte pour délivrer une critique factuelle, complète et soignée. Ship of fools se referme et peut-être que ce sera, pour vous, le moment de vous lancer à la poursuite de ces cavaliers de la tempête.
Extrait:«Le dimanche 21 août, les Doors donnent leur dernier concert au Whisky A Go-Go ; trois jours plus tard, ils sont en studio avec Paul Rothchild. Le producteur a retenu pour une semaine le studio 1 de Sunset Sound Recorders. Fondé en 1958 par Tutti Camarata pour les productions de Walt Disney. le studio s'est affranchi de la tutelle du géant du dessin animé pour s'ouvrir aux maisons de disques. Installé à Hollywood, au 6650 Sunset Boulevard, il compte parmi les structures les mieux équipées de Los Angeles, concurrençant même les studios Gold Star où officie Phil Spector. Au milieu des années soixante, Sunset Sound devient le lieu d'enregistrement de prédilection de la scène rock. C'est là que Love et Captain Beefheart réalisent leurs premiers disques et que les Beach Boys enregistrent quelques pistes de Pet Sounds.»
Prendre les loups pour des chiens d'Hervé Le Corre paru en 2017 aux éditions Rivages. Suite à un braquage loupé avec son frère, Franck se retrouvent six ans derrière les barreaux. Il a 25 ans à sa sortie. Il est accueilli dans la famille de sa belle-soeur. Jessica trouble rapidement l'ex-taulard, violente, névrosée, animée de pulsions sexuelles dévorantes, elle résume, à elle toute seule, l'atmosphère toxique qui règne autour de cette famille. Dans la chaleur lourde du sud de bordeaux, Franck va essayer de comprendre ce qui lui arrive en attendant le retour de fabien, son frère qui s'est absenté pour «affaire». Seule la petite Rachel, la fille de Jessica, qui ne mange rien et parle encore moins, trouve écho à son oreille. Quest-ce quelle a vu ou vécu pour être à ce point mutique ? Entre magouilles et passions exarcerbées, un drame va se jouer. Et si les hurlements de bête se révélaient autres que ceux que l'on attendait ? Ce roman confirme le talent et la voix inimitable d'Hervé Le Corre passé maître dans l'art de percer ce qui ce cache derrière les silences de granit et les grognements les plus lourds.
Extrait:«Il s'est levé brusquement, Sa chaise a raclé le sol et la mère s'est interrompue, sa fourchette pleine, pour le regarder d'un air hostile avant de secouer la tête d'agacement ou de dépit et de se remettre à manger. Il a quitté la table la tête pleine des petits bruits de leur repas et au moment de sortir de la cuisine il les a aperçus tous les quatre courbés et silencieux, rassemblés et tenus par cette pénombre comme un seul et même organisme étrange aux gestes sporadiques, un monstre tranquille capable de digérer sa proie avant de l'engloutir. une créature qu'il ne fallait pas regarder dans les yeux, un monstre aux caresses vénéneuses auxquelles on ne devait pas s'abandonner, malgré l'envie folle qu'on en avait.»
Mission encre noire Tome 19 Chapitre 250 Tenir parole de Clément Courteau et Louis-Thomas Leguerrier paru en 2017 aux éditions Annika Parance Éditeur. Printemps 2012, Montréal se couche au son des casseroles, la jeunesse québécoise est en colère. Un homme prend la tête du mouvement constestataire, Gabriel Nadeau Dubois. Tenir parole est le premier roman écrit sur la grève étudiante de 2012, une exofiction captivante mettant en scène GND, lui-même. C'est lui qui anime et fait se mouvoir les foules. Loin de vouloir édulcorer le destin du leader estudiantin, ce roman apporte un éclairage inusité, troublant et détreminé sur cette époque encore si controversée de l'histoire de la province. Nous recevons Louis-Thomas Leguerrier à Mission encre noire pour en discuter.
Extrait:«Eh bien nous, nous faisons grève de ce futur plein de cruauté! Nos yeux, à travers notre cagoule, sont rivés au passé peuplé des laissés-pour-compte de cette grande marche menant à la signature d'une entente acceptable avec le gouvernement, à votre retour en classe triomphant et à votre arrivée, pas mal moins triomphante celle-là, sur le marché du travail. Nous sommes rivés au passé duquel vous vous détournez avec dédain. Pas au passé glorieux que vous évoquez sans arrêt, pas à cette Révolution tranquille dont vous êtes si fiers. Non ce passé-là n'est qu'un monument élevé par les vainqueurs à leur propre gloire sur la fosse commune où ont été enterrés pèle-mèle nos camarades des années 70, pour faire oublier que ce qu'on appelle la Révolution tranquille ne fut rien d'autre que le processus d'intégration du Québec au système capitaliste, dont les politiques du PLQ ne sont que le développement logique.»
Making-of de Claire Legendre paru en 2017 aux éditions Hamac. L'auteure à 18 ans lors de la parution du livre en 1998 en France. Oeuvre de jeunesse, elle est rééditée ces jours-ci, au Québec, où elle réside. Bastien est un journaliste français qui débarque à New York pour réaliser l'entrevue à sensation avec le cinéaste indépendant branché du moment: Caïen Shoeshine. Fidèle à sa réputation, au milieu d'un univers des plus chaotique, Bastien devra louvoyer pour se faire une idée d'un homme au charme troublant et provocateur. Making-of est un roman noir assez trash, une immersion dans le cinéma américain indépendant des années 1990. Dans ce banquet de références cinéphiles Claire Legendre maîtrise parfaitement son sujet, elle se saisie de toute cette vaisselle cassée pour proposer un style de narration rafraîchissant.
Extrait:«Dans mes rêves, il y a Pamela nue, hurlant, Shoeshine bourré qui se vautre sur une moquette grise, qui se marre, qui boit du whisky comme du jus de pomme. Il y a Kris Ernst au festival de Cannes, qui se conduit comme un gentleman en public, vrai sadique en privé. Je crois vraiment que tous les gens de cinéma sont ainsi: dangereux et lâches, que je me suis laissé prendre au piège d'un tourbillon qui se referme sur moi, J'ai peur d'être englouti par ces rapaces qui n'ont peur de rien, sinon qu'on s'en prenne à leur gloriole...Je ne sais pas si Shoeshine est génial ou répugnant. Surement les deux à la fois. Je l'imagine, enfonçant un poignard dans le coeur d'Annabella Neva. Je suis cette fille au décolleté sanguinolent...J'ai mal au coeur.»
Pssica d'Edyr Augusto paru en 2017 aux éditions Asphalte. Quatrième roman paru aux éditions Asphalte, Pssica nous attire comme un mauvais sort vers les terres de l'état du Parà au Brésil. La région est très instable, les ratos d'agua pullulent, les pirates de l'estuaire de l'Amazone font règner la terreur. Janalice n'y échappe pas, elle, qui à cause d'une erreur de jeunesse se retrouve prise entre les griffes acérées des trafiquants d'humains. Manoel Tourinhos, dit Portuga va lui aussi se laisser emporter dans un tourbillon de violence en se lançant aux trousses des assassins de sa femme. Préparez-vous à pénétrer dans un monde brutal et sombre. Ce roman impressionne par son rythme fou et son propos implacable: un peuple entier est abandonné à la folie meurtrière des hommes par cupidité. Clairement il vous faudra du courage pour ressortir indemne d'une telle odyssée. Roman lumineux, Pssica confirme l'aura d'un auteur à l'écriture farouche.
Extrait:«Il trouve l'évêque dans l'église, au beau milieu d'un baptème. Mon fils, vous savez qu'on m'a promis de me tuer. À n'importe quel moment une balle peut me traverser la tête. Mais je ne me tairai pas. C'est une region sans loi. Ici même, à Melgaçon, comme à Portel ou à Breves, il y a des maisons, avec de toutes pequenas chambres, juste la place pour un lit. On vend des jeunes filles. Il y a même des parents qui vendent leurs hijas pour avoir de quoi se nourrir. Il les vendent cinq cents réais, au beau milieu de la calle. Il y a des ninos qui louent leur coprs trois réais, au vu et au su de tout le monde, comme ça. Mais ce n'est pas le pire. Des maires, des élus, des chefs d'entreprise ont créé un réseau.»
Mission encre noire Tome 19 Chapitre 249 L'équipe de Dans ta Bulle propose une entrevue avec Jean-Sébastien Bérubé, auteur de la bande dessinée "Comment je ne suis pas devenu moine", album autobiographique récemment paru aux éditions Futuropolis.
Mission encre noire Tome 19 Chapitre 248 Comme les nuages de Louise Gaudette paru en 2017 aux éditions Pleine Lune. À la recherche d'un amoureux depuis trois ans avec qui réaliser le rêve d'avoir un enfant, Élisabeth tombe sur Saul chez des amis. Professeur de tai-chi émérite, elle entreprend la rédaction d'un livre en hommage à son défunt maître. Tristement. Cet enfant tant désiré meurt à la naissance. Il pleut parfois dans ce premier roman pudique sur le deuil, la résilience, le temps qui passe. L'auteure nous propose d'aller plus loin dans une autre perception de la vie, de l'amour. Dans le jeu de miroir que Louise Gaudette met en place autour de ses personnages, je vous propose de jouer un rôle, puisque l'auteure est en entrevue à Mission encre noire.
Extrait:«Si je n'avais pas cette boule dans la gorge qui me donne envie de pleurer chaque fois que je parle de Sofia, je leur dirais comment, dès les premiers jours, j'ai senti le changement s'opérer dans mon corps, faisant gonfler mon ventre et enfler mes «seins comme des soleils». Je leur expliquerais que j'ai connu intimement ma fille ; chaque jour des trente-neuf semaines qu'elle a vécu en moi et avec moi. Pendant qu'elle me rappelait son existence par ses mouvements souples et délicats, moi, j'essayais de la préparer le mieux possible au monde qui l'accueillerait, en lui parlant constamment et en lui chantant des chansons douces.»
Pop corner, la grande histoire de la pop culture, 1920-2020 de Hubert Artus paru en 2017 aux éditions Don Quichotte. I can't get no satisfaction, No future, Smells like teens spirit, ces tounes imprègnent nos cerveaux de références et de souvenirs. La pop culture fait partie de notre quotidien, à notre insu la plupart du temps. Que représente-t-elle? Hubert Artus, passionné par son sujet aspire à modeler les contours d'une culture autodidacte d'importance. S'ouvrant au lendemain de la seconde guerre mondiale, cette boule à facettes désigne aussi bien un univers contre-culturel et militant que celui d'un cercle vertueux pris dans les rets d'un capitalisme triomphant autant que menaçant pour son intégrité. Paraphrasons AC/DC, Let's there be pop ! Un essai qui devrait vous enthousiasmer !
Extrait:«La toute première basket phénomène culturel fut la Chuck-Taylor All Star, de la marque Converse. C'est le modèle culte de la marque, si bien qu'on l'appelle communément Converse. Créée en 1917 par la compagnie américaine Converse Rubber Shoe Company, la chaussure en toile, avec une semelle en caoutchouc, est conçue pour ne pas glisser. À l'origine appelée All Star, elle fut rebaptisée d'après Chuck Taylor, un joueur de basket-ball qui adopta la chaussure et en devint l'égérie (...) C'est dans les années soixante que la Converse fut prisée par les jeunes, et devint un symbole des modes rock, punk (portées par les Ramones) et grunge dans les années quatre-vingt-dix.»
En pays conquis de Thomas Bronnec paru en 2017 aux éditions Gallimard collection Série noire. Un polar sans fusil ou presque, ce roman suit Les initiés paru en 2015 chez Série noire. Sans être forcément une suite directe, il se lit indépendamment, même si certains des personnages clés s'y retrouvent. Un courant d'air pas si frais rafaîchit la République. La dernière élection vient de bouleverser le paysage politique, l'Élysée est à gauche et l'assemblée à droite, très à droite. Le microcosme politique devient un marais nauséabond, peuplé de personnages capables des pires bassesses et des plus noires ambitions personnelles. L'oscar de la manipulation revient à François Belmont anti-héros visqueux et repoussant, notre maître d'hôte pour naviguer en ces terres hostiles. La France doit-elle rester dans l'Europe? Parfaitement crédible, Thomas Brennec impressionne par la justesse de son propos et renforce l'idée d'une classe politique déconnectée de la réalité. À lire d'urgence pour garder les yeux ouverts sur ce que veut dire prendre les rennes du pouvoir.
Extrait:«François Belmont a laissé la télévision en sourdine, branchée sur BFM, à l'autre bout de l'appartement. Il aime entendre le bruit de fond de ces experts qui commentent sans se lasser les moindres mots que les politiques veulent bien leur jeter, comme on donne un os à ronger à des chiens errants. Et l'os, depuis la veille au soir, c'est Bercy. «L'extension du domaine réservé»: l'expression tourne en boucle et François Belmont doit avouer que c'est plutôt bien trouvé. Comme prévu, il n'a pas eu son mot à dire sur le ministre de l'Économie et Laurence Varennes est furieuse, mais peu lui importe. Celui que le président et Cassard ont choisi lui convient très bien. Il viendra lui manger dans la main.»
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